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Lois relatives à la vache rousse · Chapitre 13

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 618 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Les Sages ont imposé des normes exceptionnelles de pureté rituelle pour tout ce qui a trait à la procédure de la vache rousse, à savoir que même une personne pure, qui s’est immergée pour consommer de la nourriture sacrificielle et qui sert sur l’autel, n’est pas considérée pure pour tout ce qui a trait à la procédure de la vache rousse. Elle n’est considérée pure ni pour brûler la vache rousse, ni pour puiser l’eau vive, ni pour procéder à la sanctification de l’eau en y déposant les cendres, ni pour faire aspersion de l’eau lustrale, tant qu’elle ne s’est pas immergée en vue de se purifier pour la procédure de la vache rousse, et c’est seulement ensuite qu’elle sera pure à cet égard. Il en va de même en ce qui concerne les ustensiles : même une coupe utilisée dans le parvis du Temple n’est pas considérée comme pure pour l’eau lustrale et les cendres de la vache rousse, tant qu’elle n’a pas été immergée à cet effet. Il en va de même concernant tous les aliments et liquides : même s’ils sont rituellement purs, ils sont comme des aliments et des liquides impurs au regard de tout ce qui a trait à la procédure de la vache rousse.

2. Tout ustensile susceptible d’être utilisé pour s’allonger ou pour s’asseoir est considéré comme « foulé par un zav » au regard de la procédure de la vache rousse, tant qu’il n’a pas été immergé à l’effet de cette procédure. Cela s’applique même lorsqu’un tel ustensile serait considéré comme pur au regard de la nourriture sacrificielle. Yo’hanan fils de Goudgada pris tout au long de sa vie ses repas en respectant le degré de pureté requis pour la consommation de nourriture sacrificielle. Pourtant, sa serviette était considérée comme « foulée par un zav » au regard de tout ce qui a trait à la procédure de la vache rousse.

3. Bien qu’un dérivé d’impureté ne communique l’impureté ni à une personne, ni à des ustensiles, et ce, même au regard des normes de pureté requises pour la nourriture sacrificielle, comme nous l’avons expliqué, il leur communique l’impureté au regard des normes de pureté requises pour la procédure de la vache rousse. C’est pourquoi, les Sages ont dit : « celui qui sanctifie l’eau lustrale ne doit pas porter de chaussure, de crainte qu’un liquide ne tombe sur sa chaussure, et que celle-ci ne devienne impure, car tous les liquides sont considérés impurs au regard de l’eau lustrale ; celui qui procède à la sanctification deviendrait alors impur par le contact de son pied avec la chaussure, et l’eau lustrale deviendrait à son tour impure.

4. Bien qu’un individu dont seules les mains ont contracté l’impureté par des choses qui rendent les mains impures – par exemple, en touchant des aliments, des liquides ou d’autres choses semblables qui rendent les mains impures – soit lui-même considéré pur au regard des normes de pureté requises pour la consommation de nourriture sacrificielle, seule l’immersion de ses mains dans un bain rituel étant requise, comme il sera expliqué, au regard de la procédure relative à la vache rousse, son corps tout entier est considéré impur et l’immersion de son corps est requise. Même si une seule de ses deux mains est devenue impure, tout son corps devient impur ; il est considéré impur au premier degré.

5. Toute personne qui requiert l’immersion au mikvé, d’après la loi biblique ou par ordre rabbinique, transmet l’impureté à l’eau lustrale, aux cendres de la vache rousse, ainsi qu’à la personne qui s’est purifiée en vue de faire aspersion de l’eau lustrale. La personne qui requiert une immersion transmet l’impureté par le contact ou en portant l’eau ou les cendres. De même, elle rend impur l’hysope devenu apte à contracter l’impureté, l’eau puisée en vue de la sanctification et qui n’a pas encore été sanctifiée, et le récipient vide qui est pur pour tout ce qui a trait à la procédure de la vache rousse ; elle communique l’impureté à chacun par le contact, mais non si elle les porte sans les toucher. Une personne impure qui touche une partie des cendres de la vache rousse invalide toute la cendre qui se trouve dans le récipient.

6. On ne fait pas, dans le cadre des normes de pureté requises pour la procédure de la vache rousse, le décompte de degrés décroissant d’impureté au fur et à mesure que l’impureté est transmise, à savoir premier, second, et troisième degré, comme on le fait au regard de la térouma et de la nourriture sacrificielle. Comment ? Par exemple, dix individus se sont immergés au mikvé en vue de se purifier pour la procédure de la vache rousse et l’un d’eux est devenu impur. Même s’il a contracté une impureté significative uniquement au regard de la procédure de la vache rousse, par exemple, dans le cas où seule sa main est devenue impure, et qu’il a touché son collègue qui, à son tour, a touché un autre collègue et ainsi de suite, fussent-ils cent, tous sont impurs au regard de la procédure de la vache rousse. Il en va de même concernant les ustensiles purs pour la procédure de la vache rousse : si l’un d’eux est devenu impur, même si seule sa paroi extérieure est devenue impure de façon significative uniquement au regard de la procédure de la vache rousse, par exemple, si des liquides ont été en contact avec sa paroi extérieure, et que ce récipient a touché un second récipient et ce dernier a touché un troisième, et ainsi de suite, fussent-ils cent, tous les récipients deviennent impurs au regard de la procédure de la vache rousse.

7. Tout ustensile susceptible de contracter l’impureté en étant « foulé par un zav » est considéré comme impur au regard de l’eau lustrale et des cendres de la vache rousse, même si l’ustensile n’a jamais été foulé par un zav et est parfaitement pur même au regard de la nourriture sacrificielle. Ainsi, si une personne qui s’est purifiée pour tout ce qui a trait à l’eau lustrale et aux cendres de la vache rousse fait simplement bouger un tel ustensile, bien qu’elle ne l’ait pas touché, elle devient impure. De même, si une personne qui s’est purifiée pour la procédure de la vache rousse a fait bouger une personne qui ne s’est pas purifiée à cet effet ou a fait bouger la salive ou l’urine de cette dernière, elle devient impure, bien qu’elle ne l’ait pas touchée. En revanche, un ustensile qui ne contracte pas l’impureté d’un objet « foulé par un zav » ne contamine une personne pure pour la procédure de la vache rousse que si elle le touche.

8. Si une personne pure pour la procédure de la vache rousse fait bouger un ustensile devenu impur par un mort, elle devient impure, bien qu’elle ne l’ait pas touché et bien qu’une chose devenue impure par un cadavre ne communique pas l’impureté en étant portée ou déplacée, comme nous l’avons expliqué. Comment cela ? Si une clé rendue impure par un cadavre est suspendue à une porte et qu’une personne, purifiée pour la procédure de la vache rousse, ferme la porte, cette personne devient impure pour avoir fait bouger la clé impure en fermant la porte. De même, si une personne qui s’est purifiée pour la procédure de la vache rousse fait bouger un chérets mort ou de la matière séminale sans même les toucher, elle devient impure au regard de tout ce qui a trait à l’eau lustrale et aux cendres de la vache rousse, bien que le chérets et la matière séminale soient des sources d’impureté qui, normalement, ne communiquent pas l’impureté par le seul fait d’être portés sans contact, ainsi qu’il sera expliqué.

9. Si une personne qui s’est purifiée pour la procédure de la vache rousse a touché des objets reposant au-dessus d’un zav ou similaire sans être en contact avec ce dernierles objets contractant une impureté que l’on appelle madaf – bien qu’elle reste pure au regard de la nourriture sacrificielle, elle devient impure au regard de l’eau lustrale et des cendres de la vache rousse. De même, si un récipient qui est pur pour l’eau lustrale et les cendres de la vache rousse a touché un objet reposant au-dessus d’un zav et impur en tant que madaf, il devient impur pour tout ce qui a trait à l’eau lustrale et aux cendres de la vache rousse.

10. Si une personne qui s’est purifiée pour la procédure de la vache rousse a touché avec sa main des aliments ou des liquides, purs ou impurs – tous les aliments et liquides étant considérés impurs au regard des cendres de la vache rousse –, tout son corps devient impur, comme nous l’avons expliqué. Si elle les a touchés avec son pied ou avec une autre partie de son corps, ou si elle les a déplacés avec sa main sans les toucher directement, elle est pure. De même, si elle a touché avec sa main un four en terre cuite ou un autre objet en terre cuite semblable qui n’est pas pur au regard des cendres de la vache rousse, elle devient entièrement impure. Mais si elle les a touchés seulement avec son pied ou une partie de son corps autre que les mains, elle reste pure au regard de la procédure de la vache rousse, comme auparavant.

11. Si une personne pure au regard de la procédure de la vache rousse a introduit sa tête et la majeure partie de son corps dans l’eau puisée en vue d’être mélangée aux cendres de la vache rousse pour servir d’eau lustrale, cette personne devient impure, car il s’agit là d’eau qui a été puisée et, par ordre rabbinique, quiconque rentre la tête et la majeure partie du corps dans de l’eau puisée devient impur, comme il sera expliqué.

12. Tous sont dignes de foi en ce qui concerne les conditions de pureté requises pour la procédure de la vache rousse, même les ignorants ; du fait de son importance et des normes exceptionnelles de pureté qui s’y appliquent, tous se montrent scrupuleux à cet égard. Il est dit dans la Thora : « et elle sera pour l’assemblée d’Israël en garde » ; tous les juifs sont aptes à la garder. C’est pourquoi, si un ignorant apporte un récipient de chez lui et affirme que ce récipient est pur pour tout ce qui a trait à l’eau lustrale et aux cendres de la vache rousse, même s’il s’agit d’un récipient en terre cuite, il est considéré pur et on peut sanctifier l’eau lustrale dans ce récipient et faire aspersion à partir de celui-ci, bien que ce récipient soit impur pour la nourriture sacrificielle et pour la terouma. De même, si un ignorant déclare : « Je suis pur au pour tout ce qui a trait à l’eau lustrale et aux cendres de la vache rousse » ou si un ignorant a l’eau lustrale en sa possession et déclare : « elle est pure », il est digne de foi, car aucun juif ne se montre négligeant à cet égard.
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