Lois relatives aux téfiline, à la mezouza et au séfer Thora · Chapitre 9
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 86 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Telle est la taille des marges : en bas – quatre doigts, en haut – trois doigts, entre chaque colonne – deux doigts. C’est pourquoi il faut laisser au début et à la fin de chaque parchemin [un espace de] la largeur d’un doigt, ainsi que [la place] pour la couture. De la sorte, quand on coudra le parchemin, il y aura, dans tout le rouleau, [un espace de] deux doigts entre chaque colonne. Il faut laisser suffisamment de parchemin au début et à la fin du rouleau pour pouvoir l’enrouler sur les montants [en bois]. Toutes ces mesures [ne sont pas indispensables, mais] sont [la meilleure façon d’accomplir] la mitsva. [Toutefois,] si l’on diminue ou que l’on augmente [l’une d’elles], cela ne rend pas [le rouleau] invalide.
3. Comment peut-on faire en sorte que la longueur du rouleau [de la Thora] soit égale à sa circonférence ? On commence par faire des rectangles [de longueur] égale, chacun ayant une largeur standard de six téfa’him. Puis, l’on enroule les parchemins de manière égale, faisant ainsi un rouleau très bien serré. On ajoute des parchemins, [que l’on continue de] serrer [aux autres], jusqu’à ce que la circonférence du rouleau soit de six téfa’him, ce qui correspond à la largeur du parchemin. On mesure [ensuite] avec un fil rouge, que l’on entoure autour du rouleau.
4. Puis, on confectionne un roseau [autre version : une règle] gradué[e], [d’une longueur équivalente à] quarante ou cinquante doigts, et l’on divise un doigt sur le roseau en deux, en trois et en quatre, afin de savoir la mesure d’un demi-doigt, d’un quart de doigt, ou d’autres fractions [d’unité] semblables. On mesure chaque parchemin avec ce roseau, pour savoir ainsi combien de doigts [mesure] chaque parchemin, et ainsi la longueur en doigts de tout le rouleau.
5. Puis, l’on prend deux ou trois autres parchemins pour tester la taille de l’écriture et l’on y écrit une colonne. Il est connu qu’une colonne fait dix-sept doigts de long, car [sur les vingt-quatre doigts de longueur du parchemin,] il faut laisser une marge de trois [doigts] en haut et une [marge] de quatre [doigts] en bas [il reste donc dix-sept doigts pour l’écriture]. En revanche, la largeur de la colonne dépend de l’écriture, [selon] si elle est fine ou épaisse. De même, le nombre de lignes d’une colonne varie selon [la taille] l’écriture, car il doit y avoir [un espace d’]une ligne entre chaque ligne.
6. Après avoir écrit la colonne d’essai à son gré, on mesure la largeur de la colonne avec les [graduations en] doigts du roseau. On ajoute à la largeur de la colonne les deux doigts d’intervalle entre chaque colonne, et l’on calcule ainsi le nombre de colonnes qu’aura ce rouleau [si l’on utilise] l’écriture du test. Il faut ensuite évaluer, suivant le rouleau que l’on transcrit, combien représente ce qui a été écrit dans cette colonne d’essai par rapport à la Thora toute entière, et faire le calcul. (a) Si toute la Thora correspond au nombre de colonnes [comprises dans ce rouleau] suivant cette [taille d’]écriture, c’est bien. (b) Si le calcul indique que le nombre de colonnes [comprises dans ce rouleau suivant cette taille d’écriture] est supérieur [au nombre de colonnes nécessaires selon le calcul pour écrire toute] la Thora, il faut utiliser une écriture plus large, de façon à ce que le nombre de colonnes [incluses dans le rouleau] soit réduit. On refait [donc] un essai [d’écriture] sur une autre colonne. (c) [De même,] si le calcul indique que [le nombre de colonnes nécessaires selon le calcul pour écrire toute] la Thora est supérieur au nombre de colonnes [comprises dans ce rouleau avec cette taille d’écriture], il faut utiliser une écriture plus fine, de façon à augmenter le nombre de colonnes [comprises dans le rouleau]. On refait [donc] un essai [d’écriture] sur une autre colonne. [Et ce,] jusqu’à ce que le calcul [du nombre de colonnes du rouleau] tombe exact [avec le nombre de colonnes nécessaires pour écrire toute la Thora].
7. Une fois que l’on connaît la largeur d’une colonne et la taille de l’écriture, on commence à diviser chaque parchemin en colonnes avec des lignes selon la largeur de la colonne de l’essai concluant. Lorsqu’il reste trois doigts, quatre doigts ou plus, dans le parchemin après la dernière colonne, on laisse [un espace correspondant à] la largeur d’un doigt et l’espace nécessaire à la couture et l’on coupe le reste. Il ne faut pas se soucier [d’un bouleversement conséquent du calcul] car, finalement, on ajoutera d’autres peaux au rouleau, équivalentes à tous les surplus de parchemin coupés. Il n’est pas nécessaire de prendre cela en compte, car l’écriture fera que le rouleau sera étendu suivant le nombre de colonnes [décidé au début].
8. De même, celui qui désire faire un rouleau dont la largeur est supérieure ou inférieure à six [téfa’him] doit faire le calcul de cette manière, et obtiendra une longueur égale – ni moins ni plus – à la circonférence, à condition qu’il ne fasse pas d’erreur de calcul.
9. La largeur du « pouce » mentionné dans toutes ces mesures et dans toutes les autres mesures de la Thora correspond à [celle du] doigt [d’un homme] moyen. Nous avons déjà [déterminé] sa mesure avec précision, et avons trouvé que sa largeur est [celle de] sept grains d’orge moyens serrés verticalement l’un à côté de l’autre, ce qui correspond à la longueur de deux grains [d’orge disposés] horizontalement largement. Le téfa’h mentionné partout correspond à [la largeur de] quatre de ces doigts, et la coudée à six téfa’him.
10. Dans le rouleau de la Thora que j’ai écrit, chaque colonne a une largeur de quatre doigts. Dans le Cantique de la Mer et le Cantique Haazinou, la largeur de chacune des deux colonnes est de six doigts. Le nombre de lignes de chaque colonne est de cinquante-et-un. Le nombre de colonnes du rouleau entier est de deux cent vingt-six et la longueur [horizontale] de tout le rouleau est d’environ mille trois cent soixante-six doigts.
11. Ces six doigts supplémentaires dans le compte servent pour les marges au début et à la fin du rouleau. Les peaux sur lesquelles j’ai écrit [mon rouleau de la Thora] sont des peaux de bélier. Si tu désires écrire [un rouleau de la Thora] en suivant exactement ou approximativement ces mesures, c’est-à-dire avec une, deux ou trois colonnes soit en moins, soit en plus, aucun compte ne sera nécessaire ; tu obtiendras automatiquement une longueur égale à la circonférence.
12. Il ne faut faire ni moins de trois colonnes, ni plus de huit colonnes sur un parchemin. S’il arrive qu’on ait un parchemin pouvant contenir neuf colonnes, on le partage en [deux :] quatre [colonnes] d’un côté, cinq de l’autre. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Au début ou au milieu du rouleau. En revanche, à la fin du rouleau, même s’il [n’]y a [qu’]un seul verset sur une colonne, on peut faire un [parchemin] pour cette colonne séparément, et le coudre avec les autres parchemins.
13. Pour coudre les parchemins, on n’utilise que des tendons d’animaux purs [c’est-à-dire permis à la consommation], domestiques ou sauvages, même nevéla ou tréfa, de la même manière que pour les téfiline. Cette règle est une loi transmise à Moïse sur le Sinaï. C’est pourquoi, [un rouleau de la Thora] cousu avec autre chose que des tendons, ou avec les tendons d’un animal impur, est invalide, jusqu’à ce que les coutures soient défaites, et qu’il soit recousu conformément à la loi.
14. Lorsque l’on coud tous les parchemins, on ne coud pas le parchemin tout entier du début à la fin [c’est-à-dire toute la hauteur] ; plutôt, on laisse un petit [espace] non cousu en haut et en bas afin que le parchemin ne se déchire pas au milieu lorsqu’on l’enroule. On fait au rouleau deux montants en bois, l’un à son début, l’autre à la fin, et l’on coud aux montants le parchemin que l’on a laissé au début et à la fin avec des tendons, afin qu’il puisse être enroulé sur ceux-ci. [Cela,] en laissant un espace entre les montants et l’écriture de la colonne.
15. Si un parchemin d’un rouleau de la Thora se déchire sur deux lignes [la déchirure passant entre les lettres d’un mot], il doit être cousu. [S’il se déchire] sur trois [lignes], il ne doit pas être cousu. [Plutôt, le parchemin est retiré et enterré.] Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Pour [un parchemin] ancien, sur lequel [le travail à] la noix de galle n’est pas visible. En revanche, si l’on remarque [encore] que le parchemin a été travaillé à la noix de galle, on [le] recoud, même [dans le cas d’]une déchirure étendue sur trois lignes. De même, [s’il y a une déchirure] entre deux colonnes ou entre deux mots, le parchemin est recousu. Toutes les déchirures ne doivent être recousues qu’à l’aide de tendons utilisés pour la couture des parchemins entre eux. Pour toutes les déchirures, il faut prêter attention à ce qu’aucune lettre ne manque ou n’ait sa forme altérée.
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