KOULAM Télécharger l’app

Lois relatives à l'impureté d'un mort · Chapitre 23

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 603 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Tous les récipients énumérés précédemment qui préservent leur contenu de l’impureté en étant fermés hermétiquement préservent tout ce qu’ils contiennent : aussi bien les aliments que les liquides ainsi que les vêtements et les ustensiles susceptibles de contracter l’impureté et d’être purifiés en étant immergés dans un mikvé ; telle est la loi de la Thora. Cependant, les Sages ont décrété qu’un récipient en terre cuite fermé hermétiquement ne préserve de l’impureté que les aliments, les liquides et les autres ustensiles en terre cuite se trouvant à l’intérieur. Mais s’il y a des ustensiles susceptibles d’être immergés ou des vêtements à l’intérieur d’un récipient en terre cuite fermé hermétiquement, ils ne sont pas préservés de l’impureté de la tente et deviennent impurs. Pourquoi les Sages ont-ils décrété qu’un récipient en terre cuite fermé hermétiquement ne préserve pas tout type de contenu, contrairement aux autres récipients préservant de l’impureté ? Parce que les autres récipients qui préservent de l’impureté ne sont pas du tout susceptibles de contracter l’impureté, alors qu’un récipient en terre cuite est susceptible de contracter l’impureté, et on a pour règle qu’un ustensile impur ne fait pas séparation devant l’impureté ; ainsi, si un récipient en terre cuite devient impur, même s’il est ensuite fermé hermétiquement, il ne fera pas barrage devant l’impureté et ne préservera pas son contenu. Or, tous les ustensiles appartenant à des ignorants sont présumés impurs, comme il sera expliqué. Et pourquoi les Sages n’ont-ils pas décrété que seuls les récipients en terre cuite appartenant à des ignorants ne préservent aucun type de contenu, et que les récipients en terre cuite appartenant à un ‘haver puissent au contraire préserver tout type de contenu, conformément à la loi biblique, puisque ces récipients sont purs ? Parce qu’un ignorant ne se considère pas lui-même impur, et il se dit : « étant donné qu’un récipient en terre cuite fermé hermétiquement préserve tout son contenu de l’impureté, cela s’applique sans distinction pour moi comme pour un ‘haver ». C’est pourquoi, les Sages, soucieux du danger que cela pourrait causer, comme il va être expliqué, ont décrété qu’un récipient en terre cuite fermé hermétiquement ne préserve pas tout type de contenu, excluant les ustensiles susceptibles d’être immergés au mikvé. Et pourquoi ont-ils dit que le récipient en terre cuite préserve de l’impureté aliments, liquides et ustensiles en terre cuite se trouvant à l’intérieur de lui ? Autrement dit, pourquoi n’ont-ils pas tout bonnement décrété que tout le contenu du récipient en terre cuite deviendrait impur, en raison du souci précédemment évoqué ? Parce que ces trois choses sont toujours présumées impures quand elles sont en possession d’un ignorant, que ce soit avant d’avoir été introduites dans la « tente d’un cadavre » ou après y avoir été introduites, recouvertes d’une fermeture hermétique. Ainsi, un ‘haver, scrupuleux dans l’observance des règles de pureté rituelle, n’empruntera jamais d’aliments, de liquides ou d’ustensiles en terre cuite à un ignorant, si ce n’est en les considérant comme impurs puisque ceux-ci ne peuvent jamais être purifiés ; il n’en viendra donc pas à trébucher. En revanche, il arrive qu’un ‘haver emprunte à un ignorant des ustensiles ou vêtements que l’on peut purifier par immersion au mikvé : il les immerge dans un mikvé du fait de l’impureté que l’ustensile a contractée par le contact avec l’ignorant, présumé impur rituellement, attend jusqu’au soir et utilise ces ustensiles pour de la nourriture qui doit être gardée en état de pureté (taharot). C’est pourquoi les Sages se sont souciés de l’éventualité qu’un ‘haver emprunte à un ignorant un ustensile susceptible d’être immergé au mivké qui se serait trouvé sous la fermeture hermétique du récipient en terre cuite de ce dernier, dans la tente d’un mort ; l’ignorant penserait que l’ustensile a été préservé de l’impureté en vertu de la fermeture hermétique de son récipient, alors qu’en vérité, le récipient en terre cuite étant lui-même impur, il ne préserve pas son contenu de l’impureté même quand il est fermé hermétiquement, si bien que l’ustensile en question a contracté une impureté de sept jours. Le ‘haver, ignorant cela, se contenterait d’immerger l’ustensile dans un mikvé en attendant jusqu’au soir et l’utiliserait pour des choses dont l’état de pureté doit être préservé, et en viendrait ainsi à trébucher. Pour cette raison, les Sages ont décrété qu’un récipient en terre cuite fermé hermétiquement ne préserverait pas de l’impureté un ustensile susceptible d’être purifié par immersion qui se trouve à l’intérieur de lui.

2. Une personne qui se trouve à l’intérieur d’une jarre fermée hermétiquement reste pure, même si la jarre sert de golel pour une tombe. Il me semble que, s’il n’y a pas eu de décret des Sages concernant une personne située sous une fermeture hermétique dans un récipient en terre cuite, c’est parce qu’il s’agit d’un cas qui n’est pas courant, et dans tout cas non courant, les Sages n’ont pas appliqué de décret.

3. Les ignorants sont dignes de foi concernant l’état de pureté des récipients en terre cuite destinés à être utilisés pour les cendres de la vache rousse ou pour les offrandes, parce qu’en raison de la rigueur de la loi relative aux offrandes et à la sanctification de l’eau lustrale, ils s’y montrent très méticuleux ; c’est pourquoi, ces récipients sont présumés purs et préservent toutes les choses qu’ils contiennent, y compris les ustensiles susceptibles d’être immergés, en étant fermés hermétiquement, bien qu’ils soient en terre cuite.

4. Soit une maison à deux étages avec une ouverture dans le plafond entre la maison et l’étage du dessus ; une impureté se trouve dans le rez-de-chaussée de la maison et une marmite en terre cuite est posée sur l’ouverture du plafond, la marmite présentant un trou de taille suffisante pour laisser pénétrer un liquide. En pareil cas, la marmite est impure parce que l’impureté s’y répand via le trou, mais ce qui se trouve à l’étage reste pur car la marmite fait séparation devant l’impureté, bloquant celle-ci et l’empêchant de se répandre à l’étage. Si la marmite est intacte, sans aucun trou, tout ce qui se trouve à l’étage parmi les aliments, les liquides et ustensiles en terre cuite, reste pur, mais les personnes et les ustensiles susceptibles d’être purifiés en étant immergés au mikvé deviennent impurs, car un récipient en terre cuite ne fait séparation qu’au regard des aliments, des liquides et des ustensiles en terre cuite. Et toute chose qui se trouve à l’étage qui reste pur est considérée comme si elle se trouvait à l’intérieur d’un récipient en terre cuite fermé hermétiquement. Et à la différence du cas d’un homme se trouvant à l’intérieur d’une jarre fermée hermétiquement, les Sages ont dans le présent cas déclaré que l’homme se trouvant à cet étage-là serait impur, parce que c’est un cas courant. C’est pourquoi, puisque la loi dispose dans cette situation que toute chose qui peut être purifiée au mikvé devient impure alors que toute chose qui ne peut pas être purifiée reste pure, s’il y a à cet étage un récipient en métal ou autre récipient semblable qui est rempli de liquide, le récipient devient impur pendant sept jours, mais le liquide reste pur. S’il y a à l’étage une femme en train de pétrir une pâte dans un pétrin en bois, la femme et le pétrin deviennent impurs pendant sept jours, alors que la pâte reste pure tout le temps qu’elle la manipule sans s’arrêter. Si elle retire ses mains et touche ensuite de nouveau la pâte, elle la rend impure. De même, si la personne fait passer la pâte ou le liquide du récipient où ils étaient contenus à un autre récipient qui se trouve à l’étage et qui fait partie des ustensiles susceptibles d’être immergés, la pâte ou le liquide deviennent impurs par le contact avec l’autre récipient. S’il y a, sur cette ouverture dans le plafond entre le rez-de-chaussée de la maison et l’étage, (a) l’un des autres ustensiles préservant de l’impureté leur contenu quand ils sont fermés hermétiquement, lesquels ustensiles ne sont pas susceptibles de contracter l’impureté, comme nous l’avons expliqué, et qui, pour cette raison, ne sont pas rendus impurs par le contact avec un ignorant, ou bien s’il s’agit (b) d’un récipient en terre cuite en état de pureté destiné à être utilisé pour les cendres de la vache rousse ou pour les offrandes, de sorte que tous – y compris les ignorants sont dignes de foi en ce qui concerne l’état de pureté de tels récipients, toutes les choses qui se trouvent à l’étage sont préservées de l’impureté. Si une tente est dressée à l’étage et qu’une partie de la toile ou tissu en plus de celle-ci repose à plat sur l’ouverture du plafond entre la maison et l’étage, la recouvrant, cela préserve les ustensiles se trouvant à l’étage, bien que le toit tendu de la tente ne se trouve pas sur l’ouverture, parce qu’une tente préserve de l’impureté par le simple fait qu’elle recouvre quelque chose, comme nous l’avons expliqué.
← Chapitre précédent Chapitre suivant →
Étudiez le Rambam quotidien dans Koulam Le chapitre du jour du Michné Torah en français, avec rappels et suivi — gratuit, iOS & Android. Télécharger Koulam