Lois relatives aux bénédictions · Chapitre 2
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 92 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Les ouvriers qui accomplissent un travail chez un maître de maison ne récitent pas de bénédiction avant [de manger] leur pain et ne récitent après leur repas que deux bénédictions, afin de ne pas manquer au travail du maître de maison. La première bénédiction [est récitée] normalement ; la seconde [bénédiction] commence par [le début de] la bénédiction [de remerciement pour] la Terre, inclut « Qui bâtit Jérusalem » et se conclut par [la fin de] la bénédiction [de remerciement pour] la Terre. S’ils travaillent seulement pour leur repas [sans recevoir d’autre rémunération], ou si le maître de maison est attablé avec eux, ils récitent les quatre bénédictions [des Actions de Grâce] normalement, comme tout le monde.
3. Il faut mentionner des remerciements au début et à la fin de la bénédiction [de remerciement pour] la Terre, et la conclure par « [Béni sois-Tu, Eternel,] pour la terre et pour la nourriture ». Qui ne mentionne pas dans la bénédiction concernant la Terre [d’Israël] « Une terre précieuse, bonne, et large » n’est pas quitte de son obligation. Il faut y évoquer l’alliance et la Thora, en faisant précéder l’alliance à la Thora. Car cette alliance, mentionnée dans la bénédiction relative à la terre, est l’alliance de la circoncision concernant laquelle treize alliances furent scellées [avec Abraham, alors que seules] trois alliances furent scellées pour la Thora toute entière, ainsi qu’il est dit (Deut. 28, 69) : « Voici les paroles de l’alliance… », « hormis l’alliance qu’Il a contractée avec vous à ‘Horev », (Deut. 29, 9-11) « Vous vous tenez [tous debout aujourd’hui…] pour passer dans l’alliance… ».
4. On commence la troisième bénédiction par « Aie pitié de nous, Eternel notre D.ieu, et d’Israël Ton peuple, de Jérusalem Ta ville, et de Sion la demeure de Ta Gloire » ou par « Console-nous, Eternel notre D.ieu avec Jérusalem Ta ville » et on conclut par « Qui bâtit Jérusalem » ou par « Qui console Son peuple Israël par la bâtisse de Jérusalem ». C’est pourquoi cette bénédiction est appelée consolation. Quiconque n’a pas mentionné la royauté de la Maison de David dans cette bénédiction n’est pas quitte de son obligation, parce que c’est le thème de la bénédiction, puisqu’il n’y aura de parfaite consolation qu’avec la restauration de la royauté de la Maison de David.
5. Les chabbats et les jours de fêtes, on commence et on conclut [la troisième bénédiction] par [des paroles de] consolation, en mentionnant la sainteté du jour au milieu. Comment cela ? On commence par « Console-nous, Eternel notre D.ieu, dans Ta ville Sion » ou par « Aie pitié Eternel notre D.ieu d’Israël Ton peuple et de Jérusalem Ta ville » et on conclut par : « Qui console Son peuple Israël par la construction de Jérusalem » ou par « Qui bâtit Jérusalem ». Le chabbat, on intercale [dans cette bénédiction le paragraphe suivant] : « Notre D.ieu et D.ieu de nos pères, fais que nous soyons zélés dans [l’observance de] Tes Commandements et du commandement du septième jour, ce [jour] grand et saint. Car ce jour est grand et saint devant Toi, nous cessons de travailler et nous nous y reposons, avec amour, conformément à Ta Volonté. Par Ta Volonté, Eternel notre D.ieu, accorde-nous la tranquillité, qu’il n’y ait pas sur nous de détresse, de malheur, de peine et de soupir le jour de notre repos ». Les jours de fête, on [y] intercale [le paragraphe] Yaalé véyavo. De même, les [jours de] Roch ‘hodech et de demi-fête, on intercale Yaalé véyavo au milieu de la troisième bénédiction.
6. À ‘Hanouca et à Pourim, on ajoute au milieu de la bénédiction [de remerciement pour] la Terre [le paragraphe] Al hanissim [« Pour les miracles… »] de la même manière que pour la prière. Un jour de fête ou de Roch ‘hodech qui tombe un chabbat, on mentionne d’abord [le passage] Retsé véha’halitsénou [« Fais que nous soyons zélés »] et ensuite Yaalé véyavo. De même, quand le Roch ‘hodech [du mois de] tévét tombe un chabbat, on mentionne Al hanissim dans la bénédiction [de remerciement pour] la Terre, et Retsé véha’halitsénou et Yaalé véyavo dans la [bénédiction de] consolation.
7. La royauté [de D.ieu] doit être rappelée trois [fois] dans la quatrième bénédiction. Quand un invité récite les Actions de Grâce chez son hôte, il ajoute une bénédiction pour le maître de maison. Que dit-il ? Que ce soit la Volonté [de D.ieu] que le maître de maison n’a ni de honte en ce monde, ni de disgrâce dans le monde futur… ». Il a le droit de faire des ajouts dans la bénédiction du maître de maison et de la prolonger.
8. Quand on récite les Actions de Grâce dans une maison de deuil, on dit dans la quatrième bénédiction : « Le roi vivant, Qui est Bon et fait le bien, D.ieu de vérité, juge de vérité, Qui juge avec justice, Qui gouverne son monde en agissant selon Sa volonté ; nous sommes Son peuple et Ses serviteurs et nous nous devons de Lui être reconnaissants pour tout, et de Le bénir ». On implore, à sa guise, la compassion pour l’endeuillé afin de le consoler, et on termine [les Actions de Grâce] : Ara’hamane [Celui qui est miséricordieux]…
9. Dans la maison des mariés, on récite la bénédiction des mariés après ces quatre bénédictions, à chaque repas que l’on y prend. Cette bénédiction n’est récitée ni par les esclaves, ni par les mineurs. Pendant combien [de jours] récite-t-on cette bénédiction ? S’il s’agit d’un veuf qui a épousé une veuve, on récite cette bénédiction uniquement le premier jour [du mariage]. S’il s’agit d’un jeune homme qui a épousé une veuve, ou d’un veuf qui a épousé une fille vierge, on la récite durant tous les sept jours de festin [après le mariage].
10. Cette bénédiction que l’on ajoute dans la maison des mariés est la dernière des sept bénédictions du mariage. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Si les convives étaient présents lors des bénédictions du mariage et les ont entendues. Mais si les convives sont d’autres personnes qui n’ont pas entendu les bénédictions du mariage lors du mariage, on récite pour eux sept bénédictions après les Actions de Grâce, de la même manière qu’on les récite au moment du mariage. Et ce, à condition qu’il y ait dix personnes, y compris les mariés.
11. Voici les sept bénédictions : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a tout créé pour Sa gloire ». « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui crée l’homme ». « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a façonné l’homme à Son image, lui a donné Son apparence, et Qui de cet homme a fait pour lui un édifice perpétuel. Béni sois-Tu, Eternel, Qui crée l’homme ». « Que [Jérusalem] la [femme] stérile se réjouisse et soit en liesse, lorsque ses enfants s’y rassemblent, avec joie. Béni sois-Tu, Eternel, Qui réjouit Sion par Ses enfants ». « Accorde une joie intense aux amis qui s’aiment, comme Tu as réjoui jadis Ta créature dans le jardin d’Eden. Béni sois-Tu, Eternel, Qui réjouit le marié et la mariée ». « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, Qui a créé la joie et l’allégresse, le marié et la mariée, la gaieté, le chant, le plaisir et la réjouissance, l’amour, la fraternité, la paix et l’amitié. Eternel, notre D.ieu, fais que l’on entende promptement, dans les cités de Judée et dans les rues de Jérusalem, l’écho de la joie et la voix de l’allégresse, la voix du marié et la voix de la mariée, l’écho de l’exultation des mariés sous leur dais nuptial et des jeunes gens, à leurs banquets joyeux. Béni sois-Tu, Eternel, Qui réjouit le marié avec la mariée ».
12. Si l’on oublie, le chabbat ou un jour de fête, de rappeler la sainteté du jour, [la règle suivante est appliquée :] si l’on s’en souvient avant de commencer la quatrième bénédiction, le chabbat, on dit : « Béni sois[-Tu] Eternel […] Qui a donné le repos à Son peuple Israël, en signe et en alliance sainte, Béni sois-Tu, Eternel Qui sanctifie le chabbat. Un jour de fête, on dit : « Béni sois […] Qui a donné des jours de fête à Son peuple Israël pour la réjouissance et pour la joie. Béni sois-Tu, Eternel, Qui sanctifie Israël et les temps [solennels] ». [Puis,] on commence la quatrième bénédiction et on termine. Si on se souvient [de cette omission] après avoir commencé la quatrième bénédiction, on s’interrompt et recommence au début, la bénédiction de « Qui nourrit ».
13. Si l’on oublie de dire Yaalé véyavo un jour de Roch ‘hodech, et que l’on s’en souvient avant de commencer la quatrième bénédiction, on dit : « Béni sois […], Qui a donné des Roch ‘hodech à Son peuple Israël en souvenir » sans conclure [cette bénédiction par « Béni sois-Tu… »]. [Puis,] on commence la quatrième bénédiction et on termine. Si l’on s’en souvient après avoir commencé la quatrième bénédiction, on termine celle-ci et on ne se reprend pas. De même, les jours de demi-fête, à ‘Hanoucca et à Pourim, si l’on oublie de rappeler l’objet [du jour] dans les Actions de Grâce après le repas, on ne se reprend pas.
14. Celui qui a mangé et a oublié de réciter les Actions de Grâce doit les réciter s’il s’en souvient avant la digestion de la nourriture. Si la digestion de la nourriture a [déjà] été [opérée], il ne peut plus réciter les Actions de Grâce. De même, si on ignore si on a récité [les Actions de Grâce après le repas] ou non, on doit les réciter à nouveau, à condition que la digestion de la nourriture n’ait pas [encore été opérée].
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