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Lois relatives à ceux qui contaminent la couche et le siège · Chapitre 8

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 644 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Nous avons déjà expliqué au début de ce livre, que si une personne a fait bouger sans la toucher une chose impure qui transmet l’impureté à ceux qui la portent, elle est considérée comme l’ayant portée et devient impure à ce titre. En revanche, si la source d’impureté a fait bouger la personne sans la toucher, cette dernière ne devient pas impure.

2. Parmi toutes les sources principales d’impureté, il n’existe pas d’impureté qui contamine une personne pure ou des objets purs en les faisant bouger, à la seule exception du zav et de ceux qui ont le même statut que lui. C’est là le mode de transmission d’impureté supplémentaire qui existe chez le zav, dont on ne trouve pas d’équivalent dans toutes les autres lois de la Thora : si le zav fait bouger une personne ou une chose pure, il les rend impures. Comment cela ? Si une poutre est posée sur le dessus d’une clôture et qu’une personne pure ou des ustensiles purs, même s’il s’agit de récipients en terre cuire, reposent sur la poutre à son extrémité, et que le zav a fait bouger l’autre extrémité de la poutre, étant donné que la personne ou les ustensiles à l’autre extrémité ont été mus par le zav, c’est comme s’il les avait touchés et il les rend impurs. Leur impureté relève de la Thora et ils sont impurs au premier degré. Il est inutile de dire que si le zav porte une personne ou des ustensiles, il les rend impurs. Le zav, la femme zava, la femme nidda, la femme accouchée ont le même statut par rapport à toutes ces règles. Tu apprends donc qu’une personne pure qui a fait bouger un zav est considérée comme l’ayant porté et devient impure à ce titre. Et quand un zav fait bouger une personne ou des objets purs, fût-ce des récipients en terre cuite, il les rend impurs, car le fait pour un zav de faire bouger d’autres choses est considéré comme s’il les avait touchées.

3. La transmission de l’impureté par le fait qu’un zav déplace quelque chose comporte un point de rigueur supplémentaire par rapport à la transmission de l’impureté par le contact : quand un zav touche un récipient en terre cuite fermé hermétiquement, celui-ci reste pur. Mais s’il le fait bouger, il le rend impur. De même, si un récipient en terre cuite qui est creux comme un ballon et auquel on n’a pas encore fait d’ouverture – comme c’est le cas des marmites des villageois au cours de leur fabrication – est déplacé par un zav, il devient impur, bien qu’un tel récipient sans ouverture resterait pur dans la tente d’un cadavre car il ressemble à un récipient en terre cuite fermé hermétiquement, dont l’ouverture est bouchée. De même, dans le cas d’une aiguille enfoncée dans un morceau de bois ou d’un anneau noyé dans une brique, si un zav déplace le morceau de bois ou la brique, les ustensiles noyés à l’intérieur – à savoir, l’aiguille ou l’anneau – deviennent impurs. Il en va de même pour tout cas semblable.

4. Si un zav a introduit sa main ou son pied dans l’espace intérieur d’un récipient en terre cuite, étant donné qu’il ne l’a pas touché à l’intérieur ni ne l’a déplacé, celui-ci reste pur. Bien qu’un récipient en terre cuite contracte l’impureté par son espace intérieur même en l’absence de contact avec la source d’impureté, il reste pur dans le présent cas, car une femme nidda et les personnes du même statut ne transmettent pas l’impureté par leurs membres, mais par leur corps tout entier.

5. Si un zav, tenant un roseau dans un pli de son corps, par exemple sous ses aisselles, a fait bouger avec l’extrémité de ce roseau une personne ou un ustensile, ceux-là restent purs, ainsi qu’il est dit : « et tout individu que le zav touchera sans avoir lavé ses mains dans l’eau sera impur ». La tradition orale enseigne que ce verset parle en fait de l’impureté que le zav transmet quand il fait bouger une personne : le verset a employé le verbe toucher pour enseigner que de même qu’un contact se fait avec les mains ou toute autre partie du corps semblable aux mains et exposée, de même le zav rend impur ce qu’il déplace uniquement s’il fait bouger un objet ou une personne à l’aide d’une partie exposée de son corps et non par une partie cachée. Si une personne pure tient un roseau dans un pli de son corps et fait bouger un zav avec ce roseau, elle devient impure. Car celui qui fait bouger une impureté est considéré comme s’il la portait ; et de même que celui qui porte une impureté dans une partie cachée de son corps devient impur, comme nous l’avons expliqué au début de ce livre, de même celui qui fait bouger une impureté à l’aide d’une partie cachée de son corps devient impur.

6. Si un zav se trouve dans le plateau d’une balance, et que des objets faits pour servir de couche ou de selle se trouvent dans le second plateau, telle est la loi, suivant les différentes configurations : si le zav fait pencher la balance, les objets situés dans l’autre plateau deviennent « impurs au premier degré », c’est-à-dire qu’ils considérés comme des objets ayant été touchés par le zav puisqu’il les a fait bouger. Et si ce sont les objets qui ont fait pencher la balance, ils sont impurs en tant que couche d’un zav et ont le statut de « source principale d’impureté » car ils ont porté le zav, et c’est comme si le zav s’était tenu debout dessus. S’il y a dans le second plateau d’autres types d’ustensiles qui ne servent pas de couche ou de siège ou bien des aliments et des liquides ou une personne, dans ce cas, que ce soient eux ou le zav qui aient fait pencher la balance, ils sont tous impurs au premier degré.

7. Si un zav et un individu pur sont assis ensemble sur un banc ou sur une planche qui bougent, ou s’ils ont grimpé ensemble sur un arbre qui n’est pas solide, c’est-à-dire dont l’épaisseur du tronc n’est pas suffisante pour creuser et extraire une quantité d’un quart de kav de bois, ou s’ils sont ensemble montés sur une branche qui n’est pas stable – c’est-à-dire que même si l’arbre lui-même est stable, lorsqu’une personne attrape la branche dans sa main et la tire, la branche bouge – ou s’ils sont montés ensemble sur une échelle égyptienne qui n’est pas fixée au mur avec des clous, ou sur une petite rampe en bois, sur une poutre, ou sur une porte à plat alors que celles-ci ne sont pas fixées au sol avec du plâtre, la personne pure devient impure, car toutes ces choses bougent lorsque les deux montent dessus et c’est donc comme si le zav avait fait bouger la personne pure qui est avec lui. En revanche, s’ils sont assis ensemble dans un grand bateau qui ne tangue pas quand une personne monte dessus, ou sur une planche ou un banc qui ne bougent pas, ou sur un arbre ou une branche stables, ou sur une échelle égyptienne fixée au mur avec un clou, ou sur une rampe, une poutre ou une porte fixées au sol avec du plâtre, même s’ils montent du même côté, l’individu pur reste pur.

8. Si un zav et une personne pure ferment ou ouvrent ensemble une porte, l’individu pur reste pur. Si l’un ferme la porte et l’autre l’ouvre en même temps, autrement dit, l’un pousse la porte dans un sens et l’autre la pousse dans le sens opposé, l’individu pur devient impur car le mouvement opposé communiqué par le zav le fait nécessairement bouger. Si l’un remonte l’autre d’une fosse, l’individu pur devient impur : si c’est l’individu impur – c’est-à-dire le zavqui a remonté l’individu pur, il le rend impur pour la raison qu’il l’a fait bouger. Si c’est l’individu pur qui a remonté l’impur, il devient impur pour l’avoir porté, ainsi que nous l’avons expliqué.

9. Quand un zav et une personne pure fabriquent ensemble des cordes, si l’un tire d’un côté et l’autre de l’autre, la personne pure devient impure. S’ils tissent une étoffe ensemble, qu’ils soient debout ou assis, ou s’ils moulent du blé en faisant tourner la meule ensemble ou s’ils ôtent ou placent ensemble une charge sur un âne, la règle suivante est appliquée : si la charge est lourde, la personne pure devient impure. S’il s’agit d’une charge légère, elle reste pure.

10. Une personne pure qui frappe un zav sans le toucher, avec un bâton ou autre, reste pure. Mais si un zav frappe une personne pure d’une façon similaire, il la rend impure. La raison à cela est que si la personne pure reculait, le zav tomberait ; par conséquent, on considère qu’en la frappant, c’est comme s’il s’appuyait contre elle, et c’est pourquoi, même les vêtements de la personne pure deviennent impurs car « foulés » par un zav.

11. Si une partie du corps d’un zav a été portée sur une personne pure ou qu’une partie du corps d’une personne pure a été portée sur un zav, la personne pure devient impure. Comment cela ? Si un zav a fait reposer son doigt sur une personne pure ou qu’une personne pure a fait reposer son doigt au-dessus d’un zav, bien qu’une pierre, une poutre ou quelque chose de semblable se trouve entre le doigt et la personne en dessous, la personne pure devient impure. De même, si des parties attachées au corps du zav ont été portées sur une personne pure ou si des parties attachées au corps d’une personne pure ont été portées sur un zav, la personne pure devient impure, comme si l’un avait porté l’autre. Voici les parties attachées au corps : les dents, les ongles et les poils. Il me semble que l’impureté ainsi transmise est d’ordre rabbinique.
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