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Lois relatives à la lecture du Chéma · Chapitre 2

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 60 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Celui qui a lu le Chéma sans se concentrer pendant [la lecture du] premier verset, qui est « Ecoute Israël », n’est pas quitte de son obligation. [En revanche,] s’il [a lu] le reste [du Chéma] sans concentration, il est quitte. Même s’il lit la Thora normalement ou corrige ces sections [du Chéma écrites sur un parchemin en lisant les mots], il est quitte, à condition qu’il ait eu la concentration [requise] pour le premier verset.

2. Toute personne peut lire [le Chéma] à son gré : debout, en marchant, étendue ou chevauchant un animal. Il est [toutefois] défendu de lire le Chéma étendu, le visage contre le sol, ou étendu sur le dos, le visage vers le haut. Mais on peut [en] faire la lecture allongé sur le côté. Un sujet très corpulent, qui ne peut pas se retourner sur le côté, ou un [sujet] malade, s’inclinent légèrement sur le côté pour lire [le Chéma].

3. Celui qui marche à pied doit s’arrêter pour [la lecture du] premier verset, et récite le reste en marchant. Serait-il endormi, on le dérange et on le réveille jusqu’à ce qu’il lise le premier verset [avec concentration]. Pour la suite, s’il est pris de sommeil, on ne l’importune pas.

4. Celui qui est occupé à un travail doit s’interrompre le temps de lire toute la première section. De même, les ouvriers interrompent leur travail pour [la lecture de] la première section, afin que leur lecture [du Chéma] ne soit pas contingente. Quant au reste [du Chéma], ils en font la lecture tout en vaquant à leur tâche. Même si l’on se trouve au sommet d’un arbre ou au faîte d’un mur, on lit [le Chéma] là où l’on se trouve, en récitant les bénédictions qui précèdent et qui suivent.

5. Si l’on est occupé à l’étude de la Thora quand l’heure de la lecture du Chéma arrive, on interrompt [l’étude] pour lire [le Chéma] et l’on récite les bénédictions qui précèdent et qui suivent [le Chéma]. Si l’on est occupé aux besoins communautaires, on ne doit pas s’interrompre. Plutôt, on achève sa tâche et on lit [ensuite le Chéma], s’il en reste le temps.

6. Si un homme est occupé à manger ou s’il se trouve aux thermes, ou s’il est occupé à se faire couper [les cheveux], à retourner des peaux ou à un procès [quand arrive l’heure du Chéma], il peut terminer [ce qu’il est en train de faire] et lire ensuite le Chéma [dès lors qu’il lui reste encore suffisamment de temps pour le faire]. Si, craignant que ne passe l’heure de la lecture, il s’interrompt pour lire [le Chéma], cela est louable.

7. Celui qui est descendu s’immerger [dans le bain rituel], s’il peut [en] remonter, se couvrir et lire [le Chéma] avant le lever du soleil, qu’il [en] remonte, se couvre et lise [le Chéma]. S’il craint que le soleil ne se lève avant qu’il [n’ait le temps de] lire [le Chéma], il se couvre dans l’eau dans laquelle il se trouve et lit [le Chéma]. Il ne peut pas se couvrir dans de l’eau malodorante, ni dans de l’eau de rouissage [c’est-à-dire dans un routoir], ni dans de l’eau limpide, parce que sa nudité est visible à travers elle. Mais il peut se couvrir dans de l’eau trouble qui ne dégage pas de mauvaise odeur, et lit [le Chéma] sur place.

8. Celui qui lit le Chéma ne doit pas faire de signe des yeux, des lèvres, ou des doigts, afin que sa lecture [du Chéma] ne soit pas contingente. S’il fait cela, bien qu’il soit quitte de son obligation, cela est répugnant. Il faut faire entendre à ses oreilles lorsqu’on lit. [Néanmoins,] si l’on n’a pas fait entendre à ses oreilles [ce que l’on a lu], on est quitte. Il faut [articuler] correctement les lettres. [Néanmoins,] si on ne l’a pas fait, on est quitte.

9. Comment [articuler] correctement [les lettres] ? Il faut prêter attention à ne pas prononcer [une lettre] accentuée sans accent ou [une lettre] sans accent de manière accentuée. Il ne faut ni omettre le chéva prononcé, ni prononcer le chéva muet. C’est pourquoi, il faut marquer un espace entre les [lettres] juxtaposées, [c’est-à-dire] tout [groupe de] deux lettres similaires, l’une étant la dernière [lettre] d’un mot et l’autre la première du mot suivant. Par exemple, pour « bekhol levavkha » : il faut lire « bekhol », marquer un arrêt, puis reprendre « levavkha ». Il en est de même pour « vaavadtem mehéra » et « hakanaf petil ». Il faut prononcer distinctement le zaïn de tizkérou. [Par ailleurs,] il faut prolonger le dalet de é’had suffisamment pour proclamer la royauté [de D.ieu] dans les cieux, sur la terre et dans les quatre directions. Il faut ne pas écourter le ‘hêt, afin que de ne pas donner l’impression de dire « i ‘had » [qui signifierait « Il n’est pas Un », à D.ieu ne plaise].

10. Un homme peut lire le Chéma en toute langue qu’il comprend. Celui qui lit [le Chéma] en quelque [autre] langue [que l’hébreu] doit prêter attention aux erreurs [de traduction] dans cette langue. Il faut [prononcer] correctement [les mots] dans cette langue, comme l’on fait quand on lit dans la langue sainte.

11. Celui qui lit [le Chéma] à rebours n’est pas quitte. De quel cas parle-t-on ? [Du cas où] l’ordre des versets [d’une même section est changé]. Mais s’il fait précéder une section à une autre, bien qu’il n’y soit pas autorisé, je maintiens qu’il est quitte, car les trois sections du Chéma ne sont pas juxtaposées dans la Thora. S’il lit un verset et le répète une seconde fois, cela est méprisable. S’il lit un mot et le répète, comme : « Chéma Chéma », on le fait taire.

12. Si on a lu le Chéma par intermittence, on est quitte ; même si l’on marque une pause [d’une durée] suffisante pour finir toute [la lecture], on est quitte, à condition de lire dans l’ordre. Si on a lu le Chéma en somnolant, c’est-à-dire sans être [complètement] réveillé, ni endormi, on est quitte, à condition d’être [vraiment] réveillé [pour concentrer son attention dans la lecture] du premier verset.

13. Si l’on doute d’avoir lu le Chéma ou de ne pas l’avoir lu, il faut le relire et réciter [les bénédictions] qui précèdent et qui suivent. En revanche, si l’on sait avoir lu [le Chéma] mais que l’on a un doute [quant à savoir] si l’on a récité les bénédictions qui précèdent et qui suivent, on ne répète pas les bénédictions. Si l’on a fait une erreur dans la lecture, on reprend à l’endroit où l’on s’est trompé. Si l’on a un oubli entre une section et une autre, si bien que l’on ignore quelle section on a terminé et quelle [section] on doit commencer, on reprend à la première section, qui est : « Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu… »

14. Si l’on se trompe au milieu d’une section et que l’on ignore où l’on s’est arrêté, on reprend au début de la section. Si, alors que l’on dit oukhetavtam, on ne sait plus si l’on en est au oukhetavtam de [la section] Chéma ou à celui de [la section] Véhaya im chamoa, on reprend au oukhetavtam de [la section] Chéma. Mais si ce doute survient après que l’on a dit « lémaan yrbou yemékhem », on ne recommence pas, car on [est supposé] avoir suivi [mécaniquement] l’habitude de la parole.

15. Quand on rencontre une autre personne ou que l’on est abordé par une autre personne alors que l’on est en train de lire [le Chéma], [la règle suivante est appliquée :] à un intervalle [entre deux sections], on peut s’interrompre pour saluer le premier une personne que l’on doit honorer, comme son père, son maître ou une personne qui nous dépasse en sagesse, et l’on peut répondre au salut de tout homme.

16. Serait-on au milieu de la lecture d’une section, on ne s’interrompt pour saluer le premier qu’une personne que l’on craint, comme un roi, un oppresseur ou une [personne] semblable. Mais pour une personne que l’on est tenu d’honorer, comme son père ou son maître, [c’est seulement] si celui-ci salue le premier [que] l’on s’interrompt pour rendre le salut.

17. Tels sont les intervalles : entre la première bénédiction et la seconde, entre la seconde et Chéma, entre Chéma et Véhaya im chamoa, entre Véhaya im Chamoa et Vayomer. Entre ces sections, on peut saluer qui l’on doit honorer et rendre le salut à tout homme. Mais entre Vayomer et Emet véyatsiv, cela est considéré comme le milieu d’une section ; on ne doit [donc] pas s’interrompre, si ce n’est pour saluer par crainte ou rendre [le salut] à qui l’on doit honneur.
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