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Lois relatives aux téfiline, à la mezouza et au séfer Thora · Chapitre 6

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 83 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Une maison [ou une pièce] doit satisfaire dix conditions pour que celui qui y habite ait l’obligation d’y mettre une mézouza. Si une seule de ces conditions n’est pas satisfaite, il est exempt [d’y mettre] une mézouza. Ce sont : (a) qu’elle ait [une surface] de quatre coudées sur quatre ou plus, (b) qu’elle ait deux montants, (c) qu’elle ait un linteau, (d) qu’elle ait un toit, (e) qu’elle ait des portes, (f) que la hauteur de l’entrée soit supérieure ou égale à dix coudées, (g) que la maison soit « profane », (h) qu’elle soit faite pour l’habitation d’un homme, (i) qu’elle soit faite pour une habitation digne, (j) qu’elle soit faite comme demeure permanente.

2. [Application de la condition (a) :] une pièce qui n’a pas quatre coudées sur quatre coudées est dispensée de mézouza. Si sa surface est équivalente à seize coudées carrées, bien qu’elle soit ronde ou pentagonale, et inutile de dire [rectangulaire, c’est-à-dire que] sa longueur est supérieure à sa largeur, il incombe [d’y mettre] une mézouza.

3. [Application de la condition (b) :] une exèdre, c’est-à-dire une structure ayant trois murs et un toit, est dispensée de mézouza, bien qu’elle ait deux piliers sur le quatrième côté, car les piliers sont faits pour faire tenir le toit et non pour [faire office de] montants. De même, un toit qui n’a pas de murs, tenant sur des piliers de part et d’autre, est dispensé [de mézouza], bien que la structure ait la forme d’une maison, car il n’a pas de montants. En effet, ces piliers sont faits pour tenir le toit.

4. [Application des conditions (c) et (f) : dans le cas d’]une maison qui a des montants de part et d’autre, et une voûte ayant la forme d’un arc au-dessus des deux montants à la place du linteau, si les montants ont une hauteur supérieure ou égale à dix téfa’him, on est tenu [de mettre] une mézouza. Et s’ils n’ont pas [une hauteur de] dix téfa’him, elle est dispensée [de mézouza], car elle n’a pas de linteau.

5. [Application de la condition (d) :] une maison qui n’a pas de toit est dispensée de mézouza. [Dans le cas où] une partie [de la maison] serait toiturée et l’autre non, il me semble que si la toiture est au niveau de l’entrée, il incombe [d’y mettre] une mézouza. [Application de la condition (e) :] on fixe la mézouza [seulement] après avoir placé les portes.

6. [Application de la condition (g) :] le Mont du Temple, les loges et les cours [du Temple], les synagogues et les maisons d’étude, dans lesquels ne se trouve pas d’habitation, sont dispensés [de mézouza], parce qu’ils sont saints. Une synagogue de village, dans laquelle les hôtes demeurent, nécessite une mézouza. De même, une synagogue en ville nécessite [une mézouza] si elle inclut un logement [pour le bedeau par exemple]. Aucune des portes dans le Temple n’avait de mézouza, à l’exception de la porte de Nikanor et [des portes plus] intérieures que celle-là, ainsi que celle de la loge de Parhedrine, car cette loge servait de logis pour le grand prêtre durant les sept jours où il était séparé [de sa maison pour sa préparation à Kippour].

7. [Application de la condition (g) :] une réserve pour la paille, une étable, un entrepôt de bois et [autres types d’]entrepôts sont dispensés de mézouza, ainsi qu’il est dit [Deut. 6, 9] : « ta maison », [c’est-à-dire une] maison qui est réservée à ton [utilisation], ce qui exclut celles-là et celles qui sont semblables. C’est pourquoi, une étable où les femmes s’installent pour se parer nécessite une mézouza car elle est d’une certaine façon affectée à une habitation humaine. Une loge à la porte [d’entrée], une exèdre [même avec quatre murs], une galerie [extérieure munie d’un escalier par lequel on accède à l’étage et qui communique sur plusieurs pièces], un jardin et un parc [à bétail] sont dispensés de mézouza, parce qu’ils ne sont pas faits pour y habiter. Si des maisons qui nécessitent une mézouza donnent sur ces endroits, ceux-là nécessitent une mézouza.

8. C’est pourquoi, les portes des cours comme les portes des allées (mavoi), les portes des cités et les portes des villes nécessitent toutes une mézouza, car des maisons qui nécessitent une mézouza donnent sur celles-ci. Même [dans le cas de] dix maisons qui donnent l’une sur l’autre, dès lors que celle qui est la plus intérieure nécessite une mézouza, toutes nécessitent [une mézouza]. C’est pourquoi, les Sages ont dit : « la porte d’un jardin qui donne sur une cour [où se trouve une maison nécessitant une mézouza] nécessite une mézouza ».

9. [Application de la condition (i) :] les latrines, un établissement de bains, un mikvé, une tannerie et les [lieux] semblables sont dispensés de mézouza, car ils ne sont pas destinés à une habitation digne. [Application de la condition (j) :] une soucca durant la fête de Souccot et une habitation sur un bateau sont dispensés de mézouza, car ils ne sont pas faits pour [y] demeurer en permanence. [Concernant] les deux cabanes d’un potier l’une à l’intérieur de l’autre, la [cabane] extérieure est dispensée de mézouza, car elle n’est pas fixe. Les magasins sur les places de marché sont dispensés [de mézouza], parce qu’ils ne sont pas utilisés en permanence comme [lieu d’]habitation.

10. Quand une maison a plusieurs entrées, même si on a l’habitude de n’emprunter que l’une d’entre elles pour sortir et entrer, on est tenu de mettre une mézouza à chaque porte. Une petite porte entre une résidence et l’étage supérieur nécessite une mézouza. [Dans le cas d’]une pièce à l’intérieur d’une maison, même [s’il s’agit] d’une pièce qui donne sur une autre, il incombe de mettre une mézouza sur la porte de la pièce intérieure, sur la porte de la pièce extérieure et sur la porte de la maison, car toutes [ces pièces] sont utilisées comme habitation et sont permanentes.

11. Une porte se trouvant entre sa maison et une synagogue ou une maison d’étude nécessite une mézouza si l’on a l’habitude de l’emprunter pour sortir et entrer. [Quand il y a] un accès entre deux maisons [ou entre deux pièces], [la position de la mézouza est déterminée] suivant le gond de la porte ; la mézouza est fixée du côté où le gond est visible.

12. Où fixe-t-on la mézouza ? Dans l’espace de l’entrée, dans le téfa’h [du montant] proche de l’extérieur, au début du tiers supérieur de la porte. Si elle est fixée au-dessus, cela est valide, à condition qu’elle soit éloignée du linteau d’au moins un téfa’h. Il faut la fixer à la droite de celui qui entre dans la maison. Si on l’a fixée [du côté] gauche, cela est invalide. Une maison qui appartient à des associés nécessite une mézouza.

13. On se doit d’être attentif [au propos de la] mézouza – car c’est une obligation qui incombe en permanence à tout un chacun : à chaque fois que l’on entrera et que l’on sortira [de chez soi], on rencontrera l’unité du Nom du Saint Béni soit-Il et on se souviendra de son amour pour Lui ; on se réveillera de son sommeil et de son quotidien dans les vanités du temps, et l’on prendra conscience que rien d’autre que la connaissance du Créateur du monde ne dure éternellement. On reprendra immédiatement ses esprits, et l’on suivra les chemins de la rectitude. Les Sages d’autrefois dirent : Quiconque a des téfiline sur la tête et le son bras, des tsitsit à son vêtement et une mézouza à sa porte, peut être assuré qu’il ne fautera point, car il a de nombreux rappels. Ce sont eux les anges qui le sauvent de la faute, comme il est dit (Psaumes 34, 8) : « Un ange du Seigneur est posé près de ceux qui Le craignent, et les fait échapper ». Béni soit D.ieu qui accorde Son assistance.
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