Lois relatives aux téfiline, à la mezouza et au séfer Thora · Chapitre 10
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 87 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Un rouleau de la Thora valide doit être traité avec beaucoup de sainteté et un grand honneur. Il est défendu à un homme de vendre un rouleau de la Thora, même s’il n’a pas de quoi se nourrir. [Et ce,] même s’il possède plusieurs rouleaux. [Il est] même [défendu de vendre] un vieux [rouleau de la Thora] pour en acheter un neuf. Un rouleau de la Thora ne doit jamais être vendu, si ce n’est pour [l’une des] deux raisons [suivantes] : afin d’utiliser l’argent [de la vente] pour étudier la Thora ou pour épouser une femme. Et ce, à condition de ne pas avoir autre chose à vendre.
3. Un rouleau de la Thora qui s’est usé ou est devenu invalide doit être placé dans un contenant en terre cuite, et enterré auprès d’un érudit. C’est ainsi qu’il est enfoui. Les écharpes des rouleaux devenues usées sont utilisées comme vêtements mortuaires pour un corps dont l’enterrement est une mitsva [qui incombe à tout un chacun] ; c’est ainsi qu’elles sont enfouies.
4. L’étui désigné pour le rouleau de la Thora, dans lequel il a [déjà] été posé et, de même, les écharpes, l’arche, le meuble sur lequel est posé le rouleau de la Thora [lors de la lecture] – quoique dans son étui – et de même, le siège désigné pour poser le rouleau de la Thora [quand deux rouleaux de la Thora sont sortis] et sur lequel il a [déjà] été posé, sont tous des accessoires saints, et il est défendu de les jeter. Plutôt, lorsqu’ils s’usent ou qu’ils se brisent, ils doivent être enfouis. En revanche, les tribunes sur lesquelles se tient le ministre officiant en tenant le rouleau [de la Thora], et les tablettes sur lesquelles on écrit pour l’enseignement des enfants, n’ont pas de sainteté. De même, les grenades d’argent et d’or, et ce qui est semblable, que l’on fait comme ornement pour le rouleau de la Thora, sont des accessoires saints, et il est défendu d’en faire un usage profane, à moins qu’elles ne soient vendues en vue d’acheter un rouleau de la Thora ou un livre [de la Thora] avec l’argent [de la vente].
5. Il est permis de poser un rouleau de la Thora sur un autre, et inutile de mentionner sur des livres [de la Thora]. On peut poser des livres [de la Thora] sur [des livres] des Prophètes et des Hagiographes. En revanche, on ne doit ni poser les Prophètes et les Hagiographes sur un livre [de la Thora], ni un livre [de la Thora] sur un rouleau de la Thora. Il est défendu de jeter tous les écrits saints, même les halakhot et agadot. Il est défendu d’entrer aux latrines avec une amulette contenant des textes sacrés, à moins qu’elle ne soit recouverte de peau.
6. Un homme ne doit pas entrer aux thermes, aux latrines ou dans un cimetière en tenant un rouleau de la Thora à la main, même s’il est enveloppé d’une écharpe et placé dans son étui. On ne peut le lire que si l’on est éloigné de quatre coudées d’un cadavre, (de thermes) ou de latrines. On ne doit pas tenir un rouleau de la Thora nu. Il est défendu de s’asseoir sur un lit sur lequel se trouve un rouleau de la Thora.
7. Il est défendu d’avoir des rapports sexuels dans une pièce où se trouve un rouleau de la Thora tant qu’on n’on ne l’a pas sorti [de la pièce]. Ou bien, si l’on ne dispose pas d’une autre pièce, [doit-]on le ranger dans un contenant lui-même rangé dans un autre contenant non spécifique [au rouleau de la Thora] – en revanche, s’il est spécifique [au rouleau de la Thora], même dix contenants l’un à l’intérieur de l’autre sont considérés comme un seul contenant – ou [encore] lui ériger une séparation haute de dix téfa’him. Mais si l’on a une autre pièce, il sera défendu d’avoir des rapports avant de l’avoir sorti [de la pièce concernée].
8. Toutes les personnes impures, même les [femmes] nidda et même un gentil, ont le droit de tenir un rouleau de la Thora et d’y lire, car les paroles de la Thora ne contractent pas l’impureté. Et ce, à condition de ne pas avoir les mains souillées ou salies avec de la boue. [Dans un tel cas,] on se lave les mains avant de toucher au rouleau de la Thora.
9. Quiconque voit un rouleau de la Thora [en train d’être] déplacé est tenu de se lever devant celui-ci. Tous doivent rester debout jusqu’à ce que celui qui marche avec [le rouleau] s’arrête quand est parvenu à l’endroit voulu, ou jusqu’à qu’il disparaisse de leur vue. [C’est seulement] après qu’ils ont le droit de s’asseoir.
10. C’est une mitsva que de réserver une place pour le rouleau de la Thora, d’honorer et de glorifier celle-ci grandement. Ce sont les [même] paroles [inscrites] dans les tables de l’Alliance qui se trouvent dans chaque rouleau [de la Thora]. On ne doit ni cracher devant un rouleau de la Thora, ni découvrir sa nudité, ni étendre ses jambes en sa présence, ni le porter sur sa tête comme une charge, ni lui tourner le dos, à moins qu’il ne soit à une hauteur de dix téfa’him par rapport à soi.
11. Quand on se rend d’un endroit à l’autre avec un rouleau de la Thora, on ne doit pas mettre le rouleau de la Thora dans un sac, poser le sac sur un âne et chevaucher celui-là. Mais si l’on redoute les voleurs, cela est permis. S’il n’y a pas de crainte [à avoir], on le pose dans son giron contre le cœur tout en chevauchant l’animal ou en marchant. Quiconque est assis devant un rouleau de la Thora doit le faire avec sérieux, crainte et peur, car le rouleau de la Thora est le témoin fidèle universel, comme il est dit [Deut. 31, 26] : « il sera un témoignage à propos de vous ». Il faut lui montrer [tous] les égards possibles. Les Sages d’antan ont dit : « Quiconque profane la Thora, son corps est profané par les créatures, et quiconque fait honneur à la Thora, son corps est honoré par les autres ».
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