Lois relatives aux bénédictions · Chapitre 4
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 94 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Qui a un doute [quant à savoir] s’il a récité ou non la bénédiction [préalable] Hamotsi [« Qui fait sortir le pain de la terre »] ne doit pas répéter cette bénédiction, parce qu’elle n’est pas [une obligation] de la Thora. Aurait-on oublié de réciter la bénédiction « Qui fait sortir le pain de la terre », si on s’en souvient avant d’avoir terminé [le repas], on la récite ; et si on s’en souvient après avoir terminé [le repas], on ne la récite pas.
3. Si une personne, qui mangeait dans une maison, a interrompu son repas pour se rendre dans une autre maison, ou bien [même] a [simplement] franchi le seuil de sa maison pour [aller à la rencontre d’]un ami l’appelant à venir parler et s’en est revenue, dès lors qu’elle a changé de place, elle doit réciter [les Actions de Grâce après le repas] pour ce qu’elle a mangé, et réciter à nouveau la bénédiction Hamotsi avant de finir son repas.
4. Si des amis, assis [ensemble] pour manger, sortent à la rencontre d’un marié ou d’une mariée, [la règle suivante est appliquée :] s’ils laissent [derrière eux] une personne âgée ou malade, ils peuvent revenir à leur place et finir leur repas, sans avoir besoin de réciter une seconde fois la bénédiction. Mais s’ils ne laissent personne, ils doivent [réciter] une bénédiction finale [pour ce qu’ils ont déjà mangé] quand ils sortent, et une bénédiction avant [de continuer leur repas] quand ils reviennent.
5. Il en va de même s’ils sont assis [réunis] ensemble pour boire ou pour manger des fruits ; quiconque change de place [est considéré comme ayant] interrompu son repas, et doit donc réciter une bénédiction finale pour ce qu’il a [déjà] mangé et une seconde fois la bénédiction initiale pour ce qu’il va manger. Celui qui change de place d’un coin à un autre dans une même pièce n’a pas besoin de réciter à nouveau la bénédiction. S’il mange à l’est d’un figuier et vient manger à l’ouest de celui-ci, il doit réciter à nouveau la bénédiction [avant de manger].
6. La bénédiction récitée sur le pain exempte l’accompagnement avec lequel on mange le pain, parmi les différentes sortes de mets, de fruits et ce qui est semblable. En revanche, si on récite la bénédiction sur l’accompagnement, cela n’exempte pas le pain. La bénédiction récitée sur [les céréales] préparées dans une casserole [cf. ch. 3 § 3] exempte le mets. Aurait-on récité une bénédiction sur le mets, cela n’exempte pas [les céréales] préparées dans une casserole.
7. Se serait-on résolu à arrêter de manger ou de boire, si l’on [décide] inopinément ensuite de manger ou de boire [à nouveau], bien que l’on n’ait pas changé d’endroit, on doit dire à nouveau la bénédiction. [Toutefois,] si l’on ne s’est pas résolu [à arrêter de manger ou de boire], et qu’on a l’intention de continuer à manger ou à boire, on ne doit pas réciter une seconde fois la bénédiction, même si on s’est interrompu toute la journée.
8. Si plusieurs convives boivent [à la fin du repas] et disent [d’un commun accord] : « Venez, récitons les Actions de Grâce après le repas » ou « Venez, récitons le kiddouch », il leur est défendu de boire avant de réciter les Actions de Grâce [dans le premier cas] ou le kiddouch [dans le second cas]. S’ils veulent boire à nouveau avant de réciter les Actions de Grâce ou le kiddouch, bien qu’ils n’en aient pas le droit, ils doivent réciter au préalable la bénédiction « Qui crée le fruit de la vigne » avant de boire. Mais s’ils disent [durant leur repas de chabbat qui s’est prolongé jusqu’à la fin du chabbat] : « Venez, faisons la havdala » [et qu’ils désirent continuer à boire], ils n’ont pas besoin de répéter la bénédiction.
9. Si des convives sont réunis [ensemble] pour boire du vin, et qu’il leur est présenté une autre sorte de vin, par exemple, s’ils boivent du [vin] rouge et qu’on leur apporte du [vin] noir ou [s’ils boivent] du vieux [vin] et que du [vin] nouveau leur est apporté, ils n’ont pas besoin de réciter une seconde fois la bénédiction sur le vin, mais ils récitent la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui est bon et fait le bien ».
10. On ne récite pas la bénédiction sur un quelconque aliment ou une quelconque boisson avant qu’il (ou elle) soit parvenu(e) devant soi. Si l’on a récité une bénédiction et que l’aliment a [ensuite] été apporté devant soi, on doit à nouveau réciter la bénédiction. Si l’on prend un aliment et qu’on récite la bénédiction, mais que celui-ci tombe de sa main et soit brûlé ou emporté par un fleuve, on en prend un autre et on récite à nouveau la bénédiction, bien que ce soit un [aliment] de la même espèce. Il faut dire : « Béni soit le nom de Son règne glorieux à jamais » pour la première bénédiction, afin que le Nom de D.ieu n’ait pas été prononcé en vain. Un homme peut se tenir près d’un cours d’eau, réciter la bénédiction et boire, bien que l’eau qui se trouve devant lui au moment de la bénédiction ne soit pas celle qu’il boit, car telle est son intention initiale.
11. Les aliments venus au milieu du repas, du fait du repas, ne nécessitent de bénédiction ni avant, ni après : la bénédiction Hamotsi au début [du repas]xeudvb et les Actions de Grâce après le repas les [en] exemptent tous, car ils sont tous accessoires au repas. Les aliments venus au milieu de repas, [mais] pas à cause du repas [par exemple, les fruits] requièrent une bénédiction avant mais non après. Les aliments venus après le repas [et avant les Actions de Grâce], à cause du repas ou non, nécessitent une bénédiction avant et après.
12. Lorsqu’on fixe son repas sur le vin – [comme lors] des chabbats et des jours de fête, [lors d’]un repas [pris après] une saignée ou au moment de la sortie des thermes ou [dans une situation] semblable – si l’on récite la bénédiction sur le vin avant le repas, cela exempte le vin que l’on boit après le repas, avant les Actions de Grâce. Mais les autres jours, il faut à nouveau réciter la bénédiction initiale sur le vin qui est [bu] après le repas. Si du vin est servi au milieu du repas, chacun [des convives] récite la bénédiction pour soi [au lieu que l’un d’eux la dise pour tous]. Car leur gosier n’est pas libre pour répondre Amen. Cette bénédiction n’exempte pas le vin qui est [bu] après le repas.
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