Lois relatives aux esclaves · Chapitre 9
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 861 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. [Le statut d’esclave cananéen s’applique] aussi bien [dans le cas de] celui qui achète un esclave cananéen d’un juif, d’un étranger résidant, d’un gentil soumis « sous notre main » [c’est-à-dire sous un pouvoir juif] ou [faisant partie] d’une des autres nations.(Et de même, un étranger résidant ou un gentil dominé « sous notre main » ou [faisant partie] d’une des autres nations) peut se vendre à un juif comme esclave, et a alors le statut d’un esclave cananéen en tous points. Et de même, l’étranger résidant ou le gentil peuvent vendre leurs fils et leurs filles, ainsi qu’il est dit (Lév. 25, 45) : « Vous pourrez en acheter parmi eux et parmi leurs familles qui sont avec vous, qu’ils ont engendrées dans votre pays ». Et chacun d’eux est considéré comme un esclave cananéen en tous points.
3. Si un individu d’une des nation sa des rapports avec une servante cananéenne qui nous appartient, le fils ale statut d’esclave cananéen, ainsi qu’il est dit : « […]qu’ils ont engendrées dans votre pays ». En revanche, si l’un de nos esclaves [cananéens] a des rapports avec une femme d’une des nations, le fils n’a pas le statut d’esclave, ainsi qu’il est dit :« […] qu’ils ont engendrées dans votre pays » ; or, un esclave [cananéen] n’a pas de filiation.
4. Si un roi non juif fait la guerre, rapporte une captive et la vend, et de même, s’il autorise quiconque le désire à aller enlever [des personnes] du peuple avec lequel il est en guerre, à les ramener et à les vendre pour son propre compte, ou [encore]si sa législation dit que celui qui ne paye pas la taxe sera vendu ou que celui qui agit ou n’agit pas de telle ou telle manière sera vendu, sa législation fait force de loi, et un esclave acheté selon cette législation sera considéré comme un esclave cananéen en tous points.
5. Un gentil qui achète un [autre]gentil comme esclave, il n’acquiert pas sa personne propre, et n’a droit qu’à l’œuvre de ses mains. Néanmoins, s’il le vend à un juif, la personne de l’esclaveest acquise au juif.
6. Une femme peut acheter des servantes, mais non des esclaves hommes, même mineurs, à cause de la suspicion [d’immoralité]. Si elle en achète [néanmoins],elle fait acquisition [complète] de leur personne, comme un homme [qui en acquerrait]. Et il me semble qu’il lui est défendu seulement d’acheter un esclave [homme] de neuf ans ou plus.De même, il est interdit à un homme d’affranchir un esclave cananéen. Quiconque affranchit son esclave cananéen passe outre un commandement positif, ainsi qu’il est dit (Lév.25, 46) : « […] et les traiterez en esclave à jamais ».S’il l’a affranchi [néanmoins], il est [effectivement] affranchi,comme nous l’avons expliqué. Et on oblige son maître à [lui]écrire un acte d’affranchissement suivant tous les principes que nous avons exposés. Il est [néanmoins]permis d’affranchir son esclave cananéen pour une mitsva, même d’ordre rabbinique. Par exemple, s’il n’y a pas [le quorum de] dix [juifs]à la synagogue [pour prier en communauté], on peut [alors]affranchir son esclave pour compléter le quorum. Et il en va même pour tout cas semblable. De même, une servante qui est traitée par les gens de manière licencieuse et devient une pierre d’achoppement pour les pécheurs, on oblige son maître à l’affranchir afin qu’elle se marie, et que l’obstacle soit retiré. Et il en va de même pour tout cas semblable.
7. Un maître peut dire à son esclave cananéen : « Travaille pour moi, mais je ne te nourrirai pas ». Et l’esclave ira quémander aux portes et subviendra à ses besoins grâce à la charité », car les juifs ont l’obligation de subvenir aux besoins des esclaves qui vivent parmi eux. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Pour ses propres esclaves. En effet, le tribunal ne s’occupe pas de protéger les biens des personnes adultes. Or, si quelqu’unne nourrit pas ses esclaves et ne leur donne pas à boire convenablement, ils s’enfuiront ou mourront ; et un homme se soucie à son propre argent plus que toute [autre]personne. En revanche,les esclaves qu’une femme apporte [comme biens dotaux] en tant que nikhsei melog, son mari est tenu de les nourrir, car c’est à cette condition qu’elle les a introduits [dans le domicile conjugal]. En effet, s’il ne les nourrit pas, ils mourront ou s’enfuiront ; or, il n’en a pas la responsabilité.
8. Il est permis de faire travailler un esclave cananéen avec dureté. Mais bien que telle soit la loi [stricte], c’est faire preuve de bonté et suivre la voie de la sagesse que d’être compatissant et de poursuive la justice, de ne pas alourdir le joug sur son esclave et de ne pas l’opprimer, et de lui faire partager de chaque aliment et de chaque boisson. Les Sages d’autrefois offraient à leurs esclaves de chaque plat qu’ils mangeaient, et donnaient priorité à l’alimentation des animaux et des esclaves devant leur propre repas. Voici qu’il est dit (Psaumes 123, 2) : « De même que les yeux des esclaves sont tournés vers la main de leur maître, de même que les yeux de la servante se dirigent vers la main de leur maîtresse. » Et ainsi,on ne doit humilier un esclave ni par un acte, ni par des paroles. On ne multipliera pas contre lui les cris et la colère ; mais on s’adressera à lui avec calme et on écoutera ses demandes. Cela est aussi explicitement mentionné à propos de la conduite exemplaire de Job dont il s’est loué : « Ai-je fait fi du droit de mon esclave et de ma servante, dans leurs contestations avec moi ? Celui Qui m’a formé dans les entrailles maternelles ne l’a-t-il pas formé aussi ? N’est-ce pas le même auteur qui nous a formés dans la matrice ? » (Job 31, 13-15). La cruauté et l’effronterie ne sont présentes que chez les gentils idolâtres. Mais la descendance d’Abraham notre père, que sont les juifs, auxquels offraient a dispensé le bien de la Thora et auxquels Il a ordonné [d’observer] des décrets et des jugements justes, ceux-là sont compatissants envers tous. Et de même, il est dit des attributs de offraient qu’Il nous a enjoint d’imiter (Psaumes 145, 9) :« sa pitié s’étend à toutes ses créatures ». Et quiconque est compatissant [envers autrui] est traité avec compassion, ainsi qu’il est dit (Deut. 13, 18) : « qu’Il te donne de la compassion,qu’Il soit compatissant envers toi et qu’Il te multiplie. »
Fin des lois relatives aux esclaves, avec l’aide de D.ieu
Le livre de l'amour est achevé avec l'aide de D.ieu. Ses chapitres sont au nombre de soixante-quinze :
Lois relatives à la vente : trente chapitres
Lois relatives à l'acquisition et au don : douze chapitres
Lois relatives aux voisins : quatorze chapitres
Lois relatives aux mandataires et aux associés : dix chapitres
Lois relatives aux esclaves : neuf chapitres
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