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Lois relatives à la vache rousse · Chapitre 12

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 617 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Lorsque l’aspersion est donnée à une personne devenue impure par un cadavre, dès que ne serait-ce qu’une goutte de l’eau d’aspersion touche n’importe quelle partie de son corps, l’aspersion lui est comptée. Même si l’eau de l’aspersion tombe sur le bout de son doigt ou le bout de ses lèvres. En revanche, si l’eau touche seulement sa langue, cela n’est d’aucune utilité ; bien que la langue soit considérée comme les membres exposés du corps dans le contexte de la transmission de l’impureté, comme nous l’avons expliqué, elle n’est pas considérée comme les membres exposés du corps en ce qui concerne l’aspersion et l’immersion au mikvé. De même, lorsque l’on fait aspersion de l’eau lustrale sur un ustensile devenu impur par un cadavre, dès qu’une infime quantité de l’eau d’aspersion touche l’ustensile, l’aspersion est effective.

2. Si quelqu’un a voulu faire aspersion de l’eau lustrale sur deux ustensiles impurs ou sur deux personnes impures à la fois, mais que l’eau a été aspergée seulement sur l’un d’eux, et des gouttes d’eau ont coulé du premier sur le second, le second reste impur tant que l’eau n’a pas été aspergée sur lui directement et non par ricochet. Si quelqu’un a fait aspersion sur deux ustensiles en même temps mais a un doute quant à savoir si l’eau a effectivement été aspergée directement sur les deux ou si elle a coulé de l’un sur l’autre, son aspersion n’est pas valable.

3. Si l’on a fait aspersion sur une aiguille impure posée sur un tesson de poterie et il y a doute si l’on a fait aspersion directement sur l’aiguille ou si l’eau a coulé du tesson sur l’aiguille, l’aspersion est invalide.

4. Telle est la loi relative aux ustensiles fait de plusieurs parties attachées par des clous, par exemple, les ciseaux faits de deux parties, un rabot de menuisier et autres ustensiles semblables : au moment où ils sont utilisés, les différentes parties sont considérées comme attachées au regard de la transmission de l’impureté et au regard de l’aspersion. Et quand ils ne sont pas utilisés, ils ne sont considérés comme attachés ni au regard de l’impureté, ni au regard de l’aspersion. Que signifie que les différentes parties sont considérées comme attachées au regard de la transmission de l’impureté et au regard de l’aspersion ? Si l’une des parties contracte l’impureté au moment où l’ustensile est utilisé, la deuxième partie devient automatiquement impure. Et si l’on fait aspersion sur l’une d’elles des deux parties de l’ustensile au moment où il est utilisé, l’aspersion est valable pour les deux, comme s’il y avait une seule pièce. Que signifie que les différentes parties ne sont pas considérées comme attachées au regard de la transmission de l’impureté et au regard de l’aspersion ? C’est que si l’une des deux parties contracte l’impureté à un moment où l’ustensile n’est pas utilisé, l’autre partie ne devient pas impure. Et si les deux parties ont contracté l’impureté et que l’on fait aspersion sur l’une d’elles à un moment où l’ustensile n’est pas utilisé, l’autre partie n’est pas purifiée, bien qu’elles soient fixées. Ce qui vient d’être exposé est la loi biblique. Toutefois, les Sages ont décrété que les deux parties d’un tel ustensile soient considérées comme attachées au regard de l’impureté même quand l’ustensile n’est pas utilisé, en raison de la possibilité que les gens ne fassent pas la différence entre un ustensile en cours d’utilisation et celui qui ne l’est pas, et en viennent à considérer les deux parties comme détachées même lorsque l’ustensile est en cours d’utilisation. Ils ont donc décrété que lorsqu’une impureté touche l’une des parties de l’ustensile, l’autre devient toujours impure. Inversement, les Sages ont décrété que les deux parties d’un tel ustensile ne soient jamais considérées comme attachées au regard de l’aspersion, même lorsque l’ustensile est en cours d’utilisation, en raison de la possibilité que les gens, ne faisant pas la différence, n’en viennent à les considérer comme attachées même lorsque l’ustensile n’est pas en cours d’utilisation. Ainsi, en vertu de ce décret rabbinique, lorsqu’on fait aspersion sur une des deux parties de l’ustensile, l’autre n’est pas purifiée tant que l’on n’a pas fait aspersion dessus. Tu apprends donc qu’à chaque fois où tu entends que les parties d’un ustensile sont considérées comme attachées au regard de la transmission de l’impureté mais ne sont pas considérées comme attachées au regard de l’aspersion, il s’agit là d’une loi qui relève uniquement d’un décret des sages, comme nous l’avons expliqué.

5. Deux ustensiles que l’on a attachés l’un à l’autre au point de ne former plus qu’une seule pièce, par exemple, deux tissus ou deux tentures qui ont été cousus l’un à l’autre, sont considérés comme attachés au regard de l’impureté et au regard de l’aspersion, parce qu’ils sont comme un seul ustensile.

6. Les vêtements assemblés à l’aide de points de couture provisoires par les blanchisseurs pour être lavés ensemble, et de même, les deux parties d’un vêtement cousues avec un mélange de lin et de laine, ne sont pas considérés comme attachés au regard de l’aspersion, puisque les coutures sont destinées à être défaites, mais ils sont considérés par ordre rabbinique comme attachés au regard de la transmission de l’impureté. De même, les paniers suspendus à un support de roseaux, un tribulum, les pieds détachables d’un lit de mort, les cornes des voyageurs, une chaîne de clés, sont considérés comme attachés au regard de la transmission de l’impureté, mais non au regard de l’aspersion. Il faut que de l’eau provenant directement de l’aspersion touche chaque panier, chaque clé, chaque corne, chaque pied du lit, et chaque perche du tribulum.

7. Si quelqu’un attache l’un à l’autre, à l’aide de points de couture, trois coussins de laine ou six coussins en lin, trois draps ou douze foulards, ceux-ci sont considérés comme attachés au regard de l’impureté et au regard de l’aspersion. S’il y en a plus, ils sont considérés comme attachés au regard de l’impureté mais non au regard de l’aspersion. Une tunique, une cape et un klouvkarine chaque partie de ceux-ci est considérée comme attachée au reste du vêtement au regard de l’impureté et de l’aspersion, même s’ils sont très longs ou très larges, quelle que soit leur taille. Qu’est-ce qu’un klouvkarine ? Ce sont deux tissus entre lesquels on place du coton et qui sont cousus ensemble ; on en fait un manteau pour l’hiver.

8. Soit le couvercle d’une bouilloire qui est attaché par une chaîne à celle-ci : si on a fait aspersion de l’eau lustrale sur la bouilloire, le tout – la bouilloire et le couvercle – est purifié, mais si l’on a fait aspersion sur le couvercle seulement, la bouilloire n’est pas purifiée tant que l’on n’a pas fait aspersion dessus.

9. La coupe renversée d’une cloche et le battant de la cloche sont considérés comme attachés au regard de l’impureté et de l’aspersion : si l’on a fait aspersion sur l’une de ces deux parties, les deux deviennent purs.

10. Le fuseau qui sert à filer le lin ou à fabriquer des cordes est composé de trois éléments : le bâton en bois, que l’on appelle l’axe, autour duquel on enroule la matière filée ; la partie en cuivre ou en fer qui est à l’extrémité de l’axe en bois, que l’on appelle le crochet, qui sert à tordre les brins pour en faire une corde ou à filer le lin, et le disque au milieu du fuseau, appelé fusaïole, qui sert de contrepoids. Lorsqu’un fuseau qui sert à la fabrication de cordes devient impur, on ne doit pas faire aspersion de l’eau lustrale sur la fusaïole ou sur l’axe, mais sur le crochet qui est l’élément principal du fuseau. Toutefois, si l’on a fait aspersion sur l’un des trois, cela purifie le tout. Lorsqu’un fuseau qui sert au filage du lin devient impur, on peut faire aspersion a priori sur n’importe laquelle des trois parties, car les trois sont attachées.

11. La housse en cuir d’un lit de bébé, qui est attachée aux anneaux fixés au cadre de lit est considérée comme attachée au lit au regard de l’impureté et de l’aspersion. La planche décorée tout le long du cadre de lit n’est considérée comme attachée ni au regard de l’impureté, ni au regard de l’aspersion.

12. Tous les manches creux des ustensiles – tel le manche d’un couteau ou autre ustensile semblable, où le manche est perforé et le fer est inséré à l’intérieur de celui-ci – sont considérés comme attachés à l’ustensile au regard de l’impureté et de l’aspersion. En revanche, les manches qui sont enfoncés dans l’outil – par exemple, la hampe d’une lance, où le manche en bois pénètre dans le fer – ne sont pas considérés comme attachés à l’ustensile.
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