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Lois relatives au témoignage · Chapitre 2

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 964 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Quelle différence y a-t-il entre [d’une part] ‘hakirot et drichot et [d’autre part,] bdikot ? Concernant ‘hakirot et drichot, si un témoin donne un témoignage précis et que le second dise : « Je ne sais pas » [à l’une des questions], leur témoignage est nul. Mais concernant les bdikot, même si tous deux répondent : « Nous ne savons pas », leur témoignage est accepté. Mais lorsqu’ils se contredisent l’un l’autre, même sur des bdikot, leur témoignage est nul. Comment cela ? S’ils témoignent que celui-ci a tué celui-là et que l’un déclare, lorsqu’il est soumis aux ‘hakirot : « Durant tel cycle septennal, durant telle année, durant tel mois, tel jour du mois, mercredi, à la sixième heure de la journée, à tel endroit il l’a tué », et de même lorsqu’il est enquis sur l’arme du crime, il répond : « Il l’a tué avec une épée » ; que le second, lui aussi, détermine pareillement tous les points dans son témoignage, exceptée l’heure [du crime], disant : « Je ne sais pas à quelle heure de la journée [cela s’est passé] » – ou bien il détermine l’heure, mais dit : « J’ignore avec quoi il l’a tué, je n’ai pas pu déterminer l’instrument que le meurtrier tenait à la main » – leur témoignage est nul. En revanche, s’ils déterminent avec précision tous [les points fondamentaux], mais qu’à la question des juges : « Portait-il des vêtements noirs ou blancs ? », ils répondent : « Nous ne savons pas, nous n’avons pas prêté attention à de tels détails insignifiants », leur déposition est valable.

2. Mais si l’un [des témoins] dit : « Il portait des vêtements noirs » et le second : « Non, il portait des vêtements blancs », leur déposition est nulle. C’est comme si l’un avait dit : « Mercredi » et l’autre : « Jeudi », témoignage qui est [considéré comme] inexistant, ou [encore] comme si l’un avait dit : « C’est avec une épée qu’il l’a tué » et l’autre : « avec une lance », témoignage qui est [considéré comme] inexistant. En effet, il est dit (Deut. 13, 15) : « c’est vrai, la chose est conforme » ; dès lors qu’ils se contredisent, même sur des questions subsidiaires, cela n’est plus « conforme ».

3. S’il y a de nombreux témoins, deux d’entre eux qui donnent un témoignage précis et concordant sur ‘hakirot et drichot et un troisième qui dit : « Je ne sais pas », le témoignage est maintenu par [la déposition des] deux et l’accusé est exécuté. Mais si le troisième contredit les deux [autres], fut-ce sur les bdikot, leur témoignage est nul.

4. Si un témoin dit : « Mercredi, le deux du mois » et le second dit : « Mercredi, le trois du mois », leur témoignage est accepté : on considère que l’un sait que le mois précédent était plein, tandis que l’autre l’ignore. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Jusqu’à la moitié du mois. En revanche, après la moitié du mois, par exemple, si l’un dit : « Le seize du mois » et l’autre : « Le dix-sept du mois », bien que tous deux déterminent le même jour de la semaine, leur témoignage est nul ; en effet, passée la moitié du mois, tous savent déjà quand a eu lieu la néoménie.

5. Si l’un dit : « Le trois » et l’autre : « Le cinq », leur témoignage est nul. Si l’un dit : « Durant la deuxième heure de la journée », et l’autre : « Durant la troisième heure », leur témoignage est maintenu, car il est commun de se tromper d’une heure. Mais si l’un dit : « A la troisième heure » et l’autre : « A la cinquième heure », leur témoignage est nul. Si un témoin dit : « Avant le lever du soleil », et l’autre : « Au moment du lever du soleil », leur témoignage est nul, bien que [l’erreur porte] sur une seule heure, car c’est une chose visible par tous. Et il en est de même s’il y a divergence concernant le coucher du soleil.
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