Lois relatives à la vache rousse · Chapitre 9
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 614 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Celui qui procède à la sanctification de l’eau doit le faire avec cette intention et déposer, à la main, la cendre sur l’eau, ainsi qu’il est dit : « on prendra, pour celui qui est impur… » ; on apprend des mots « pour celui qui est impur » que l’intention est essentielle lors de la sanctification de l’eau avec les cendres, du puisage de l’eau et de l’aspersion de l’eau lustrale sur la personne impure. En revanche, si la cendre tombe, du récipient où elle se trouve, dans l’eau, ou si l’intéressé a pris la cendre dans sa main, mais a été poussé par autrui ou par le vent, de sorte que la cendre est tombée de sa main dans l’eau, ou si la cendre est tombée de sa main sur le côté du récipient ou sur son autre main, et est ensuite tombée d’elle-même dans l’eau, l’eau est invalide.
3. Si l’on a sanctifié, dans un récipient, une quantité d’eau inférieure à la quantité minimale requise pour l’aspersion et, dans un autre récipient, une quantité d’eau inférieure à celle qui est exigée pour l’aspersion, l’eau des deux récipients n’est pas sanctifiée. Si les cendres flottaient sur l’eau et que l’on a recueilli, en haut de cet amas de cendres flottant sur l’eau, des cendres avec lesquelles on a sanctifié un autre récipient d’eau, cette eau est sanctifiée. Toutes les cendres ayant touché l’eau de la première sanctification ne peuvent pas être utilisées pour une seconde sanctification, même si elles ont séché. Même si des cendres ont été déposées sur l’eau par un coup de vent, elles ne pourront pas être séchées et utilisées pour la sanctification.
4. S’il y a deux récipients, un petit dans un grand, qui sont remplis d’eau, de sorte que l’eau des deux est mélangée, dès que l’on dépose la cendre dans l’eau du grand récipient, toute l’eau qui se trouve dans le petit récipient devient aussi sanctifiée – même si l’ouverture de ce dernier est très étroite de sorte que la cendre n’y pénètre pas – car toute l’eau est mélangée.
5. S’il y a une éponge dans l’eau du récipient au moment où l’on y dépose la cendre, l’eau absorbée dans l’éponge est invalide, car elle n’est pas dans un récipient, mais dans l’éponge qui n’est pas considérée comme un récipient. Comment doit-on procéder pour éviter que l’eau de l’éponge ne se mélange à celle du récipient ? On transvase toute l’eau du récipient dans un autre récipient jusqu’à ce qu’on atteigne l’éponge, de manière à ne pas toucher celle-ci. Et si on touche l’éponge dans le récipient, quelle que soit la quantité d’eau qui flotte au-dessus, toute l’eau devient invalide, car le fait de toucher l’éponge fait sortir l’eau absorbée dans celle-ci et cette eau invalide se mélange à l’eau du récipient et la rend invalide. Si une éponge tombe dans de l’eau déjà sanctifiée, on la retire et on l’essore hors du récipient, et l’eau du récipient reste valable.
6. Dans le cas de deux abreuvoirs taillés dans une seule pierre qui n’est pas attachée au sol, si on dépose la cendre à l’intérieur de l’un des deux abreuvoirs, l’eau qui est dans le second n’est pas sanctifiée. Mais si la paroi entre les deux abreuvoirs est perforée d’un trou de la taille du tube d’une outre, ou si l’eau flotte au-dessus de la paroi qui sépare les deux abreuvoirs, de sorte que l’eau des deux est mélangée, même s’il n’y a qu’un très mince filet d’eau au-dessus de cette paroi, aussi fin que l’épaisseur d’une peau d’ail – dans chacun de ces deux cas, si on dépose la cendre dans l’un des abreuvoirs, l’eau qui se trouve dans l’autre est aussi sanctifiée.
7. Si on a juxtaposé deux pierres creuses, de manière à former un seul abreuvoir et, de même, si on a juxtaposé deux morceaux de pétrins de manière à former un seul récipient, et de même, si un abreuvoir a été divisé en deux – dans chacun de ces cas, si l’on a déposé la cendre dans l’une des deux parties, l’eau accumulée dans la fissure formée au niveau de la jonction entre les deux parties, n’est pas sanctifiée. Mais si on l’on a attaché les deux parties avec de la chaux ou avec du gypse, de sorte que les deux parties sont attachées fermement et peuvent être saisies comme une seule, l’eau qui se trouve dans la fissure entre elles est sanctifiée.
8. Si une infime quantité d’une autre eau – même s’il s’agit d’une eau puisée en vue de la sanctification – s’est mélangée à de l’eau sanctifiée, celle-ci est invalide. Et de même, si de la rosée est tombée dans un récipient d’eau sanctifiée, celle-ci est invalide. Dans tout cas comme ceux-ci, où l’un des sept liquides ou du jus de fruits est tombé dans un récipient d’eau sanctifiée, il faudra vider tout le récipient, puis le sécher, avant d’y verser une autre eau sanctifiée. Si de l’encre, du vitriol, ou toute autre substance qui laisse une trace est tombé dans de l’eau sanctifiée, il faudra vider tout le récipient, mais il ne sera pas nécessaire de le sécher pour s’assurer qu’il ne contient aucun résidu du liquide impropre, car s’il reste un peu de cette substance qui laisse une trace, on verra le liquide coloré.
9. Celui qui immerge un récipient destiné à servir pour de l’eau lustrale dans de l’eau qui ne peut servir à la sanctification de l’eau lustrale doit sécher le récipient avant de procéder à la sanctification de l’eau lustrale à l’intérieur de celui-ci. S’il a immergé le récipient dans de l’eau qui peut servir à la sanctification, c’est-à-dire dans une source, il n’a pas besoin de l’essuyer. Et s’il l’a immergé pour y verser de l’eau déjà sanctifiée dans un autre récipient, quelle que soit l’eau dans laquelle il l’a immergé, il doit l’essuyer.
10. On peut sanctifier l’eau lustrale dans une calebasse qui a été immergée dans de l’eau apte à la sanctification. Toutefois, on ne doit pas y verser de l’eau lustrale déjà sanctifiée, parce que l’eau de l’immersion de la calebasse, qui est absorbée à l’intérieur de sa paroi, sort et se mélange à l’eau lustrale, la rendant invalide. Mais si la calebasse est devenue impure et a été immergée, on ne peut pas sanctifier l’eau lustrale à l’intérieur d’elle, car les liquides impurs absorbés à l’intérieur de sa paroi sortiront et se mélangeront à l’eau que l’on sanctifie à l’intérieur d’elle.
11. Si des créatures rampantes ou grouillantes sont tombées dans l’eau sanctifiée et que leur corps a éclaté dans l’eau ou que la couleur de l’eau a changé, l’eau est invalide. Même s’il s’agit de créatures dépourvues d’humidité corporelle, comme la fourmi, dira et kina qui sont des vers infestant le blé. Si une ‘hipoushit est tombée dans l’eau, bien que son corps n’ait pas éclaté et que la couleur de l’eau n’ait pas changé, l’eau est invalide, car son corps est comme un tube ouvert des deux côtés, et l’eau y pénètre d’un côté et sort de l’autre avec ses liquides organiques.
12. Si un animal domestique ou sauvage a bu de l’eau sanctifiée, celle-ci est invalide. Il en va de même pour tous les oiseaux est invalide, à l’exception de la colombe, parce qu’elle suce l’eau et ne rejette pas de salive se mélangeant à l’eau. De même, tous les rampants ayant bu de l’eau sanctifiée n’invalident pas celle-ci, parce qu’ils sucent l’eau et n’y rejettent pas de salive, à l’exception de la belette, parce qu’elle lape l’eau avec sa langue, il y a donc du liquide qui sort de sa bouche et se mélange dans l’eau.
13. L’eau lustrale dont la couleur a changé d’elle-même est valable ; si sa couleur a changé sous l’action de la fumée, elle est invalide. Si elle a gelé et a ensuite fondu, elle est valable, même si elle a fondu au soleil. Mais si elle a fondu sous l’action du feu, elle est invalide.
14. Si la couleur des cendres de la vache a changé d’elle-même ou sous l’action de la fumée, les cendres restent valables. Si leur couleur a changé du fait de la poussière qui s’y est mélangée ou parce que de la chaux ou du gypse sont tombés dans les cendres ou si ne serait-ce qu’une infime quantité de cendre ordinaire s’y est mélangée, elles sont invalides.
15. Celui qui décide de boire l’eau lustrale ne la rend pas invalide par sa seule intention, tant qu’il ne l’a pas bue. Et s’il verse l’eau du récipient directement dans sa gorge, sans que ses lèvres ne touchent l’eau dans le récipient, il ne la rend pas invalide.
16. Si quelqu’un a laissé découvert un récipient contenant de l’eau sanctifiée, et est ensuite venu et l’a trouvé recouvert, l’eau qui s’y trouve est invalide, de crainte qu’une personne qui n’est pas pure pour tout ce qui a trait à l’eau lustrale y ait touché, car il est certain qu’elle a été recouverte par une personne. Si on a laissé le récipient couvert et qu’on l’a trouvé découvert, telle est la règle : si le récipient a été laissé à un endroit où une belette peut en boire ou s’il a été laissé à l’extérieur au début de la nuit, de sorte que la rosée y est tombée pendant la nuit, l’eau est invalide. Dans le cas contraire, l’eau reste valide, parce que deux doutes se cumulent : il y a, d’une part, un doute quant à savoir si le récipient a été découvert par une personne ou s’il a été découvert par un animal sauvage, un animal domestique ou un rongeur ; et d’autre part, même si on l’on suggère qu’il a été découvert par une personne, il est possible que celle-ci fût pure pour l’eau lustrale.
17. Si l’on confie à une personne impure la garde de l’eau sanctifiée ou de l’eau puisée pour la sanctification, l’eau est invalidée.
18. Si la garde de l’eau a été confiée à deux gardiens et que l’un d’eux devient impur, l’eau reste valable, car elle est sous la garde du second. Si le premier devenu impur s’est purifié et a repris la garde de l’eau et que le second gardien devient impur à son tour, l’eau reste valide, car elle est sous la garde du premier. Mais si les deux sont impurs en même temps, l’eau est invalide.
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