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Lois relatives à la prière et à la bénédiction des cohanim · Chapitre 10

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 72 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Celui qui a prié sans attention doit recommencer à prier avec attention. Mais s’il a eu l’attention [requise] durant la première bénédiction, il n’a pas besoin [de recommencer]. Celui qui s’est trompé dans l’une des trois premières bénédictions doit recommencer du début. S’il s’est trompé dans l’une des trois dernières bénédictions, il reprend [au début de la première d’entre elles, appelée bénédiction de] avoda. Et s’il s’est trompé dans l’une [des bénédictions] intermédiaires, il reprend au début de la bénédiction où il s’est trompé et termine sa prière dans l’ordre. De même, un ministre-officiant qui s’est trompé dans sa [répétition publique de la] prière à voix haute se reprend de cette manière.

2. En revanche, si le ministre-officiant a fait une erreur dans sa prière [personnelle] à voix basse, je maintiens qu’il ne doit pas prier une seconde fois, à cause du dérangement causé à la communauté. Plutôt, il s’appuie sur la prière qu’il récite à voix haute. Et ce, à condition qu’il ne se soit pas trompé dans les trois premières [bénédictions]. En effet, s’il s’est trompé dans celles-ci, il doit toujours recommencer [sa prière du début], comme un particulier.

3. Quand un ministre-officiant se trompe et est troublé [au point de] ne pas savoir où [re]commencer et attend ainsi pendant un moment, un autre doit prendre sa place. Et s’il s’est trompé dans la bénédiction [relative à l’anéantissement] des hérétiques, on n’attend pas ; immédiatement, un autre prend sa place, de crainte que de l’hérésie ne se soit immiscée en lui. Et ce, à condition qu’il n’ait pas [encore] commencé [cette bénédiction]. Mais s’il l’a commencée, on l’attend un moment. Le second ne doit pas être récalcitrant à ce moment.

4. À partir d’où [le remplaçant] doit-il commencer ? Du début de la bénédiction où le premier s’est trompé, s’il s’est trompé dans l’une des [bénédictions] intermédiaires. Mais si le premier s’est trompé dans l’une des trois premières [bénédictions], le second doit recommencer depuis le début. Et s’il s’est trompé dans l’une des [trois] dernières [bénédictions], le second commence [à partir de la bénédiction de] avoda.

5. Celui qui dit : « Je ne descends pas devant l’arche, parce que je porte des vêtements de couleur » ne doit pas non plus officier à cette prière avec des [vêtements] blancs. S’il dit : « Je ne descends pas [devant l’arche] parce que je porte des sandales », il ne doit pas non plus officier pieds nus.

6. Celui qui a un doute s’il a prié ou non ne doit pas recommencer à prier, à moins de faire cette prière à titre de [prière] volontaire. En effet, un particulier peut réciter toute la journée des [prières] volontaires s’il le désire. Celui qui se souvient au milieu de la prière avoir déjà prié doit s’interrompre, même au milieu d’une bénédiction. Mais s’il s’agit de la prière du soir, il ne doit pas s’interrompre, car depuis le début, il ne [l’]a récitée qu’à titre de [prière qui] n’est pas obligatoire.

7. Celui qui se trompe en récitant la prière de la semaine le chabbat n’est pas quitte. S’il s’[en] souvient au milieu de la prière, il termine la bénédiction qu’il a commencée et reprend [le texte de] la prière de chabbat. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Pour [les prières de] arvit, cha’harit et min’ha. En revanche, à Moussaf, il doit s’interrompre même au milieu d’une bénédiction. De même, s’il a récité [le texte] de la prière de la semaine en pensant qu’il s’agit de Moussaf, il doit réciter à nouveau la prière de Moussaf. [Cela s’applique] le chabbat comme un jour de fête ou de Roch ‘Hodech.

8. Celui qui se trompe en hiver et ne dit ni [le texte :] « Qui fait tomber la pluie », ni « Qui fait tomber la rosée » doit recommencer au début. Mais s’il a mentionné la rosée [et non la pluie], il ne doit pas recommencer. S’il se trompe en été et dit : « Qui fait tomber la pluie », il doit recommencer au début. Mais s’il n’a pas mentionné la rosée, on ne le fait pas recommencer ; la rosée n’étant pas retenue, une requête n’est pas nécessaire.

9. Celui qui a oublié [de mentionner] la requête [de la pluie] dans la bénédiction des années, s’il s’en souvient avant la bénédiction : « […] Qui écoute la prière », doit faire la requête de la pluie dans [la bénédiction :] « […] Qui écoute la prière ». Mais s’[il s’en souvient] après avoir récité la bénédiction : « […] Qui écoute la prière », il doit reprendre à la bénédiction des années. S’il ne s’en souvient qu’après avoir terminé toute sa prière, il doit recommencer depuis le début et prier une seconde fois.

10. Un fidèle qui se trompe et ne mentionne pas Yaalé Veyavo [« Notre D.ieu et D.ieu de nos pères, que notre souvenir et le souvenir de nos pères… monte et vienne… »], s’il s’en souvient avant d’avoir terminé sa prière, il reprend [à la bénédiction de] avoda et mentionne [Yaalé Veyavo]. Mais s’il [ne] s’en souvient [qu’]après avoir terminé sa prière, il recommence au début. [Toutefois,] s’il a l’habitude de dire des supplications après sa prière et se souvient [de son oubli] après l’avoir terminée, mais avant de lever ses pieds [pour reculer], il reprend [à la bénédiction de] avoda.

11. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? [Un jour de] ‘hol Hamoed ou [aux prières de] cha’harit ou de min’ha de Roch ‘Hodech. En revanche, [à la prière de] arvit de Roch ‘Hodech, s’il n’a pas mentionné [Yaalé Veyavo], il ne se reprend pas.

12. Dans tout cas où un particulier doit recommencer sa prière, le ministre-officiant doit recommencer sa prière s’il commet la même erreur alors qu’il prie à voix haute, à l’exception de [la prière de] cha’harit de Roch ‘Hodech où, si le ministre-officiant se trompe et ne mentionne pas Yaalé Veyavo avant d’avoir terminé sa prière, on ne le reprend pas, pour [ne pas] déranger la communauté. En effet, suivra la prière de Moussaf dans laquelle il devra mentionner Roch ‘Hodech.

13. Durant les dix jours depuis Roch Hachana jusqu’à Yom Kippour, si le ministre-officiant se trompe en concluant la troisième bénédiction par : « le D.ieu saint » [au lieu de « Le Roi saint »], il doit recommencer au début. S’il se trompe et conclut la onzième [bénédiction par] : « Roi Qui aime la droiture et la justice », il doit recommencer au début de la bénédiction et la conclure par : « Le Roi de justice », puis continuer de prier dans l’ordre. S’il ne s’en souvient qu’après avoir terminé toute sa prière, il doit recommencer au début. [Cela s’applique] tant pour un particulier que pour le ministre-officiant.

14. Un fidèle qui se trompe et ne mentionne pas la Havdala dans [la bénédiction] « Qui donne l’intelligence » [à l’issue du chabbat ou d’un jour de fête] termine sa prière et n’a pas besoin de recommencer. De même, celui qui n’a pas mentionné : « Pour les miracles […] » [Al Hanissim] à ‘Hannouca ou à Pourim, ou « Exauce-nous […] » [Anénou] dans la prière d’un [jour de] jeûne, ne doit pas recommencer à prier. [Cela s’applique] tant pour un particulier que pour le ministre-officiant. Et s’il s’[en] souvient avant d’avoir levé les pieds [pour reculer], il dit : « Exauce-nous, car Tu écoutes la prière, rachètes et sauves à tout moment de malheur et de détresse. Que soient agréées les paroles de ma bouche, etc. »

15. Un fidèle ayant oublié de réciter la prière de min’ha la veille de chabbat doit réciter deux fois la prière de arvit de chabbat. Il en va de même pour un jour de fête. Aurait-il oublié de réciter la prière de min’ha du chabbat ou d’un jour de fête, il récite à leur issue deux fois la prière du arvit de la semaine. Il récite la Havdala dans la première [prière], mais non dans la seconde. Aurait-il récité la Havdala dans les deux ou dans aucune d’entre elles, il est [tout de même] quitte [de son obligation]. En revanche, s’il n’a pas récité la Havdala dans la première [prière], mais dans la seconde, il doit prier une troisième fois, car la première prière ne lui est pas comptée. En effet, il a récité celle-ci [qui compense la prière de min’ha] avant la prière de arvit [puisqu’il a récité la Havdala dans la seconde seulement]. Quiconque récite deux prières, même la prière du matin et la prière de Moussaf, ne doit pas réciter [les deux en les enchaînant] l’une après l’autre, mais doit attendre entre chaque prière le temps nécessaire pour avoir l’esprit aux supplications.

16. Il est défendu à celui qui prie en communauté de faire précéder sa prière à la prière de la communauté. Celui qui entre à la synagogue et trouve la communauté en train de réciter la prière [des dix-huit bénédictions] à voix basse, s’il peut commencer [sa prière] et [la] terminer avant que le ministre-officiant n’atteigne la kedoucha, il le fait. Sinon, il attend que le ministre-officiant commence la prière à voix haute, et récite sa prière avec lui mot-à-mot jusqu’à ce que le ministre-officiant atteigne la kedoucha. Il répond [alors] à la kedoucha avec la communauté et récite le reste de la prière tout seul [à son rythme]. S’il commence à prier avant [la prière à voix haute du] ministre-officiant et que ce dernier atteigne la kedoucha [alors qu’il se trouve encore au milieu de sa prière], il ne doit pas s’interrompre pour répondre à la kedoucha avec [la communauté]. De même, au milieu de la prière, il ne faut pas répondre « Amen, que Son grand Nom soit béni » [au kaddich], et inutile de mentionner qu’il ne faut pas [répondre Amen] aux autres bénédictions.
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