Lois relatives au sanhédrine et aux peines qui leur sont confiées · Chapitre 22
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 958 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Et de même, un disciple assis devant son maître qui trouve un argument favorable au pauvre et défavorable au riche, s’il se tait, il transgresse [l’interdiction] : « Vous ne tremblerez pas à cause d’un homme ». A ce sujet, il est dit (Ex. 23, 7) : « Tu t’éloigneras d’une parole mensongère ». Et d’où savons-nous qu’un juge ne doit pas faire asseoir un disciple ignorant devant lui ? Car il est dit : « Tu t’éloigneras d’une parole mensongère ».
3. D’où savons-nous que lorsqu’un disciple voit son maître se tromper dans un jugement, il ne doit pas dire : « Je vais attendre qu’il rende le jugement pour casser celui-ci et le construire moi-même, afin que le jugement porte mon nom » ? Car il est dit : « Tu t’éloigneras d’une parole mensongère ».
4. C’est un devoir de dire a priori aux parties en litige : « Souhaitez-vous un jugement ou un compromis ? » S’ils veulent un compromis, on fait un compromis entre eux. Un tribunal qui s’efforce toujours de parvenir à un compromis est louable et c’est de lui qu’il est dit (Zacharie 8, 16) : « Rendez des jugements de vérité et de paix dans vos portes ». Qu’est-ce qu’un jugement assorti de paix ? C’est le compromis. Et de même, il est dit de David (II Samuel 8, 15) : « Et David fit justice et charité envers tout son peuple. » Qu’est qu’un jugement assorti de charité ? C’est le compromis. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Avant la fin du jugement : bien que le juge ait entendu les déclarations des plaideurs et sache vers où penche la justice, c’est un devoir de faire un compromis. Mais après que le juge a rendu le jugement en disant : « Untel, tu es acquitté, untel, tu es condamné », il n’a plus le droit de faire un compromis entre eux ; plutôt, que la justice perce la montagne !
5. Bien que les parties en litige ait voulu [au départ] un compromis au tribunal, elles peuvent se rétracter et demander un jugement, à moins qu’elles n’aient toutes les deux effectué un kiniane [pour que leur engagement soit contraignant].
6. Plus grand est le pouvoir du compromis que celui du jugement : lorsque deux personnes ordinaires jugent [un litige], leur jugement est nul et non avenu et les parties en litige peuvent se rétracter. Mais si elles ont arrangé un compromis et qu’un kiniane ait été effectué avec les parties en litige, celles-ci ne peuvent pas se rétracter.
7. Il est défendu à l’un des juges de dire, en sortant du tribunal : « Je me suis prononcé pour l’acquittement […] » ou « […] pour la condamnation et mes collègues étaient en désaccord avec moi ; que pouvais-je faire, ils étaient plus nombreux que moi ». Et s’il dit cela, il est visé par [le verset (Prov. 11, 13) :] « Il va colporter, en divulguant des secrets ». Une fois, un disciple divulgua des choses qui avaient été dites dans la maison d’étude vingt-deux ans auparavant, et le tribunal l’expulsa de la maison d’étude, en proclamant : « C’est quelqu’un qui divulgue des secrets ».
8. Si l’une des parties demande qu’on lui mette par écrit le jugement rendu, voici ce qu’on lui écrit : « Untel est venu au tribunal d’untel, avec untel son adversaire qui lui a fait telle réclamation, et il est sorti acquitté –ou condamné » et on lui donne [ce compte-rendu]. On ne mentionne ni le nom des juges qui se sont prononcés pour l’acquittement, ni le nom de ceux qui se sont prononcés pour la condamnation, mais [simplement] « Des délibérations du tribunal d’untel, untel a été acquitté ».
9. Tel était l’usage des habitants de Jérusalem : les juges faisaient entrer les parties en litige et écoutaient leurs déclarations et leurs arguments, ils faisaient entrer les témoins et écoutaient leurs dépositions, puis ils faisaient sortir tout le monde dehors. Les juges délibéraient [alors] entre eux et concluaient sur le cas. Puis ils faisaient entrer les parties en litige et le plus grand des juges disait : « Untel, tu es quitte ; untel, tu es condamné », afin qu’aucune des parties ne sache quel juge l’a acquittée et quel juge l’a condamnée.
10. Un juge qui sait d’un autre qu’il est un voleur ou un méchant n’a pas le droit de s’associer à lui, ainsi qu’il est dit : « Tu t’éloigneras d’une parole mensongère ». Voici ce que faisaient les hommes consciencieux de Jérusalem : ils ne siégeaient pas au tribunal sans savoir qui siégeait avec eux, ne signaient pas un acte avant de savoir qui signait avec eux, et ne participaient pas à un repas avant de savoir qui s’asseyait avec eux.
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