Lois relatives aux bénédictions · Chapitre 3
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 93 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Celui qui mange du pain est tenu de réciter au préalable la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui fait sortir le pain de la terre » et après, quatre bénédictions [les Actions de Grâce]. Quand on mange du grain cuit tel quel [entier, avec son enveloppe], on récite au préalable la bénédiction : « Qui crée le fruit de la terre » et après « Qui crée de nombreuses personnes ». Si l’on consomme de la farine, on récite au préalable la bénédiction chéhakol et ensuite la bénédiction « Qui crée de nombreuses personnes ».
3. Sur de la farine – de l’une des cinq espèces [de céréales] – bouillie, mélangée à de l’eau ou à d’autres liquides, si le mélange est suffisamment épais pour pouvoir être mangé et mâché, on récite au préalable la bénédiction « Qui crée différentes sortes d’aliments nourrissants » et, à la fin, la bénédiction « pour la subsistance et l’entretien ». S’il est fin au point de pouvoir être bu, on récite au préalable la bénédiction chéhakol et à la fin [la bénédiction] « Qui crée de nombreuses personnes ».
4. La bénédiction initiale sur [les aliments ci-après] est « Qui crée différentes sortes d’aliments nourrissants » : (a) la farine de l’une des cinq espèces – toute seule ou mélangée avec d’autres choses, comme [c’est le cas] des boulettes de pâte et ce qui est semblable – cuite dans une casserole ; (b) de même, le grain coupé ou pilé, et cuit dans une casserole, comme le grain mondé ou grossièrement moulu et ce qui est semblable ; tout cela [(a) et (b)] étant appelé [céréales] préparées dans une casserole ; (c) de même, tout mets dans lequel on a mélangé de la farine ou du pain [à base d’une] des cinq espèces.
5. De quel cas parle-t-on [dans (c)] ? [Du cas où] cette [farine] est pour lui considérée comme importante et non comme un [élément] accessoire. En revanche, si l’une des cinq espèces est [considérée comme] secondaire dans un mélange on ne récite que la bénédiction sur l’[aliment] essentiel et cela exempte [l’aliment] secondaire. Ceci est une règle générale concernant les bénédictions : [dans] tout [cas où il y a un] [aliment] essentiel accompagné d’un [aliment] accessoire, on récite la bénédiction sur l’[aliment] principal et on exempte [ainsi] l’accessoire, que [l’aliment] accessoire soit mélangé ou non avec le principal.
6. Qu’est-ce qu’un [aliment] accessoire mélangé [avec un aliment principal] ? Par exemple, sur une rave ou un chou [frisé] cuit mélangé avec de la farine d’une des cinq espèces pour lier ne récite pas la bénédiction « Qui crée différentes sortes d’aliments nourrissants », car la rave [ou le chou] est l’[aliment] principal, et la farine est accessoire. Car toute chose mélangée pour lier, pour parfumer ou pour colorer un mets est [considérée comme] secondaire. Mais si elle est mélangée pour donner du goût au mélange, elle est [considérée comme] principale. C’est pourquoi, [avant de consommer] des douceurs faites à base de miels cuits mélangés avec de l’amidon de blé pour épaissir, on ne récite pas la bénédiction : « Qui crée différentes sortes d’aliments nourrissants », puisque le miel est l’[élément] principal.
7. Qu’est-ce qu’un aliment secondaire qui n’est pas mélangé [à l’aliment principal] ? Aurait-on besoin de manger du poisson salé, si on l’accompagne de pain pour ne pas avoir la gorge ou la langue irrités par le sel, on récite la bénédiction sur le [poisson] salé et on exempte [ainsi] le pain, car le pain est accessoire. Il en va de même pour tout cas semblable.
8. Soit du pain émietté et cuit dans une casserole ou mélangé dans une soupe ; [dans ce dernier cas,] si ces morceaux font le volume d’une olive, ou [même s’ils ne font pas le volume d’une olive, mais qu’]il est visible que c’est du pain et que son aspect n’a pas changé, on récite la bénédiction : « Qui fait sortir [le pain de la terre] » avant [d’en consommer]. [Dans le premier cas, celui de la cuisson,] s’ils ne font pas le volume d’une olive ou que le pain a perdu son aspect par la cuisson, on récite la bénédiction : « Qui crée différentes sortes d’aliments nourrissants » avant [d’en consommer].
9. Avant [de consommer] une pâte cuite dans le sol, comme le font les bédouins, on récite la bénédiction « Qui crée différentes sortes d’aliments nourrissants », puisqu’elle n’a pas l’aspect du pain. Si l’on fixe son repas dessus, on récite la bénédiction : « Qui fait sortir [le pain de la terre] ». De même, soit une pâte pétrie avec du miel, de l’huile ou du lait, ou [une pâte pétrie avec de l’eau] où ont été mélangées diverses épices ; cette pâte, cuite, s’appelle pat habaa bekissanine. Bien que ce soit du pain, on récite la bénédiction : « Qui crée différentes sortes d’aliments nourrissants ». Si l’on fixe son repas dessus, on récite la bénédiction : « Qui fait sortir [le pain de la terre] ».
10. Sur du riz cuit ou du pain à base de riz, on récite au préalable la bénédiction : « Qui crée différentes sortes d’aliments nourrissants », et après, [la bénédiction :] « Qui crée de [nombreuses] personnes », à condition qu’il n’y ait pas un mélange d’autre chose que du riz. Mais pour le pain fait de millet ou d’autres sortes de légumineuses, on récite auparavant la bénédiction chéhakol, et après, [la bénédiction] « Qui crée de [nombreuses] personnes ».
11. Après [avoir consommé] tout [aliment] sur lequel la bénédiction initialement récitée est « Qui fait sortir [le pain de la terre] », on récite les Actions de Grâce habituelles, [avec les] quatre bénédictions. Après [avoir consommé] tout [aliment] pour lequel la bénédiction préalablement récitée est : « Qui crée différentes sortes d’aliments nourrissants », on récite une bénédiction qui est un condensé des trois [premières bénédictions des Actions de Grâce], sauf pour le riz.
12. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Quand on mange au moins le volume d’une olive. Mais si on mange moins du volume d’une olive, qu’il s’agisse de pain ou d’un autre aliment, ou que l’on boive moins d’un révi’it de vin comme d’une autre boisson, on récite au préalable la bénédiction appropriée pour le genre [d’aliment] en question, mais on ne récite pas de tout de bénédiction après.
13. Voici la bénédiction qui est un condensé des trois : « Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi du monde, pour la subsistance et la nourriture, pour la terre agréable, bonne et large que Tu as bien voulu donner en héritage à nos ancêtres. Eternel, notre D.ieu, ais pitié d’Israël, Ton peuple, de Jérusalem, Ta cité, de Sion, la demeure de Ta gloire, conduis-nous vers elle, réjouis-nous dans son édifice et nous Te bénirons dans la sainteté et la pureté. Béni sois-Tu, Eternel pour la terre et pour la subsistance ». Les chabbat et jours de fête, on inclut dans cette bénédiction un [passage] en rapport avec la sainteté du jour, de la même manière que l’on [en] fait mention dans les Actions de Grâce après le repas.
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