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Lois relatives à la prière et à la bénédiction des cohanim · Chapitre 5

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 67 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Il y a huit dispositions auxquelles [le fidèle en] prière doit veiller à se conformer. Et s’il est dans une situation difficile, ou dans un cas de force majeure, ou [encore] s’il transgresse et n’agit pas [conformément à ces dispositions], cela n’empêche pas [sa prière d’être agréée]. Ce sont : [la station] debout, l’orientation vers le Temple, la correction de [la position] corporelle, la correction de la tenue vestimentaire, la correction de l’emplacement, le ton de la voix, le fléchissement et la prostration.

2. [La station] debout ; comment cela ? On ne prie que debout. Serait-on assis dans un bateau ou dans une charrette, si l’on peut se mettre debout, on le fait ; sinon, on prie assis à sa place. Un malade peut prier même allongé sur le côté, pourvu qu’il puisse se concentrer. De même, celui qui a faim ou soif est considéré comme malade, [par conséquent :] s’il est capable de se concentrer, il prie. Sinon, il ne prie pas avant d’avoir mangé ou bu. Si l’on chevauche un animal, bien qu’il y ait quelqu’un pour tenir l’animal, on ne descend pas, mais on prie assis où l’on se trouve, afin d’avoir l’esprit tranquille.

3. L’orientation vers le Temple ; comment cela ? Si l’on se trouve en dehors de la Terre [d’Israël], on tourne son visage vers la Terre d’Israël pour prier. Si l’on se trouve en Terre [d’Israël], on oriente son visage vers le Temple. Se trouverait-on à Jérusalem, on oriente son visage vers le Temple. Si l’on se trouve dans le Temple, on oriente son visage vers le Saint des saints. Un aveugle, celui qui ne parvient pas à déterminer les directions et celui qui voyage en bateau, prient en orientant leurs cœurs vers la Présence Divine.

4. La correction de [la position] corporelle ; comment cela ? Pendant la prière, il faut avoir les pieds joints. Les yeux doivent être dirigés vers le bas, comme si l’on regardait le sol, et le cœur dirigé vers le haut, comme si l’on se tenait dans les cieux. Il faut serrer les mains contre le cœur, la [main] droite sur la [main] gauche et se tenir comme un serviteur devant son maître dans la peur, la crainte et l’effroi. Et l’on ne doit pas poser ses mains sur les hanches.

5. La correction de la tenue vestimentaire ; comment cela ? On arrange tout d’abord sa tenue vestimentaire, on se fait beau et élégant, ainsi qu’il est dit [Psaumes 29, 2] : « Prosternez-vous devant l’Eternel, dans la splendeur de la sainteté ». On ne doit pas se tenir en prière [vêtu d’]un [simple] tricot de corps, ni la tête découverte, ni pieds nus si l’usage local veut que l’on ne se tienne devant les gens importants qu’avec des bas. Quel que soit l’endroit, on ne doit pas tenir de téfiline à la main ou un rouleau de la Thora au bras en priant, parce que l’on serait ainsi préoccupé [à ce qu’ils ne tombent pas]. On ne doit pas tenir d’ustensiles, ni d’argent à la main. On peut toutefois prier en ayant le loulav à la main durant les jours de la fête de Souccot, parce que c’est la mitsva du jour. Aurait-on un fardeau sur la tête alors que l’heure de la prière arrive, [la règle suivante est appliquée :] si le fardeau est inférieur à quatre kavs, on le jette sur son épaule et l’on prie avec. S’il est [supérieur ou] égal à quatre kavs, il faut le poser sur le sol avant de prier. Tous les Sages et leurs disciples ont usage de ne prier qu’enveloppés [d’un châle].

6. La correction de l’emplacement ; comment cela ? On se tient dans un endroit bas, en tournant le visage vers le mur. Il faut faire des fenêtres ou des portes en direction de Jérusalem afin de prier face à celles-ci, comme il est dit [Daniel 6, 11] : « Il avait, dans sa chambre supérieure, des fenêtres ouvertes dans la direction de Jérusalem ». Il faut se fixer un endroit permanent pour la prière. On ne doit pas prier dans une ruine, ni derrière une synagogue, à moins de tourner sa face vers la synagogue. Il est défendu de s’asseoir à côté de celui qui est en train de prier ou de passer devant lui, à moins de s’éloigner de quatre coudées.

7. On ne doit pas se tenir sur un endroit surélevé de trois téfa’him ou plus pour prier. [Il ne faut] pas non plus [se tenir] sur un lit, sur un banc ou sur un siège. Une construction élevée, si elle a [une surface supérieure ou égale à] quatre coudées sur quatre coudées, ce qui correspond à la surface [minimale] d’une maison, est considérée comme un étage et il est permis de prier dessus. De même, si la construction est entourée de parois de tous les côtés, bien qu’elle n’ait pas [une surface de] quatre coudées sur quatre coudées, il est permis de prier dessus. En effet, cette construction formant un domaine à part, sa hauteur ne se distingue pas.

8. Si des ouvriers travaillent sur la cime d’un arbre, sur le dessus de planches [utilisées pour la construction d’un mur en terre] ou sur le faîte d’un mur alors qu’arrive l’heure de la prière, ils doivent descendre en bas pour prier, puis retourner à leur travail. Mais s’ils se trouvent sur la cime d’un olivier ou d’un figuier, ils prient à leur place, parce que leur dérangement serait [trop] important. Et quelle prière récitent-ils ? S’ils travaillent pour leur repas uniquement, ils récitent trois prières de dix-neuf bénédictions. Mais s’ils travaillent pour leur salaire [en plus du repas], ils récitent Habinénou (« Donne-nous l’intelligence… »). Quoi qu’il en soit, ils ne doivent pas descendre devant l’arche [pour la prière communautaire], ni lever les mains [pour la bénédiction s’ils sont cohen].

9. Le ton de la voix ; comment cela ? Il ne faut ni élever la voix dans la prière, ni prier dans son cœur [sans prononcer les mots] ; plutôt, il faut articuler les mots avec ses lèvres et [les] faire entendre à ses oreilles à voix basse. On ne doit pas faire entendre sa voix, à moins que l’on ne soit malade ou que l’on ne puisse se concentrer sans [prier] à haute voix ; [dans ce cas,] cela est permis, sauf en communauté, afin que les autres ne soient pas troublés par sa voix.

10. Les fléchissements [du corps] ; comment cela ? Celui qui prie doit se courber cinq fois à chaque prière : au début et à la fin de la première bénédiction, au début et à la fin de la [bénédiction de] reconnaissance, et lorsqu’il termine la prière, il se courbe et fait trois pas en arrière tout en étant courbé, il salue à sa gauche, puis à sa droite et relève ensuite la tête. Lorsqu’on se courbe les quatre fois [au milieu de la prière], on se courbe [en prononçant le mot] « Béni » et on se redresse [en prononçant] le nom [de D.ieu]. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Pour une personne ordinaire. En revanche, un grand prêtre s’incline au début et à la fin de chaque bénédiction ; un roi, dès lors qu’il s’est courbé dans la première bénédiction, ne doit pas relever la tête avant d’avoir terminé toute sa prière.

11. Pourquoi salue-t-on tout d’abord à gauche ? Parce que la gauche de celui qui prie correspond à la droite de Celui à qui il fait face, c’est-à-dire que lorsque l’on se trouve devant un roi, on salue [d’abord] la droite du roi, puis sa gauche. [De même,] les Sages ont établi que l’on prenne congé de la prière comme l’on se retire de devant un roi.

12. Pour tous ces fléchissements, il faut se courber au point que toutes les vertèbres de la colonne vertébrale fassent saillie et que le corps forme un arc. Mais si l’on se courbe légèrement, en se donnant de la peine et en donnant l’impression de se courber de toutes se forces [par exemple, dans le cas d’une personne malade ou âgée], on ne doit pas s’[en] inquiéter.

13. La prostration ; comment cela ? Après avoir redressé la tête au cinquième fléchissement, il faut s’assoir sur le sol, tomber le visage face à terre (néfilat panim) et adresser toutes les supplications que l’on désire. Le fléchissement (kéria) mentionné en tout lieu [se réfère fléchissement] sur les genoux, kida [se réfère à la prosternation] sur la face et la prostration consiste à étendre mains et pieds, de façon à être [complètement] étendu face à terre.

14. Pour la néfilat panim après la prière, certains font une prosternation et d’autres une prostration. Il est [toutefois] défendu de se prostrer sur des pierres, excepté dans le Temple, comme nous l’avons expliqué dans Lois relatives à l’idolâtrie. Un homme important n’a pas le droit de tomber sur sa face, à moins qu’il ne se sache être un juste comme Josué [et soit certain d’être exaucé]. Il peut toutefois incliner légèrement la tête, sans la plaquer au sol. Un homme a le droit de prier à un endroit et de faire la néfilat panim dans un autre endroit.

15. C’est une coutume répandue parmi tout le peuple juif que de ne pas faire de néfilat panim le chabbat, les jours de fête, Roch Hachana, les [jours de] Roch ‘Hodech, à ‘Hanoucca, à Pourim, à min’ha de la veille de chabbat et des jours de fête, et à la prière de arvit de chaque jour. Et quelques-uns font la néfilat panim dans [la prière de] arvit. Le jour de Kippour uniquement, on fait la néfilat panim à chaque prière, parce que c’est un jour de supplications, de requêtes et de jeûne.
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