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Lois relatives à la vache rousse · Chapitre 15

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 620 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Si une personne ou un ustensile touche l’eau lustrale sans que ce soit nécessaire pour l’aspersion, ils deviennent impurs. Toutefois, la personne ne contamine pas les vêtements qu’elle porte ou touche au moment où elle touche l’eau lustrale, ainsi qu’il est dit : « et celui qui touche l’eau d’aspersion sera impur jusqu’au soir ». Tu apprends donc que l’eau d’aspersion est l’une des sources principales d’impureté qui relèvent de la Thora et son impureté par le contact se transmet même par une quantité infime d’eau. Et s’il y a suffisamment d’eau lustrale pour une aspersion, elle communique l’impureté par le contact ainsi que par le transport. Qui touche cette eau ou la porte dans un but qui n’est pas nécessaire à l’aspersion, contamine les vêtements qu’il porte ou touche au moment où il touche ou porte l’eau lustrale. Il transmet l’impureté à ses propres vêtements ainsi qu’aux autres vêtements ou ustensiles qu’il touche, jusqu’à ce qu’il s’écarte de l’eau lustrale qui le rend impur, ainsi qu’il est dit : « Et celui qui asperge l’eau d’aspersion lavera ses vêtements ». Contrairement à ce que pourrait laisser entendre le sens simple du verset, on ne parle pas ici de celui qui fait aspersion de l’eau lustrale sur une personne impure ; en effet, si celui qui fait aspersion de l’eau lustrale purifie ainsi une personne impure, a fortiori est-il lui-même pur ! Par tradition orale, les Sages ont appris que la phrase : « et celui qui asperge l’eau d’aspersion » entend seulement indiquer la mesure d’eau lustrale requise concernant la transmission de l’impureté, de sorte que celui qui touche ou porte de l’eau lustrale en quantité suffisante pour une aspersion, sans que son action ne soit destinée à cet effet, devient impur et contamine les vêtements qu’il porte ou touche à ce moment, selon la Thora. Quelle est la quantité nécessaire pour une aspersion ? La quantité suffisante pour tremper les extrémités des tiges d’hysope dans l’eau. Dans quel cas dit-on que l’eau lustrale communique l’impureté ? Quand quelqu’un la touche ou qu’on la porte sans que cela soit nécessaire à l’aspersion, et ce, avant qu’elle ait servi à l’accomplissement du commandement. Mais s’il touche ou porte de l’eau après qu’elle a déjà servi pour le commandement, elle ne communique pas l’impureté. Comment cela ? Si l’on a trempé l’hysope dans l’eau lustrale et que l’on a fait aspersion sur une personne impure ou sur des ustensiles impurs, et que l’eau aspergée dégouline de la personne impure ou des ustensiles impurs sur le sol, cette eau est pure, et celui qui la touche ou qui la porte reste pur. Il en va de même de l’eau qui est projetée, au moment où elle est aspergée, sur le sol ou sur un individu ou un ustensile pur : cette eau ne rend pas impur ce qu’elle touche. Toutefois, si l’on a trempé l’hysope en vue de faire aspersion sur une chose qui n’est pas réceptacle d’impureté, l’eau qui s’égoutte de l’hysope reste valide pour faire l’aspersion, comme nous l’avons expliqué. L’eau qui s’égoutte de l’hysope communique donc toujours l’impureté liée à l’eau lustrale, puisqu’elle n’a pas encore servi à l’accomplissement du commandement, le trempage de l’hysope dans l’eau ayant été fait en vue de faire aspersion sur quelque chose qui n’est pas susceptible de contracter l’impureté, ce qui n’est pas valable.

2. L’eau lustrale ne communique l’impureté à tout individu ou ustensile avant d’avoir servi à l’accomplissement du commandement que si elle est pure et valide pour l’aspersion. En revanche, l’eau lustrale devenue invalide – par exemple, à laquelle de l’eau s’est mélangée ou dont un animal a bu ou autres cas similaires d’invalidation – ne transmet plus l’impureté selon la loi biblique. Par décret rabbinique, toutefois, elle continue de transmettre l’impureté, avec certaines exceptions. Ainsi, si un individu pur pour la terouma touche à cette l’eau lustrale invalidée, que ce soit avec ses mains ou avec une autre partie de son corps, il devient impur. Mais si un individu pur pour l’eau lustrale touche cette eau lustrale invalidée, fût-ce avec ses mains, il reste pur comme auparavant.

3. Si un individu pur pour la terouma touche de l’eau lustrale devenue impure, qu’il l’ait touchée avec sa main ou avec une autre partie de son corps, il devient impur. Si un individu pur pour l’eau lustrale touche cette eau lustrale impure avec ses mains, il devient impur ; mais s’il la touche avec une autre partie de son corps, il reste pur comme auparavant.

4. Si de l’eau de source, de l’eau d’un bain rituel (mikvé) ou du jus de fruits sont tombés dans de l’eau lustrale et qu’il y a une majorité d’eau lustrale, l’eau du mélange communique l’impureté en étant portée. S’il y a une majorité de jus de fruits, le mélange ne communique pas l’impureté. S’il y a une moitié d’eau lustrale et une moitié de l’autre liquide, le mélange communique l’impureté. Si des cendres de la vache rousse ont été mélangées avec des cendres ordinaires, et que l’on a sanctifié l’eau puisée en y déposant toutes ces cendres, la règle suivante est appliquée : si les cendres de la vache rousse constituaient la majorité du mélange, l’eau communique l’impureté par le contact et en étant portée, comme de l’eau lustrale. Et s’il y avait une majorité de cendres ordinaires, l’eau ne communique pas l’impureté par le contact, mais elle communique l’impureté en étant portée.

5. Si des cendres de la vache rousse ont été déposées sur de l’eau non valable pour la sanctification, et qu’une personne pure pour la terouma a touché cette eau, avec ses mains ou avec une autre partie de son corps, elle devient impure. Si une personne pure pour l’eau lustrale a touché cette eau, même avec ses mains, elle reste pure comme auparavant.

6. De l’eau lustrale devenue invalide ne doit pas être pétrie avec de l’argile pour servir de mortier, afin de ne pas créer une embûche pour les autres : il y a lieu de craindre que des gens touchent l’argile encore humide et deviennent impurs sans le savoir. Car l’eau lustrale n’est pas annulée dans l’argile, comme il est dit : « elle est un expiatoire ».

7. Une vache qui a bu de l’eau lustrale, bien qu’on l’ait abattue durant les vingt-quatre heures qui ont suivi si bien que la digestion n’est pas terminée, sa chair est pure et il n’y a pas d’impureté par l’eau lustrale avalée, ainsi qu’il est dit : « elle sera pour la communauté des enfants d’Israël en garde, en eau d’aspersion ». Le terme « en garde » enseigne que lorsque l’eau est gardée, elle n’est pas annulée et transmet donc l’impureté. Mais lorsqu’elle a été bue par une vache, elle est annulée, car elle n’est plus « gardée ».

8. Si l’on a fait aspersion à partir d’une fenêtre utilisée pour l’aspersion collective, sur de nombreuses personnes à la fois, et qu’une personne ayant reçu cette aspersion est entrée dans le parvis du Temple, puis que l’on a découvert que l’eau lustrale était en fait invalide, cette personne qui est entrée au Temple en état d’impureté est exempte d’apporter un sacrifice. Puisqu’il y a présomption que l’eau lustrale servant à l’aspersion publique est valide, l’entrée au Temple de cette personne impure est considérée comme dans un cas de force majeure et non comme une faute causée par une inadvertance et qui aurait pu être évitée. Mais si quelqu’un a reçu l’aspersion de l’eau lustrale depuis une fenêtre privée et est ensuite entré dans le Temple, puis que l’on découvert que l’eau était invalide, il a l’obligation d’apporter un sacrifice de nature variable, parce qu’il aurait dû attentivement se renseigner concernant l’état de pureté rituelle de l’eau lustrale avant d’entrer dans le Temple.  Les gens glissaient parfois à cause de l’eau coulant sur le sol devant la fenêtre où l’on faisait l’aspersion publique, tant le sol à cet endroit était rendu humide par l’eau lustrale ; néanmoins, les gens marchaient sur l’eau et entraient dans le Temple, sans craindre l’éventualité que l’eau lustrale fût peut-être invalide.

9. Dans le cas où quelqu’un a fait aspersion avec de l’hysope considérée impure pour l’eau lustrale, si l’hysope présente la taille d’un œuf, l’eau lustrale dans laquelle l’hysope a été trempée devient invalide et son aspersion est invalide. Si l’hysope ne présente pas la taille d’un œuf, l’eau lustrale reste valide, mais son aspersion est invalide. L’hysope qui n’est pas considérée pure pour l’eau lustrale et qui présente la taille d’un œuf peut communiquer l’impureté à une autre tige d’hysope, et cette dernière à un autre, même s’il y en a cent ainsi de suite, elles deviennent toutes impures, car on ne compte pas des degrés dégressifs de transmission d’impureté au regard de l’eau lustrale.

10. Si une personne soulève un ustensile qui a reçu l’aspersion et sur lequel il reste une quantité d’eau suffisante pour l’aspersion, cette personne reste pure. Car l’eau lustrale qui a servi à l’accomplissement du commandement ne communique pas d’impureté, comme nous l’avons expliqué.

Fin des lois sur la vache rousse, avec l’aide de D.ieu.
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