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Lois relatives à la prière et à la bénédiction des cohanim · Chapitre 9

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 71 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Tel est le déroulement de la prière communautaire : le matin, tout le monde est assis et le ministre-officiant descend devant l’arche. Se tenant au milieu des fidèles, il entame le kaddich et tous répondent : « Amen, que Son grand Nom soit béni à jamais et pour l’éternité », de toutes leurs forces. Ils répondent Amen à la fin du kaddich. Après quoi, le ministre-officiant dit : « Bénissez l’Eternel, Qui est digne d’éloges » et eux répondent : « Que soit béni l’Eternel, Qui est digne d’éloges, pour l’éternité ». L’officiant commence [alors] à « couper [les bénédictions] du Chéma » à voix haute, et eux répondent Amen après chaque bénédiction. Celui qui sait réciter les bénédictions et lire [le Chéma] avec lui le fait jusqu’à la bénédiction : « […] Qui délivre Israël ».

2. Tous se lèvent immédiatement [après cette bénédiction] et récitent la prière [des dix-huit bénédictions] à voix basse. Celui qui ne sait pas prier se lève et demeure silencieux pendant que le ministre-officiant prie à voix basse avec les autres. Quiconque termine sa prière avec la communauté fait trois pas en arrière et se tient à l’endroit qu’il a atteint à reculons.

3. Après avoir fait trois pas en arrière et s’être arrêté, le ministre-officiant commence à prier à voix haute depuis le début des bénédictions pour rendre quitte celui qui n’a pas prié. Tous se tiennent debout, écoutent et répondent Amen après chaque bénédiction, aussi bien ceux qui ne sont pas encore rendus quittes de leur obligation [parce qu’ils n’ont pas encore prié] que ceux qui se sont déjà rendus quittes [en priant].

4. Le ministre-officiant récite la kedoucha dans la troisième bénédiction. Dès qu’il atteint la kedoucha, chacun peut revenir à la place où il s’est tenu pendant la prière. Dès qu’il atteint [la bénédiction de reconnaissance, introduite par] Modim et se courbe, toute la communauté se courbe légèrement, sans excès et dit : « Nous reconnaissons, avec gratitude, que Tu es l’Eternel, notre D.ieu et D.ieu de toute chair, notre Créateur, Créateur de toute existence. [Nous offrons] des bénédictions et Actions de Grâce à Ton grand et saint Nom, pour ce que Tu nous as fait vivre et exister, et de même continueras-Tu à nous faire vivre et exister, Tu rassembleras nos exilés dans les cours de Ton sanctuaire, afin de respecter Tes Lois, de Te servir avec vérité et d’accomplir Ta volonté d’un cœur entier, car nous Te rendons grâce ». Quiconque dit Modim, Modim [deux fois], on le fait taire.

5. Après avoir terminé toute la prière, il s’assoit et « tombe sur sa face » en s’inclinant légèrement [cf. ch. 5 § 14], lui, ainsi que toute la communauté, et adresse des supplications dans cette position. Il reprend la position assise, relève la tête, ensemble avec le reste de la communauté, et adresse quelques supplications à voix haute en étant assis. Puis, le ministre-officiant se lève seul et dit le kaddich une seconde fois et eux répondent de la même manière que la première fois. Il dit alors : « Il est miséricordieux, etc. », « Louange, [de David] etc. ». Lui est debout et eux sont assis, lisant avec lui. Après cela, il récite [Ouva Létsion] : « Et un libérateur viendra à Sion… Quant à Moi, voici… et Toi, Qui est saint… ils s’interpellent l’un l’autre et disent : Saint […] » et termine la kedoucha. Les fidèles répondent : « Saint, Saint… » trois fois et le ministre-officiant répète la kédoucha dans sa traduction araméenne. Il dit [ensuite] : « Un vent me souleva… » et lit la traduction de cette phrase en araméen, puis dit : « l’Eternel règnera pour l’éternité » et en lit la traduction en araméen afin d’être compris du peuple.

6. Ces versets qui précèdent et suivent la kedoucha, avec leurs traductions [respectives], sont appelés « l’ordre de la kedoucha ». Le ministre-officiant supplie ensuite avec des paroles de supplications et des versets de miséricorde, puis dit le kaddich. Tout le monde répond de manière habituelle et prend congé.

7. Celui qui dit, dans les supplications : « Que Celui Qui a eu pitié du nid de l’oiseau – [en interdisant] de prendre la mère sur les petits – […] » ou bien « […][en interdisant] d’abattre un [animal] et son petit le même jour – ait pitié de nous » ou une expression similaire, on le fait taire. Car ces commandements sont un décret de l’Ecriture, et non [une marque de] miséricorde. Si [ces commandements] étaient motivés par la miséricorde, D.ieu ne nous aurait pas du tout autorisé l’abattage [des animaux]. De même, il ne faut pas multiplier les désignations du Nom [de D.ieu] et dire [par exemple] : « le D.ieu grand, puissant, redoutable, résistant, brave, fort » car l’homme n’a pas la capacité d’achever Son éloge. Plutôt, on dit [uniquement les louanges] dites par Moïse notre maître, puisse son âme reposer en paix.

8. À min’ha, le ministre-officiant dit [le psaume 145 :] : « Heureux sont ceux qui résident dans Ta demeure, etc. Louange, de David, etc. ». Il lit [ce psaume] alors que les gens sont assis. Puis, il se lève et dit le kaddich ; les fidèles se lèvent après lui et répondent comme à leur habitude, et tous prient [ensuite] à voix basse. Puis, le ministre-officiant prie de nouveau, à voix haute, comme à la prière du matin, jusqu’à ce qu’il finisse toute la prière. Il « tombe sur sa face », adresse des supplications, puis relève la tête, [ensemble] avec les fidèles. Il adresse [ensuite] quelques supplications, assis, comme il l’a fait à la prière du matin. [Puis] il se lève et dit le kaddich. Tout le monde répond à l’accoutumée, prend congé [et vaque] à ses occupations.

9. Le soir, [alors que] tout le monde est assis, le ministre-officiant se lève et dit : « Il est miséricordieux, etc. », « Bénissez l’Eternel, Qui est digne d’éloges », à quoi ils répondent : « Que soit béni l’Eternel, Qui est digne d’éloges, pour l’éternité ». Il commence à « couper [les bénédictions] du Chéma », puis dit le kaddich. Tous se lèvent ensuite et récitent la prière [des dix-huit bénédictions] à voix basse. Lorsqu’ils terminent, il dit le kaddich, et ils prennent congé. Le ministre-officiant ne répète pas la prière [des dix-huit bénédictions] à voix haute le soir, car la prière du soir n’est pas une obligation. Aussi ne doit-il pas réciter de bénédictions en vain, car il n’y a personne qui en a l’obligation pour que le ministre-officiant l’en rende quitte.

10. Les soirs de chabbat, après la récitation de la prière à voix basse avec la communauté, le ministre-officiant prie de nouveau, à voix haute. Toutefois, il ne récite pas les sept bénédictions, mais une seule qui est un résumé des sept. Voici ce qu’il dit : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu et D.ieu de nos pères, D.ieu d’Abraham, D.ieu d’Isaac, et D.ieu de Jacob, D.ieu grand, puissant, et redoutable, D.ieu élevé, Qui Crée dans Sa miséricorde les cieux et la terre. Il a été le Bouclier de nos pères, par Sa Parole. Il fait revivre les morts par Son Verbe. Il est le Roi saint, Auquel nul n’est comparable. Il permet le repos de Son peuple, en Son saint Chabbat, car Il désira lui accorder ce repos. Nous Le servirons avec peur et crainte. Nous louerons Son Nom, chaque jour, en permanence, en fonction des bénédictions de ce jour. Il est un D.ieu qui est digne d’être exalté, le Maître de la paix, Qui sanctifie le chabbat et bénit le septième jour. Il apporte le repos, dans la sainteté, à un peuple saturé de plaisir, en commémoration de la création [du monde]. Notre D.ieu et D.ieu de nos pères, agrée notre repos, etc. Béni sois-Tu, Eternel, Qui sanctifie le chabbat. ». Il dit [ensuite] le kaddich et tout le monde prend congé.

11. Pourquoi les Sages ont-ils institué cela ? Parce que la majorité des gens vient faire la prière de arvit les soirs de chabbat ; une personne ayant tardé à venir et n’ayant pas fini sa prière resterait seule à la synagogue et se mettrait en danger. C’est pourquoi, le ministre-officiant répète la prière, afin que tout le monde reste jusqu’à ce que le retardataire finisse [sa prière] et qu’il sorte avec eux.

12. Aussi, quand un jour de fête, le jour de Kippour ou un Roch ‘Hodech tombe un chabbat, le ministre-officiant qui descend devant l’arche à arvit n’évoque pas le propos du jour [en question] dans cette bénédiction, mais la conclut seulement par : « […] Qui sanctifie le chabbat ». Car cette bénédiction n’est pas une obligation en ce jour [particulier, mais uniquement du chabbat].

13. Les chabbats et jours de fête, lorsque le ministre-officiant termine la prière de cha’harit à voix haute, il dit un kaddich, puis [le psaume 145 :] « Louange, de David, etc. » et un kaddich. Les fidèles récitent [alors] la prière de Moussaf à voix basse puis, le ministre-officiant répète la prière de Moussaf à voix haute, comme il l’a fait pour cha’harit. Il dit un kaddich après la prière de Moussaf et les gens prennent congé. On ne dit pas la kedoucha [c’est-à-dire Ouva Letsion] et les supplications après la prière de cha’harit, comme les autres jours, mais avant la prière de min’ha. Comment cela ? On lit [le psaume 145] : « Louange, de David », « l’ordre de la kedoucha », des paroles de supplications, et l’on récite la prière de min’ha. Puis, le ministre-officiant répète la prière de min’ha à voix haute et dit le kaddich.

14. Les Roch ‘Hodech et [jours de] ‘hol Hamoed, on récite « l’ordre de la kedoucha » avant la prière de Moussaf. À l’issue de chabbat, on récite « l’ordre de la kedoucha » [Ouva Letsion] même après la prière du soir, puis un kaddich. Après, on récite la Havdala [cérémonie de séparation entre le chabbat et la semaine].
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