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Lois relatives à ceux qui contaminent la couche et le siège · Chapitre 11

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 647 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Nous avons déjà expliqué que les ignorants sont dignes de foi pour observer les normes de pureté relatives à la vache rousse ; du fait de son caractère de gravité et des normes très élevées de pureté rituelle qui s’y rattachent, ils ne traitent pas cela avec légèreté. De même, ils sont dignes de foi en ce qui concerne la pureté du vin et de l’huile des libations, de sorte que si un ignorant affirme que du vin ou de l’huile est pur, le vin ou l’huile est présumé pur : en raison du caractère de gravité des offrandes, les ignorants s’y montrent attentifs. De même, ils sont dignes de foi en ce qui concerne la pureté des produits de terouma qu’ils apportent aux cohanim durant la saison de la récolte et du pressurage dans les pressoirs à vin et pressoirs à huile, car tous les gens se purifient et purifient leurs ustensiles pour produire du vin et de l’huile en état de pureté. Une fois passée la saison du pressurage dans les pressoirs à vin et pressoirs à huile, ils ne sont plus dignes de foi concernant l’état de pureté rituel du vin ou de l’huile qu’ils ont gardés.

2. Ainsi, si un ignorant a apporté à un cohen hors saison une jarre de vin ou d’huile de terouma qu’il a gardée chez lui, le cohen ne l’acceptera pas, parce que le vin ou l’huile est présumé impur. Si l’ignorant a gardé le vin ou l’huile chez lui jusqu’à la saison de pressurage suivante et l’a apporté au cohen, il peut l’accepter, bien qu’il sache que ce vin ou cette huile provienne de l’an dernier, car le décret des Sages concernant l’impureté rituelle des ignorants ne s’applique pas durant la saison du pressurage.

3. Si un ignorant a fermé à clef son pressoir à huile ou à vin au moment où les gens ont terminé de fouler les olives ou les raisins, c’est-à-dire quand la saison du pressurage s’est terminée, alors qu’il n’avait pas fini lui-même le pressurage de sa vendange, et a immédiatement apporté la clef au cohen afin que la surveillance soit assurée par un cohen qui est un ‘haver, le pressoir garde sa présomption de pureté. Ainsi, même si plusieurs jours sont passés après la fin de la saison du pressurage, le cohen vient et ouvre la porte du pressoir en présence de l’ignorant, il lui demande de s’immerger au mikvé devant lui, après quoi l’ignorant presse les raisins ou les olives et le cohen prend terouma du vin ou de l’huile en état de pureté. Si l’ignorant n’a pas procédé ainsi et qu’il lui reste des olives ou des raisins qu’il n’a pas pressés durant la saison du pressurage, le cohen ne pourra accepter comme terouma de la part de l’ignorant que des olives ou raisins qui ne sont pas encore devenus moukhchar, lesquels ne contractent pas l’impureté.

4. Si l’ignorant a apporté au cohen une jarre de vin ou d’huile de terouma à un autre moment de l’année et lui a dit : « Une partie du vin ou de l’huile est consacrée pour les libations », même s’il n’a désigné dans toute la jarre qu’un revi’it pour les libations, étant donné qu’il est cru en ce qui concerne la pureté de la partie du vin ou de l’huile qui est consacrée, il est cru concernant la pureté de tout le vin ou l’huile de la jarre et le cohen peut donc accepter celle-ci en tant que terouma pure. Même durant la saison de fonctionnement des pressoirs à vin ou à l’huile, où les ignorants sont dignes de foi concernant la pureté de la terouma, ils ne sont pas dignes de foi pour dire qu’un récipient vide est pur pour la terouma. Et de même, ils ne sont jamais dignes de foi pour dire qu’un récipient vide est pur pour le kodech.

5. Quand un récipient contient du vin ou de l’huile non consacrés et que l’on voit un ignorant surveiller le récipient en vue d’en prélever du vin ou de l’huile pour des libations, il est digne de foi concernant la pureté du récipient, même avant la saison du pressurage du vin ou des olives, durant les 70 jours qui la précèdent. Mais plus de soixante-dix jours avant la saison du pressurage, les ignorants ne sont pas dignes de foi. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Pour le reste de la terre d’Israël, hormis Jérusalem. Mais à Jérusalem, un ignorant est toujours digne de foi pour dire qu’un récipient en terre cuite vide est pur pour le kodech, qu’il s’agisse d’un petit ou d’un grand récipient, qu’il soit plein ou vide, il est digne de confiance en ce qui concerne la pureté rituelle du récipient, bien que les liquides qu’il contient soient considérés impurs. Même si son vêtement, qui est considéré comme « foulé » par un zav, se trouve dans le récipient, le récipient est présumé pur pour le kodech. Pourquoi les Sages ont-ils été indulgents à l’égard des ustensiles en terre cuite à Jérusalem ? Car on n’installe pas de fours à poterie à Jérusalem à cause de la fumée que cela occasionnerait dans la ville.

6. Dans tout le périmètre situé depuis la ville de Modiit et vers l’intérieur – c’est-à-dire entre la ville de Modiit et Jérusalem –, les ignorants sont crus concernant l’état de pureté des récipients en terre cuite. Dans les endroits situés depuis Modiit et vers l’extérieur, ils ne sont pas crus. La ville de Modiit elle-même est considérée parfois comme l’extérieur et parfois comme l’intérieur. Comment cela ? Si un ‘haver entre dans la ville de Modiit en se dirigeant vers Jérusalem et qu’un ignorant s’éloigne de Jérusalem et que les deux se rencontrent dans la ville de Modiit, l’ignorant ayant un récipient en terre cuite dans la main, il est digne de confiance dans la ville de Modiit pour dire que le récipient qu’il porte est pur pour le kodech, de sorte que le ‘haver peut lui acheter le récipient et l’utiliser pour la nourriture sacrificielle. Mais si tous les deux entrent à Modiit en direction de Jérusalem ou si tous les deux se dirigent dans une direction opposée à Jérusalem, l’ignorant n’est pas cru dans la ville de Modiit elle-même, mais uniquement s’ils se trouvent en-deçà de Modiit, dans le périmètre situé entre Modiit et Jérusalem.

7. Un potier qui est un ignorant a apporté des pots à vendre et les a posés à un endroit situé en-deçà de Modiit, c’est-à-dire dans le périmètre situé entre Modiit et Jérusalem. Des acheteurs sont venus et le potier leur a dit que les pots sont purs. Si l’un a acheté un pot et s’est dirigé vers Jérusalem, le pot est considéré pur au regard du kodech mais non au regard de la terouma, comme nous l’avons expliqué. Si l’un a acheté un pot et l’a emporté dans la direction opposée au-delà de Modiit par rapport à Jérusalem, le récipient est considéré impur aussi bien pour le kodech que pour la terouma. Bien qu’il s’agisse des mêmes pots et du même potier, il n’est cru concernant l’état de pureté de ses pots qu’en-deçà de Modiit, dans le périmètre situé entre Modiit et Jérusalem.

8. Les récipients en terre cuite achetés neufs directement du four où ils ont été cuits sont, à n’importe quel endroit, considérés purs pour le kodech ainsi que pour la terouma. On ne craint pas qu’un ignorant les ait touchés après leur cuisson, même si l’on prend des pots de la première rangée dans le four. Et ce, même si le four est ouvert et que la moitié des pots a déjà été retirée, car le décret des Sages rendant impurs les ustensiles d’un ignorant ne s’applique pas aux ustensiles en terre cuite qui se trouvent encore dans le four.

9. Le décret rabbinique portant sur l’impureté de l’ignorant est suspendu durant chacune des trois fêtes de pèlerinage, et on le considère lui-même ainsi que tout ce qu’il possède en état de pureté. Car tous les juifs sont désignés comme ‘haver durant les fêtes de pèlerinage, et tous leurs ustensiles, leurs aliments et leurs liquides sont purs durant les fêtes de pèlerinage, parce que tous se purifient et montent au Temple pour la fête. C’est pourquoi, les ignorants sont dignes de foi concernant la pureté rituelle durant tous les jours de la fête aussi bien pour le kodech que pour la terouma. Une fois la fête passée, ils reprennent leur statut d’impureté.

10. Si un vendeur qui est un ‘haver ouvre sa jarre de vin durant la fête pour vendre le vin au détail, ou commence à vendre une partie de sa pâte durant la fête et que la fête passe, le reste du vin de la jarre et le reste de la pâte sont présumés impurs, car ils ont été touchés par les acheteurs, dont certains sont des ignorants. Bien que le contact avec l’ignorant se soit produit durant la fête, à un moment où l’ignorant est considéré comme un ‘haver, le vin ou la pâte ne sont considérés purs que durant la période de la fête mais pas après.

11. Après la fête, durant la nuit qui suivait le dernier jour, les cohanim immergeaient tous les accessoires qui se trouvaient dans le Temple, parce qu’ils avaient été touchés par des ignorants durant la fête. C’est pourquoi, les cohanim disaient aux gens durant la fête : « Faites attention à ne pas toucher la table » lorsqu’ils sortaient la table du Heikhal et qu’ils la montraient aux pèlerins venus au Temple, afin d’éviter que la table ne soit impure après la fête, du fait du contact avec les ignorants, et qu’il soit alors nécessaire de l’immerger au mikvé et d’attendre la nuit pour qu’elle soit pure. Il serait alors nécessaire d’enlever les pains de proposition de la table durant la journée alors qu’il est dit, concernant les pains de proposition : « devant Moi en permanence ». L’immersion au mikvé et l’attente de la tombée de la nuit étaient requises pour tous les accessoires du Temple après la fête, à l’exception de l’autel d’or et de l’autel en cuivre car le placage en or ou en cuivre de l’autel est considéré comme accessoire vis-à-vis de l’autel lui-même et l’autel lui-même ne contracte pas l’impureté car il est fait en bois et demeure immobile.

12. Un ignorant qui dit : « Je ne suis pas entaché de l’impureté du cadavre » ou « cet ustensile n’est pas entaché de l’impureté du cadavre » est digne de confiance et n’a pas besoin de recevoir l’aspersion de l’eau lustrale. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Lorsque l’ignorant a été interrogé concernant son état de pureté ou l’état de pureté de l’ustensile et qu’il a affirmé qu’il était pur. Mais lorsqu’on prend un ustensile qu’un ignorant a gardé chez lui, sans spécification sur son état de pureté, on craint que l’ustensile ait contracté l’impureté du cadavre, et par conséquent on fait aspersion de l’eau lustrale sur l’ustensile le troisième et le septième jour pour le purifier de l’impureté du cadavre, comme pour tout ustensile que l’on trouve n’importe où, hormis Jérusalem, les Sages n’ayant pas appliqué le décret d’impureté sur les ustensiles que l’on trouve à Jérusalem, comme il sera expliqué concernant l’impureté dans les cas de doute.
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