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Lois relatives à la prière et à la bénédiction des cohanim · Chapitre 2

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 64 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. À l’époque de Rabban Gamliel, les hérétiques se multiplièrent au sein du peuple juif, faisant du mal aux [autres] juifs et les incitant à se détourner de D.ieu. Voyant que cela était plus important que tous les besoins des hommes, il prit l’initiative, avec son tribunal, d’instituer une bénédiction dans laquelle il serait demandé à D.ieu d’anéantir les hérétiques et l’établit dans la prière, afin qu’elle soit dressée dans la bouche de tout un chacun. Les bénédictions de la prière sont donc au nombre total de dix-neuf.

2. Dans chaque prière quotidienne, on récite ces dix-neuf bénédictions dans l’ordre. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Quand on a l’attention [requise] et que [les mots de la prière] coulent de sa langue. Mais si l’on est préoccupé et anxieux, ou si sa langue est hésitante dans la prière, on récite les trois premières [bénédictions], une bénédiction qui résume toutes les [bénédictions] intermédiaires et les trois dernières, et on est quitte de son obligation.

3. Telle est la bénédiction instituée en résumé de toutes les [bénédictions] intermédiaires : « Donne-nous l’intelligence, Eternel, notre D.ieu, pour connaître Tes chemins, et circoncis notre cœur pour Te craindre. Sois clément envers nous afin que nous soyons libérés. Éloigne-nous de la douleur, fais-nous prospérer et résider dans les prés de Ta terre, rassemble ceux qui sont éparpillés des quatre [coins de la terre], que ceux qui sont égarés soient jugés selon Ta connaissance, élève Ta main sur les méchants, que les justes se réjouissent dans la construction de Ta ville et dans le rétablissement de Ton sanctuaire, dans la floraison de la corne de David Ton serviteur et dans l’allumage du flambeau du fils d’Ichaï Ton oint. Avant même d’être appelé, Tu exauces, ainsi qu’il est dit : “Avant même qu’ils ne m’appellent, je répondrai ; ils parleront encore que déjà Je les aurai exaucés”, car Tu réponds à tout moment, Tu libères et sauves de tout malheur. Béni sois-Tu, Eternel, Qui entend la prière ».

4. Dans quel cas [cette prière est-elle récitée] ? En été. En revanche, en hiver, on ne peut pas réciter la prière « Donne-nous l’intelligence », puisqu’il faut mentionner la requête [de la pluie] dans la bénédiction des années. De même, à l’issue des chabbats et des jours de fête, on ne peut pas réciter la prière « Donne-nous l’intelligence », puisqu’il faut dire la havdala dans [la bénédiction] « Qui donne l’intelligence ».

5. Les chabbats et jours de fête, on récite sept bénédictions dans chacune des quatre prières du jour : les trois premières et les trois dernières [bénédictions habituelles], et une bénédiction intermédiaire en rapport avec le jour en question. Le chabbat, on conclut la bénédiction intermédiaire par : « Qui sanctifie le chabbat ». Les fêtes de pèlerinage, on conclut celle-ci par : « Qui sanctifie Israël et les temps [solennels] ». Et si c’est [à la fois] un jour de fête et un chabbat, on conclut par : « Qui sanctifie le chabbat, Israël et les temps ». A Roch Hachana, on conclut celle-ci par : « Roi de toute la terre, Qui sanctifie Israël et le jour du souvenir ». Et si c’est un chabbat, on conclut par : « Roi de toute la terre, Qui sanctifie le chabbat, Israël et le jour du souvenir ».

6. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Pour les prières de arvit, de cha’harit et de min’ha. Mais à la prière de Moussaf de Roch Hachana, on récite neuf bénédictions : les trois premières et les trois dernières de chaque jour et trois intermédiaires. La première des [bénédictions] intermédiaires a pour objet les malkhouyot [la royauté de D.ieu], la seconde les zikhronot [le souvenir de D.ieu du peuple juif] et la troisième les choffarot [le son du choffar]. Dans chacune, on conclut suivant l’objet [de la bénédiction].

7. Le jour de Kippour, on récite dans chacune des cinq prières sept bénédictions : les trois premières, les trois dernières et une [bénédiction] intermédiaire en rapport avec le jour, conclue par « Roi de la terre entière, Qui sanctifie Israël et le jour de Kippour ». Si Kippour tombe un chabbat, on conclut dans chaque prière [cette bénédiction] par : « Roi de la terre entière, Qui sanctifie le chabbat, Israël et le jour de Kippour ».

8. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Le jour de jeûne [Kippour] de chaque année [ordinaire]. Mais le jour de jeûne [Kippour] de l’année du Jubilé, on récite dans la prière de Moussaf neuf bénédictions, comme pour le Moussaf de Roch Hachana ; ce sont les mêmes bénédictions [qui sont récitées,] ni moins, ni plus. Ces bénédictions ne sont récitées que lorsque le Jubilé est en vigueur.

9. Chacune de ces prières est introduite [par la phrase suivante] avant la première bénédiction : « Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche dira Tes louanges » (Psaumes 19, 15). Et l’on conclut la prière par [la phrase :] « Que les paroles de ma bouche soient agréables, etc. », puis on recule.

10. Les Roch ‘Hodech et les jours de demi-fête, on récite dans [chacune des prières :] arvit, cha’harit et min’ha, dix-neuf bénédictions, comme les autres jours, mais l’on dit dans la [bénédiction de] avoda [le texte suivant :] « Notre D.ieu, et D.ieu de nos pères, que [notre souvenir et le souvenir de nos pères…] monte et vienne […] ». A ‘hol Hamoed, on récite la prière de Moussaf de la même façon que le jour de fête. Dans [le Moussaf] de Roch ‘Hodech, on récite sept bénédictions : les trois premières, les trois dernières et une [bénédiction] intermédiaire en rapport avec le sacrifice de Roch ‘Hodech, que l’on conclut par : « Qui sanctifie Israël et les Roch ‘Hodech ».

11. Quand un chabbat tombe pendant ‘hol Hamoed, et de même, quand un Roch ‘Hodech tombe un chabbat, on récite dans les prières de arvit, cha’harit et min’ha sept bénédictions, comme les autres chabbats, en disant [le passage] « Que [notre souvenir et le souvenir de nos pères…] monte et vienne » dans la [bénédiction de] avoda. Dans [la prière de] Moussaf, on commence et on conclut la bénédiction intermédiaire en rapport avec le chabbat, en mentionnant la sainteté du jour au milieu de la bénédiction. Le Roch ‘Hodech, on conclut [cette bénédiction] par « Qui sanctifie le chabbat, Israël et les Roch ‘Hodech » ; ‘hol Hamoed, on la conclut de la même manière qu’un jour de fête qui tombe un chabbat.

12. Quand un jour de fête tombe un dimanche, on dit dans la quatrième bénédiction, la nuit [de samedi à dimanche] : « Tu nous as fait connaître les statuts de Ta justice, et Tu nous as enseigné à accomplir les décrets de Ta volonté, et Tu nous as donné, Eternel, notre D.ieu, la sainteté du chabbat, le respect de la fête, et les réjouissances des fêtes de pèlerinage. Tu as distingué la sainteté du chabbat de la sainteté du jour de fête, et Tu as sanctifié le septième jour des jours de la création. Tu as séparé et sanctifié Ton peuple Israël par Ta sainteté. Tu nous as donné, ô, Eternel, notre D.ieu, des fêtes pour la joie, des festivités et des temps pour l’allégresse ». À l’issue du chabbat ou d’un jour de fête toute l’année, on récite la Havdala dans [la quatrième bénédiction :] « Tu dispenses […] », bien que l’on récite la Havdala [ensuite] sur une coupe [de vin].

13. À ‘Hannouca et à Pourim, on ajoute dans la [seconde des trois dernières bénédictions, dite de] reconnaissance [le texte] : « Pour les miracles […] ». Le chabbat qui tombe durant ‘Hanoucca, on mentionne [le texte :] « Pour les miracles » dans [la prière de] Moussaf comme dans les autres prières.

14. Les jours de jeûne, même quand un particulier jeûne [de son propre gré], il faut ajouter dans [la bénédiction :] « Qui écoute la prière » [le texte :] « Exauce-nous, etc. ». Le ministre-officiant dit [ce texte comme] une bénédiction indépendante entre [les bénédictions] « Qui délivre » et « Qui guérit », et le conclut par « Qui exauce dans les moments difficiles et apporte le salut ». Il récite donc vingt bénédictions. Le jour du 9 av, on ajoute [dans la bénédiction :] « Qui bâtit Jérusalem » [le texte :] « Eternel, notre D.ieu, aie pitié de nous et de Ton peuple Israël, de Jérusalem Ta ville, la ville endeuillée, etc. »

15. Durant tous les jours de pluie [l’hiver], on dit dans la seconde bénédiction : « Qui fait tomber la pluie », et en été, [on dit] « Qui fait descendre la rosée ». À partir de quand [commence-t-on à] dire « Qui fait descendre la pluie » ? Depuis la prière de Moussaf du dernier jour de la fête [Chemini Atséret] jusqu’à la prière du matin du premier jour de fête de Pessa’h. Et à partir de la prière de Moussaf du premier jour de fête de Pessa’h on dit : « Qui fait descendre la rosée ».

16. À partir du 7 mar’hechvan, on demande la pluie dans la bénédiction des années [et on continue ainsi] tant que l’on mentionne la pluie [dans la seconde bénédiction, cf. § précédent]. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? En Terre d’Israël. Mais en Babylonie, en Syrie, en Égypte et dans les endroits proches de ceux-ci et ceux qui leur sont semblables, on demande la pluie à partir du soixantième jour après l’équinoxe d’automne.

17. [Les habitants des] lieux où la pluie est nécessaire en été, comme les îles reculées, demandent la pluie quand ils en ont besoin, dans [la bénédiction] « Qui écoute la prière ». Dans les endroits où l’on observe deux jours de fête, on [commence à] dire « Qui fait descendre la pluie » dans la prière de Moussaf du premier jour de Chemini Atséret et l’on continue ainsi pendant tout l’hiver.

18. Toute l’année durant, on conclut la troisième bénédiction par : « le D.ieu Saint » et la onzième bénédiction par : « Roi Qui aime la droiture et la justice ». Pendant [la période des] dix jours allant de Roch Hachana jusqu’à l’issue de Kippour, on conclut [la troisième bénédiction par :] « le Roi saint », et la onzième [bénédiction] par « Le Roi de justice ».

19. Dans certains endroits, il est de coutume d’ajouter durant ces dix jours, dans la première bénédiction, [le texte :] « Souviens-Toi de nous pour la vie, etc. », dans la seconde, [le texte :] « Qui est comme Toi, Père de miséricorde, etc. », dans [la bénédiction de] reconnaissance, [le texte :] « Souviens-Toi de Ta miséricorde, etc. » et, dans la dernière bénédiction, [le texte :] « Dans le livre de vie, etc. ». De même, il est de coutume dans certains endroits d’ajouter durant ces dix jours dans la troisième bénédiction : « Ainsi, inspire la crainte […] Ainsi, etc. ». Mais le jour de Roch Hachana et le jour de Kippour, c’est une coutume répandue que d’ajouter dans la troisième bénédiction : « Ainsi, inspire la crainte, etc. ».
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