KOULAM Télécharger l’app

Lois relatives à la vache rousse · Chapitre 10

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 615 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Il n’est pas nécessaire que la personne ayant puisé l’eau en vue de la sanctification procède elle-même à la sanctification de l’eau, puis à l’aspersion de l’eau lustrale sur une personne impure, mais une personne peut procéder à la sanctification et une autre à l’aspersion. De même, on peut puiser l’eau dans un récipient, la transvaser et la sanctifier dans un autre récipient, puis transvaser l’eau sanctifiée et en faire aspersion à partir d’un autre récipient.

2. On peut conserver l’eau puisée sans la sanctifier autant de temps qu’on le souhaite, et cela ne porte pas à conséquence. On la transporte d’un endroit à l’autre et d’une ville à l’autre, et on la sanctifie en y déposant la cendre quand on le souhaite. De même, on peut conserver l’eau sanctifiée pendant des jours et des années, et en recevoir l’aspersion chaque jour où l’on en a besoin, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus. On peut de même la transporter d’un endroit à un autre et d’une ville à une autre. De même, on peut garder les cendres de la vache rousse et les transporter d’un endroit à un autre ou d’une ville à l’autre. Une fois, un récipient contenant l’eau lustrale était transporté dans un bateau sur le fleuve du Jourdain, et un morceau du volume d’un kazaït d’un cadavre humain fut trouvé enfoncé au fond du bateau, rendant l’eau lustrale transportée impure. Du fait de cet incident, le Grand Tribunal décréta que l’on ne transporterait ni l’eau lustrale, ni les cendres d’une vache rousse, d’une rive à l’autre d’un fleuve en bateau. Il décréta de même qu’on ne les ferait pas passer d’une rive à l’autre d’un fleuve en faisant flotter sur l’eau le récipient les contenant et qu’on ne les ferait pas non plus passer en les lançant. En revanche, on peut traverser un fleuve en marchant dans l’eau, immergé jusqu’au cou, tout en tenant à la main le récipient contenant les cendres de la vache rousse ou l’eau sanctifiée. De même, une personne ou des récipients vides, purs pour la procédure de l’eau lustrale et, de même, l’eau puisée à cette fin mais pas encore été sanctifiée, tous ceux-là peuvent être transportés au-delà d’un fleuve en bateau.

3. De même, on peut transporter l’eau sanctifiée, en bateau ou à la nage, en mer. Car les Sages n’ont pris un décret qu’en ce qui concerne le transport en bateau de l’eau sanctifiée et de la cendre d’une rive à l’autre d’un fleuve.

4. Celui qui transporte de l’eau en vue de la sanctifier – et inutile de dire de l’eau déjà sanctifiée – ne doit pas suspendre le récipient derrière son dos, mais devant lui, ainsi qu’il est dit : « elle sera pour la communauté des enfants d’Israël en garde, en eau d’aspersion ». En voici l’interprétation : lorsque l’eau est bien gardée, elle sert effectivement d’eau d’aspersion ; dans le cas contraire, elle est invalide.

Mais s’il a rempli deux vases, il peut placer l’un devant lui et l’autre derrière lui, car il est impossible de faire autrement.

5. Si quelqu’un a pesé l’eau lustrale avec des poids sur une balance, la règle suivante est appliquée : s’il en a détourné son attention de la surveillance de l’eau, elle est invalide ; dans le cas contraire, elle reste valide. En revanche, s’il s’est servi de l’eau lustrale comme poids pour peser d’autres choses sur une balance, l’ayant utilisée comme poids, il l’a invalidée, car elle n’est pas considérée comme ayant été gardée. Toutes les personnes en état de pureté rituelle qui procèdent au puisage, à la sanctification ou à l’aspersion de l’eau, et de même, tous les récipients utilisés pour le puisage, la sanctification ou l’aspersion de l’eau peuvent être des personnes ou des récipients immergés le jour même en raison d’un état d’impureté rituelle, bien que leur processus de purification de soit pas terminé avant la tombée de la nuit. Car toutes les opérations liées à la préparation des cendres de la vache rousse, ainsi que le puisage de l’eau, la sanctification et l’aspersion de l’eau lustrale, peuvent être effectués par une personne qui s’est immergée le jour même (tevoul yom), comme nous l’avons expliqué. Et pour prouver l’erreur des Saducéens, on rendait impurs tous les récipients immergeables et on les immergeait juste avant de les utiliser pour l’eau lustrale.

6. Tout le monde peut faire aspersion de l’eau lustrale sur une personne impure, exceptés une femme, un toumtoum, un androgyne, (un sourd-muet, un aliéné,) et un mineur dépourvu de maturité intellectuelle. En revanche, un mineur suffisamment mature peut faire aspersion, et de même, un incirconcis peut faire aspersion, car un incirconcis n’est pas comme un individu impur. Si un mineur suffisamment mature a procédé à l’aspersion tout en se faisant aider par une femme qui a, par exemple, tenu le récipient d’eau lustrale dans sa main pendant que le mineur y trempait l’hysope en vue de faire aspersion, son aspersion est valide. Cela, à condition qu’elle ne lui ait pas tenu la main durant l’aspersion pour l’aider ; mais si c’est le cas, son aspersion est invalide.

7. Celui qui fait aspersion doit avoir, au moment où il fait aspersion, l’intention de faire aspersion sur l’impur pour le purifier. S’il a fait aspersion sans avoir cette intention, son aspersion est invalide. En revanche, celui qui reçoit l’aspersion n’a pas besoin d’avoir une intention particulière ; en fait, on peut faire aspersion sur une personne à sa connaissance ou à son insu. Celui qui a eu l’intention de faire aspersion sur des objets impurs situés devant lui et a fait aspersion sur des objets impurs situés derrière lui, ou qui a eu l’intention de faire aspersion sur des objets situés derrière lui et a fait aspersion sur des objets situés devant lui, son aspersion est invalide. S’il a eu l’intention de faire aspersion sur des objets situés devant lui et a fait aspersion sur des objets situés sur les côtés devant lui, son aspersion est valide.

8. Celui qui fait aspersion n’a pas besoin de tremper l’hysope dans l’eau pour chaque aspersion séparément ; plutôt, il trempe l’hysope et fait une aspersion après l’autre, jusqu’à qu’il ne reste plus d’eau sur l’hysope. Il peut faire une seule aspersion sur plusieurs personnes ou sur plusieurs ustensiles en même temps, même s’il y en a cent. Tout ustensile ou toute personne ayant été touchés ne serait-ce que par une goutte d’eau sont purifiés. Cela, à condition que celui qui a fait l’aspersion ait eu l’intention de faire aspersion sur cet ustensile ou cette personne. S’il a trempé l’hysope avec l’intention de faire aspersion sur un ustensile qui est réceptacle d’impureté ou sur une personne, bien qu’il ait finalement fait aspersion sur une chose qui n’est pas réceptacle d’impureté ou sur un animal, s’il reste de l’eau sur l’hysope et qu’il désire désormais faire aspersion sur une personne ou un objet impurs, il n’a pas besoin de tremper à nouveau l’hysope dans l’eau, mais peut faire aspersion de ce qui reste sur une personne ou sur des ustensiles impurs, car initialement, le trempage de l’hysope dans l’eau lustrale a été fait correctement. En revanche, s’il a trempé l’hysope dans l’eau lustrale en vue de faire aspersion sur une chose qui ne contracte pas l’impureté ou sur un animal, et a finalement fait aspersion sur une personne ou un ustensile impur, son aspersion est invalide ; il faut qu’il recommence et trempe de nouveau l’hysope dans l’eau lustrale en ayant l’intention de faire aspersion sur une personne ou sur un ustensile réceptacle d’impureté.

9. S’il a trempé l’hysope dans l’eau lustrale avec l’intention de faire aspersion sur une chose qui n’est pas réceptacle d’impureté, bien que ce trempage ne puisse pas donner lieu à l’aspersion sur une personne ou un ustensile impurs, l’eau qui s’égoutte de l’hysope reste valide. C’est pourquoi, si cette eau s’égoutte dans un récipient et qu’il y trempe de nouveau l’hysope, dans l’intention de faire aspersion sur une personne ou sur un chose qui est réceptacle d’impureté, cette aspersion est valide.

10. L’eau lustrale dont le volume a diminué, de sorte qu’il ne reste pas une quantité suffisante pour tremper l’hysope en entier, on peut y tremper ne serait-ce que les extrémités des tiges d’hysope et faire aspersion, à condition toutefois de ne pas avoir besoin d’essuyer les parois du récipient avec les branches au lieu de les tremper. Si l’eau lustrale se trouve dans un flacon dont l’ouverture est étroite, on peut tremper l’hysope à l’intérieur et le retirer normalement pour faire aspersion. Il n’est pas nécessaire de prêter attention à ce que l’hysope ne touche pas la paroi du récipient lorsqu’on le trempe la seconde fois.

← Chapitre précédent Chapitre suivant →
Étudiez le Rambam quotidien dans Koulam Le chapitre du jour du Michné Torah en français, avec rappels et suivi — gratuit, iOS & Android. Télécharger Koulam