Lois relatives aux bains rituels (mikvé) · Chapitre 4
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 717 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Par ordre rabbinique, l’eau puisée est invalide pour l’immersion. Plus encore, si trois logs d’eau puisée tombe dans un regroupement d’eau non puisée, ils [y] invalident toute [l’eau]. Bien que l’invalidité de l’eau puisée soit d’ordre rabbinique, les Sages ont appris [cette règle] par analogie. En effet, il est dit : « Seulement une source et une citerne de rassemblement d’eau sera pur » ; la source échappe totalement à la main de l’homme. La citerne est entièrement [faite] par l’homme, étant [constituée] entièrement d’eau puisée. Les Sages ont dit : le bain mikvé ne doit pas être entièrement [constitué d’eau] puisée comme une citerne, mais il n’est pas nécessaire qu’il soit entièrement l’œuvre du Ciel comme une source ; plutôt, [même] si la main de l’homme y est mêlée, il est valide.
3. Comment cela ? Si des cruches sont placées en haut d’un toit pour sécher et la pluie y tombe de sorte qu’elles se remplissent, bien que ce soit la saison des pluies, on peut briser les cruches ou les retourner, l’eau ainsi rassemblée étant valide pour l’immersion. [Et ce,] bien que toute cette eau se trouve dans des récipients, parce qu’on ne les a pas remplis à la main. C’est pourquoi, si un homme soulève les cruches et verse l’eau, toute l’eau qui s’y trouve est [considérée comme] puisée.
4. Si des récipients sont placés en dessous d’une conduite [pour recueillir l’eau de pluie], à tout instant et toute époque que ce soit, qu’il s’agisse de petits ou de grands récipients, même de récipients en pierre ou ce qui est semblable parmi les récipients ne contractant pas l’impureté, et ils se remplissent d’eau de pluie, cette eau est invalide [pour l’immersion]. [Ainsi,] si les récipients sont retournés ou brisés, l’eau rassemblée est considérée comme puisée en tous points, car il était dans l’intention de celui qui les a placés à cet endroit que les récipients se remplissent, puisqu’une conduite tombe sous la présomption de faire couler de l’eau. Même si des ustensiles sont oubliés en dessous d’une conduite, l’eau qui s’y trouve est invalide ; les Sages ont appliqué un décret [dans le cas] de celui qui oublie pour [éviter le cas de] celui qui pose [des récipients en dessous d’une conduite intentionnellement]. De même, si un homme place des récipients dans une cour alors que le ciel est couvert de sorte que les récipients se remplissent, l’eau qui s’y trouve est invalide, car les récipients ont été remplis intentionnellement. De même, les Sages ont appliqué un décret [dans le cas] de celui qui oublie [des récipients] dans la cour au moment où le ciel est nuageux pour [éviter le cas de] celui qui [les] place [intentionnellement]. Si des récipients sont posés dans une cour au moment où le ciel est dégagé, et les nuages viennent [si bien qu’il pleut], l’eau est valide [pour l’immersion] comme s’il les avait posés sur le toit pour les faire sécher. De même, si des récipients sont posés [dans une cour] au moment où le ciel est nuageux et le ciel se dégage, et se couvre à nouveau, l’eau est valide. [Ainsi,] s’il brise [les récipients] ou les renverse, l’eau qui est rassemblée est valide.
5. Quand un plâtrier oublie son pot dans un mikvé si bien qu’il [s’enfonce et] se remplit d’eau, bien qu’il ne reste qu’un peu [d’eau] dans le mikvé, la majorité [de l’eau] du mikvé se trouvant dans le pot, on peut casser le pot à l’endroit où il se trouve et le mikvé [ainsi formé] est entièrement valide. De même, si des cruches disposées dans un mikvé pour être durcies se remplissent [d’eau], bien que le mikvé ait absorbé son eau [c'est-à-dire que l’eau restante a été absorbée dans le sol] de sorte qu’il ne reste plus du tout d’eau exceptée l’eau dans les cruches, on peut casser les cruches et l’eau accumulée constitue un mikvé valide.
6. Comment trois log d’eau puisée invalident-ils un mikvé ? S’il y a moins de quarante séas dans le mikvé (et il y tombe trois logs [d’eau puisée], ce qui complète les quarante séas), tout est invalide. En revanche, [dans le cas d’]un mikvé contenant quarante séas d’eau non puisée, si de l’eau est puisée avec une cruche et y est versée toute la journée durant, le mikvé est valide. Plus encore, [dans le cas d’]un mikvé supérieur contenant quarante séas d’eau valide, si un récipient est rempli et versé [au fur et à mesure] à l’intérieur [de ce mikvé] jusqu’à ce qu’il y ait trop [d’eau] et que quarante séas d’eau descendent [ainsi] dans le mikvé inférieur, le [mikvé] inférieur est valide.
7. [Dans le cas d’]un mikvé contenant exactement quarante séas, si un séa d’eau puisée y est versé, puis un séa [d’eau en est] retiré, le mikvé est valide. On peut verser ainsi un séa [d’eau puisée] pour retirer [ensuite] un séa [d’eau du mikvé], le mikvé étant valide jusqu’à [ce que] la majorité [c'est-à-dire vingt séas, soient retirés].
8. Trois logs d’eau puisée n’invalident un mikvé que s’ils tombent [directement] d’un récipient dans le mikvé. En revanche, si l’eau puisée coule [sur le sol ou quelque chose qui ne l’invalide pas] à l’extérieur du mikvé pour tomber dans le mikvé, elle n’invalide le mikvé que si elle constitue la moitié [des quarante séas]. Mais si la majorité [des quarante séas] est constituée d’eau valide, le mikvé est valide. Comment cela ? Soit un mikvé contenant un peu plus de vingt séa d’eau valide. Si de l’eau est puisée à l’extérieur du mikvé, et coule pour tomber dans le mikvé, qu’elle coule sur le sol, dans une conduite ou ce qui est semblable parmi les choses qui n’invalident pas un mikvé, le mikvé est valide. [Cela s’applique] même si on le complète jusqu’à mille séas. En effet, l’eau puisée qui a été écoulée est valide si la majorité des quarante séa est constituée [d’eau] valide. De même, [dans le cas d’]un toit sur lequel il y a un peu plus de vingt séas d’eau de pluie, si on puise [de l’eau d’un autre endroit que l’on porte] sur l’épaule et que l’on verse dessus [sur le toit directement du récipient], de sorte que tout devient invalide, que l’on ouvre la conduite, et que toute [l’eau] est accumulée à un seul endroit, cela constitue un bain rituel valide, car toute l’eau [ainsi] conduite est valide, puisque la majorité [de l’eau] était valide [au départ].
9. Certains sages occidentaux ont donné pour directive que puisque les sages ont dit que l’eau puisée qui est conduite est entièrement pure, il n’est pas nécessaire qu’il y ait une majorité d’eau valide. Quant à l’exigence d’une majorité [d’eau de pluie] avec [l’eau] conduite, cela est [l’opinion d’une autorité] individuelle, et elle [l’opinion de cette autorité] a déjà été refusée, puisqu’ils [les sages] ont finalement déclaré : « l’eau puisée qui est conduite est entièrement pure ». Selon cette opinion [des sages occidentaux], quand on remplit un récipient, que l’on verse, et que l’eau coule et est accumulée à un seul endroit, cela devrait être un bain rituel valide. Et de même, tout les bains qui sont dans nos maisons de bain devraient être valides, puisque toute l’eau accumulée à l’intérieur est « puisée » et « conduite » ; or, nous nous jamais vu qui a mis en pratique une telle chose.
10. Si de l’eau de pluie et de l’eau puisée sont mélangées dans une cour, et qu’elle [l’eau mélangée] coule et tombe dans une fosse dans la cour, ou qu’elle [l’eau] se mélange sur les marches d’une grotte, et tombe dans la grotte, s’il y a la majorité [du volume d’un bain rituel, soit plus de vingt séa d’eau] valide, elle [la nappe d’eau ainsi formée] est [un bain rituel] valide. Et si la majorité [du volume du bain rituel] est de [l’eau] invalide, elle [cette nappe d’eau] est invalide. S’il y a une moitié de chaque [soit vingt séa de chaque], elle [la nappe d’eau] est invalide. Quand [cela s’applique-t-il] ? Si elles [l’eau de pluie et l’eau puisées] se mélangent avant d’atteindre le bassin, et coulent et tombent [dans le trou ou bassin]. Par contre, si l’[eau] valide et l’[eau] invalide tombent [directement] dans le bassin, si l’on sait que quarante séa d’eau valide est tombée [dans le bassin] avant que ne tombent trois log d’eau puisée, elle [cette nappe d’eau] est [un bain rituel] valide. Et sinon, elle est invalide.
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