Lois relatives au sanhédrine et aux peines qui leur sont confiées · Chapitre 1
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 937 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
1. C’est un commandement positif de la Thora que de nommer des juges et des officiers de police dans chaque ville et dans chaque district, ainsi qu’il est dit (Deut. 16, 18) : « Tu établiras des juges et des officiers dans toutes tes villes ». « Des juges » : ce sont les juges établis dans les tribunaux, devant lesquels les parties en litige comparaissent. « Des officiers » : ce sont ceux qui, équipés de bâtons et de lanières, se tiennent devant les juges et tournent dans les marchés, les rues et les magasins pour contrôler le bon respect de la réglementation en matière de prix et de mesures, et châtier tout contrevenant. Tout ce qu’ils font est dicté par les juges. Et à chaque fois qu’ils constatent une infraction, ils emmènent le contrevenant au tribunal, où il est jugé selon le mal commis.
2. Ce n’est qu’en Terre d’Israël que nous ne sommes tenus d’ériger des tribunaux dans chaque district et dans chaque ville. En diaspora, en revanche, il n’y a pas d’obligation d’ériger un tribunal dans chaque district, ainsi qu’il est dit (ibid.) : « Tu établiras dans toutes les villes que l’Eternel ton D.ieu te donne, pour tes tribus ».
3. Combien doit-il y avoir de tribunaux établis en Israël et quel doit être le nombre [de membres de chaque tribunal] ? On établit tout d’abord le Grand Tribunal dans le temple, appelé le Grand Sanhédrin et qui compte soixante et onze [juges], ainsi qu’il est dit (Nomb. 11, 16) : « Rassemble-moi soixante-dix hommes de parmi les Anciens d’Israël » ; ils sont présidés par Moïse, comme il est dit (ibid.) : « ils se tiendront là-bas avec toi », ce qui fait [au total] soixante et onze [juges]. Le plus sage d’entre eux est nommé à leur tête et est le Roch yéchiva « Président de l’académie » ; c’est lui que les Sages appellent partout le « nassi ». Il est le substitut de Moïse. Le plus éminent parmi les soixante-dix [autres] est nommé comme second du Président et siège à sa droite. Il est appelé av beit din « Directeur [littéralement : père] du tribunal ». Les autres parmi les soixante-dix [juges] siègent devant lui en fonction de leur âge et de leur niveau : celui qui surpasse son collègue en sagesse est plus près que lui du nassi en partant de la gauche. Ils siègent en demi-cercle, de façon à ce que le nassi avec le av beit din les voient tous. On établit également deux tribunaux de vingt-trois [juges] chacun, l’un à l’entrée de la cour et l’autre à l’entrée de l’esplanade du Temple. On érige dans chaque ville juive qui compte au moins cent vingt âmes un petit sanhédrin, qui siège à la porte de la ville, ainsi qu’il est dit (Amos 5, 15) : « Faites prévaloir le droit aux portes ». Quel doit être le nombre de juges qui composent ce sanhédrin ? Vingt-trois juges : le plus éminent d’entre eux en sagesse est à leur tête, et les autres siègent en demi-cercle [devant lui], de façon à ce que le président les voit tous.
4. Dans une ville qui compte moins de cent vingt âmes, on nomme trois juges, car un tribunal ne compte pas moins de trois [juges], de manière à ce qu’il y ait une majorité et une minorité en cas de divergence d’opinions dans un certain jugement.
5. Dans toute ville où il n’y a pas deux sages éminents – l’un apte à enseigner et à dicter la loi dans tous les domaines de la Thora et l’autre sachant comprendre, interroger et répondre – on n’installe pas de sanhédrin, même si elle compte des milliers de juifs.
6. Un sanhédrin où se trouve deux pareils [sages], l’un à même de comprendre et l’autre de discuter, est un sanhédrin valide. S’il y en a trois, c’est un [sanhédrin] moyen. S’il y en a quatre qui sont à même de discuter, c’est un sanhédrin sage.
7. Dans tout petit sanhédrin [de vingt-trois juges], on place devant les juges trois rangées d’érudits, vingt-trois hommes par rangée, la première rangée étant la plus proche du sanhédrin, la seconde derrière celle-là, et la troisième derrière celle-là. Et ils siègent dans chaque rangée en fonction de leur niveau de sagesse.
8. S’il y a une divergence [d’opinions entre les juges] du sanhédrin et qu’il soit nécessaire d’ordonner l’un [des érudits] pour augmenter le nombre [de juges], on ordonne [l’érudit] le plus éminent de la première [rangée] ; le premier de la seconde [rangée] vient [alors] s’asseoir à l’extrémité de la première rangée pour combler le manque, le premier de la troisième rangée vient s’asseoir à l’extrémité de la seconde rangée et on choisit une personne de la communauté que l’on place à l’extrémité de la troisième rangée. Et de même, s’il est nécessaire d’ordonner un deuxième ou un troisième [nouveau juge], on procède de cette manière.
9. Partout où il y a un sanhédrin, il faut deux greffiers qui se tiennent devant les juges, l’un à droite et l’autre à gauche. L’un met par écrit les propos de ceux qui se prononcent en faveur de la condamnation et l’autre écrit les propos de ceux qui se prononcent en faveur de l’acquittement.
10. Pourquoi [érige-t-on] un sanhédrin uniquement dans une ville qui compte [au minimum] cent vingt âmes ? Afin qu’il y ait parmi eux un sanhédrin de vingt-trois [juges], trois rangées de vingt-trois [érudits], dix désœuvrés [pour assumer le quorum] de la synagogue, deux greffiers, deux huissiers du tribunal, deux parties en litige, deux témoins, deux [personnes] pour les convaincre de machination et deux [autres personnes] pour convaincre ces dernières de machination, deux collecteurs de la charité, et un autre, pour qu’ils soient trois à distribuer les aumônes, un médecin expert, un scribe [qui écrit les livres sacrés], un précepteur pour les enfants, [ce qui fait au total] cent vingt personnes.
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