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Lois relatives à la vache rousse · Chapitre 3

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 608 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. La vache rousse doit impérativement être brûlée hors du mont du Temple, ainsi qu’il est dit : « et il la sortira à l’extérieur du camp ». On la brûlait sur le mont des Oliviers, à l’est de Jérusalem. Une rampe allant du mont du Temple à l’endroit où la vache était brûlée sur le mont des Oliviers était aménagée, soutenue par des arches superposées, chaque arche de la rangée supérieure reposant à cheval sur deux arches de la rangée inférieure, de sorte que les deux pieds de l’arche supérieure étaient positionnés sur les sommets des deux arches inférieures, afin qu’il y ait un espace vide en dessous de toute la rampe pour parer à l’impureté d’une éventuelle tombe inconnue dans le sol. De même, l’endroit où l’on brûlait la vache rousse et l’endroit où le cohen s’immergeait au mikvé, situés sur le mont des Oliviers, étaient aménagés au-dessus d’un espace vide, afin de parer à l’impureté d’une éventuelle tombe inconnue enfouie dans le sol. La vache rousse, le cohen appelé à la brûler, et tous ceux qui aidaient à cette tâche sortaient du mont du Temple par la porte est, pour se rendre au mont des Oliviers, en empruntant cette rampe.

2. Comment brûlait-on la vache rousse ? Les anciens d’Israël se rendaient à pied sur le mont des Oliviers en précédant le cohen. Il y avait sur place un mikvé. Le cohen appelé à brûler la vache ainsi que tous ceux qui aidaient à cette tâche et la vache empruntaient la rampe pour se rendre du mont du Temple au mont des Oliviers. Arrivés sur place, les anciens rendaient impur le cohen par un chérets mort ou assimilé ; puis, les anciens imposaient leurs mains sur le cohen et lui disaient : « Immerge-toi une fois ». S’il s’agissait du grand prêtre, ils lui disaient : « Mon maître, le grand prêtre, immergez-vous une fois ». Le cohen descendait et s’immergeait, puis il remontait et s’essuyait. Du bois était disposé à cet endroit : bûches de bois de cèdre, pin, cyprès et bois de figuier lisse. On faisait un bûcher en forme de tour, en y aménageant des ouvertures comme des fenêtres afin que l’air attise le feu. Et la face du bûcher, c’est-à-dire l’endroit à partir duquel on introduit le feu pour allumer le bûcher, est du côté ouest, face au Saint des saints. On ligotait la vache avec une corde faite d’herbe de halfa et on la plaçait sur le bûcher, la tête du côté sud et le visage tourné vers l’ouest. Le cohen se tenait à l’est de la vache, le visage face à l’ouest. Il abattait rituellement la vache en tenant le couteau de la main droite, et recueillait le sang avec la paume de sa main gauche. Il faisait aspersion, à l’aide de l’index de la main droite, du sang se trouvant dans sa paume gauche, sept fois, en direction du Saint des saints, en trempant son doigt dans le sang à chaque aspersion. Le sang qui reste sur son doigt après l’aspersion est invalide pour l’aspersion suivante. C’est pourquoi, après chaque aspersion, il essuyait son doigt sur le corps de la vache. Une fois qu’il avait fini de faire les sept aspersions, le cohen essuyait ses mains sur le corps de la vache et descend du bûcher, puis il allumait le feu au moyen de petits morceaux de bois, qu’il introduit sous les bûches du bûcher ; le feu commençait à prendre et le cohen se tenait à distance, attendant que le feu prenne sur la majeure partie de la vache et que son ventre se déchire du fait de la chaleur du feu. Puis, il prenait du bois de cèdre, un brin d’hysope d’au moins un téfa’h de longueur, et de la laine teinte en rouge, d’un poids de cinq pièces d’un séla. Il déclarait alors aux présents : « Ceci est du bois de cèdre ! Ceci est du bois de cèdre ! Ceci est du bois de cèdre ! » Puis il continuait : « Ceci est de l’hysope ! Ceci est de l’hysope ! Ceci est de l’hysope ! » Et enfin : « Ceci est de la laine cramoisie ! Ceci est de la laine cramoisie ! Ceci est de la laine cramoisie ! » Il répétait sa déclaration trois fois pour chacun des trois éléments, et les présents répondaient : « Oui ! Oui ! Oui », trois fois pour chaque élément. Tout cela pourquoi ? Parce qu’il existe sept sortes de cèdre, quatre sortes d’hysope, et de même il existe différentes façons de produire la teinte rouge de la laine : certains la teignent avec de la garance, d’autres avec la sécrétion d’un insecte nommé lacca, et d’autres avec tolaat. Le terme tolaat employé par la Thora correspond aux grains d’un rouge très prononcé qui ressemblent à des graines de caroube et qui sont comme des baies de sumac : un insecte, comme un moucheron, se trouve à l’intérieur de chacun des grains. Puisqu’il existe différentes variantes pour chaque espèce mentionnée, c’est pourquoi, le cohen informe tous les présents et leur montre que ce sont bien là les espèces font parle la Thora. L’hysope dont parle la Thora est l’hysope qui est consommé et avec lequel les gens épicent les mets. L’hysope, le cèdre, et la laine cramoisie sont tous trois indispensables et l’on ne peut avoir l’un sans l’autre, si bien que si l’un d’eux fait défaut, la mitsva n’est pas accomplie. Le cohen enroulait la languette de laine cramoisie autour de l’hysope et du bois de cèdre, et jetait le tout dans le corps de la vache après que celui-ci avait été déchiré par le feu, ainsi qu’il est dit : « il le jettera dans le feu où se consume la vache ». Il ne jetait pas le tout tant que le feu n’avait pas pris sur la majeure partie de la vache, ni après qu’elle est devenue de la cendre. Das le cas où il aurait jeté le tout avant que le feu ait pris sur la majorité de la vache ou après qu’elle est déjà devenue de la cendre, elle serait disqualifiée, ainsi qu’il est dit : « dans le feu où se consume », c’est-à-dire ni avant que le feu prenne sur sa majeure partie, ni après qu’elle est devenue de la cendre. Que le cohen ait jeté les trois éléments ensemble ou qu’il les ait jetés l’un après l’autre, qu’il les ait jetés dans le corps de la vache en combustion ou dans le feu où elle est brûlée, mais pas dans le corps de la vache, que le ventre de la vache se soit déchiré de lui-même par le feu ou qu’on l’ait déchiré à la main ou au moyen d’un instrument, la procédure de la vache rousse est valide.

3. Une fois la combustion de la vache terminée, on frappait au moyen de bâtons le corps de la vache afin de le réduire en cendre, elle ainsi que tout le bois du bûcher avec lequel elle a été brûlée, et on tamisait le tout au moyen de cribles. Toute partie carbonée, issue du corps de la vache ou du bois, qui était totalement brûlée au point d’être réduite en cendre lorsqu’on l’écrase, était réduite en cendre. Et toute partie carbonée insuffisamment brûlée qui ne pouvait être réduite en cendre, était abandonnée sur le bûcher. Tout os de la vache qui restait sans avoir été complètement brûlé était, en tout état de cause, réduit en poussière.

4. Aucune partie des cendres de la vache n’est introduite dans le parvis du Temple pour y être déposée, car il est dit : « elle sera déposée à l’extérieur du camp ». L’ensemble des cendres était partagé en trois : une partie était placée dans le ‘Heil, une partie sur le mont des Oliviers, et une partie était partagée entre tous les vingt-quatre groupes des « corps de garde » de cohanim. La partie des cendres partagée entre tous les « corps de garde » était utilisée par les cohanim pour se sanctifier lorsqu’ils devenaient impurs au contact d’un mort. La partie déposée sur le mont des Oliviers était utilisée par les autres juifs pour donner l’aspersion à quiconque était devenu impur au contact d’un mort. Et la partie placée dans le ‘Heil y était entreposée, ainsi qu’il est dit : « elle sera pour l’assemblée des enfants d’Israël en garde » ; ce qui enseigne qu’on en entrepose une partie que l’on garde. De même, une partie des cendres de chacune des vaches rousses que l’on avait brûlées était entreposée et conservée dans le ‘Heil. Neuf vaches rousses furent préparées depuis que les juifs reçurent ce commandement, jusqu’à la destruction du second Temple : la première fut préparée Moïse notre maître, la seconde par Josué et sept autres encore furent préparées depuis l’époque d’Ezra jusqu’à la destruction du Temple. La dixième sera préparée le Roi Machiah, puisse-t-il rapidement se dévoiler. Amen ! Puisse-t-il en être ainsi.
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