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Lois relatives au sanhédrine et aux peines qui leur sont confiées · Chapitre 8

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 944 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. En cas de divergence [entre les juges] du tribunal, [c’est-à-dire lorsque] certains se prononcent pour l’acquittement et d’autres pour la condamnation, on suit la majorité ; c’est un commandement positif de la Thora, ainsi qu’il est dit (Ex. 23, 2) : « suivant le nombre pour faire pencher [le jugement] ». Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Pour les affaires pécuniaires, et les autres questions relatives à ce qui est défendu et ce qui est permis, les questions de pureté et d’impureté, ainsi que ce qui est semblable. En revanche, pour les procès capitaux, si les juges sont en désaccord quant à condamner à mort l’accusé ou non, si la majorité l’acquitte, il est acquitté. Mais si la majorité le condamne, il n’est mis à mort que si [le nombre de] ceux qui le condamnent excède de deux [voix] ceux qui l’acquittent. Par tradition orale, les Sages ont appris que la Thora a formulé une mise en garde à ce sujet en disant (ibid.) : « Ne suis pas le nombre pour faire le mal », c’est-à-dire que si la majorité penche pour le mal, c’est-à-dire pour l’exécution, tu ne les suivras que si l’écart est important et que [le nombre de] ceux qui condamnent [l’accusé] excède de deux [voix ceux qui l’acquittent], ainsi qu’il est dit : « pour pencher, suivant le nombre pour faire pencher [le jugement] » ; tu feras pencher vers le bien avec une seule [voix de majorité], [mais] pour le mal, avec deux voix [de majorité]. Toutes ces règles relèvent de la tradition orale.

2. Quand il y a une divergence d’opinions dans un tribunal de trois [juges concernant une affaire pécuniaire], que deux [d’entre eux] disent : « Quitte » et le troisième dit : « Coupable », le défendeur est acquitté. Si deux [juges] disent : « Coupable » et le troisième dit : « Quitte », il est condamné. Si l’un [d’entre eux] dit : « Quitte », un autre dit : « Coupable » et le troisième dit : « Je ne sais pas » ou si deux [d’entre eux] disent : « Quitte » ou « Coupable » et le troisième dit : « Je ne sais pas », on ajoute deux [autres juges]. Il y a donc cinq [juges] qui débattent sur la question. Si trois d’entre eux disent : « Quitte » et deux disent : « Coupable », il est acquitté. Si trois disent : « Coupable » et deux : « Quitte », il est condamné. Si deux d’entre eux disent : « Quitte », deux disent : « Coupable » et le dernier dit : « Je ne sais pas », on ajoute deux [autres juges]. En revanche, si quatre disent : « Quitte » ou « Coupable » et le dernier dit : « Je ne sais pas », ou si trois disent : « Quitte », un dit : « Coupable » et un autre dit : « Je ne sais pas », que ce soit ou non le même qu’au début qui ait dit : « Je ne sais pas », on suit la majorité. S’ils sont [partagés sur la question] moitié-moitié et que l’un dise : « Je ne sais pas », on ajoute deux autres [juges]. Et de même, si le cas fait [toujours] l’objet d’un doute, on continue d’ajouter [des juges] jusqu’au nombre de soixante et onze. Quand leur nombre a atteint soixante et onze, si trente-cinq disent : « Coupable », trente-cinq : « Quitte » et un : « Je ne sais pas », ils délibèrent avec lui, jusqu’à ce qu’il se range d’un côté, de sorte qu’il y ait trente-six [juges] qui acquittent ou qui condamnent. Et si ni lui [celui qui est en proie au doute], ni un autre, ne change d’avis, ce cas fait l’objet d’un doute et [par conséquent,] on maintient l’argent en la possession de son propriétaire.

3. Quiconque dit : « Je ne sais pas » n’a pas besoin d’en donner la raison et de dire pour quelle raison il doute, contrairement à celui qui acquitte qui doit dire pour quelle raison il acquitte et celui qui condamne qui doit dire pour quelle raison il condamne.
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