KOULAM Télécharger l’app

Lois relatives au prêteur et à l'emprunteur · Chapitre 9

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 891 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. On ne fixe pas un prix [que l’acheteur paye comptant] pour des produits [qui seront livrés plus tard] avant la publication du cours officiel. Une fois le cours officiel publié, on peut en fixer le prix : [car] même si celui-ci [le vendeur] n’a pas [de produits], d’autres en ont. Comment cela ? Si le cours fixe du blé au marché est de quatre séas pour un séla, il peut convenir avec le vendeur [de se faire livrer] cent séas et payer vingt-cinq sélas. Et si le vendeur lui livre les cent séas de blé un certain temps après, lorsque le blé [a augmenté et se vend désormais] à un séla pour un séa, cela ne constitue en aucun cas des intérêts, quand même le vendeur n’aurait pas eu du tout de blé au moment où [leur arrangement] a été convenu. Dans quel cas dit-on [qu’il est interdit, avant la publication du cours, de fixer un prix par avance] ? Si le vendeur n’a pas du tout de ce type [de produits] au moment où il fixe le prix. Mais s’il a quoi que ce soit [comme produits] de ce type au moment où il fixe le prix, bien que le traitement des produits ne soit pas achevé, il est permis de fixer un prix bien que le cours n’ait pas encore été publié. Comment cela ? S’il est le premier des moissonneurs, il peut fixer un prix pour son blé, bien qu’il soit encore en tas de gerbes. Pour le vin, on peut fixer un prix après avoir vendangé les raisins et les avoir mis dans la fosse [à raisins où ils sont conservés]. Et pour l’huile, après avoir mis les olives dans la fosse [à olives où elles sont conservées pour se ramollir]. Pour la chaux, [on peut fixer un prix] après avoir descendu dans le four [les pierres calcaires avec le bois]. Et de même, un potier peut fixer le prix d’ustensiles en terre cuite dès qu’il en a fait les balles. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Si la terre [dont sont faites les poteries] est blanche [et rare]. Mais s’il s’agit de terre noire, il peut fixer un prix pour les ustensiles qui en seront confectionnés bien qu’ils ne le soient pas encore, parce que cette terre est disponible, et même si un potier n’a pas [de balles faites de cette terre], un autre en a [et le potier peut s’en procurer au prix indiqué]. Et de même, un agriculteur peut fixer un prix pour des engrais durant toute l’année même s’il n’en a pas, parce que les engrais sont constamment disponibles.

2. Pour toute chose qui nécessite un ou deux travaux, le vendeur peut fixer un prix [avant la publication du cours officiel]. S’il manque trois travaux, il ne peut fixer de prix que si le cours officiel a été publié : étant donné que trois travaux sont nécessaires, c’est comme s’il n’avait rien [comme produits] de cette espèce, comme si ceux-ci n’étaient pas encore existants. Comment cela ? Un tas de gerbes auquel il manque l’exposition au soleil pour sécher, le battage et le vannage, on ne peut en fixer le prix que si le cours officiel a été publié. S’il est sec, et que seuls le battage et le vannage sont nécessaires, on peut en fixer le prix. Les balles de potier qui doivent être modelées, séchées, mises au four, chauffées et retirées [du four], le potier ne peut pas en fixer le prix [avant publication du cours]. Si elles sont sèches, et n’ont besoin que d’être mises au four et chauffées, on peut en fixer le prix, cela, à condition qu’il soit s’usage que l’acheteur retire la poterie du four. Mais si c’est le vendeur qui sort [du four la poterie], ces balles nécessitent trois travaux, et le potier ne peut pas en fixer le prix avant publication du cours officiel. Et de même pour tout cas semblable.

3. Celui qui s’en va traire ses chèvres, tondre ses brebis ou décoller [le miel de] sa ruche a le droit de dire à celui qu’il vient à sa rencontre : « Le lait qui sera trait de mes chèvres t’est vendu », « La [laine] qui sera tondue de mes brebis t’est vendue », « [Le miel] qui sera décollé de ma ruche t’est vendu » [et l’acheteur paie comptant une somme forfaitaire]. Mais s’il lui dit : « Telle quantité de lait qui sera trait de mes chèvres t’est vendu pour tel prix », « Telle quantité de [laine] qui sera tondue de mes brebis t’est vendue pour tel prix », [ou] « Telle quantité de [miel] qui sera décollé de ma ruche t’est vendu pour tel prix », cela est interdit, à moins qu’il ne fixe un prix correspondant au prix du marché. Et de même pour tout cas semblable.

4. On ne se base pas pour fixer un prix sur le cours des villes, car celui-ci n’est pas fixe, mais sur le cours des grandes villes. Si le [cours du] blé de la nouvelle [récolte pratiqué] est d’un séla pour quatre séas et [celui de] l’ancienne [récolte] d’un séla pour trois [séas], on ne fixe pas un prix [pour du blé] tant que n’a pas été publié un cours [fixe] pour le [blé] nouveau comme pour l’ancien. Si le blé des glaneurs [pauvres ayant glané les épis de blé dans les champs] est [vendu] à un séla les quatre séas, et celui des particuliers [est vendu à un séla] les trois [séas], on peut fixer un prix avec les glaneurs suivant le cours [du blé] des glaneurs, mais non fixer un prix avec les particuliers [selon le prix du blé des glaneurs] à moins que tel ne devienne le cours fixe [du blé] des particuliers.

5. Dès lors que le cours est fixe, il est permis de fixer un prix selon le meilleur cours. Comment cela ? [Soit le cas suivant :] le blé est vendu à un séla les quatre séas, et un vendeur fixe [avec son acheteur] qu’il lui donnera du blé [ultérieurement] selon le cours le plus bas, si le prix du blé est descendu ensuite à un séla les dix séas, le vendeur donnera à l’acheteur dix séas, conformément au prix du marché, parce qu’il a convenu avec lui [de suivre] le meilleur cours. Si l’acheteur a payé [le vendeur comptant] sans aucune stipulation, sans convenir avec lui de suivre le meilleur cours, et que le prix [du blé] diminue [entre-temps], le vendeur donne à l’acheteur [une quantité de blé] selon le cours au moment du paiement. Et celui [des deux] qui se rétracte tombe sous le coup de [la malédiction] : « Celui Qui a puni… ». Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Dans le cas de celui qui fixe un prix pour lui-même. Mais s’il s’agit d’un mandataire, soit du vendeur, soit de l’acheteur, l’acheteur reçoit [le blé] au bas prix ou bien le vendeur restitue l’argent. Et le mandant ne tombe pas sous le coup de [la malédiction commençant par les mots] : « Celui Qui a puni… » du fait du mandataire [qui a mal accompli sa tâche], car le mandant peut lui dire : « Je t’ai envoyé pour défendre mes intérêts, non pour y nuire », comme nous l’avons expliqué.

6. Si le blé est vendu à un séla les quatre séas, et que le vendeur prenne l’argent [de l’acheteur] en vue de lui donner cinq [séas de blé] pour un séla, [la règle suivante est appliquée :] s’il a du blé [à ce moment], cela est permis. [Mais si le vendeur n’a pas de blé actuellement, même] si une autre personne lui doit du blé, et qu’il prenne l’argent [de l’acheteur en avance,] le temps de recevoir le blé et de le lui donner, cela est interdit : étant donné qu’il ne l’a pas encore reçu, ce [blé qui lui est dû] est considéré comme inexistant. [Par conséquent,] c’est comme s’il fixait un délai [de livraison du blé] pour l’acheteur et lui consentait un rabais sur le prix du fait du crédit [accordé, ce qui est défendu].

7. Si le blé est vendu dans la grande ville à un séla les quatre séas et, dans les villages, à un séla les six [séas], il est permis de donner un séla à un commerçant pour qu’il [en] apporte six séas du village [à une date donnée], cela, à condition que le blé soit [considéré comme] en la possession de l’acheteur [durant le transport, c’est-à-dire qu’]en cas de perte ou de vol en route, l’acheteur en assume la perte. [Néanmoins,] un homme important n’a pas le droit d’agir ainsi. Et concernant les autres types de marchandise, cela est interdit à tout homme, car les autres types de marchandise ne sont pas courants comme les produits agricoles.

8. Des âniers venus en ville [vendre du blé] ont le droit de vendre [le blé] à bas prix à leurs connaissances ou intermédiaires à un séla les cinq [séas] – alors que le [cours du] blé est d’un séla les quatre séaset de leur rendre à ce taux l’argent que ceux-là leur ont donné [à titre de prêt] dès leur arrivée en ville, avant qu’ils n’ouvrent leurs sacs et ne vendent à tout le monde. En effet, ils ne leur vendent pas à rabais [pour les remercier de] leur avoir donné immédiatement de l’argent qu’ils ne récupèrent que plus tard, mais pour [les remercier de] les avoir informés du cours et de leur avoir prêté concours.

9. Qui emmène ses produits d’un endroit [où le prix est bas] à un autre [où le prix est élevé], si quelqu’un vient à sa rencontre et lui dit : « Donne-les-moi, et je te repayerai avec [la même quantité de] produits que j’ai à cet endroit », s’il a là-bas [les produits en question], cela est permis. Et sinon, cela est interdit. S’il apporte une marchandise d’un endroit à un autre, et qu’un autre lui dise : « Donne-la-moi, et je te paierai le prix qu’elle vaut à cet endroit [ta destination] », [la règle suivante est appliquée :] si la marchandise est [considérée comme] en la possession du vendeur [c’est-à-dire sous sa responsabilité] jusqu’à destination, cela est permis. Et si elle est [considérée comme] en la possession de l’acheteur, cela est interdit.

10. Qui paye au propriétaire d’un jardin [potager] le prix de dix melons chate définis ou le prix de dix pastèques définies alors que ces fruits sont petits, et convient avec lui qu’il les lui donnera quand ils grandiront, il est dans son bon droit. Car le propriétaire du jardin potager les laisse et ils se développent d’eux-mêmes [sans soit particulier de la part du vendeur et sous la responsabilité de l’acheteur], et s’ils les coupaient immédiatement alors qu’ils sont petits, d’autres ne viendraient pas les remplacer. Et de même pour tout cas semblable où il n’y a ni perte, ni manque pour le propriétaire [du fait la vente anticipée].
← Chapitre précédent Chapitre suivant →
Étudiez le Rambam quotidien dans Koulam Le chapitre du jour du Michné Torah en français, avec rappels et suivi — gratuit, iOS & Android. Télécharger Koulam