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Lois relatives à la vache rousse · Chapitre 2

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 607 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Les Sages ont imposé des normes plus élevées de pureté rituelle lors de la procédure de la vache rousse et ont pris des mesures extrêmement rigoureuses pour se préserver de l’impureté du cadavre dans toutes les opérations liées à la vache rousse. En effet, étant donné que celles-ci peuvent être effectuées par un tevoul yom, les Sages se sont souciés de l’éventualité que les gens se montrent peu regardants à son égard. C’est la raison pour laquelle, lorsqu’on isole le cohen appelé à brûler la vache, on l’isole dans une loge préparée à cet effet dans le parvis du Temple, appelée « loge de pierre », parce que tous les ustensiles qui s’y trouvent sont des ustensiles en pierre qui ne contractent pas l’impureté. Il utilisait des ustensiles en pierre durant tous les sept jours où il était maintenu à l’écart et de plus, ses frères cohanim ne le touchaient pas. Tout cela, en vue de grandir son état de pureté, de sorte qu’il n’existe pas le moindre doute d’impureté

2. Sept jours avant de brûler la vache, on isole le cohen qui est appelé à la brûler de sa maison, de la même façon que l’on isole le grand-prêtre pendant sept jours en vue du service de Kippour. Cette règle relève de la tradition orale qui remonte à Moïse notre maître. De même, on sépare le cohen de son épouse durant ces sept jours, de crainte qu’elle ne constate immédiatement après des rapports un écoulement sanguin la rendant nidda et que son mari soit en conséquence impur pendant sept jours.

3. La loge dans laquelle le cohen était installé durant tous les sept jours se trouve au coin nord-est du parvis pour lui rappeler que la vache rousse est considérée comme un sacrifice expiatoire, qui est abattu au nord, bien qu’elle soit elle-même abattue hors du Temple

4. Chacun des sept jours de son isolement, on fait aspersion de l’eau lustrale sur lui, de crainte qu’il ne se soit rendu impur par un mort sans le savoir. Il est fait exception du quatrième jour d’isolement, où il est certain qu’il ne nécessite pas d’aspersion, parce qu’il est impossible que ce soit l’aspersion du troisième ou du septième jour depuis son impureté, car l’aspersion du septième jour ne compte que si elle a été précédée par une aspersion le troisième jour. En principe, il n’aurait dû avoir besoin d’une aspersion que troisième et le septième jour de son isolement. L’aspersion de l’eau lustrale sur le cohen jour après jour est une norme plus élevée de pureté rituelle imposée par les Sages dans le cadre de la procédure de la vache rousse

5. On commençait la période d’isolement du cohen un mercredi, afin que son quatrième jour d’isolement tombe un chabbat, car l’aspersion ne repousse pas les restrictions du chabbat, et l’aspersion n’est pas requise le quatrième jour

6. Chacun des jours d’isolement où l’on fait aspersion de l’eau lustrale sur le cohen, on fait l’aspersion à partir des cendres d’une des vaches ayant été brûlées auparavant, depuis Moïse jusqu’au présent jour, en prenant chaque jour une eau lustrale préparée avec les cendres d’une autre vache. Et si l’on n’a les cendres que d’une seule vache, on fait aspersion de l’eau lustrale faite avec les cendres de celle-ci uniquement durant tous les six jours

7. Lorsqu’on fait aspersion sur le cohen durant les jours de son isolement, l’aspersion est effectuée uniquement par une personne qui ne s’est jamais rendue impure par un mort. Car la personne qui donne l’aspersion doit être pure. Et si l’on suggère que l’aspersion soit donnée par une personne qui s’est déjà, par le passé, rendue impure par un mort et qui a elle-même reçu l’aspersion, il y a lieu de craindre que la personne dont elle a reçu l’aspersion ne fût pas elle-même alors exempte de l’impureté d’un cadavre. De même, les ustensiles où l’eau vive est puisée et sanctifiée par le mélange des cendres en vue de faire aspersion sur le cohen qui brûle la vache sont tous des ustensiles en pierre qui ne contractent pas l’impureté. Toutes ces règles sont des normes très élevées de pureté rituelle fixées par les Sages. Comment peut-on trouver une personne qui ne s’est jamais rendue impure par un cadavre ? Il y avait à Jérusalem des cours construites sur des rochers, avec un espace vide en dessous pour parer à l’éventuelle impureté d’une tombe inconnue dans le sol. On y faisait venir des femmes enceintes qui accouchaient à cet endroit et y élevaient leurs enfants. Lorsqu’on souhaitait faire aspersion sur le cohen appelé à brûler la vache rousse, on amenait à cet endroit des bœufs, parce que leurs ventres sont larges, et on posait des portes sur leurs dos. Les enfants ayant grandi s’asseyaient sur les portes, de sorte que ces portes forment un ohel faisant séparation entre eux et le sol, pour parer à l’éventuelle impureté d’une tombe inconnue dans le sol. Ils tenaient dans la main des coupes en pierre et se rendaient à une source proche de Jérusalem, appelée Chiloa’h. Quand ils atteignaient Chiloa’h, ils descendaient des bœufs directement dans l’eau et remplissaient leurs coupes ; il n’y avait pas lieu de craindre qu’un mort fût enfoui à cet endroit, les gens n’ayant pas l’habitude d’enterrer leurs morts dans les cours d’eau. Puis, ils remontaient et prenaient place sur les portes au-dessus des bœufs afin d’être préservés de l’impureté sur le chemin du retour. Ils allaient ainsi jusqu’au mont du Temple. Une fois arrivés au mont du Temple, ils descendaient et marchaient à pied, sans craindre une éventuelle impureté dans le sol, parce qu’il y avait un espace creux aménagé en dessous de tout le mont du Temple et des cours du Temple afin de parer à l’éventuelle impureté d’une tombe inconnue dans le sol. Ils marchaient jusqu’à l’entrée de la cour des Femmes ; à l’entrée de la cour des Femmes, il y avait une cruche contenant des cendres de la vache ; ils prenaient la cendre et la mettaient dans l’eau qui est dans les coupes et faisaient aspersion sur le cohen appelé à brûler la vache rousse. Les enfants qui avaient pour rôle de remplir les coupes, sanctifier l’eau lustrale et faire aspersion sur le cohen appelé à brûler la vache rousse, devaient s’immerger au mikvé, bien qu’ils fussent exempts de l’impureté liée à un cadavre, de crainte qu’ils ne fussent devenus impurs par une autre impureté.

8. Si un enfant s’est immergé au mikvé pour procéder au remplissage de l’eau et à l’aspersion, ses récipients ne devront pas être remplis par un autre enfant, même si ce dernier aussi s’est immergé au mikvé ; de même, un enfant qui s’est immergé en vue de faire aspersion de l’eau lustrale sur un cohen ne pourra pas en faire l’aspersion sur un autre cohen, tant qu’il ne s’est pas immergé en vue de faire aspersion sur ce dernier. De même, des ustensiles ou des personnes ayant été purifiés en vue des opérations liées à telle vache rousse ne pourront servir pour une autre, à moins de procéder à une immersion au mikvé en vue de cette dernière. Toutes ces règles sont des normes plus élevées de pureté rituelle imposées par les Sages dans le cadre de la procédure de la vache rousse.
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