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Lois relatives à l'impureté de l'affection lépreuse (tsara'at) · Chapitre 5

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 625 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Lorsque quelqu’un présente une plaie sur sa peau et que sa peau a pelé du fait de la plaie, si cette plaie est due au feu, par exemple, s’il s’est brûlé avec des braises, avec de la cendre brûlante, avec du métal ou une pierre portés à chaud ou avec quelque chose de semblable, on appelle cela mikhva (une brûlure). Et si la plaie n’est pas due au feu, qu’il s’agisse d’une blessure causée avec une pierre, avec du bois ou quelque chose de semblable, ou d’une plaie due à une maladie, par exemple, une affection cutanée comme la gale ou un ulcère ayant altéré la peau ou une maladie généralisée comme la consomption, la fièvre brûlante ou une inflammation ayant détruit la peau, on appelle cela che’hine (inflammation).

2. Si quelqu’un a chauffé une broche et frappé autrui avec celle-ci, on détermine la nature de la plaie de la manière suivante : si l’extrémité de la broche n’est pas pointue, la plaie est une brûlure. Et si son extrémité est pointue, il y a doute si la plaie est une brûlure ou une inflammation. S’il s’est brûlé avec les eaux thermales de Tibériade ou avec des déchets d’olive ou ce qui est semblable, c’est considéré comme une inflammation et non une brûlure.

3. L’inflammation et la brûlure, tant qu’elles sont fraiches et n’ont pas commencé à guérir, sont désignées comme « rebelles ». Elles ne peuvent alors pas du tout devenir impures par des lésions de type tsaraat. Une fois que l’inflammation ou la brûlure ont entièrement guéri, même si elles laissent une cicatrice qui ne ressemble pas au reste de la peau, celle-ci est considérée comme la peau ordinaire : elle contracte l’impureté lorsqu’elle présente une lésion de tsaraat avec l’un des trois signes d’impureté précédemment indiqués, ou donne lieu à un hesguer de deux semaines lorsqu’elle présente une lésion de tsaraat sans signe d’impureté, comme nous l’avons expliqué.

4. Quand l’inflammation ou la brûlure commencent à cicatriser et à guérir, et qu’il se forme dessus une membrane fine comme une pelure d’ail, c’est ce que la Thora appelle « la croûte de l’inflammation » ou « la peau guérissant de la brûlure ». Elles peuvent alors devenir impures par la présence d’une lésion de tsaraat présentant l’un des deux signes suivants : des poils blancs ou une expansion. Elles ne requièrent qu’une seule semaine de hesguer, comme expliqué ci-après. Comment cela ? Si une bahérète se trouve au milieu de la croûte d’une inflammation ou de la peau guérissant d’une brûlure et que cette bahérète renferme des poils blancs, l’état d’impureté est déclaré confirmé. S’il n’y a pas de poils blancs, le cohen confine l’intéressé pendant une semaine et l’examine à la fin de la semaine : si des poils blancs sont apparus ou si la bahérète s’est étendue, l’état d’impureté est confirmé. Et si rien n’est apparu, le cohen déclare l’intéressé pur et ne procède pas à une seconde semaine de hesguer. Si la bahérète s’étend ou présente des poils blancs après avoir été déclarée pure, le cohen confirme son impureté.

5. Des lésions de tsaraat présentes sur une inflammation et sur une brûlure ne s’additionnent pas l’une avec l’autre pour constituer la taille d’un griss. L’Écriture les a donc distinguées, pour indiquer qu’elles ne s’additionnent pas l’une avec l’autre et qu’une bahérète présente sur l’une d’elles ne peut pas s’élargir vers l’autre et ne peut pas non plus s’élargir à la peau, et réciproquement, qu’une bahérète présente sur la peau ne peut pas s’élargir vers l’une d’elles. Comment cela ? Par exemple, s’il y a la croûte d’une inflammation à côté de la peau guérissant d’une blessure, et une bahérète de la taille d’un griss qui occupe les deux surfaces, elle est pure. Si une bahérète de la taille d’un griss présente sur l’une de ces plaies s’est étendue sur la seconde ou sur la peau, elle reste pure. Réciproquement, si une bahérète présente sur la peau s’est étendue sur l’une de ces deux surfaces, cela n’est pas considéré comme une expansion de la bahérète et ce n’est donc pas un signe d’impureté. Si quelqu’un présente, dans la paume de sa main, la croûte d’une inflammation de la taille d’un griss avec une bahérète de la taille d’un griss qui occupe toute sa surface, le cohen procède tout de même au hesguer de l’intéressé. Bien que la bahérète située sur la paume de la main ne soit pas susceptible de présenter des poils blancs, ni de s’élargir, puisqu’elle occupe déjà toute la surface de l’inflammation, il y a lieu de craindre qu’une autre inflammation se présente à côté de la précédente et que la bahérète s’élargisse dans celle-ci.

6. Si, là où se trouvait une inflammation, s’est formée une brûlure, la brûlure annule l’inflammation. Et si, là où se trouvait une brûlure, s’est formée une inflammation, l’inflammation annule la brûlure. Si quelqu’un présente une plaie et ne sait pas s’il s’agit d’une inflammation ou d’une brûlure, cela ne porte pas à conséquence, car toutes deux sont sujettes aux mêmes signes d’impureté et aux mêmes règles d’impureté, l’Écriture les ayant distinguées uniquement en vue d’indiquer qu’elles ne s’additionnent pas.

7. Si un individu a été mis en hesguer du fait d’une bahérète présente dans une inflammation et qu’à la fin de la semaine de hesguer, l’inflammation est guérie et la bahérète demeure sur de la peau normale, ou si un individu a été mis en hesguer du fait d’une bahérète présente sur de la peau normale et qu’à la fin de la semaine, une inflammation est apparue et la bahérète demeure sur celle-ci, dans les deux cas, la bahérète doit être examinée comme au début, c’est-à-dire comme une nouvelle lésion de tsaraat, donnant lieu à une nouvelle procédure de hesguer.

8. Quelqu’un qui a perdu tous ses cheveux, que ce soit du fait d’une maladie, du fait d’une blessure empêchant les cheveux de pousser, ou bien du fait de la consommation ou de l’application de substances ayant causé la chute des cheveux, même si ses cheveux sont susceptibles de repousser à l’avenir, étant donné qu’il a perdu tous ses cheveux à l’instant présent, il est appelé kéréa’h ou guibéa’h et il fait l’objet de règles particulières concernant la tsaraat. S’il a perdu ses cheveux sur la partie qui s’étend depuis le haut du crâne vers l’arrière, jusqu’à la première vertèbre de la nuque, il est appelé kéréa’h (atteint de calvitie arrière). Et s’il a perdu ses cheveux sur la partie qui s’étend du haut du crâne en avant jusqu’au front, il est appelé guibéa’h (atteint de calvitie frontale).

9. La calvitie arrière et la calvitie frontale sont susceptibles de contracter l’impureté par l’apparition d’une bahérète avec l’un des deux signes suivants : de la chair saine au milieu de la lésion ou l’expansion de la lésion. La bahérète qui y apparaît donne lieu à un hesguer de deux semaines, car il est dit à son sujet : « comme l’apparence de tsaraat sur la peau ». Étant donné qu’il n’y a pas de poil à l’endroit d’une calvitie, les poils blancs n’y sont pas un signe d’impureté. Comment contractent-elles l’impureté par l’apparition de l’un des deux signes et donnent-elles lieu à un hesguer de deux semaines ? S’il y a, sur la calvitie arrière ou sur la calvitie frontale, une bahérète qui contient de la chair saine, l’impureté est déclarée confirmée par le cohen. S’il n’y a pas de chair saine, le cohen confine l’intéressé pendant une semaine et l’examine à la fin de la semaine : si de la chair saine est apparue à l’intérieur de la bahérète ou si celle-ci s’est élargie, le cohen confirme l’impureté. Si rien de tel n’est apparu, le cohen confine l’intéressé une seconde semaine. Si, au terme de cette seconde semaine, la bahérète s’est étendue ou a présenté de la chair saine, il confirme l’impureté. Si rien de tel n’est apparu, le cohen la déclare pure. Et si la bahérète s’élargit ou présente de la chair saine après avoir été déclarée pure, le cohen confirmera l’impureté.

10. Des lésions de tsaraat qui apparaissent sur la calvitie arrière et la calvitie frontale ne s’additionnent pas l’une avec l’autre, ainsi qu’il est dit : « dans sa calvitie arrière ou dans sa calvitie frontale » ; cela enseigne qu’il y a deux sortes de calvities et qu’une bahérète présente sur l’une d’elles ne s’étend pas sur l’autre, ni sur le reste de la peau et réciproquement, une bahérète présente sur la peau ne s’étend pas sur celles-ci.

11. Si, à l’endroit de la calvitie arrière ou frontale, ou à l’endroit de la barbe qui a perdu son poil, se sont formées une inflammation ou une brûlure, ces endroits contractent l’impureté par une lésion de tsaraat présente dans l’inflammation ou la brûlure, au même titre qu’une lésion de tsaraat présente dans une inflammation ou une brûlure sur la peau, car la tête ou la région de la barbe ayant perdu leur poil sont considérées en tous points comme la peau, mis à part le fait qu’elles ne contractent pas l’impureté par l’apparition de poils blancs. Lorsque la tête ou la barbe n’ont encore jamais présenté de poil, et de même, lorsque des morceaux de peau et de chair pendent sur la tête ou sur la barbe, ces régions ont le même statut que la peau du corps : elles contractent l’impureté par l’apparition d’une bahérète avec l’un des trois signes et donnent lieu à deux semaines de hesguer. De même, tant que la région de la barbe d’une femme ou d’un homme impuissant n’a pas présenté de poils, elle est considérée comme la peau. Si cette région présente des poils, elle est dès lors considérée comme la barbe d’un homme normal, qui contracte l’impureté par une nétek, comme il sera expliqué, et non par une bahérète.
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