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Lois relatives aux bains rituels (mikvé) · Chapitre 6

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 719 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. L’eau qui est passée sur n’importe quel récipient ou qui est tombée à l’intérieur est [considérée comme] puisée et invalide le bain rituel [dans les conditions énoncées aux chapitres précédents], à condition qu’il [le récipient en question] soit fait pour contenir. Même s’il s’agit d’un récipient qui n’est pas susceptible de contracter l’impureté, comme un récipient en pierre ou en terre, elle [l’eau] invalide [le bain rituel].

2. Tout récipient qui n’a pas été fait pour contenir, bien qu’il puisse contenir, n’invalide pas le bain rituel, par exemple, les conduites, l’eau qui coulent de celles-ci, même si elles sont larges au milieu et peuvent [ainsi] contenir, n’invalide pas le bain rituel, qu’elle soit en métal ou en poterie.

3. Une auge dans un rocher [c'est-à-dire un trou creusé dans un rocher] n’invalide pas un bain rituel parce qu’elle n’est pas un récipient [elle est considérée comme une partie du rocher]. Par contre, un récipient attaché à un rocher, [l’eau qui est à l’intérieur] invalide le bain rituel, bien qu’il ait été attaché avec de la chaux. S’il a un trou en bas ou sur le côté de la taille du tube d’une outre, elle [l’eau qu’il contient] est valide et n’invalide pas le bain rituel.

4. Celui qui prend un grand récipient, par exemple, une grande jarre ou un grand pétrin, et fait un trou [de taille suffisante] pour le rendre pur [non susceptible de contracter l’impureté], le fixe au sol, et en fait un bain rituel, il [ce bain rituel] est valide. Et de même, s’il bouche le trou avec de la chaux et avec [des cailloux utilisés en] construction, il n’invalide pas [le bain rituel], et l’eau qui est accumulée à l’intérieur constitue un bain rituel valide. S’il le ferme avec de la chaux ou du gypse, elle [cette eau] invalide de nouveau le bain rituel, à moins qu’il [ce récipient] soit fixé au sol ou serve dans une construction [et non plus d’ustensile]. Et si on le place [ce récipient] sur le sol en mettant dessus de la chaux et en enduisant les côtés d’argile, il est valide.

5. Celui qui pose une planche en dessous d’une conduite, de sorte que l’eau coule sur la planche et tombe dans un bassin d’eau, si la planche a un rebord, elle invalide le bassin d’eau. Et sinon, elle n’invalide pas [le bassin d’eau]. Si on la met droite [sur le côté] pour la rincer, bien qu’elle ait un rebord, elle n’invalide pas [le bain rituel], car elle n’est pas faite pour recevoir.

6. Si on creuse dans une conduite un creux pour contenir les cailloux qui roulent dans l’eau, afin qu’ils ne descendent pas avec l’eau, si la conduite est en bois, et qu’on y fait un creux, quelle que soit sa taille, elle invalide [l’eau], parce que toute l’eau qui descend passe par un récipient fait pour contenir ; et même si on l’a fixée [la conduite, au sol] après avoir fait un creux, étant donné qu’elle [cette conduite] a eu le statut d’ustensile quand elle était détachée. Toutefois, si on l’a fixée au sol, et que l’on a ensuite fait un creux, elle [la conduite] n’invalide pas [l’eau]. Et si la conduite est en poterie, elle n’invalide [l’eau] que si le creux a une taille suffisante pour contenir un révi’it. Même si le creux est plein de cailloux qui roulent ça et là à l’intérieur, elle reste invalide et n’est pas considérée comme bouchée. Si de la terre ou des cailloux pénètrent dans le creux et le bouchent et sont serrés fermement, elle [l’eau] est valide.

7. Si une éponge ou un seau contiennent trois log d’eau, et tombent dans le bain rituel, elle ne l’invalide pas, car ils [les sages] n’ont dit [que le bain rituel devient invalide] que [si] trois log [d’eau] tombent [d’eau], non [si tombe] un récipient dans lequel dans lequel trois log d’eau puisée sont tombés.

8. Si un coffre ou une caisse est dans la mer, on ne doit pas immerger [quelque chose] à l’intérieur de celui-ci, à moins qu’il ait un trou de la taille du [diamètre du] tube d’une outre. Et si c’est un sac ou un panier [de feuilles tressées], on peut immerger [quelque chose] à l’intérieur d’eux [parce qu’ils sont pleins de trous]. Et de même, si on met un sac ou un panier en dessous d’une conduite, l’eau qui coule n’invalide pas le bain rituel.

9. Si un guistera [récipient en poterie défectueux qui sert comme base à d’autres récipients] impur se trouve dans un bain rituel, avec son extrémité qui sort de l’eau, et que l’on immerge dedans des ustensiles, ils sont purifiés de leur état d’impureté. Mais quand on les retire de l’eau, par le fait qu’ils sont dans l’espace intérieur du guistera [qui déborde de l’eau], l’eau qui est dessus devient impure par l’espace intérieur du guistera et les rend à son tour impurs. Et de même, si une source jaillit en dessous d’un four, et qu’il [une personne] s’immerge à l’intérieur, il est pur [car un homme n’est pas contaminé par l’espace intérieur d’un récipient en poterie], mais ses mains sont impures du fait de l’espace du four [les sages ayant décrété que les mains sont susceptibles de contracter l’impureté par l’espace intérieur d’un récipient en poterie impur], à moins que le niveau de l’eau dépasse le four [d’une hauteur correspondant à] la hauteur de ses mains, de sorte que quand il s’immerge, ses mains sont au-dessus du four, [et le four est impur bien qu’il se trouve dans l’eau], parce que les récipients en poterie ne sont pas purifiés dans un bain rituel, comme nous l’avons expliqué.

10. Si une jarre remplie d’eau [puisée] tombe dans la mer, même dans la mer Méditerranée, celui qui s’y immerge, l’immersion ne lui est pas comptée ; il n’est pas possible qu’il n’y ait pas trois log d’eau puisée à un seul endroit [dans la jarre]. Et si un pain de térouma y tombe, il devient impur par l’eau puisée [dans la jarre], car l’eau [puisée] y reste [dans la jarre]. Par contre, dans les fleuves et ce qui est semblable, étant donné que l’eau est courante, on peut y immerger [quelque chose, car on présume que le mouvement de l’eau enlève l’eau puisée de la jarre].

11. Si de l’eau puisée se trouve à côté d’un bain rituel [par exemple, dans un renfoncement de la paroi du bassin], bien que l’eau [puisée] soit en contact avec l’eau du bain rituel, elle ne l’invalide pas, parce que cela est considéré comme un bassin d’eau d’un autre bassin d’eau. Si l’eau puisée est au milieu, elle invalide le bain rituel.

12. Soit deux nappes d’eau, l’une plus haute que l’autre, séparées par une paroi entre elles, et la nappe la plus haute est remplie d’eau valide, et la plus basse d’eau puisée, et il y a un trou entre la paroi qui sépare [la nappe] supérieure de [la nappe] inférieure [de sorte que l’eau des deux communiquent] ; s’il y a trois log d’eau puisée en face du trou , la [nappe] supérieure devient invalide, du fait du trou, comme s’il était au milieu de la [nappe] supérieure [c'est-à-dire dans le sol] et non sur le côté.

13. Quelle doit être la taille du trou pour qu’il y ait trois log [d’eau puisée en face de lui] ? Tout dépend de la nappe d’eau : si la nappe d’eau inférieure contient quarante séa, il faut que le trou fasse un trois cent vingtième de la nappe. Si elle contient vingt séa, il faut que le toru fasse un cent soixantième de la nappe ; applique le calcul selon cette base, car un séa est égal à six kav, un kav [est égal] à quatre log, et un log [est égal] à [au volume de] six œufs.

14. Soit trois nappes d’eau l’une à côté de l’autre, chacune contenant exactement vingt séa, et l’une est de l’eau puisée et est sur le côté [par rapport aux autres] ; trois personnes descendent et s’immergent [en même temps], de sorte que l’eau de toutes [les trois nappes] déborde et se mélange en haut, [dans ce cas], les [trois] bains rituels sont valides et ceux qui se sont immergés sont purs, parce que le tout forme soixante séa, dont quarante séa [d’eau valide formés par deux nappes] l’une à côté de l’autre, et [nous avons pour principe que] l’eau puisée n’invalide pas un bassin d’eau qui contient quarante séa, comme nous l’avons expliqué. Si [la nappe d’]eau puisée est au milieu, et qu’ils descendent et s’immergent, et que l’eau déborde, de sorte que les nappes d’eau sont mélangées, les nappes d’eau gardent leur statut précédent, et les personnes qui se sont immergées sont impures comme auparavant, parce qu’il n’y a pas eu un mélange de quarante séa [d’eau] valide, puisqu’elles [les nappes d’eau valides] ne sont pas l’une à côté de l’autre, car elles sont séparées par [la nappe d’]eau puisée.
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