Lois relatives aux bénédictions · Chapitre 7
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 97 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Le maître de maison récite la bénédiction : « Qui fait sortir [le pain de la terre] », termine la bénédiction et coupe ensuite [le pain]. L’invité récite les Actions de Grâce, afin de bénir le maître de maison. Si tous [les convives] sont maîtres de maison, le plus distingué d’entre eux coupe [le pain] et récite les Actions de Grâce après le repas.
3. Celui qui coupe [le pain] n’a pas le droit de le faire avant que du sel ou un [autre] accompagnement ait été apporté devant chacun [des convives], à moins qu’ils aient l’intention de consommer du pain sec. Il ne doit couper ni un petit morceau, parce qu’il donnerait l’impression d’être avare, ni un morceau plus gros que le volume d’un œuf, parce qu’il donnerait l’impression d’être avide. Le chabbat, il peut couper un gros morceau. Il ne coupe [le pain] qu’à l’endroit où il est bien cuit.
4. La meilleure manière d’accomplir la mitsva est de couper un pain entier. S’il y a un pain d’orge entier et un morceau de pain de blé, on met le morceau sous le pain entier, et l’on coupe des deux, afin de couper [d’un pain] de blé et d’[un pain] entier. Le chabbat et les jours de fête, on est tenu de faire le partage sur [un ensemble de] deux pains : on prend les deux dans la main et on coupe l’un d’eux.
5. Celui qui coupe [le pain] met un morceau devant chacun [des convives], que celui-ci prend à la main. Il ne doit pas donner [le pain] dans la main du convive, à moins que ce dernier ne soit endeuillé. Celui qui coupe [le pain] tend sa main en premier [pour prendre un morceau de pain] et mange. Les convives ne sont pas autorisés à goûter [le pain] avant celui qui récite la bénédiction. Et ce dernier n’est pas autorisé à [le] goûter avant que la majorité des convives ait terminé de répondre Amen [à sa bénédiction]. Si celui qui coupe [le pain] veut faire l’honneur à son maître, ou à une personne plus sage que lui, et le laisser tendre la main avant lui, il en a le droit.
6. Deux [personnes qui mangent ensemble] de la même assiette s’attendent [quand l’une d’elles boit ou fait une pause]. Trois [personnes qui mangent de la même assiette] ne s’attendent pas. [Toutefois,] si deux d’entre elles terminent [de manger], la troisième doit s’interrompre avec elles. Si l’une d’elles termine, les deux [autres] ne s’interrompent pas pour elle, mais continuent à manger jusqu’à ce qu’elles finissent. On ne doit pas parler pendant le repas, pour ne pas se mettre en danger [risque de fausse-route alimentaire]. C’est pourquoi, si du vin est présenté au cours du repas, chacun [des convives] doit réciter la bénédiction à part ; en effet, si l’un récitait la bénédiction [à voix haute], celui qui répondrait Amen tout en avalant [la nourriture] se mettrait en danger. On ne regarde ni une personne qui mange, ni sa part, pour ne pas lui faire honte.
7. Le domestique qui se tient devant les convives ne mange pas avec eux. La voie de la compassion veut qu’on lui mette dans la bouche de chaque mets, afin de l’apaiser. Lui donnerait-on du vin, il doit réciter la bénédiction sur chaque coupe qu’on lui donne, parce que sa consommation ne dépend pas de sa propre volonté, mais du gré des convives.
8. L’un des convives serait-il sorti pour uriner, il se lave [ensuite] une main et entre [à table]. Aurait-il tardé en parlant avec un ami, il se lave les deux mains et entre. Si les convives sont accoudés [ensemble] pour boire, il entre, s’assoit à sa place et se lave les mains [le visage tourné, car il n’est pas poli de se laver les mains à table], puis tourne la tête vers les convives. Pourquoi se lave-t-il [les mains] à sa place ? De crainte que les autres disent qu’il ne s’est pas lavé les mains, car il n’y a pas de repas.
9. On ne met pas de la viande crue sur du pain, on ne passe pas une coupe pleine au-dessus du pain, on ne fait pas tenir une assiette sur du pain [de peur de le salir] et on ne jette pas le pain [ce qui serait irrespectueux]. [On ne jette pas] non plus les morceaux [de viande ou de poisson] et les aliments qui n’ont pas d’écorce, comme les mûres, les raisins et les figues parce qu’ils deviennent [ainsi] dégoûtants. Il est permis de faire couler le vin dans des tuyaux [en signe de prospérité] dans les maisons des mariés. On peut jeter devant eux des grains grillés et des noix en été, mais non en hiver, parce qu’ils deviennent dégoûtants [à cause de la boue]. On ne se lave pas les mains avec du vin, cru ou coupé. De même, on ne doit pas abîmer les autres aliments ou boissons de façon méprisable et dédaigneuse.
10. Il est défendu aux hôtes de prendre un quelconque [aliment] qui se trouve devant eux et de le donner dans la main du fils ou de la fille du maître de maison, de crainte que ce dernier se trouve dans l’embarras, n’ayant que ce qu’il a apporté devant eux, et il se trouve que les enfants [l’]ont pris et sont partis. On ne doit pas envoyer à autrui une jarre de vin avec de l’huile flottant à sa surface [même si on l’avertit]. [En effet,] il est à craindre qu’une personne envoie à une autre un tonneau [remplit] entièrement de vin [avec de l’huile à sa surface, sans l’avertir] et que cette dernière, pensant que c’est de l’huile – alors que l’huile est uniquement à la surface – convie des invités et se trouve dans l’embarras. De même, toutes les pratiques similaires, susceptibles de mettre dans l’embarras le maître d’un repas, sont défendues.
11. Une fois qu’ils ont terminé de manger, ils doivent retirer la table et balayer l’endroit où ils ont mangé avant de se laver les mains, de crainte qu’ils n’aient laissé des miettes du volume d’une olive, sur lesquelles il est défendu de marcher ou de se laver [les mains]. Toutefois, il est permis de détruire de ses [propres] mains des miettes qui n’ont pas le volume d’une olive.
12. Quand l’eau est présentée aux convives pour les ablutions [finales], quiconque récite les Actions de Grâce se lave les mains en premier, afin d’éviter que le plus distingué [d’entre eux, celui qui récite les Actions de Grâce] ne reste assis les mains sales jusqu’à ce qu’un autre se lave [les mains]. Les autres convives se lavent ensuite les mains l’un après l’autre, sans [se] faire honneur [l’un à l’autre en se donnant priorité] ; en effet, on ne fait pas honneur [à autrui] pour les mains sales, les ponts et les chemins, mais plutôt pour une entrée apte à [porter] une mézouza, au moment l’on entre [seulement, et non à la sortie].
13. Une fois qu’ils ont terminé de se laver les mains, de s’essuyer les mains, et de réciter les Actions de Grâce, et qu’ils apportent les encens, c’est celui qui a récité les Actions de Grâce qui récite la bénédiction sur les encens, et tous répondent Amen.
14. S’il y a du vin, on apporte une coupe contenant un révi’it ou plus, ainsi que des parfums. Celui qui récite les Actions de Grâce prend le vin dans la main droite, les parfums dans la main gauche, et il récite les Actions de Grâce. Puis, il récite la bénédiction sur le vin et enfin, la bénédiction sur les parfums. Si les parfums sont une huile agréable ou quelque chose de semblable, il [s’essuie les mains] en en enduisant la tête du domestique ou, si ce dernier est un érudit, en en enduisant le mur, afin de ne pas sortir parfumé dans la rue.
15. Bien que le vin ne soit pas indispensable pour les Actions de Grâce, si l’on récite la bénédiction sur le vin selon la coutume susmentionnée, il faut rincer la coupe à l’intérieur et la laver à l’extérieur, et la remplir de vin pur [non coupé d’eau]. Lorsqu’on atteint la bénédiction relative à la terre [deuxième bénédiction des Actions de Grâce], on y met un peu d’eau pour qu’il soit agréable à boire. On ne parle pas [devant] la coupe [de vin] des Actions de Grâce ; plutôt, tous se taisent jusqu’à ce que se soient terminées les Actions de Grâce, la bénédiction sur le vin et qu’ils aient bu.
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