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Lois relatives aux téfiline, à la mezouza et au séfer Thora · Chapitre 7

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 84 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. C’est un commandement positif incombant à tout homme juif que d’écrire pour soi un rouleau de la Thora, comme il est dit [Deut. 31, 19] : « Et maintenant, écrivez pour vous ce cantique », c'est-à-dire écrivez pour vous la Thora qui renferme ce cantique, puisque l’on ne doit pas écrire de la Thora des passages [isolés]. Même si l’on a reçu un rouleau de la Thora en héritage de ses pères, c’est une mitsva que d’[en] écrire [un] à son compte. Et si on l’écrit de sa propre main, on est considéré comme l’ayant reçu sur le Mont Sinaï. Si l’on ne sait pas écrire, une autre personne [l’]écrit pour soi. Quiconque corrige fût-ce une seule lettre d’un rouleau de la Thora [le rendant ainsi valide] est considéré comme s’il l’avait écrit entièrement.

2. Le roi est enjoint d’écrire un [autre] rouleau de la Thora pour lui-même, au nom du roi, en plus du rouleau qu’il possédait avant d’être roi, comme il est dit (Deut. 17, 18) : « Alors, lorsqu’il siègera sur son trône royal, il écrira pour lui ». [L’exactitude de ce rouleau] est vérifiée au moyen du rouleau [de la Thora] de la cour [du Temple], selon l’instruction du Grand tribunal [le Grand Sanhédrine]. Le rouleau de la Thora qu’il possédait avant d’être roi, il le met dans sa salle des trésors, et celui qu’il a écrit ou qui a été écrit pour lui après qu’il est devenu roi, doit être toujours avec lui. Quand il part en guerre, le rouleau de la Thora est avec lui. Quand il rentre, le Séfer Thora l’accompagne. Lorsqu’il siège en jugement, le Séfer Torah est avec lui. Lorsqu’il se met à table, il est en face de lui. Comme il est dit [Deut. 17, 19] : « il restera avec lui, et il devra le lire tous les jours de sa vie. »

3. S’il n’avait pas de rouleau de la Thora avant de devenir roi, il doit écrire pour lui deux rouleaux de la Thora après son accession au trône : l’un qu’il dépose dans sa salle des trésors, et l’autre qui est toujours avec lui et ne doit pas le quitter, excepté la nuit, lorsqu’il entre aux thermes ou dans des latrines, ou pour dormir sur son lit.

4. Un rouleau de la Thora écrit [sur un parchemin] non ligné, ou écrit en partie sur un gvil, en partie sur un klaf, est invalide. Plutôt, [il doit être écrit] soit entièrement sur un gvil, soit entièrement sur un klaf. Comment écrit-on un rouleau de la Thora ? Il faut écrire de manière appliquée et très élégante, en laissant entre chaque mot un [intervalle] équivalent à une petite lettre [un youd], entre chaque lettre [un intervalle de] l’épaisseur d’un cheveu et entre chaque ligne [un intervalle] équivalent à une ligne. Chaque ligne doit avoir une longueur de trente lettres, suffisante pour écrire [le mot] lémichpé’hotékhem trois fois ; c’est la largeur de chaque colonne. Une ligne ne doit être ni plus courte que cela, afin que la colonne n’apparaisse pas comme une missive, ni plus longue, afin que les yeux [du lecteur] n’errent pas au milieu du texte [c’est-à-dire qu’il ne sache plus où il en est].

5. Il ne faut pas réduire la taille de l’écriture, afin de [laisser] l’intervalle [adéquat] entre un passage et un autre. S’il arrive [qu’on doive écrire] un mot de cinq lettres [et qu’il n’y ait pas assez de place à la fin de la ligne], il ne faut pas écrire deux [lettres] dans la colonne et trois à l’extérieur de la colonne [dans la marge] ; plutôt, on écrit trois [lettres] dans la colonne et deux à l’extérieur. S’il ne reste pas [suffisamment de place] dans la ligne pour écrire trois lettres, on laisse un vide, et on continue au début de la ligne [suivante].

6. S’il arrive [qu’on doive écrire] un mot de deux lettres [après avoir terminé une ligne], il ne faut pas l’écrire entre les colonnes [dans la marge], mais revenir au début d’une [nouvelle] ligne. S’il arrive [qu’on doive écrire] un mot de dix lettres – ou moins ou plus – au milieu d’une ligne, et qu’il ne reste pas suffisamment de place dans la ligne pour écrire tout [le mot] dans la colonne, [la règle suivante est appliquée :] si l’on peut écrire la moitié [du mot] à l’intérieur de la colonne et l’[autre] moitié à l’extérieur [dans la marge], on le fait. Sinon, on laisse un vide et on continue [à écrire] au début de la ligne [suivante].

7. Entre chaque livre [de la Thora], il faut laisser [un espace de] quatre lignes vides, sans écriture, ni moins, ni plus, et commencer le livre [suivant] au début de la cinquième ligne. Il faut terminer la Thora au milieu d’une ligne à la fin d’une colonne. S’il reste plusieurs lignes dans la colonne, on écourte [les lignes] en commençant au début d’une ligne sans la terminer, faisant en sorte que [les derniers mots de la Thora] leeinei kol Israël figurent au milieu de la ligne à la fin de la colonne.

8. Il faut être attentif à [respecter] les lettres [qui doivent être plus] grandes ou [plus] petites, les lettres pointées [c’est-à-dire qui portent des points au-dessus d’elles], les lettres ayant une forme différente [de l’ordinaire], comme les pés enroulés et les lettres tordues, conformément à ce que les scribes ont retranscrit l’un de l’autre [suivant la chaîne de la tradition]. Il faut prêter attention aux fioritures et à leur nombre. Certaines lettres ont une seule fioriture, d’autres en ont sept. Toutes les fioritures, qui ont la forme d’un zaïn, sont fines comme un cheveu.

9. Toutes ces règles n’ont été dites que pour la meilleure façon d’accomplir la mitsva. [Toutefois,] si l’on s’est écarté de cette norme ou bien que l’on n’ait pas été pointilleux concernant les fioritures, tout en écrivant toutes les lettres correctement ou [encore], si l’on a serré ou écarté les lignes, ou bien [que l’on] ait fait des [lignes] plus longues ou plus courtes [que la mesure susmentionnée], dès lors que l’on n’a pas collé une lettre à l’autre et que l’on n’a fait ni omission, ni ajout, ni altération de la forme d’une lettre, ni changement entre [passages] « ouverts » et « fermés », c’est un rouleau [de la Thora] valide.

10. Il y a d’autres règles qui ne sont pas mentionnées dans le Talmud, mais sont observées par les scribes, par tradition orale. Ces règles sont les suivantes : (a) le nombre des lignes de chaque colonne ne doit être ni inférieur à quarante-huit, ni supérieur à soixante. (b) Entre chaque passage, il doit y avoir un intervalle équivalent aux neuf lettres acher acher acher. (c) Il faut que les cinq lignes au-dessus du cantique de la Mer [Rouge] commencent par [les mots] habaïm, bayabacha, Hachem, met, bemitsraïm et que les cinq lignes en dessous du cantique commencent par [les mots] vatika’h, a’hareiha, souss, vayétséou, vayavoou. (d) Il faut que les six lignes au-dessus du cantique Haazinou commencent par [les mots] véaïda, a’harei, hadérekh, bea’harit, léhakhisso, kehal, et que les cinq lignes en dessous [de ce cantique commencent par les mots] vayavo, lédaber, acher, hazot, acher.

11. Toutes ces règles sont pour le meilleur accomplissement de la mitsva. Si l’on s’en écarte, cela ne rend pas invalide [le rouleau de la Thora]. En revanche, si l’on écrit à la forme défective [un mot devant écrit à la] forme pleine ou à la forme pleine [un mot devant écrit à la] forme défective, ou bien si l’on écrit un mot tel qu’il doit être lu [alors qu’un autre mot figure dans le rouleau de la Thora] – par exemple, si l’on écrit yichkavéna à la place de yichgaléna ou bien ouvat’horim à la place de ouva’polmi, ou ce qui est semblable – ou bien si l’on écrit [à la forme] « fermée » un passage « ouvert » ou [à la forme] « ouverte » un passage « fermé », ou bien si un cantique est écrit comme le reste du texte, ou si un passage [normal] est écrit comme un cantique, cela est invalide, et [ce rouleau] n’a aucunement la sainteté d’un rouleau de la Thora. Plutôt, il est considéré comme un livre [individuel de la Thora] utilisé pour l’instruction des enfants.

12. Un rouleau de la Thora non corrigé [des erreurs qui s’y trouvent] ne doit pas être conservé plus de trente jours ; il doit être corrigé ou enterré. Un rouleau de la Thora dans lequel figurent trois erreurs dans chaque colonne doit être rectifié. S’il y en a quatre [dans chaque colonne], il doit être enterré. [Dans le cas où] la majorité du rouleau [de la Thora serait écrite] correctement, et qu’il y aurait sur le reste quatre fautes dans chaque colonne, s’il y a ne serait-ce qu’une seule colonne ne comportant pas quatre erreurs dans ce reste défectueux, le rouleau doit être rectifié.

13. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? S’il [s’agit d’un mot à la forme] pleine [qui] a été écrit [à la forme] défective, de sorte que [la correction consiste à] insérer les lettres omises entre les lignes. Mais [dans le cas où ce qui devait être écrit à la forme] défective aurait été écrit à [la forme] pleine, même s’il y a plusieurs erreurs dans chaque colonne, on peut [les] rectifier, parce qu’il [s’agit seulement de] gratter [les lettres en trop] et non d’insérer [des lettres supplémentaires].

14. Il est permis d’écrire chaque livre de la Thora séparément, mais ils n’auront pas la sainteté d’un rouleau de la Thora. En revanche, on ne doit pas faire un écrit séparé comprenant [quelques] passages. Il ne faut [même] pas faire un [tel] écrit pour l’instruction d’un enfant. [Toutefois,] si l’on a l’intention d’achever le livre, cela est permis. Il est permis de faire un écrit [comprenant une partie d’un livre de la Thora s’il n’y a que] trois mots par ligne.

15. Il est permis de relier Thora, Prophètes et Hagiographes en un seul rouleau, en laissant [un espace de] quatre lignes entre chaque livre [de la Thora], [un espace de] trois lignes entre chaque [livre des] prophètes, [un espace de] trois lignes entre chaque [livre des] douze [petits] prophètes ; et l’on peut couper [un livre séparément] si on le désire. Tel est l’ordre des Prophètes : Josué, Juges, Samuel, Rois, Jérémie, Ezéchiel, Isaïe et les douze [petits prophètes]. Tel est l’ordre des Hagiographes : Ruth, Psaumes, Job, Proverbes, Ecclésiaste, Cantique des cantiques, Lamentations, Daniel, Esther, Ezra, Chroniques.

16. Tous les textes saints ne doivent être écrits que sur [une surface] lignée, même s’ils sont écrits sur du papier. Il est permis d’écrire trois mots sans ligne. Plus [de trois mots], cela est défendu. Ce rouleau qui comprend Thora, Prophètes et Hagiographes, n’a pas la même sainteté qu’un rouleau de la Thora, et est [considéré comme] l’un des livres [de la Thora]. [En effet, un rouleau qui comprend des livres] en plus [de la Thora, comme Prophètes et Hagiographes] a le même statut qu’[un rouleau qui comprend des livres] en moins [comme les rouleaux qui ne contiennent qu’un seul livre de la Thora].
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