Lois relatives à la lecture du Chéma · Chapitre 3
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 61 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. On ne doit lire [le Chéma] ni dans des thermes, ni dans des latrines, même s’il n’y a pas d’excrément, ni dans un cimetière, ni à côté d’un mort. Si l’on s’éloigne à quatre coudées de la tombe ou du mort, il est permis de lire [le Chéma]. Quiconque a lu [le Chéma] dans un endroit où il ne faut pas le faire doit le lire à nouveau.
3. Il est permis de lire le Chéma devant des latrines nouvelles ayant été destinées [à cet effet] et n’ayant pas encore été utilisées, mais non à l’intérieur de celles-ci. Il est permis de lire [le Chéma] à l’intérieur de thermes nouveaux [qui n’ont pas encore été utilisés]. Soit deux pièces ; le propriétaire en destine une à servir de lieu d’aisances et dit à propos de la seconde : « Et celle-ci ». [Dans ce cas,] il y a doute si la seconde est [également] destinée à servir de lieu d’aisances ou non. C’est pourquoi, on ne doit pas y lire a priori [le Chéma]. [Cependant,] si on [y] a lu [le Chéma], on est quitte. Mais si le propriétaire a dit : « Celle-ci aussi », toutes deux sont destinées à servir [de lieu d’aisance] et on ne doit pas y lire [le Chéma]. La cour des thermes, qui est l’endroit où les gens se tiennent habillés, il est permis d’y lire le Chéma.
4. Ce n’est pas seulement le chéma, mais tout ce qui fait partie des paroles saintes, qu’il est défendu de prononcer dans des thermes ou dans des latrines, même en une langue profane [c'est-à-dire autre que l’hébreu]. [Il n’est] pas seulement [défendu de] prononcer [une parole sainte] : même penser en son cœur à des paroles de Thora dans des latrines, dans des thermes ou dans un lieu souillé – c’est-à-dire dans un endroit où se trouvent des excréments ou de l’urine – est défendu.
5. Il est permis d’exprimer des paroles profanes en langue sacrée dans des latrines. De même, les désignations [de D.ieu] telles que Miséricordieux, Gracieux, Fidèle et autres [appellations] semblables, il est permis de les prononcer dans des latrines. En revanche, les noms spécifiques [de D.ieu], c'est-à-dire les noms qu’il est défendu d’effacer, ne doivent pas être évoqués dans des latrines ou dans un établissement de bains déjà utilisé. [Néanmoins,] s’il arrive qu’[il faille] éviter [la transgression d’]une interdiction [à autrui] dans des thermes ou dans des latrines, on doit le faire, fut-ce en langue sacrée, en tenant des propos sacrés.
6. Il est défendu de lire le Chéma à proximité d’excréments humains, d’excréments de chiens ou de porcs lorsqu’il y a des peaux qui y [baignent] et de tout excrément malodorant comme ceux-ci. Il est de même [défendu de lire le Chéma] devant de l’urine humaine. Mais on peut lire le Chéma devant de l’urine animale. Il n’est pas nécessaire de s’éloigner des excréments ou de l’urine d’un enfant incapable de consommer le volume d’une olive de céréales dans le temps mis par un adulte pour en consommer le volume de trois œufs.
7. Il est [aussi] défendu de lire [le Chéma] devant un excrément sec comme un tesson de terre cuite. S’il est plus sec qu’un tesson, au point de s’émietter s’il est jeté, il est considéré comme de la poussière, et il est permis de lire [le Chéma] devant. Il est défendu de réciter [le Chéma] devant de l’urine absorbée dans le sol, si celle-ci [est encore suffisamment humide] pour humecter la main. Dans le cas contraire, cela est permis.
8. À quelle distance faut-il s’éloigner des excréments ou de l’urine pour lire [le Chéma] ? Quatre coudées. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Si les déjections se trouvent derrière soi ou sur les côtés. Mais si elles se trouvent devant soi, il faut s’en éloigner au point de ne plus les voir, et c’est ensuite que l’on peut lire [le Chéma].
9. Dans quel cas dit-on [qu’il faut s’éloigner des déjections] ? Si l’on se trouve dans la même pièce que les déjections, au même niveau. Mais s’il y a là un endroit surélevé ou abaissé de dix téfa’him par rapport aux déjections, on peut s’asseoir sur le côté de cet emplacement pour lire [le Chéma], car il y a une séparation entre les déjections et soi, cela, à condition qu’aucune mauvaise odeur ne parvienne jusqu’à soi. De même, si l’on renverse un récipient sur des matières ou sur de l’urine, bien que cette souillure se trouve dans la même pièce que soi, elle est considérée comme enterrée, et il est permis de lire [le Chéma] devant.
10. S’il y a entre soi et l’excrément une séparation en verre, bien que l’on voie l’excrément derrière le verre, il est permis de lire [le Chéma] à côté. Si l’on verse un révi’it d’eau dans l’urine issue d’une seule miction, il est permis de lire [le Chéma] dans les quatre coudées.
11. S’il se trouve un excrément dans une cavité du sol, on peut lire [le Chéma] en se tenant debout, la sandale sur la cavité, à condition que la sandale ne soit pas en contact avec l’excrément. S’il y a devant soi un minuscule excrément comme une goutte, on crache dessus un crachat épais de sorte que l’excrément soit recouvert et on lit [le Chéma]. Si l’on a une tache d’excrément sur la peau ou les mains sales du fait des latrines, mais qu’il n’y a aucune mauvaise odeur, car [cette souillure est] infime ou sèche, il est permis de lire [le Chéma], parce qu’elle n’a pas de mauvaise odeur. Mais si la souillure se trouve à sa place [l’anus], bien qu’elle ne soit pas visible quand le sujet est [en position] debout, dès lors qu’elle est visible quand il est assis, il [lui] est défendu de lire [le Chéma] avant de s’être soigneusement nettoyé, parce que les matières [y] sont humides et dégagent une mauvaise odeur. Plusieurs guéonim ont donné comme directive qu’il est défendu de réciter [le Chéma] les mains sales. Il convient de s’y conformer.
12. [Quand la source d’]une mauvaise odeur a une substance [c’est-à-dire qu’il y a un excrément posé qui dégage cette mauvaise odeur], on doit s’en éloigner de quatre coudées pour lire [le Chéma], si l’odeur disparaît [à cette distance]. Mais si elle ne disparaît pas, il faut s’éloigner jusqu’à l’endroit où c’est le cas. [Si la source de] cette odeur nauséabonde n’a pas de substance, comme dans le cas d’un sujet qui laisse échapper une flatulence, il faut s’éloigner jusqu’à l’endroit où l’odeur disparaît pour lire [le Chéma]. Il est défendu de lire le Chéma devant un vase de nuit, même s’il ne contient rien et ne dégage pas de mauvaise odeur, parce qu’il est considéré comme des latrines.
13. Il est défendu de lire le Chéma devant un excrément qui passe, par exemple, qui flotte sur l’eau. Le groin d’un porc est considéré comme un excrément qui passe et il est défendu de lire [le Chéma] devant, jusqu’à ce qu’il se soit éloigné de quatre coudées [au moins sur le côté ou derrière soi].
14. Si l’on parvient à un endroit souillé tout en lisant le Chéma, on ne peut pas [continuer à] lire en mettant la main sur la bouche [pour ne pas sentir l’odeur] ; plutôt faut-il s’interrompre jusqu’à ce que l’on passe cet endroit. De même, si on laisse échapper une flatulence tout en lisant le Chéma, on doit s’interrompre jusqu’à ce que l’odeur cesse, puis l’on reprend la lecture. Il en va de même pour l’étude de la Thora. Pour les flatuosités d’autrui, bien que l’on doive s’interrompre dans la lecture du Chéma, on ne s’interrompt pas dans l’étude de la Thora.
15. Si l’on [désire] lire le Chéma dans une maison alors qu’il y a un doute concernant la présence d’excréments ou d’urine, on a le droit de le faire. Si l’on [désire] lire [le Chéma] dans un dépotoir alors qu’il y a un doute concernant la présence d’excréments, on ne doit pas le faire avant d’avoir examiné [l’endroit], parce qu’un dépotoir est un endroit où la présence de souillures est présumée. En revanche, s’il y a un doute [quant à la présence d’]urine [uniquement], il est permis de lire [le Chéma], même dans un dépotoir.
16. De même qu’il est défendu de lire [le Chéma] devant des matières ou de l’urine sans s’en éloigner, ainsi est-il défendu de lire [le Chéma] devant la nudité [d’une personne] sans détourner son visage. On ne doit pas même lire [le Chéma] devant la nudité d’un gentil ou d’un enfant. Même s’il y a une séparation en verre, dès lors que l’on voit la nudité, il est défendu de lire [le Chéma] sans détourner son visage. Tout le corps de la femme est [considéré comme] nudité. C’est pourquoi, on ne doit pas regarder le corps d’une femme – même [celui de] sa propre femme – en lisant [le Chéma]. Si un téfa’h [habituellement couvert] de son corps est découvert, on ne doit pas lire [le Chéma] devant elle.
17. De même qu’il est défendu [de lire le Chéma] devant la nudité d’autrui, de même est-il défendu de lire [le Chéma] devant sa propre nudité. On ne doit pas lire [le Chéma] nu, avant d’avoir couvert sa nudité. Si l’on est ceint d’[un vêtement] en tissu, en peau, ou en toile à sac au niveau des reins [ce qui recouvre les parties], bien que le reste du corps soit dénudé, il est permis de lire le Chéma, à condition que le talon ne soit pas en contact avec les parties. Si l’on dort nu sous un drap, il faut faire une séparation [entre le cœur et la nudité] avec le drap [en le plaquant] en dessous du cœur pour lire [le Chéma]. Mais il ne faut pas faire une séparation au niveau du cou [seulement] pour lire [le Chéma], car le cœur « voit » alors la nudité, et cela est considéré comme si l’on récitait [le Chéma] sans être ceint [d’un vêtement couvrant les parties].
18. Quand deux personnes dorment [nues] sous le même drap, aucune d’elles n’a le droit de lire [le Chéma], même si elle se couvre en dessous du cœur ; il faut qu’un linge fasse séparation entre elles de manière à ce que le corps de l’une ne touche pas [celui de] l’autre depuis les reins et en dessous. [Mais] si un homme dort avec son épouse, avec ses enfants ou autres jeunes membres de sa maisonnée, leur corps est considéré comme le sien propre, et il n’en est pas affecté. C’est pourquoi, même si son corps est en contact avec eux, il tourne sa face, fait une séparation en dessous de son cœur et lit [le Chéma].
19. Jusqu’à quel âge [les enfants] sont-ils considérés comme jeunes dans ce contexte ? Le garçon, jusqu’à l’âge de douze ans, et la fille onze ans, encore faut-il que leur morphologie soit semblable à celle d’un adulte, [selon l’expression du verset (Ezéchiel 16, 7) :] « tes seins se sont affermis et tes poils ont poussé ». Passé cet âge, il ne doit pas lire [le Chéma] sans qu’un linge fasse séparation entre eux. Mais s’ils ne sont pas encore [dans la situation décrite par le verset] : « tes seins se sont affermis et tes poils ont poussé », il peut lire [le Chéma] en contact avec eux sans avoir besoin d’une séparation, jusqu’à ce que le garçon ait treize ans et la fille douze ans.
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