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Lois relatives aux bénédictions · Chapitre 8

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 98 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Pour tous les fruits de l’arbre, on récite avant [d’en manger] la bénédiction : « Qui crée le fruit de l’arbre » et après, [la bénédiction] « Qui crée de nombreuses personnes », à l’exception des cinq espèces [de fruits] mentionnées dans la Thora, que sont les raisins, les figues, les grenades, les olives et les dattes, pour lesquelles on récite [après] la bénédiction qui est un condensé des trois [bénédictions des Actions de Grâce]. Pour les fruits de la terre et les légumes, on récite au préalable la bénédiction : « Qui crée le fruit de la terre » et à la fin, [la bénédiction] « Qui crée de nombreuses personnes ». Pour les aliments qui ne sont pas des produits de la terre, comme la viande, le fromage, le poisson, les œufs, l’eau, le lait, le miel et ce qui est semblable, on récite au préalable la bénédiction chéhakol et après, [la bénédiction] « Qui crée de nombreuses personnes ». Boire de l’eau quand ce n’est pas pour étancher sa soif [par exemple, pour avaler un aliment coincé dans la gorge ou comme remède] ne requiert de bénédiction ni avant, ni après.

2. Celui qui presse des fruits et en extrait du jus récite avant [de le boire] la bénédiction chéhakol et ensuite [la bénédiction] « Qui crée [de nombreuses] personnes », sauf s’il s’agit de raisins ou d’olives. En effet, sur le vin, on récite au préalable la bénédiction : « Qui crée le fruit de la vigne » et après, la bénédiction qui est un condensé des trois. Sur l’huile, on récite au préalable la bénédiction « Qui crée le fruit de l’arbre ». Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Si l’on a mal à la gorge et que l’on boive l’huile [mélangée] avec du bouillon [de légumes] ou ce qui est semblable, de sorte que l’on a un profit en buvant [cette huile]. Mais si l’on boit l’huile toute seule ou si l’on n’a pas mal à la gorge, on récite la bénédiction chéhakol, car on ne tire pas profit du goût de l’huile.

3. Si des fruits ou des légumes, normalement consommés crus, sont cuits ou bouillis, on récite avant [de les consommer] la bénédiction chéhakol et après, [la bénédiction] « Qui crée [de nombreuses] personnes ». Si on consomme crus des légumes consommés d’ordinaire bouillis, comme le chou ou la rave, on récite au préalable la bénédiction chéhakol et après, [la bénédiction] « Qui crée de nombreuses personnes ». [Si on les consomme] cuits ou bouillis, on récite au préalable la bénédiction : « Qui crée le fruit de la terre », et ensuite, [la bénédiction] « Qui crée de nombreuses personnes ». Les produits qui sont consommés d’ordinaire crus comme cuits, qu’on les consomme crus ou cuits, on récite au préalable la bénédiction appropriée, [c'est-à-dire que] si ce sont des fruits de l’arbre, on récite la bénédiction : « Qui crée le fruit de l’arbre ». Et s’il s’agit de fruits de la terre ou de légumes, on récite la bénédiction : « Qui crée le fruit de la terre ».

4. Sur l’eau du bouillon de légumes habituellement bouillis, on récite la bénédiction : « Qui crée le fruit de la terre », à condition qu’on les ait bouillis afin de boire l’eau [du bouillon], car l’eau du bouillon [de légumes] est considérée comme les [légumes] bouillis là où il est d’usage de la boire. Pour le miel de dattes, on récite au préalable la bénédiction chéhakol. Mais pour des dattes écrasées à la main dont on a retiré les noyaux et dont on a fait une sorte de pâte, on récite au préalable la bénédiction : « Qui crée le fruit de l’arbre », et ensuite, la bénédiction qui est un condensé des trois.

5. Sur les cannes à sucre que l’on presse et dont on cuit le jus jusqu’à ce qu’il se cristallise et ressemble à du sel [il s’agit du sucre], la [quasi-]totalité des guéonim disent que l’on récite la bénédiction : « Qui crée le fruit de la terre », et [seuls] certains d’entre eux disent [que l’on récite la bénédiction :] « Qui crée le fruit de l’arbre ». De même, ils disent que celui qui suce ces cannes [à sucre] doit réciter la bénédiction : « Qui crée le fruit de la terre ». Quant à moi, je dis que cela n’est pas un fruit et que la bénédiction à réciter n’est que chéhakol. Car [même si la canne à sucre devait être considérée comme un fruit et que la bénédiction récitée dût être « Qui crée le fruit de l’arbre »,] le miel [c'est-à-dire le jus] de ces cannes [à sucre], transformé par [la cuisson sur] le feu, ne saurait être plus important que le miel de dattes, qui n’a pas été transformé par le feu, et sur lequel on récite [tout de même] la bénédiction chéhakol.

6. Sur le cœur de palmier, c’est-à-dire le [bourgeon] terminal du palmier, qui est comme du bois blanc, on récite au préalable la bénédiction chéhakol. Sur les tiges de câprier, on récite la bénédiction : « Qui crée le fruit de la terre », car ce n’est pas le fruit [du câprier]. Sur les baies du câprier – ayant la forme de petites dattes fines – qui sont le fruit, on récite la bénédiction : « Qui crée le fruit de l’arbre ».

7. Sur le poivre et le gingembre frais, lorsqu’ils sont frais, on récite la bénédiction : « Qui crée le fruit de la terre ». Mais secs, ils ne requièrent de bénédiction ni avant, ni après, car ce sont des épices et non un aliment. De même, les aliments et les liquides qui ne sont pas aptes à la consommation ne requièrent ni bénédiction initiale, ni finale.

8. Sur tous [les aliments suivants] : du pain qui a moisi, du vin qui s’est aigri, un mets qui a tourné, des [fruits encore] immatures tombés [par le vent], de la bière, du vinaigre, des sauterelles [d’une espèce permise], du sel, des truffes ou des champignons, on récite au préalable la bénédiction chéhakol. [Pour] toute chose sur laquelle on récite initialement la bénédiction chéhakol, la bénédiction finale est : « Qui crée [de nombreuses] personnes ». Tout ce qui requiert une bénédiction finale requiert [aussi] une bénédiction initiale.

9. [Pour un mélange obtenu à partir de] la lie sur laquelle on a versé [de l’eau, la règle suivante est appliquée :] si l’on a obtenu quatre mesures [de liquide en versant] trois mesures [d’eau], la bénédiction récitée sur ce liquide est : « Qui crée le fruit de la vigne », car cela est [considéré comme] du vin coupé. Si l’on a obtenu moins de quatre [mesures], bien que le mélange ait le goût du vin, on récite initialement la bénédiction chéhakol.

10. Aurait-on récité la bénédiction « Qui crée le fruit de la terre » sur des fruits d’un arbre, on est quitte. [Aurait-on, à l’inverse, récité] la bénédiction : « Qui crée le fruit de l’arbre » sur des fruits de la terre, on n’est pas quitte. Pour tous [les aliments], même le pain et le vin, si l’on a récité la bénédiction chéhakol, on est quitte.

11. Aurait-on pris une coupe de bière dans la main et commencer la bénédiction avec l’intention de réciter [la bénédiction] chéhakol, et dit, par erreur, [la bénédiction] « Qui crée le fruit de la vigne », on ne doit pas recommencer. De même, si on a devant soi des fruits de la terre et qu’on ait commencé la bénédiction avec l’intention de dire : « Qui crée le fruit de la terre » et qu’on ait dit, par erreur, « Qui crée le fruit de l’arbre », on ne doit pas recommencer. De même, si on a devant soi un mets [à base] de grain, et qu’on ait commencé [la bénédiction] avec l’intention de dire : « Qui crée différentes sortes d’aliments nourrissants », et qu’on ait dit, par erreur : « Qui fait sortir [le pain de la terre] », on est quitte. En effet, au moment où on a mentionné le Nom et la souveraineté [de D.ieu], ce qui est l’essentiel de la bénédiction, on a eu l’intention [de réciter] la bénédiction appropriée pour le type [d’aliment] en question. [Par conséquent,] étant donné qu’il n’y a pas eu d’erreur dans l’essentiel de la bénédiction, bien qu’on se soit trompé dans la conclusion, on est quitte et on ne doit pas recommencer.

12. [Concernant] toutes ces bénédictions, si on a un doute [quant à savoir] si on a récité ou non [l’une d’entre elles], on ne la répète pas, car elles sont d’ordre rabbinique. Aurait-on, par oubli, mis un aliment en bouche sans réciter de bénédiction, [la règle suivante est appliquée :] s’il s’agit d’un liquide, on l’avale et on récite ensuite la bénédiction. S’il s’agit de fruits qui deviennent répugnants si on les recrache, comme les mûres ou les raisins, on les repousse d’un côté [de la bouche] et on récite la bénédiction avant de les avaler. Et si [ce sont des aliments qui] ne deviennent pas répugnants [quand on les recrache], comme les fèves ou les pois chiches, on les recrache pour réciter la bénédiction la bouche vide, puis on [les] mange.

13. Aurait-on devant soi plusieurs sortes [d’aliments], si la bénédiction est la même [pour tous], on récite la bénédiction sur l’un d’eux et on exempte [ainsi] le reste. Si la bénédiction n’est pas la même [pour tous], on récite sur chacun d’entre eux la bénédiction appropriée, en donnant priorité à l’aliment que l’on désire. Et si l’on ne désire pas l’un plus que l’autre, [la règle suivante est appliquée :] s’il y a parmi ces aliments l’une des sept espèces [par lesquels la Thora fait la louange de la Terre d’Israël, cf. verset cité ci-après], on récite sur celle-ci la bénédiction en premier. Tout [aliment] mentionné avant [un autre] dans le verset [ci-après] a priorité pour la bénédiction. Les sept espèces sont celles qui sont mentionnées dans le verset [Deut. 8, 8] « Une terre de blé, d’orge, de vin, de figues et de grenades, une terre d’olives à huile et de miel », le miel en question étant le miel de dattes. Les dattes ont priorité sur les raisins, car les dattes sont mentionnées en seconde position par rapport au mot « terre » [mentionné la seconde fois dans le verset] alors que les raisins sont mentionnés en troisième position par rapport au mot « terre » [mentionné la première fois].

14. La bénédiction qui est un condensé des trois pour les cinq espèces de fruits [susmentionnées au § 1] et pour le vin est la même que pour les céréales, si ce n’est que pour les fruits, on dit : « [Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde,] pour l’arbre et pour le fruit de l’arbre, pour le produit du champ, pour la terre agréable… » et pour le vin, on dit : « pour la vigne et pour le fruit de la vigne […] ». Toutes deux sont conclues par « [Béni sois-Tu, Eternel,] pour la terre et pour les fruits ». En Terre d’Israël, on conclut : « pour la terre et pour ses fruits ». Certains ajoutent [le texte suivant] dans la bénédiction qui est un condensé des trois, avant la conclusion : « car, Eternel, Tu es bon et Tu fais le bien », ce qui est un abrégé de la quatrième bénédiction [des Actions de Grâce]. D’autres disent qu’une quatrième bénédiction fut instituée uniquement dans les Actions de Grâce.

15. Aurait-on bu du vin, mangé des dattes et mangé un mets [à base d’une] des cinq espèces de grains on récite à la fin [une seule] bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi de l’univers, pour la subsistance et la nourriture, pour la vigne et le fruit de la vigne, pour l’arbre et le fruit de l’arbre, pour le produit du champ, pour la terre agréable… » et on conclut [cette bénédiction] par « Béni sois-Tu, Eternel pour la terre, pour la subsistance et pour les fruits ».

16. En revanche, si l’on a mangé de la viande et bu du vin, on récite à la fin une bénédiction pour chacun à part. Aurait-on mangé des figues ou des raisins ainsi que des pommes, des poires ou des [fruits] semblables, on récite ensuite une bénédiction qui est un condensé des trois, et celle-ci inclut tout [même les fruits par lesquels on n’a pas fait la louange de la terre d’Israël comme les pommes et les poires], car ce sont tous des fruits de l’arbre. Il en va de même pour tout cas semblable.
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