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Lois relatives à la prière et à la bénédiction des cohanim · Chapitre 7

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 69 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Lorsque les Sages ont institué le texte de ces prières, ils ont [également] institué d’autres bénédictions à réciter quotidiennement. Les voici : quand un homme se met au lit pour dormir la nuit, il récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui fait tomber les liens du sommeil sur mes yeux, Qui plonge [l’homme] dans un profond sommeil, et Qui apporte la lumière à la pupille de l’œil. Qu’il soit Ta volonté, Eternel mon D.ieu, de me sauver du mauvais penchant, et d’un mauvais évènement. Que ne me troublent ni des mauvais rêves ni de mauvaises pensées. Que ma couche soit parfaite devant Toi, et que Tu m’en relèves pour la vie et pour la paix. Accorde la clarté à mes yeux pour que mon sommeil ne soit pas celui de la mort. Béni sois-Tu, Eternel, qui éclaire le monde entier par Sa gloire. »

2. Il lit [alors] le premier paragraphe du Chéma [avant de] s’endormir, (quand bien même sa femme dormirait avec lui). Et s’il est pris par le sommeil, il lit ne serait-ce que le premier verset ou des versets de miséricorde, puis dort.

3. Lorsqu’il se réveille, au terme de son sommeil, il récite, alors qu’il est encore sur son lit, la bénédiction suivante : « Mon D.ieu, l’âme que Tu as placée en moi est pure. Tu l’as créée, Tu l’as formée, insufflée en moi et Tu la gardes en moi. Tu me la reprendras et Tu me la restitueras dans le monde futur. Tant que l’âme est en moi, je Te rends grâce, Eternel, mon D.ieu, Maître de toutes les actions. Béni sois-Tu, Eternel, qui rend les âmes aux corps morts. »

4. Lorsqu’il entend la voix du coq, il récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui donne au coq le discernement pour distinguer le jour de la nuit ». Lorsqu’il revêt ses vêtements, il récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui vêtit ceux qui sont nus ». Lorsqu’il met son étoffe sur la tête, il récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui couronne Israël de gloire ». Lorsqu’il passe ses mains sur les yeux, il récite la bénédiction : « […] Qui ouvre les yeux des aveugles ». Lorsqu’il s’assoit sur son lit, il récite la bénédiction : « […] Qui libère ceux qui sont ligotés ». Lorsqu’il descend ses pieds du lit et les pose sur le sol, il récite la bénédiction : « […] Qui étend la terre sur les eaux ». Lorsqu’il se lève, il récite la bénédiction : « […] Qui redresse ceux qui sont courbés ». Lorsqu’il se lave les mains, il récite la bénédiction : « […] Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a enjoint au sujet du lavage des mains ». Lorsqu’il se lave le visage, il récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui ôte le sommeil de mes yeux et la torpeur de mes paupières. Qu’il soit Ta volonté, Eternel notre D.ieu et D.ieu de nos pères, de nous habituer à [accomplir] Tes commandements, et non à la transgression et à la faute. Que je sois gouverné par le bon penchant, et non par le mauvais penchant. Renforce-moi dans Tes commandements, et donne-moi ma part dans Ta Thora. Accorde-moi la grâce, la bonté et la miséricorde, à Tes yeux et aux yeux de tous ceux qui m’observent, et prodigue-moi des bienfaits. Béni sois-Tu, Eternel, Qui prodigue des bienfaits ».

5. À chaque fois que l’on va aux toilettes, on dit avant d’y entrer : « Soyez honorés, [anges] honorables, saints, serviteurs du Très-Haut. Aidez-moi, aidez-moi. Gardez-moi, gardez-moi. Attendez-moi [le temps] que j’entre et que je sorte, car telle est la nature des hommes ». Une fois sorti, on récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui a formé l’homme avec sagesse, a créé en lui différents orifices et cavités. Il est révélé et connu de devant le trône de Ta gloire que, si l’un d’entre eux se bouchait ou s’ouvrait, il serait impossible de se subsister, fût-ce un instant. Béni sois-Tu, Eternel, Qui guérit toute chair et accomplit des merveilles ».

6. Lorsqu’on met sa ceinture, on récite la bénédiction : « […] Qui ceint Israël avec force ». Quand on met ses chaussures, on récite la bénédiction : « […] Qui m’a prodigué tous mes besoins ». Lorsqu’on marche pour prendre la route, on récite la bénédiction : « […] Qui prépare les pas de l’homme ». Un homme doit réciter chaque jour les bénédictions : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui ne m’a pas fait non juif », « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui ne m’a pas fait femme », « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui ne m’a pas fait esclave ».

7. Ces dix-huit bénédictions n’ont pas d’ordre ; plutôt, on récite chacune d’entre elles sur l’objet de la bénédiction, en son temps. Comment cela ? Si l’on met sa ceinture alors que l’on est sur son lit, on récite la bénédiction : « […] Qui ceint Israël avec force ». Si l’on entend le cri du coq, on récite la bénédiction : « […] Qui donne au coq le discernement ». Mais toute bénédiction à laquelle on n’a pas été astreint ne doit pas être récitée.

8. Comment cela ? Si l’on a dormi avec son vêtement, on ne récite pas, en se levant, la bénédiction : « […] Qui vêtit ceux qui sont nus ». Si l’on marche pieds nus, on ne récite pas la bénédiction : « […] Qui m’a prodigué tous mes besoins ». Les jours de Kippour et du 9 Av, où l’on ne doit pas se laver, on ne récite pas la bénédiction : « […] au sujet du lavage des mains », ni « […] Qui ôte le sommeil […] ». Si l’on n’a pas été aux toilettes, on ne récite pas la bénédiction : « […] Qui a créé l’homme […] ». Il en va de même pour les autres bénédictions parmi celles-ci.

9. Dans la majorité de nos villes, il est d’usage de réciter ces bénédictions l’une après l’autre à la synagogue, que l’on y ait été astreint ou non ; c’est là une erreur, et il ne convient pas d’agir ainsi. On ne doit [en effet] réciter une bénédiction que si l’on y a été astreint.

10. Celui qui se lève tôt pour lire la Thora – la Thora Écrite ou la Thora Orale – avant d’avoir lu le Chéma, se lave tout d’abord les mains, [puis] récite trois bénédictions avant de lire. Ces [trois bénédictions] sont : (1) « […] Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a enjoints au sujet des paroles de Thora » ; (2) « Eternel notre D.ieu, fais que les enseignements de Ta Thora soient agréables en notre bouche et en celles de Ton peuple, toute la maison d’Israël. Et que nous-mêmes, nos enfants et ceux de Ton peuple, connaissions Ton Nom et étudiions Ta Thora, pour son nom. Béni sois-Tu, Eternel, Qui enseigne la Thora à Son peuple Israël » ; (3) « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a choisis d’entre toutes les nations, et nous a donné Sa Thora. Béni sois-Tu, Eternel, Qui donne la Thora ».

11. Chaque jour, on a l’obligation de réciter ces trois bénédictions, et ensuite, on lit un peu des textes de la Thora ; il est d’usage de lire la bénédiction des cohanim. Dans certains endroits, on [a l’habitude de] lire [la section :] « Ordonne aux enfants d’Israël » [Nombres 28, 1-9]. Dans d’autres, on lit les deux. On lit [également] des chapitres ou des lois de la Michna et de la Baraïta.

12. Les Sages ont fait l’éloge de celui qui lit des cantiques du Livre des Psaumes chaque jour, depuis [le psaume :] « Louange, de David » [psaume 145] jusqu’à la fin du livre. Il est devenu d’usage de lire des versets avant et après. Les Sages ont institué une bénédiction avant les cantiques, qui est : « Béni soit Celui Qui a dit […] » (Baroukh Chéamar) et une bénédiction après, qui est : « Que soit loué […] » (Yichtabakh). Puis, on récite les bénédictions de la lecture du Chéma et on lit le Chéma.

13. Dans certains endroits, il est d’usage de lire chaque jour, après la bénédiction « Que soit loué […] » le cantique [de la traversée] de la Mer [Rouge] avant de réciter les bénédictions du Chéma. Dans d’autres, on lit le cantique : « Écoutez […] » [Haazinou]. Et quelques-uns lisent les deux cantiques ; tout dépend de la coutume.

14. Il incombe à chacun de réciter cent bénédictions durant le jour et la nuit. Quelles sont ces cent bénédictions ? Les vingt-trois bénédictions énumérées dans ce chapitre, les sept bénédictions qui précédent et suivent le Chéma, [trois] le matin et [quatre] le soir. Lorsque l’on s’enveloppe du talit, on récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonnés de nous envelopper de tsitsit ». Lorsque l’on met les téfiline, on récite la bénédiction : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonnés de mettre les téfiline ». [Il y a également] les trois prières, chacune comptant dix-huit bénédictions, ce qui fait [au total] quatre-vingt six bénédictions. Lorsque l’on prend les deux repas, celui du jour et celui du soir, on récite quatorze bénédictions, sept à chaque repas : une quand on se lave les mains au préalable, [quatre] sur le repas, [à savoir] une au début [la bénédiction sur le pain] et trois à la fin [les Actions de Grâce après le repas] et [deux] sur le vin, une avant et une après, ce qui fait sept bénédictions, soit au total, cent bénédictions.

15. À l’époque actuelle, où les Sages ont institué dans la prière [des dix-huit bénédictions] la bénédiction [relatives aux] hérétiques et ont ajouté [la bénédiction] « Qui est bon et fait le bien » dans les Actions de grâce après le repas [Birkat hamazon], il y a donc cinq bénédictions en plus. Les chabbats et jours de fête, où la prière est composée [seulement] de sept bénédictions, et de même, un jour ordinaire, si l’on n’a pas été astreint à toutes les bénédictions, par exemple, si l’on n’a pas dormi de toute la nuit, si l’on n’a pas défait sa ceinture, si l’on n’a pas été aux toilettes ou dans tout cas semblable [ce qui fait des bénédictions en moins], il faut compléter les cent bénédictions [en récitant des bénédictions] sur des fruits.

16. Comment cela ? On mange un peu d’un légume, en récitant la bénédiction avant et après. Puis, on en remange un peu, en récitant la bénédiction avant et après. On compte [ainsi] toutes les bénédictions jusqu’à arriver à cent [bénédictions] chaque jour.

17. Tel est l’ordre des prières : le matin, on se lève tôt et l’on récite ces bénédictions. On lit les cantiques [des psaumes], en récitant la bénédiction qui précède [Baroukh Chéamar] et celle qui suit [Yichtabakh]. Puis, on lit le Chéma en récitant les bénédictions qui précèdent et qui suivent, et en omettant la kedoucha de la première bénédiction qui précède [le Chéma], car un particulier ne récite pas la kedoucha [sans la communauté]. Quand on conclut [la bénédiction qui fait suite au Chéma par] « […] Qui délivre Israël », on se lève immédiatement, afin de faire suivre la [bénédiction de la] délivrance par la prière. On récite la prière [des dix-huit bénédictions] debout, comme nous l’avons expliqué. Quand on achève [la prière], on s’assoit et on tombe sur sa face, en adressant des supplications. On relève la tête et l’on adresse [encore] quelques supplications, tout en restant assis. Puis, on lit [le psaume 145] : « Louange, de David », et on adresse des supplications selon ses capacités [avant de] se retirer pour [vaquer à] ses occupations.

18. À la prière de min’ha, on commence par lire [le psaume 145] : « Louange, de David » assis. Puis, on se lève et on récite la prière [des dix-huit bénédictions] de min’ha. Quand on a terminé, on tombe sur sa face, on adresse des supplications et l’on relève la tête, en adressant des supplications selon ses capacités. Puis, on se retire à ses occupations. À la prière du soir, on lit le Chéma, en récitant les bénédictions qui précèdent et qui suivent. On fait suivre [la bénédiction de] la délivrance par la prière et l’on récite la prière [des dix-huit bénédictions] debout. Lorsque l’on a terminé [la prière], on s’assoit un peu et on se retire. Celui qui adresse des supplications après la prière de arvit est digne de louanges. Bien que l’on récite la bénédiction : « Fais-nous nous coucher […] » après [la bénédiction] « […] Qui délivre Israël » [dans la prière du soir], cela n’est pas une interruption entre [la bénédiction de] la délivrance et la prière, [ces] deux [bénédictions] étant considérées comme une seule longue bénédiction.
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