KOULAM Télécharger l’app

Lois relatives à la prière et à la bénédiction des cohanim · Chapitre 14

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 76 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. À [la prière de] cha’harit, de moussaf et de néïla, les cohanim lèvent les paumes [pour bénir le peuple]. En revanche, à [la prière de] min’ha, la bénédiction des cohanim n’est pas récitée. En effet, tout le monde a alors déjà pris son repas, et il est à craindre que les cohanim aient bu du vin. Or, un [cohen] ivre n’a pas le droit de réciter la bénédiction des cohanim. Même un jour d ejeûne [où ce problème ne se pose pas], ils ne récitent pas la bénédiction des cohanim à [la prière de] min’ha ; [l’interdiction relative à] min’ha de jour de jeûne a été décrétée pour [éviter qu’on n’en vienne à réciter la bénédiction à] min’ha de chaque jour.

2. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Les jours de jeûne où l’on récite [les deux prières,] min’ha et néïla, comme le jour de Kippour et les jeûnes communautaires [décrétés à cause de malheurs qui touchent la communauté]. En revanche, les jours de jeûne où [la prière de] néïla n’est pas [récitée], comme le 9 av et le 17 tamouz, étant donné que la prière de min’ha a lieu juste avant le coucher du soleil, elle ressemble à néïla et ne peut être confondue avec [la prière de] min’ha de chaque jour. C’est pourquoi, la bénédiction des cohanim est alors récitée. Si un cohen transgresse et monte sur l’estrade durant [la prière de] min’ha de Kippour, étant donné qu’il est connu qu’il n’y a pas d’ivresse [en ce jour], il peut réciter la bénédiction. On ne le fait pas descendre, à cause de la suspicion [que cela éveillerait à son égard], [c’est-à-dire] pour ne pas que les gens disent : « Il est invalide [dans son statut de cohen], aussi l’a-t-on fait descendre ».

3. Comment se déroule la bénédiction des cohanim dans les frontières [d’Israël en dehors du Temple] ? Au moment où le ministre-officiant arrive à [la bénédiction de] avoda, lorsqu’il dit : Retsé, tous les cohanim présents dans la synagogue quittent leur place pour aller monter sur l’estrade. Ils s’y tiennent, le visage face à l’arche, faisant dos aux fidèles, les doigts repliés dans leurs paumes, jusqu’à ce que le ministre-officiant termine [la bénédiction de] hodaa. Ils tournent alors leur visage vers les fidèles, étendent leurs doigts, lèvent les mains au niveau de leurs épaules et commencent [la bénédiction] Yevarékhékha (« Que [l’Eternel] te bénisse »). Le ministre-officiant leur lit [les bénédictions] mot-à-mot et ils répondent, comme il est écrit [Nomb. 6, 23] : « dis-leur » ; c’est qu’il faut leur dire [le texte de la bénédiction]. Lorsqu’ils terminent le premier verset, tout le monde répond Amen. Le ministre-officiant leur fait alors répéter le second verset mot-à-mot jusqu’à ce qu’ils le terminent, et tout le monde répond Amen. Il en va de même pour le troisième verset.

4. Lorsque les cohanim terminent les trois versets, le ministre-officiant commence la dernière bénédiction de la prière, qui est : « Donne la paix ». Les cohanim tournent alors leur visage vers l’arche, plient leurs doigts et se tiennent sur l’estrade jusqu’à ce que le ministre-officiant termine la bénédiction. [Puis,] ils retournent à leur place.

5. Le ministre-officiant n’a pas le droit d’appeler « Cohanim » avant que la communauté n’ait fini de répondre Amen [à la bénédiction de hodaa]. Les cohanim n’ont le droit de commencer la bénédiction qu’une fois que le ministre-officiant a fini de parler [c’est-à-dire d’appeler « Cohanim »]. La communauté ne répond Amen [à la bénédiction des cohanim] qu’après que les cohanim ont fini de dire la bénédiction. Les cohanim ne doivent pas commencer une autre bénédiction avant que la communauté ait fini de répondre Amen. Le ministre-officiant n’a pas le droit de répondre Amen à [la bénédiction] des cohanim comme les autres fidèles, de crainte que confus, il ne sache plus quelle bénédiction lire aux cohanim, [c’est-à-dire] s’il [doit leur faire répéter] le second ou le troisième verset.

6. Les cohanim n’ont pas le droit de tourner le dos à la communauté avant que le ministre-officiant commence [la bénédiction] Sim chalom. Ils n’ont pas [non plus] le droit de quitter leur place avant que le ministre-officiant termine [la bénédiction] Sim chalom. Ils n’ont pas [non plus] le droit de replier leurs doigts avant d’avoir tourné le dos à la communauté. C’est une des ordonnances de Rabban Yohanan ben Zakaï que les cohanim ne montent pas sur l’estrade avec leurs sandales, mais s’y tiennent pieds nus.

7. Lorsque les cohanim bénissent les fidèles, ils ne doivent pas les regarder et ne doivent pas distraire leur attention ; plutôt, leurs yeux doivent être orientés vers le sol, comme quelqu’un qui se tient en prière. Un homme n’a pas le droit de regarder les cohanim au moment où ils bénissent le peuple, afin de ne pas être distrait. Plutôt, tout le monde prête attention à écouter la bénédiction, en orientant son visage vers le visage des cohanim, sans [toutefois] regarder leur face.

8. S’il y a un seul cohen qui récite la bénédiction, il commence de lui-même la bénédiction [sans se faire appeler par le ministre-officiant]. Le ministre-officiant lui fait [ensuite] répéter [les trois bénédictions] mot à mot, comme nous l’avons expliqué. Si les cohanim sont deux ou plus, ils ne commencent pas la bénédiction avant d’avoir été appelés par le ministre-officiant. Celui-là leur dit : « Cohanim » ; ceux-ci répondent et disent Yevarékhékha. [Puis,] le ministre-officiant leur fait répéter [les bénédictions] mot-à-mot de la manière précédemment expliquée.

9. Comment [se déroule] la bénédiction des cohanim dans le Temple ? Les cohanim montent sur le doukhan après avoir achevé le service du sacrifice quotidien du matin. Ils lèvent leurs mains au-dessus de leurs têtes, les doigts étendus, à l’exception du grand prêtre qui ne lève pas les mains plus haut que la plaque frontale [qu’il porte]. Une personne leur fait répéter [les bénédictions] mot-à-mot de la même manière que dans le pays [en dehors du Temple], jusqu’à ce qu’ils terminent les trois versets. Le peuple ne répond pas Amen après chaque verset ; plutôt, dans le Temple, ces trois versets sont [lus] comme une seule bénédiction. Lorsqu’ils terminent, tout le peuple répond : « Béni soit l’Eternel D.ieu, D.ieu d’Israël à tout jamais ».

10. Les cohanim prononcent le Nom [de D.ieu] tel qu’il est écrit, c'est-à-dire le nom Youd--Vav-. C’est le « Nom explicite » auquel il est partout fait référence. Dans le pays, il est lu par une [autre] appellation, [le nom] Alef-Dalet [Noun-Youd], car on ne mentionne le Nom [de D.ieu] tel qu’il est écrit que dans le Temple. Depuis la mort de Chimone le Juste, les cohanim ont arrêté de bénir [le peuple] avec le nom explicite [de D.ieu] même dans le Temple, afin [d’éviter] qu’un homme indigne et inconvenant ne l’apprenne. Les Sages d’antan n’enseignaient [d’ailleurs] ce Nom à leurs disciples et à leurs enfants honorables qu’une fois tous les sept ans ; tout cela, [par respect] pour le Nom révéré et redoutable.

11. La bénédiction des cohanim n’est récitée qu’en hébreu, quel que soit le lieu, comme il est dit [Nomb. 6, 23] : « Ainsi bénirez-vous les enfants d’Israël ». Telle est [l’interprétation] que les Sages ont reçue par tradition orale depuis Moïse notre maître, puisse son âme reposer en paix : « Ainsi bénirez-vous » : debout ; « Ainsi bénirez-vous » : en levant les mains ; « Ainsi bénirez-vous » : en hébreu ; « Ainsi bénirez-vous » : face-à-face ; « Ainsi bénirez-vous » : à voix haute ; « Ainsi bénirez-vous » : avec le Nom explicite ; et ce, dans le Temple [uniquement], comme nous l’avons expliqué.

12. Quel que soit l’endroit [où ils récitent la bénédiction], les cohanim n’ont pas le droit d’ajouter une bénédiction aux trois versets [précédemment cités], comme : « Veuille l’Eternel, D.ieu de vos pères, vous rendre mille fois plus nombreux encore » [Deut. 1, 11] ou ce qui est semblable, que ce soit à voix haute ou à voix basse, comme il est dit [Deut. 4, 2] : « vous n’y ajouterez rien ». Chaque cohen dit, lorsqu’il quitte sa place pour monter sur l’estrade : « Qu’il soit Ta volonté, Eternel notre D.ieu, que cette bénédiction par laquelle Tu nous as ordonné de bénir Ton peuple Israël soit une bénédiction pleine et qu’elle ne soit pas [entravée] par des obstacles ou par l’iniquité, de maintenant et à jamais ». Et avant de tourner le visage pour bénir le peuple, il récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a sanctifiés par la sainteté d’Aaron et nous a ordonné de bénir Son peuple Israël avec amour. » Puis, il tourne son visage vers la communauté et commence à la bénir. Lorsqu’il tourne le dos à la communauté après avoir terminé, il dit : « Nous avons fait ce que Tu as décrété sur nous, fais envers nous ce que Tu nous as promis : regarde de Ta sainte demeure, des cieux, et bénis Ton peuple Israël. »

13. Lorsque les cohanim tournent leur visage vers la communauté pour la bénir et lorsqu’ils tournent le dos à la communauté [après la bénédiction], ils ne doivent le faire que du côté droit, en tout lieu. De même, tous les tours qu’un homme fait ne doivent l’être que du côté droit.

14. Dans le Temple, on récite la bénédiction des cohanim une fois dans la journée, après le sacrifice quotidien du matin. Les cohanim viennent, se tiennent sur les marches [menant au] vestibule (oulam) et récitent la bénédiction, comme nous l’avons expliqué. En revanche, dans le pays, ils récitent la bénédiction après chaque prière, à l’exception de [la prière de] min’ha, comme nous l’avons expliqué. En tout lieu, on s’efforce que celui qui lit [les bénédictions aux cohanim] soit un israélite ordinaire [et non un cohen]. En effet, il est dit [Nomb. 6, 23] : « dis-leur », ce qui implique que celui qui [leur] lit [les bénédictions] ne fait pas partie d’entre eux.
← Chapitre précédent Chapitre suivant →
Étudiez le Rambam quotidien dans Koulam Le chapitre du jour du Michné Torah en français, avec rappels et suivi — gratuit, iOS & Android. Télécharger Koulam