Lois relatives aux téfiline, à la mezouza et au séfer Thora · Chapitre 3
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 80 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Comment confectionne-t-on les téfiline de la tête ? On prend un cube de bois, dont la longueur, la largeur et la hauteur sont égales. Si sa hauteur est supérieure ou inférieure à sa largeur, cela ne porte pas à conséquence ; on n’est pointilleux que sur le fait que sa longueur soit égale à sa largeur. On y fait trois entailles, de manière à ce qu’il y ait quatre saillies, comme ceci [cf. dessin]. On prend une peau, que l’on humecte avec de l’eau, et on recouvre avec cette peau la forme en bois, en introduisant la peau dans chaque entaille. Alors qu’elle est mouillée, on la plisse [à l’aide de pinces] de part et d’autre de manière à former un chine de trois branches sur la [face] droite par rapport à celui qui porte les téfiline, et un chine de quatre branches sur la [face] gauche.
3. La peau est laissée sur [la forme en] bois jusqu’à ce qu’elle sèche. Puis, elle est retirée de la forme en bois, ayant alors quatre compartiments vides. On introduit un passage [inscrit sur un parchemin] dans chacun [des quatre] compartiments. Une partie de la peau est repliée en dessous, et cousue sur les quatre côtés. Dans la peau qui est en dessous, on laisse une place pour introduire la lanière, comme un ourlet ; [cette partie] est appelée ma’boret [passage].
4. Comment confectionne-t-on les téfiline du bras ? On prend un bloc de bois carré, dont la longueur et la largeur sont égales, et dont la hauteur est d’un doigt, ou bien légèrement supérieure ou inférieure. On le recouvre d’une peau mouillée, qui est laissée sur la forme jusqu’à ce qu’elle sèche. La peau est [alors] retirée, et les quatre passages [écrits sur un seul parchemin] sont introduits [dans la peau] à la place de [la forme en] bois. Une partie de la peau est repliée en dessous et cousue à partir des quatre coins. On laisse dans la peau un espace [semblable à] un ourlet pour [introduire] les lanières.
5. Comment les parchemins sont-ils ordonnés ? Dans la téfila de la tête, le [parchemin qui contient] le dernier passage, Véhaya im chamoa, est introduit dans le premier compartiment sur la droite de celui qui porte les téfiline. [Le parchemin qui contient le passage] Chéma [est placé dans le compartiment] à côté, [le parchemin qui contient le passage] Véhaya ki yéviakha [est placé] dans le troisième compartiment, à côté [du parchemin qui contient le passage] Chéma et [le parchemin où est écrit le dernier passage,] Kadech li [se trouve] dans le quatrième compartiment, à la gauche de celui qui porte les téfiline. De cette manière, une personne qui fait face à celui qui porte les téfiline lira les passages dans cet ordre, comme ceci [cf. dessin ; il s’agit de l’ordre dans lesquels ils se trouvent dans la Thora]. Si cette disposition n’est pas respectée, les téfiline sont invalides.
6. Les quatre passages de la téfila du bras sont écrits sur quatre colonnes d’un seul long parchemin, comme un rouleau de la Thora, dans l’ordre [dans lequel ils figurent] dans la Thora, comme ceci [cf. dessin]. S’ils sont écrits sur quatre parchemins [distincts] et introduits dans un seul compartiment, on est quitte ; il n’est pas nécessaire de les coller.
7. Lorsqu’on enroule les parchemins, que ce soit de la tête ou du bras, on les enroule de la fin au début, de telle manière que lorsque l’on déroule un parchemin, on lise chaque passage du début à la fin.
8. Lorsqu’on introduit les parchemins dans leurs compartiments, on les enveloppe au préalable d’un tissu, avec un poil [enroulé] sur le tissu. Ce poil doit être un poil d’un animal domestique ou sauvage pur [c’est-à-dire permis à la consommation], même nevéla ou tréfa. Tout le monde a déjà pris l’usage d’enrouler un poil de queue de veau.
9. Pour coudre les téfiline, on utilise uniquement des tendons d’un animal domestique ou d’un animal sauvage pur, même nevéla ou tréfa. On prend les tendons au niveau de la métatarse de l’animal domestique ou sauvage pur, qui sont [des tendons] blancs. S’ils sont durs, on les ramollit avec des pierres ou avec ce qui est semblable, jusqu’à ce qu’ils deviennent comme du lin. Ils sont [ensuite] filés et tordus, et sont [alors] utilisés pour coudre les téfiline et les parchemins du rouleau de la Thora.
10. Les téfiline doivent être cousues en carré. C’est une loi acceptée au sein du peuple juif que de faire trois points de couture de chaque côté, de sorte qu’il y ait au total douze points, tant pour [la téfila] du bras que pour celle de la tête. Si l’on a fait dix ou quatorze points, cela est valide. Pour tous les points, il faut que le fil passe des deux côtés [au-dessus et en dessous].
11. Il faut que l’entaille [entre chaque compartiment] de la téfila de la tête atteigne l’endroit de la couture. [Toutefois,] quand bien même l’entaille n’atteindrait pas l’endroit de la couture, si elle est discernable, de sorte que les quatre saillies soient visibles à tous, les téfiline sont valides. Mais si l’entaille n’est pas discernable, elles sont invalides. Il faut faire passer à l’intérieur de chaque entaille, sur la peau [extérieure des compartiments], un fil ou un cordon pour faire séparation entre chaque compartiment. C’est une coutume répandue que de faire passer l’un des tendons de la couture dans chacune des trois entailles.
12. Comment confectionne-t-on les lanières ? On prend une lanière en peau dont la largeur est équivalente à la longueur d’un grain d’orge. Mais si elle est plus large, elle est valide. La longueur de la lanière [pour la téfila] de la tête doit être suffisante pour entourer la tête, attacher le nœud, et étendre les deux lanières de part et d’autre jusqu’au nombril ou légèrement au-dessus. La lanière [pour la téfila] du bras doit être suffisamment longue pour entourer le bras, attacher le nœud, et étendre la lanière jusqu’au majeur pour faire trois tours sur celui-ci et attacher [la lanière]. Si les lanières sont plus longues que les mesures susmentionnées, elles sont valides.
13. On introduit la lanière de la [téfila de la] tête dans son repli [cf. supra § 1 & 3] ; on [laisse] la mesure [nécessaire à] entourer la tête, et l’on fait un nœud carré ressemblant à un dalet. Ce nœud, tout érudit doit l’apprendre. Il est impossible d’en donner la forme par écrit ; il faut que l’œil [le] voit. De même, pour la [téfila du] bras, on fait un nœud ressemblant à un youd. La lanière du bras doit coulisser dans le nœud, afin de pouvoir [l’]élargir ou [la] rétrécir quand on désire [l’]attacher sur le bras.
14. La surface extérieure des lanières des téfiline, tant de celle de la tête que de celle du bras, doit être noire : c’est une loi dite à Moïse sur le Sinaï. En revanche, le dos des lanières, étant donné qu’il est intérieur, [même] s’il est vert ou blanc, cela est valide. Il ne doit [toutefois] pas être rouge, de crainte que les lanières se retournent, et cela serait humiliant pour celui [qui les porte]. Le dos des lanières doit toujours avoir la même couleur que le cube ; si [celui-ci est] vert, [le dos des lanières doit être] vert, et si [le cube est] blanc, [le dos des lanières doit être] blanc. Il est beau que les téfiline soient entièrement noirs, le cube ainsi que toute la lanière [même le côté intérieur].
15. La peau dont on recouvre les téfiline et dont on fait les lanières doit être la peau d’un animal domestique ou sauvage pur, même nevéla ou tréfa. Si on [les] a faits [de la peau d’un animal] impur, ou si on a recouvert les téfiline d’or, elles sont invalides. La peau de la lanière doit avoir été travaillée expressément à cet effet. En revanche, la peau utilisée pour recouvrir [les téfiline] n’a aucunement besoin d’être travaillée ; même si on l’a faite [comme une] matsa [c'est-à-dire sans la travailler avec de la farine et du sel], elle est valide. Dans de nombreux endroits, il est d’usage de faire [le cube des téfiline] avec une peau [comme une] matsa.
16. Seul un juif peut confectionner des téfiline ; en effet, la confection [des téfiline] est considérée comme l’écriture [des parchemins], du fait du chine imrprimé en relief dans la peau, comme nous l’avons expliqué. C’est pourquoi, si un gentil a fait le recouvrage ou la couture, elles sont invalides. Telle est également la loi concernant toute personne invalide pour l’écriture [des téfiline] : elle ne doit pas non plus les confectionner.
17. Il ne faut pas faire d’une téfila de la tête une téfila du bras, mais on peut faire d’une [téfila] du bras une [téfila] de la tête ; [la raison en est] que l’on ne doit pas descendre d’une sainteté supérieure à une sainteté inférieure. De même, la lanière de la téfila de la tête ne doit pas être utilisée pour la téfila du bras. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Si elles ont [déjà] été portées. En revanche, des téfiline de la tête qui n’ont jamais été portées, il est permis d’en faire [des téfiline pour] le bras si on le désire. Comment procède-t-on ? On la recouvre d’une peau, de manière à ce que cela forme un seul [étui, et non quatre compartiments visibles], et on l’attache sur le bras.
18. Lorsque les points de couture des téfiline rompent, s’il s’agit de deux points l’un à côté de l’autre ou s’il s’agit de trois points, même non face à face, les téfiline sont invalides. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Pour des [téfiline] anciennes. En revanche, les [téfiline] neuves sont valides tant que la base est intacte. Les [téfiline] sont [considérées dans ce contexte comme] neuves [dans] tout [cas où,] quand on tient une partie de la peau où la couture s’est déchirée et que l’on suspend les téfiline, la peau est ferme et ne se rompt pas. Si la peau ne permet pas de suspendre [les téfiline en la tenant] parce qu’elle se rompt, elles sont [considérées comme] vieilles.
19. Une lanière qui s’est rompue ne doit être ni attachée, ni cousue. Plutôt, elle doit être enlevée, enterrée, et une autre doit être faite [à la place]. Les restes d’une lanière [déchirée] sont invalides, à moins d’avoir une longueur et une largeur supérieure ou équivalente à la mesure [susmentionnée]. Il faut toujours prêter attention à ce que la face [c’est-à-dire la surface supérieure noire] de la lanière soit au-dessus quand on les attache sur le bras et sur la tête [et qu’elles ne se retournent pas].
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