Lois relatives au louage · Chapitre 10
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 871 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Quiconque dit à un autre : « Garde-moi [ceci] et je te garderai [cela ] », il s’agit d’une garde avec le propriétaire [à son service ]. S’il lui dit : « Garde-moi [ceci] aujourd’hui et je te garderai [cela] demain », « Prête-moi [ceci] aujourd’hui et je te prêterai [cela] demain », « Garde-moi [ceci] aujourd’hui et je te prêterai [cela] demain », « Prête-moi [ceci] aujourd’hui et je te garderai [cela] demain », [dans] tous [les cas,] ils se sont mutuellement constitués gardiens rémunérés.
3. Tous les artisans sont [considérés comme] des gardiens rémunérés. [Dans] tous [les cas], quand l’artisan dit [au propriétaire] : « Reprends ton [objet] et paie-moi » ou : « J’ai fini [mon travail] » et que le propriétaire ne vient pas récupérer [son] objet, l’artisan est [considéré comme] un gardien bénévole . Mais si l’artisan a dit [au propriétaire] : « Paie-moi et reprends ton bien », il est toujours [considéré comme] un gardien rémunéré, comme auparavant .
4. Si on a confié [un objet] à arranger à un artisan et qu’il [l’]ait détérioré, il doit [le] rembourser. Comment cela ? [Par exemple,] si on a confié à un menuisier un coffre, une caisse ou un placard pour y planter un clou, et qu’il ait cassé le meuble, ou si on lui a confié du bois afin de réaliser un coffre, une caisse ou un placard et qu’ils se soient brisés après leur confection, il doit payer la valeur d’un coffre, d’une caisse ou d’un placard, car l’artisan n’acquiert pas la bonification de l’objet . Si de la laine a été confiée à un teinturier et que ce dernier l’ait brûlée [en chauffant trop] le chaudron, il devra rembourser le prix de la laine. S’il l’a mal teinte ou s’il l’a teinte en noir plutôt qu’en rouge ou en rouge plutôt qu’en noir, [ou encore] si du bois a été confié à un menuisier pour en faire une belle chaise et qu’il en ait fait une chaise quelconque ou un banc, [dans tous ces cas, on applique la règle suivante :] si la valeur ajoutée est supérieure aux frais [de l’artisan], le propriétaire du bien paie les frais ; si, [au contraire,] les frais [de l’artisan] sont plus importants que la valeur ajoutée, il ne paie que cette dernière . Si le propriétaire du bien dit : « Je ne veux pas de cet arrangement, que l’artisan ne me rembourse que la valeur du bois ou de la laine [et qu’il garde le produit fini] », on ne l’écoute pas. De même, si l’artisan dit : « Voici le prix de ta laine ou de ton bois et va-t’en », on ne l’écoute pas car l’artisan n’acquiert pas la bonification de l’objet.
5. Si quelqu’un apporte du blé au meunier et que ce dernier ne l’ait pas humecté [avant de le moudre] et en tire du fin ou du gros son ; [ou] donne de la farine au boulanger et qu’il en fasse du pain friable ; [ou] une bête au boucher et qu’il la rende nevéla [par un abattage rituel invalide] — ils doivent rembourser le prix du blé, de la farine ou de l’animal [à leur client] car ils sont rémunérés . Conséquemment, si le boucher était un professionnel et qu’il ait travaillé gratuitement, il n’est pas tenu de rembourser [son client ] ; mais si ce n’était pas un professionnel, même s’il a travaillé gratuitement, il doit rembourser [son client ]. De même, quand un dinar est montré à un changeur, que ce dernier l’estime bon et qu’il s’avère mauvais, si le changeur a été payé pour son expertise, il doit dédommager [son client], même s’il est connaisseur et qu’il n’a plus besoin de s’instruire ; mais s’il a réalisé l’expertise gratuitement, il est quitte, pourvu que ce soit un expert qui n’a plus besoin de s’instruire. Si ce n’est pas un expert, il devra dédommager [son client] même s’il a effectué son expertise gratuitement, à condition, [toutefois,] que le client ait dit au changeur : « Je m’en remet à toi » ou que les circonstances indiquassent qu’il s’en remettait à son expertise et qu’il ne montrerait pas [son dinar] à d’autres [changeurs]. [Dans le cas d’]un boucher qui a travaillé gratuitement mais a abattu incorrectement la bête, [ou d’]un changeur qui a dit : « [La pièce est] bonne » mais elle s’est révélée mauvaise ou [dans] tout autre cas semblable, c’est au professionnel de prouver qu’il est expert ; et s’il n’a pu fournir la preuve [de son aptitude], il doit rembourser [son client].
6. Là où il est d’usage que celui qui plante des arbres partage avec le propriétaire du terrain le gain réalisé de façon égale, si, [sur une part de] la plantation, il a réalisé un gain et [sur une autre part,] il a causé une perte , on calcule la moitié du gain, on en déduit la perte qu’il a causée et il reçoit ce qui reste. Et même si le planteur a convenu de ne rien recevoir s’il causait une perte, cela ne constitue pas un engagement formel et on ne lui déduira que ce qu’il a perdu. Serait-il d’usage que le planteur et le propriétaire reçoivent chacun la moitié des gains, si l’usage est qu’un métayer reçoive un tiers [des gains] et que le planteur décide d’abandonner son travail après avoir réalisé des gains, le propriétaire du terrain ayant dès lors besoin de faire venir un métayer [pour - prendre soin du champ], le propriétaire du terrain reçoit la moitié qui lui revient, n’étant lésé en rien, et le métayer reçoit un tiers, le sixième restant revenant au planteur puisqu’il s’est retiré de son gré.
7. Celui qui plante des arbres pour les habitants d’une ville et qui a échoué dans ses plantations, celui qui remplit la fonction de boucher pour les habitants d’une ville et qui a abattu incorrectement les animaux, celui qui a blessé [son patient] en réalisant une saignée, le scribe qui s’est trompé dans [la rédaction d’]actes ou l’instituteur qui a commis une faute à l’égard des enfants soit en n’enseignant pas, soit ou en [leur] enseignant des choses erronées, et tous les artisans semblables à ceux-là, dont les pertes sont irréversibles, on les renvoie sans mise en garde [préalable], car ils [sont considérés comme] ayant été avertis, jusqu’à ce qu’ils s’appliquent à leur ouvrage, étant donné qu’ils sont établis au service de la collectivité
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