Lois relatives à l'impureté de l'affection lépreuse (tsara'at) · Chapitre 16
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 636 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Une maison déclarée close pour observation ne communique l’impureté que de l’intérieur, ainsi qu’il est dit : « et celui qui entre dans la maison durant tout le temps qu’on l’a mise en quarantaine sera impur jusqu’au soir », c’est donc uniquement l’intérieur de la maison qui communique l’impureté. En revanche, une maison atteinte de tsaraat confirmée communique l’impureté de l’intérieur et par sa paroi extérieure, de sorte qu’une personne qui la touche de l’extérieur devient impure, ainsi qu’il est dit à propos de la maison dont le statut est confirmé : « c’est une lèpre corrosive qui est présente dans cette maison, elle est impure ». Or, était-elle pure auparavant ? En fait, par ces mots : « elle est impure », la Thora vient accroître son statut d’impureté déjà existant, c’est-à-dire que la maison affectée de tsaraat confirmée est dès lors entièrement impure, communiquant l’impureté même par sa paroi extérieure. De même, les pierres où se trouve la tache, dans une maison mise en hesguer, rendent impur celui qui les touche de l’extérieur.
3. La maison mise en hesguer comme celle dont la tsaraat est confirmée communiquent l’impureté aux objets ou personnes entrant sous leur toit. Comment cela ? Si une maison pure ou un arbre s’étendent sur une maison affectée d’une tache de tsaraat, que le statut de cette dernière soit confirmé ou qu’elle ait été mise en hesguer, la loi dispose qu’une personne qui se tient en dessous de l’arbre ou qui entre dans la maison extérieure devient impure, car elle se trouve sous le même toit que la maison impure. De même, si une pierre atteinte de tsaraat est introduite et posée dans une tente (ohel), tout ce qui se trouve dans la tente devient impur. Si elle est posée sous un arbre et qu’une personne pure passe sous l’arbre, cette dernière devient impure. Si une personne passe sous un arbre en tenant dans sa main une pierre atteinte de tsaraat alors qu’une personne pure se tient sous l’arbre, cette dernière n’est pas rendue impure. Mais si le passant pose la pierre à cet endroit – c’est-à-dire sous l’arbre –, la pierre rend impure la personne qui se tient sous l’arbre, car l’endroit où la chose ou personne atteinte de tsaraat est installée devient impur comme elle.
4. Lorsqu’une personne place sa main en l’air au-dessus d’une pierre atteinte d’une tache de tsaraat ou, à l’inverse, que la pierre est placée en l’air au-dessus d’elle, la personne reste pure tant qu’elle n’a pas touché à la pierre.
5. Une personne pure qui entre de dos à reculons dans une maison impure reste pure même si elle y est entrée entièrement hormis son nez qui est resté dehors, ainsi qu’il est dit : « Celui qui entrera dans la maison sera impur » ; c’est uniquement la personne qui entre en marchant normalement que la Thora a déclaré impure.
6. Si une personne pure introduit sa tête et la majeure partie de son corps dans une maison impure, elle devient impure. De même, si une surface de trois doigts sur trois d’un vêtement pur est introduite dans une maison impure, le vêtement tout entier devient impur. De même, si l’ouverture d’un récipient en terre cuite est introduite dans une maison impure, il devient impur. En revanche, les autres ustensiles ne deviennent impurs que si la majeure partie de l’ustensile est introduite dans la maison impure ; dès que la majeure partie y est introduite, l’ustensile devient alors immédiatement impur. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Lorsqu’il s’agit d’objets ou vêtements introduits dans une maison impure sans que personne n’en soit revêtu. En revanche, lorsqu’un juif entre dans une maison atteinte de tsaraat, couvert de ses vêtements et avec ses chaussures aux pieds et ses anneaux aux doigts, lui-même devient immédiatement impur, mais les vêtements et anneaux qu’il porte restent purs tant qu’il n’est pas demeuré dans la maison le temps requis pour s’accouder et consommer un morceau de pain de blé d’une taille égale à trois œufs et assaisonné. Car il est dit : « Celui qui couchera dans la maison lavera ses vêtements et celui qui y mangera lavera ses vêtements ». Or, pourrais-tu penser que les vêtements de la personne qui entre dans une maison impure ne contractent l’impureté que si elle y mange ? En fait, l’intention du verset est d’indiquer le temps qu’elle doit y demeurer pour que ses vêtements deviennent impurs : le temps de s’étendre pour prendre son repas. Qu’elle fût allongée, assise ou debout, si elle y est demeurée le temps qu’il faut pour prendre le repas indiqué, ses vêtements sont impurs.
7. Lorsque quelqu’un entre dans une maison affectée de tsaraat avec ses vêtements posés sur son épaule, et ses chaussures et ses anneaux dans ses mains, lui-même et ses vêtements deviennent impurs immédiatement. Car seuls les vêtements dont il est revêtu sont préservés de contracter l’impureté immédiatement. De même, si un gentil ou un animal couverts de vêtements entrent dans une maison affectée de tsaraat, les habits qu’ils portent deviennent impurs immédiatement. En revanche, le gentil lui-même ne contracte pas l’impureté, comme l’animal.
8. Si quelqu’un se tient dans une maison atteinte de tsaraat et étend la main à l’extérieur de la maison, avec ses anneaux sur ses doigts, et qu’il demeure ainsi le temps qu’il faut pour prendre un repas de pain de la mesure précédemment indiquée, les anneaux deviennent impurs, bien qu’ils soient à l’extérieur. De même, si quelqu’un qui se trouve à l’extérieur étend sa main dans une maison atteinte de tsaraat, seules ses mains deviennent impures immédiatement ; s’il y demeure suffisamment de temps pour prendre un repas de la mesure indiquée, les anneaux sur ses doigts deviennent impurs. Mais s’il n’y est pas demeuré ce temps-là, les anneaux restent purs.
9. Tout récipient qui, fermé hermétiquement, préserve son contenu de l’impureté quand il se trouve sous le même toit qu’un mort, préserve aussi son contenu de l’impureté quand il se trouve dans une maison atteinte de tsaraat, même s’il n’est pas fermé hermétiquement, mais simplement recouvert. Et toute structure qui préserve son contenu de l’impureté lorsqu’elle est recouverte et se trouve sous le même toit qu’un mort, préserve aussi son contenu de l’impureté, même à découvert, lorsqu’elle se trouve dans une maison atteinte de tsaraat, de sorte que ce qu’elle contient reste pur. Comment cela ? Illustration de la première règle : s’il se trouve dans une maison affectée de tsaraat des récipients en terre cuite, en pierre, en terre non cuite ou autres récipients semblables contenant des aliments, des liquides ou des ustensiles et recouverts, bien qu’ils ne soient pas fermés hermétiquement, les récipients et tout ce qu’ils contiennent restent purs. Illustration de la deuxième règle : s’il se trouve une fosse ou un réservoir construit sur le sol dans une maison atteinte de tsaraat, bien qu’ils soient découverts, les ustensiles qu’ils contiennent restent purs.
10. Tsaraat est un terme générique qui désigne plusieurs choses qui ne se ressemblent pas, car une tache blanche de la peau d’une personne est désignée comme tsara’at, la perte d’une partie des cheveux ou des poils de barbe est désignée comme tsaraat, et le changement d’apparence des vêtements ou des maisons est aussi désigné comme tsaraat. Ce changement évoqué concernant les vêtements et les maisons, que la Thora a désigné du nom générique de tsaraat, ne relève pas de l’ordre naturel. Il s’agit en fait d’un signe et d’un prodige qui existait au sein d’Israël afin de mettre en garde le peuple au sujet de la médisance. Ainsi, celui qui tiens des propos médisants voit les murs de sa maison changer d’apparence. S’il s’amende, les taches de tsaraat disparaissent et sa maison est purifiée. S’il persévère dans ses méfaits jusqu’à ce que sa maison soit démolie, les objets en cuir de sa maison, sur lesquels il s’assoit et se s’allonge, changent à leur tour d’apparence ; s’il s’amende, les taches disparaissent et les objets sont purifiés. Mais s’il persévère dans ses méfaits jusqu’à ce que ses objets soient brûlés, ses vêtements changent d’apparence. S’il s’amende, les taches disparaissent et ses vêtements sont purifiés. Mais s’il persévère dans ses méfaits, jusqu’à ce que ses vêtements soient brûlés, sa peau change d’apparence et il devient metsora ; il sera alors mis à l’écart par tous et isolé, afin qu’il n’ait plus la possibilité de s’abandonner aux bavardages des méchants, que sont raillerie et médisance. C’est le sens de la mise en garde formulée par la Thora : « Prends garde au sujet de la lésion de tsaraat… souviens-toi de ce qu’a fait l’Éternel ton D.ieu à Myriam, en chemin ». Cela veut dire : « Méditez sur ce qui est arrivé à Myriam la prophétesse, qui a tenu des propos contre son frère Moïse. Elle était pourtant plus âgée que lui. De plus, elle l’avait élevé dans son tout jeune âge et s’était mise en danger pour le sauver dans le fleuve du Nil. Elle ne tint pas non plus de propos malveillant à son égard, mais se méprit en le comparant aux autres prophètes. Moïse, quant à lui, ne lui tint pas rigueur de ses paroles, ainsi qu’il est dit : « Et Moïse était extrêmement humble ». En dépit de cela, elle fut immédiatement punie de tsaraat. » A fortiori cela s’applique-t-il à ces gens mauvais et sots qui ne cessent de relater de grands faits sur les autres. C’est pourquoi, il convient à quiconque désire parfaire sa conduite de s’éloigner de leur compagnie et de s’abstenir de parler avec eux, afin de ne pas se laisser prendre au piège des méchants et à leur sottise. Dans leurs compagnies, ces railleurs commencent généralement par multiplier les propos futiles, dans l’esprit du verset : « la voix du sot se reconnaît à l’abondance de ses paroles ». Ils en viennent ainsi à tenir des propos malveillants contre les justes, dans l’esprit du verset : « qu’elles deviennent muettes, les lèvres menteuses, qui parlent avec insolence contre le juste. » Ils s’habituent alors à tenir des propos contre les prophètes et à remettre en question leurs paroles, dans l’esprit du verset : « mais ils raillaient les messagers de D.ieu, dédaignaient ses paroles et tournaient en dérision ses prophètes ». Ils en viennent alors à tenir des propos contre D.ieu et à nier l’essentiel, comme il est dit : « ils avaient tenu en secret des propos contre l’Éternel leur D.ieu ». Ainsi, il est dit de ces mécréants : « leur bouche s’attaque au ciel, leur langue promène des ravages sur la terre ». Qu’est-ce qui a causé que leur bouche s’attaque au ciel ? Leur langue qui a d’abord promené des ravages sur la terre. Ainsi sont les bavardages des mécréants, causés par les flâneries aux coins de rue, la fréquentation des ignorants et le temps passé dans les soirées de buveurs. En revanche, les conversations des juifs honorables se concentrent uniquement sur les propos de Thora et de sagesse. C’est pourquoi, le Saint béni soit-Il les accompagne et leur en fait un mérite, ainsi qu’il est dit : « Mais ceux qui craignaient l’Éternel s’exhortèrent mutuellement : l’Éternel écouta et entendit, et un registre de souvenir fut dressé devant Lui, en faveur de ceux qui craignent l’Éternel et qui respectent Son Nom ».
Fin des lois sur l’impureté de la tsaraat, avec l’aide de D.ieu.
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