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Lois relatives à la vache rousse · Chapitre 6

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 611 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. L’eau sur laquelle on dépose les cendres de la vache rousse doit être impérativement puisée dans un récipient, d’une source qui jaillit du sol ou d’une rivière qui coule d’une source, ainsi qu’il est dit : « il mettra dessus de l’eau vive dans un récipient », c’est-à-dire directement de la source dans le récipient. Et le fait de déposer la cendre dans l’eau qui a été puisée est appelé : la sanctification. L’eau sur laquelle on met la cendre est appelée : « l’eau lustrale », et « l’eau sanctifiée », et c’est elle que l’Écriture désigne comme « l’eau d’aspersion ».

2. Le puisage de l’eau peut être effectué par tous, même par un non cohen ou par une femme, à l’exception d’un sourd-muet, d’un aliéné ou d’un mineur. Et tous sont valides pour procéder à la sanctification, c’est-à-dire pour déposer la cendre sur l’eau et mélanger, à l’exception d’un sourd-muet, d’un l’aliéné ou d’un mineur. Le puisage et la sanctification doivent impérativement se faire dans un récipient ; l’aspersion aussi doit se faire impérativement à partir d’un récipient. Le puisage et la sanctification peuvent être effectués la nuit ; en revanche, l’aspersion de l’eau lustrale sur une personne impure et le trempage de l’hysope dans l’eau en vue de l’aspersion ne peuvent être effectués que durant la journée. Toute la journée est valable pour l’aspersion et pour le trempage de l’hysope dans l’eau.

3. Le puisage, l’aspersion et la sanctification peuvent être effectués avec n’importe quel type de récipient, y compris un récipient fait de bouse, de pierre ou de terre non cuite, ou un bateau. Il n’y a pas de différence entre récipients en terre cuite et tous les autres récipients au regard de cette loi. En revanche, le puisage, la sanctification et l’aspersion ne doivent être effectués ni avec des parois de récipients brisés, ni avec le bas d’un ma’hats, ni avec le bouchon d’une jarre, ni avec les paumes de la main, ni avec un œuf de poule, ni avec un abreuvoir creusé dans une roche attachée au sol. Cependant, une balle d’argile des potiers est valide, parce que c’est un récipient de terre.

4. Le fond d’un récipient cassé en bois, en verre ou en os ne peut pas servir à la sanctification tant qu’il n’a pas été poli et arrangé de manière à en faire un nouveau récipient à part qui ne sera plus considéré comme un morceau d’ustensile brisé. De même, un bouchon de jarre que l’on a arrangé de manière à en faire un récipient, peut servir à la sanctification. Un œuf d’autruche peut servir à la sanctification, et il est inutile de dire qu’il peut servir au puisage et à l’aspersion.

5. Un récipient que l’on a fixé au sol ou à la roche, fût-ce avec de la chaux, peut être utilisé pour la sanctification et pour l’aspersion. Si l’on a fait un rebord en argile tout autour de l’ouverture du récipient et que l’eau remplie au-delà des limites du récipient atteint le niveau du rebord de sorte qu’elle est contenue dans ce dernier, la règle suivante est appliquée : si le rebord est suffisamment collé au récipient de sorte qu’il reste intact et ne tombe pas lorsqu’on déplace le récipient, l’eau qu’il contient peut servir à la sanctification et à l’aspersion, car le rebord est alors considéré comme partie intégrante du récipient et l’eau se trouve donc dans un récipient en terre. Mais si le rebord n’est pas suffisamment collé au récipient, c’est comme si l’on avait fait un rebord en argile autour de la roche ou du sol et qu’on l’avait rempli d’eau, cette eau étant disqualifiée pour la sanctification et l’aspersion, parce qu’elle n’est pas contenue dans un récipient.

6. Un récipient en terre cuite perforé par un trou qui permet à un liquide de pénétrer ne peut pas être utilisé pour le puisage ou pour la sanctification. Mais s’il présente un trou de taille plus petite, qui permet seulement à un liquide de s’échapper, il peut être utilisé pour la sanctification.

7. Un récipient présentant un trou en bas dans sa base qui a été bouché avec un chiffon est invalide, car l’eau qui s’y trouve ne repose pas sur la base d’un récipient, mais sur le bouchon. Si un récipient présente un trou dans sa paroi sur le côté et qu’on l’a bouché avec un chiffon, il peut servir pour le puisage, pour la sanctification et pour l’aspersion.

8. Si l’on a fait gicler l’eau d’une source avec sa main ou son pied ou avec des morceaux de poterie et qu’on l’a ainsi fait pénétrer l’eau dans le vase, l’eau recueillie est impropre à la sanctification et à l’aspersion, car elle n’a pas été puisée à l’aide d’un récipient. Si l’on a placé le vase près de l’eau et que l’on a poussé l’eau à l’aide de sa main, de son pied ou de feuilles de légumes verts en vue de détourner le flux d’eau afin qu’elle passe dans le vase, l’eau recueillie est impropre. De même, si l’on a plongé dans l’eau sa main, son pied ou les feuilles afin que l’eau monte et se déverse dans le vase, l’eau ainsi recueillie est impropre à la sanctification et à l’aspersion. Mais si on a utilisé à cette fin des feuilles de roseaux ou de noyer, lesquelles ne contractent pas l’impureté, l’eau ainsi recueillie est valable. En règle générale : si on s’est aidé d’une chose qui est susceptible de contracter l’impureté en vue que l’eau pénètre dans le récipient, l’eau recueillie est impropre à la mitsva. Mais si l’on s’est aidé d’une chose qui ne contracte pas l’impureté, l’eau recueillie est valable.

9. Si quelqu’un vide l’eau d’une source en la faisant couler dans un pressoir ou dans un petit bassin creusés à côté, et remplit ensuite un récipient à partir de ce petit bassin ou de ce pressoir, l’eau ainsi recueillie est impropre à la mitsva, car l’eau doit être prise directement de la source dans un récipient.

10. La grande mer est considérée comme un mikvé et non comme une source. C’est pourquoi, on ne peut pas y puiser l’eau destinée à la sanctification. Toutes les rivières sont impropres à la sanctification de l’eau lustrale. Mais les autres mers, à savoir les « mers fermées » qui ne communiquent pas avec l’océan, sont considérées comme une source.

11. L’eau courante d’un cours d’eau issu des « autres mers » est invalide. Et l’eau courante d’un cours d’eau issu d’une source est considéré comme la source et est valable.

12. Les eaux altérées et les eaux de sources « trompeuses » sont invalides. Telles sont les eaux altérées : l’eau d’une source qui est naturellement salée ou chaude. Et les sources « trompeuses » sont les sources d’eau qui parfois jaillissent, parfois tarissent. Toutefois, si elles tarissent durant les années de sécheresse ou une seule fois en de nombreuses années, à savoir plus de sept ans, ou s’il y a parfois une grande quantité d’eau, parfois une petite quantité, mais que la source ne tarit pas, l’eau est valide. Une source ayant nouvellement jailli est valide, et il n’est pas nécessaire de vérifier si elle sera « trompeuse ».

13. Les eaux des marais, l’eau du Jourdain et l’eau du Yarmouk sont invalides, car ce sont des eaux mélangées. Telles sont les « eaux mélangées » : il s’agit des eaux valables pour la sanctification qui se sont mélangées à des eaux impropres. On ne doit pas puiser de l’eau d’un tel mélange. En revanche, on peut puiser de l’eau issue du mélange d’eaux valables, par exemple, les eaux de deux sources qui se mélangent et coulent ensemble.

14. L’eau qui a d’elle-même changé de goût ou d’apparence, et non du fait d’un autre produit qui s’y est mélangé, est valide pour la sanctification.

15. Si des tessons de poterie ou de la terre sont tombés dans un puits et que ses eaux deviennent troubles, on peut tout de même y puiser de l’eau pour la sanctification et il n’est pas nécessaire d’attendre que la terre s’enfonce et que l’eau redevienne limpide. Mais si un flot d’eau de pluie tombe dans le puits, on attendra que l’eau s’éclaircisse.

16. L’eau d’un long canal qui provient d’un endroit lointain, peut servir au puisage et à la sanctification, dès lors que ce canal prend son origine dans une source. Cela, à condition que l’on veille à ce que personne n’interrompe la communication de l’eau avec sa source, car si cela devait se produire, on puiserait d’une eau qui n’est plus rattachée à la source, laquelle est invalide.
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