Lois relatives à la prière et à la bénédiction des cohanim · Chapitre 12
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 74 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Voici les jours où la Thora est lue en public : les chabbats, les jours de fête, les Roch ‘Hodech, les jours de jeûne, ‘Hannouca, Pourim, les lundis et jeudis de chaque semaine. On ne lit une haftara dans les Prophètes que les chabbats, les jours de fête et le 9 Av.
3. On ne lit pas la Thora publiquement en présence de moins de dix hommes adultes libres [non esclaves]. On ne lit pas moins de dix versets. [Un verset introduit par] Vaydaber [« Et D.ieu parla à Moïse en disant »] est inclus dans le compte [des dix versets]. Il ne doit pas y avoir moins de trois hommes qui lisent [la Thora]. On ne commence pas moins de trois versets d’un passage, et on ne laisse pas moins de trois versets [non lus à la fin] d’un passage. Le lecteur ne doit pas lire moins de trois versets.
4. Quand trois personnes lisent dix versets, deux en lisent trois [chacune] et une [en lit] quatre. Celui [des trois] qui lit quatre [versets] est louable, qu’il soit le premier, le dernier ou l’intermédiaire.
5. Chacun de ceux qui lisent ouvre le rouleau de la Thora, regarde l’endroit où il [doit] lire, puis dit : « Bénissez l’Eternel, Qui est digne d’éloges ». Tout le monde répond : « Que soit béni l’Eternel, Qui est digne d’éloges pour l’éternité ». Le lecteur récite alors la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a choisis d’entre toutes les nations et nous a donné Sa Thora. Béni sois-Tu, Eternel, Qui donne la Thora ». Tout le monde répond Amen. Puis, il lit jusqu’à ce qu’il termine sa lecture, enroule le rouleau et récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a donné (Sa Thora) une Thora de vérité et Qui a implanté en nous la vie éternelle. Béni sois-Tu, Eternel, Qui donne la Thora ».
6. Celui qui lit la Thora n’a pas le droit de [commencer à] lire la Thora avant que la communauté ait fini de répondre Amen. Se serait-il trompé en lisant, fût-ce dans la prononciation d’une seule lettre, on le reprend tant qu’il ne [l’]a pas lue correctement. Il ne doit pas y avoir deux personnes qui lisent la Thora [en même temps] ; une seule [doit lire]. Si le lecteur perd la parole au milieu de la lecture, un autre doit prendre sa place ; il recommence depuis l’endroit où a commencé le premier et récite la bénédiction à la fin.
7. Celui qui lit [la Thora] n’a pas le droit de le faire sans que la personne la plus importante de la communauté ne le lui ait demandé. Même le bedeau ou l’administrateur de la synagogue ne peut pas lire de lui-même sans que la communauté ou le plus important parmi elle ne le lui ait demandé. Il faut qu’il y ait une personne qui se tienne debout avec le bedeau au moment de sa lecture, comme le bedeau le fait avec les [autres] lecteurs.
8. Le lecteur peut sauter d’un endroit à un autre [du texte, quand il est question] d’un même thème, par exemple [du passage] « Après la mort […] » (Lév. 16, 1-34) au [passage] « Au dixième [jour] » (Lév. 23, 26-32) dans la section « Parle aux cohanim », à condition qu’il ne récite pas par cœur, car il est défendu de réciter même un seul mot sans [le lire dans] le texte. En sautant [d’un passage à un autre], il ne doit pas [occasionner une] attente [supérieure au] temps nécessaire à l’interprète pour finir de traduire le verset.
9. Dès que le lecteur commence à lire la Thora, il est défendu de parler, même d’une question de halakha. Au contraire, tous doivent écouter, se taire, et prêter leur attention à ce qu’il lit, comme il est dit [Néhémie 8, 3] : « Le peuple était tout oreilles pour entendre le livre de la Loi ». Il est défendu de sortir de la synagogue pendant que le lecteur lit [la Thora]. [Toutefois,] il est permis de sortir entre un homme et l’autre [c'est-à-dire entre deux montées]. Celui qui est toujours occupé à l’étude de la Thora et dont la Thora est la seule occupation a le droit d’étudier la Thora pendant que le lecteur lit la Thora.
10. Depuis l’époque d’Ezra, on a pris l’habitude qu’un interprète traduise aux fidèles ce que le lecteur lit, afin qu’ils comprennent l’objet du texte. Le lecteur lit seulement un verset, reste silencieux jusqu’à ce que l’interprète l’ait traduit, puis lit un second verset. Le lecteur n’a pas le droit de lire plus d’un verset [à la fois] à l’interprète [de crainte que cela ne donne lieu à une confusion].
11. Le lecteur n’a pas le droit d’élever la voix plus haut que l’interprète, et l’interprète ne doit pas élever la voix plus haut que le lecteur. L’interprète n’a pas le droit de traduire avant que le lecteur ait terminé [la lecture du] verset. Le lecteur n’a pas [non plus] le droit de commencer un autre verset avant que l’interprète ait terminé la traduction. L’interprète ne doit s’appuyer ni sur un pilier ni sur une poutre ; plutôt, il doit se tenir debout, empreint de peur et de crainte. Il ne doit pas traduire à partir d’un [texte] écrit, mais par cœur. Le lecteur n’a pas le droit d’aider l’interprète, afin que l’on ne dise pas : « la traduction est écrite dans la Thora ». Une [personne de] moindre [envergure] peut servir d’interprète pour une [personne de plus] grande [stature], mais il ne sied pas à l’honneur d’une [personne de plus] grande [stature] de servir d’interprète pour une [personne de] moindre [stature]. Il ne doit pas y avoir deux interprètes à la fois ; plutôt, une personne lit et une personne traduit.
12. Les versets ne sont pas tous traduits en public. L’histoire de Réouven, la bénédiction des cohanim, l’épisode du veau d’or, depuis [Ex. 32, 21] : « Moïse parla à Aaron » jusqu’à [Ex. 32, 25] « Moïse vit le peuple, etc. » et un autre verset [Ex. 32, 35] : « l’Eternel frappa d’épidémie le peuple » sont tous lus mais non traduits. Dans l’histoire d’Amnon [lue comme haftara], le verset qui dit : « Amnon, fils de David » n’est ni lu, ni traduit.
13. Celui qui lit la haftara dans les Prophètes doit tout d’abord lire dans la Thora ne serait-ce que trois versets. Il relit ce qui a été lu avant lui. Il ne doit pas lire la haftara avant que le rouleau de la Thora n’ait été enroulé et ne doit pas lire moins de vingt-et-un versets [des Prophètes comme haftara]. Mais si le sujet [de la haftara] se conclut en moins de vingt-et-un versets, il n’a pas besoin d’[en] ajouter [d’autres]. S’il a lu dix versets et que l’interprète les ait traduits, cela est suffisant, même si le sujet n’est pas clos. [Pour la lecture de la haftara, tirée] des Prophètes, une personne lit et même deux personnes peuvent traduire. On peut sauter d’un sujet à un autre, mais non [du livre d’]un prophète à un autre, sauf pour les douze [petits] prophètes uniquement [qui sont considérés tous ensemble comme un seul livre]. Et ce, à condition de ne pas passer de la fin du livre à son début. Quiconque passe [d’un sujet à un autre] ne doit pas [occasionner une] attente [supérieure au] temps nécessaire à l’interprète pour finir sa traduction.
14. Celui qui lit les Prophètes peut lire trois versets [en même temps] à l’interprète et celui-ci traduit les trois l’un après l’autre. Si les trois versets constituent trois sections [distinctes], il ne doit les lire qu’un à un à l’interprète.
15. Celui qui lit la haftara dans les Prophètes doit réciter, au préalable, la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel, notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a choisi des prophètes, etc. » et, ensuite, quatre bénédictions. La première bénédiction est conclue par : « D.ieu fidèle dans toutes Ses paroles », la seconde par : « Qui bâtit Jérusalem », la troisième par : « Bouclier de David » et la quatrième par [la mention de] la sainteté du jour, comme dans la prière. De même, si Roch ‘Hodech tombe un chabbat, celui qui lit la haftara dans les Prophètes mentionne Roch ‘Hodech dans cette bénédiction comme il le fait dans la prière.
16. Au nombre de combien sont les lecteurs [de la Thora] ? Le chabbat, [à la prière de] cha’harit, sept personnes. Le jour de Kippour, six. Les jours de fête, cinq. Les Roch ‘Hodech et [les jours de] ‘hol Hamoed, quatre. Le chabbat et le jour de Kippour à [la prière de] min’ha, les lundis et jeudis toute l’année, ‘Hannouca et Pourim à [la prière de] cha’harit, les jours de jeûne à [la prière de] cha’harit et de min’ha, trois [personnes] lisent. On ne doit ni diminuer, ni ajouter par rapport à ce nombre.
17. Une femme ne doit pas lire en public par respect pour la communauté. Un mineur qui sait lire et qui sait à Qui s’adressent les bénédictions peut compter au nombre [requis] des lecteurs. De même, [celui qui lit] la haftara fait partie du compte, car il lit [également] la Thora. Et si le ministre-officiant a fait une interruption en [récitant] le kaddich entre la conclusion [de la lecture de la Thora] et [la lecture de] celui qui lit la haftara, ce dernier n’entre pas dans le compte. Si, dans une communauté, ne se trouve qu’une seule personne sachant lire [la Thora], elle monte, lit [un passage] et descend. Puis, elle revient lire une seconde, une troisième [fois, et ainsi de suite,] jusqu’à ce qu’elle termine le nombre de montées de ce jour.
18. À chacune de ces lectures, un cohen lit en premier, puis, un lévite, puis un israélite [ordinaire]. C’est une coutume répandue aujourd’hui que même un cohen ignorant a priorité pour la lecture sur un grand sage [ayant le statut d’]israélite. Quiconque dépasse autrui en sagesse a priorité dans la lecture. Le dernier, qui enroule le rouleau de la Thora, reçoit une récompense équivalente à celle de tous [les autres]. C’est pourquoi, même le plus éminent au sein de la communauté peut monter [en dernier pour] conclure [la lecture, malgré l’ordre susmentionné].
19. N’y aurait-il pas de cohen, un israélité monte ; mais un lévite ne doit absolument pas monter après lui [de crainte qu’on ne prenne le premier pour un cohen]. S’il n’y a pas de lévite, le cohen qui a lu en premier recommence et lit une seconde fois à la place du lévite. Ce ne doit pas être un autre cohen qui lit après lui, de crainte que [les gens, voyant cela,] ne disent que le premier était [un cohen] invalide, et que c’est pour cela qu’un autre cohen est monté. De même, un lévite ne doit pas lire après un autre, de crainte que l’on ne dise que l’un des deux était invalide.
20. Comment se déroule la lecture de la Thora après la prière ? Chaque jour où il y a une prière de moussaf, après avoir terminé [la prière de] cha’harit, le ministre-officiant dit le kaddich et sort un rouleau de la Thora. Il appelle [les membres de] la communauté un à un, qui montent lire la Thora. Quand ils terminent, il remet le rouleau de la Thora à sa place, dit le kaddich, et l’on récite la prière de moussaf. Les jours où il y a une haftara et la prière de Moussaf, il est de coutume de réciter le kaddich avant que celui qui lit la haftara monte [à la Thora]. Dans certains endroits, on a l’habitude de dire le kaddich après la haftara.
21. À [la prière de] min’ha du chabbat et du jour de Kippour, après avoir terminé [le psaume] : « Louange, de David » et « l’ordre de la kedoucha » [Ouva Letsion], le ministre-officiant dit le kaddich et sort un rouleau de la Thora. Les membres de la communauté montent et lisent [la Thora]. [Puis,] le ministre-officiant remet le rouleau de la Thora à sa place, dit le kaddich, et l’on récite la prière [des dix-huit bénédictions] de min’ha. Il en va de même pour [les jours de] jeûne : on lit [la Thora] à min’ha puis, le ministre-officiant récite le kaddich et l’on récite la prière de min’ha. En revanche, les jours de fête, il n’est pas coutume de lire [la Thora] à min’ha.
22. Un jour où il n’y a pas de [prière de] Moussaf, lorsque le ministre-officiant achève la prière du matin, il récite le kaddich et sort un rouleau de la Thora ; on y lit [alors la Thora]. [Puis,] il le remet [à sa place], dit le kaddich, puis [le psaume :] « Louange, de David » et « l’ordre de la kedoucha » comme on le fait chaque jour. Il récite [ensuite] le kaddich et tout le monde prend congé.
23. On ne lit pas dans des livres individuels de la Thora à la synagogue, par respect pour la communauté. On ne roule pas le rouleau de la Thora [d’un passage à un autre] en public, à cause du dérangement causé à la collectivité, [c’est-à-dire afin] de ne pas importuner [les fidèles, obligés de] se tenir debout le temps que le rouleau de la Thora soit roulé. C’est pourquoi, s’il est nécessaire de lire deux sujets [différents], on sort deux rouleaux de la Thora. Un homme ne doit pas lire un même sujet dans deux rouleaux de la Thora, de crainte que l’on dise : « Le premier rouleau était invalide, aussi lit-il dans le second ».
24. Quiconque enroule le rouleau de la Thora doit le faire de l’extérieur [c’est-à-dire qu’il commence à placer l’étoffe sur la face extérieure du rouleau de la Thora] ; lorsqu’il l’attache, il doit le faire de l’intérieur [sur la face intérieure du rouleau. En effet, si le nœud était à l’extérieur, le rouleau de la Thora devrait être renversé pour défaire le nœud, ce qui n’est pas respectueux]. Il faut le disposer sur la couture [c'est-à-dire disposer la couture au centre, entre les deux colonnes], pour ne pas qu’il se déchire. Dans un endroit où le rouleau de la Thora est sorti après la lecture pour être emmené dans une autre pièce où il sera rangé, la communauté n’a pas le droit de sortir avant le rouleau de la Thora ; les fidèles doivent l’accompagner et le suivre jusqu’à l’endroit où il est rangé.
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