Lois relatives à la vache rousse · Chapitre 11
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 616 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Lorsqu’une personne impure par un cadavre et qui a attendu plusieurs jours avant de recevoir l’aspersion vient demander à recevoir celle-ci, on exige qu’elle observe d’abord trois jours de décompte devant nous, et on fait aspersion sur elle le troisième et le septième jour de ce décompte, puis elle s’immerge au septième jour et attend la nuit. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Lorsque la personne qui demande à recevoir l’aspersion est un ignorant, car même s’il dit : « Aujourd’hui est mon troisième jour », il n’est pas digne de foi et il y a lieu de craindre qu’il soit devenu impur le jour même, c’est pourquoi il doit compter les trois jours en notre présence. En revanche, lorsqu’un ‘haver vient recevoir l’aspersion en affirmant qu’il est déjà à son troisième jour de décompte, on fait immédiatement aspersion sur lui ou sur ses ustensiles, selon le cas. Si une personne a reçu l’aspersion le troisième, mais non le septième jour et a laissé passer plusieurs jours après celui-ci, elle peut, après le septième jour, s’immerger au mikvé quand elle le souhaite, le jour ou la nuit ; elle devra recevoir l’aspersion durant le jour uniquement, mais l’aspersion pourra avoir lieu aussi bien avant qu’après l’immersion. Même si elle s’est immergée le neuvième ou le dixième soir de son décompte, on fait aspersion sur elle uniquement le lendemain, après le lever du soleil.
3. Toutes les personnes sujettes à une autre impureté en plus de l’impureté du mort peuvent néanmoins recevoir l’aspersion. Comment cela ? Les hommes atteints de flux (zav), les femmes atteintes de flux (zava), les femmes nidda et les femmes accouchées qui se sont rendus impurs par un cadavre peuvent recevoir l’aspersion le troisième et le septième jour, et ils sont ainsi purifiés de l’impureté du cadavre, bien qu’ils soient encore porteurs d’une autre impureté. Car il est dit : « et le pur fera aspersion sur l’impur le troisième jour » ; tu apprends de là que l’aspersion est utile pour ce dernier et le purifie de l’impureté du mort, bien qu’il soit encore porteur d’une autre impureté. De même, un incirconcis peut recevoir l’aspersion. Comment cela ? Un incirconcis qui est devenu impur par un mort et qui a reçu l’aspersion le troisième et le septième jour est purifié de l’impureté du mort, et quand il se circoncira, il n’aura pas besoin de recevoir à nouveau l’aspersion : il s’immergera et pourra manger de la nourriture sacrificielle au soir.
4. Le bouquet destiné au précepte de l’hysope doit être composé de trois tiges, chaque tige ayant au moins une fleur, ce qui fait donc trois fleurs. Si l’une des tiges est tombée et qu’il en reste deux, c’est valable et on peut a priori faire aspersion avec les deux restantes. De même, si l’on en a pris deux dès le début au lieu de trois et qu’on les a attachées, c’est valable. Si les fleurs se sont détachées et que les feuilles sont tombées, même s’il ne reste qu’une infime partie de chaque fleur, c’est valable. Car un brin d’hysope est valide même s’il en reste une infime partie. Dans le cas d’une racine d’hysope composée de trois tiges, on les sépare, puis on attache les trois, car le précepte consiste à utiliser un bouquet attaché, bien que cette exigence ne soit pas explicitement mentionnée dans la Thora. Si on les a séparées mais qu’on ne les a pas attachées, ou si on les a attachées sans les séparer, ou si on ne les a ni séparées, ni attachées et que l’on a fait aspersion en les utilisant de cette façon, c’est valable. Un brin d’hysope qui est trop court, de sorte qu’en l’insérant dans le récipient tubulaire long et étroit où se trouve l’eau, on n’atteint pas l’eau, on l’attache avec un fil sur un fuseau ou un autre ustensile long et étroit similaire. On le trempe dans l’eau en le tenant par le fuseau et on le remonte. Puis on attrape le brin d’hysope directement, et non plus par le moyen du fuseau, et on fait aspersion. Si l’on a un doute quant à savoir si l’on a aspergé l’eau lustrale à partir de l’eau du fil, du fuseau ou de la feuille d’hysope, l’aspersion est invalide.
5. On ne fait pas aspersion avec des pousses, ni avec la capsule contenant la semence de l’hysope et située à l’extrémité du brin d’hysope, mais avec les fleurs. Voici ce qu’on appelle les pousses : les fleurs qui ne se sont pas encore ouvertes. Si quelqu’un a reçu l’aspersion de l’eau lustrale faite avec ces « pousses » et est entré à la suite dans le Temple, il est exempt. À partir de quand fait-on aspersion avec l’hysope ? Dès qu’il a fleuri. Un brin d’hysope qui a été utilisé pour l’aspersion de l’eau lustrale peut aussi servir à la purification d’un metsora. Tout type d’ezov qui a un nom auxiliaire est invalide. L’hysope que l’on désigne comme ezov tout court est celui qui est valide ; il s’agit de l’hysope qui est consommé par l’homme. Mais ceux qui sont désignés ezov grec, ezov ko’hali, et ezov du désert sont invalides.
6. Un brin d’hysope planté en vue de servir à un culte idolâtre, ou provenant d’une ville dévoyée, ou ayant servi à l’idolâtrie, ou prélevé en térouma et devenu impur, est invalide. Un brin d’hysope de térouma qui est pur ne doit pas servir à l’aspersion ; mais si l’on a fait aspersion avec celui-ci, c’est valable.
7. Si l’on a récolté un brin d’hysope en vue de l’utiliser comme bois de combustion et non pour l’alimentation, de sorte qu’il ne contracte pas l’impureté, et que des liquides sont tombés dessus, on l’essuie et il est valable pour l’aspersion. S’il a été cueilli pour l’alimentation et que des liquides sont tombés dessus, bien qu’on l’ait essuyé, il est invalide, parce qu’il est devenu impur au regard de l’aspersion. Car tous les liquides et tous les ustensiles n’ayant pas été surveillés comme il se doit pour l’eau lustrale sont considérés comme impurs en ce qui concerne l’eau lustrale, comme il sera expliqué. Un brin d’hysope cueilli pour servir à l’aspersion de l’eau lustrale est comme un brin d’hysope cueilli pour servir de bois de combustion, de sorte que si des liquides tombent dessus, on l’essuie et on peut alors utiliser pour l’aspersion.
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