KOULAM Télécharger l’app

Lois relatives aux esclaves · Chapitre 7

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 859 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Il faut que le contenu d’un acte d’affranchissement signifie qu’il établit une rupture [stricte] entre l’esclave et son maître, de sorte qu’il ne reste plus au maître de droit sur lui. C’est pourquoi, si l’on écrit à son esclave : « Toi, et tous mes biens te sont acquis, à l’exception de tel endroit » ou « […] à l’exception de tel vêtement », cet acte ne fait pas rupture [entre eux, puisqu’il fait état d’un droit de propriété maintenu par le maître], et [par conséquent,] l’acte d’affranchissement est nul. Et puisque ce n’est pas un acte d’affranchissement, l’esclave n’est pas affranchi et n’acquiert rien des biens. Il en va de même pour tout cas semblable.

2. Si un esclave apporte un acte d’affranchissement où il est écrit : «  Toi-même et mes biens te sont acquis », il acquiert sa personne propre et devient un homme libre. Toutefois, il n’acquiert pas les biens avant que l’acte d’affranchissement ne soit authentifié par ses signataires, comme c’est le cas pour les autres contrats. Et de même, s’il y est écrit : « Tous mes biens te sont acquis », il acquiert sa personne propre, mais il n’acquiert pas les biens tant que l’acte d’affranchissement n’a pas été authentifié par ses signataires. En effet, on divise l’énoncé [de l’acte] et l’on dit qu’il acquiert sa personne propre, parce qu’il est cru pour ce qui est d’apporter son acte d’affranchissement, et n’a pas besoin de l’authentifier. En revanche, pour ce qui est des biens, qu’une personne [en général] ne peut acquérir qu’avec une preuve formelle, il ne les acquiert pas tant que l’acte n’est pas authentifié.

3. Si l’on affranchit deux esclaves avec un seul acte, ils n’acquièrent pas leur personne propre. On doit écrire un acte pour chacun. C’est pourquoi, si un homme écrit [qu’il fait don de] tous ses biens à ses deux esclaves dans un seul acte d’affranchissement, ils n’acquièrent pas même leur personne propre. Et s’il écrit [cela] dans deux actes [un pour chacun], ils font acquisition [des biens] et s’affranchissent l’un l’autre. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? S’il a écrit dans chacun des deux actes : « Tous mes biens sont donnés à untel et untel, mes esclaves ». Mais s’il a écrit : « La moitié de mes biens [est donnée] à untel mon esclave et la moitié de mes biens est donnée à untel mon esclave », même dans deux actes, ils n’acquièrent rien. En effet, l’esclave fait partie des biens [du maître] et il y a [donc] retenu la moitié de l’esclave, ce qui n’est pas un affranchissement. Et puisque l’esclave n’est pas affranchi, il n’acquiert rien des biens.

4. Si un maître affranchit la moitié de son esclave par un acte [d’affranchissement], l’esclave n’acquiert pas la moitié de sa personne, et reste un esclave, comme auparavant. En revanche, si le maître affranchit la moitié de l’esclave par de l’argent, par exemple, en recevant la moitié de la contre-valeur de l’esclave dans le but d’affranchir la moitié de sa personne, celui-ci acquiert cette moitié et devient ainsi moitié esclave, moitié libre. Dans quel cas dit-on [que l’affranchissement de la moitié d’un esclave par un acte d’affranchissement ne fonctionne pas] ? Quand le maître affranchit la moitié de l’esclave par un acte et retient l’[autre] moitié. Mais s’il affranchit la moitié [de l’esclave] et vend l’autre moitié, ou affranchit une moitié et fait don de l’[autre] moitié, puisque l’esclave est sorti entièrement du domaine de son maître, il acquiert la moitié de sa personne, et est moitié esclave, moitié libre. Et de même, [dans le cas d’]un esclave appartenant à deux associés, si l’un d’eux affranchit sa partie de l’esclave, que ce soit par de l’argent ou par un acte [d’affranchissement], l’esclave acquiert la moitié de sa personne, et devient moitié esclave, moitié libre.

5. Celui qui écrit à sa servante [cananéenne] enceinte : « Tu es libre, et ton enfant [à naître] reste esclave », ses paroles sont effectives. [En revanche, s’il lui écrit :] « Tu reste une servante et ton enfant est libre », cela n’a aucune valeur, car c’est comme s’il avait [voulu] affranchir la moitié de sa personne [par un acte].

6. Une chif’ha ‘haroufa, si son maître désire affranchir sa moitié restante et qu’elle devienne ainsi une véritable femme mariée, il peut le faire, aussi bien par de l’argent que par un acte [d’affranchissement], car même de l’argent permet d’achever son affranchissement.

7. Celui qui est mi-esclave, mi-libre, puisque ni une servante, ni une femme libre ne lui sont autorisées, on oblige son maître à le rendre [entièrement] libre, et [en compensation] il [lui] rédige un document [attestant une créance] incombant à l’esclave, équivalente à la moitié de sa valeur. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Dans le cas d’un esclave homme, parce que l’homme a l’obligation d’avoir des enfants. En revanche, une [femme mi-]servante [mi-libre] reste telle qu’elle est, et sert son maître un jour et elle-même un jour. Et si les pêcheurs la traitent avec légèreté, on oblige son maître à la libérer, et il rédige un document [enregistrant une créance] incombant à la servante, équivalent à la moitié de sa valeur.

8. Concernant un homme qui est mi-esclave, mi-libre, si son maître prend l’initiative de transférer la moitié [de propriété qu’il a sur lui] à son fils mineur afin que le tribunal ne le force pas à l’affranchir, le tribunal nomme un tuteur pour le mineur. Ce tuteur rédigera [alors] un acte d’affranchissement, et rédigera pour l’esclave un document [enregistrant qu’il doit] la moitié de sa valeur. Et si le mineur a besoin de l’esclave et le languit, on l’en éloigne avec des pièces d’argent, car un mineur est attiré par les pièces d’argent.

9. [Dans le cas d’]un grabataire qui aurait écrit [une donation de] tous ses biens à son esclave, et qui se serait [ensuite] rétabli, [la donation des] biens est révoquée, mais non [l’affranchissement de] l’esclave, car il a [déjà] gagné le nom d’homme libre.
← Chapitre précédent Chapitre suivant →
Étudiez le Rambam quotidien dans Koulam Le chapitre du jour du Michné Torah en français, avec rappels et suivi — gratuit, iOS & Android. Télécharger Koulam