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Lois relatives à l'impureté d'un mort · Chapitre 22

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 602 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Le bas d’un ma’hats, la base d’un récipient et ses parois extérieures ne préservent pas de l’impureté leur contenu en étant fermés hermétiquement quand ils se trouvent dans la tente d’un cadavre. Si on découpe et lime les parties issues du récipient brisé de manière à supprimer tout aspect de débris et à en faire des ustensiles, ils préservent leur contenu de l’impureté quand ils sont fermés hermétiquement ; car seuls les ustensiles préservent leur contenu quand ils sont fermés hermétiquement.

2. Un récipient en terre cuite que l’on a rempli d’argile jusqu’à sa moitié ne perd pas son statut d’ustensile, et si on y a plongé des ustensiles et qu’on l’a fermé hermétiquement, il préserve son contenu de l’impureté.

3. Un récipient en terre cuite préserve son contenu de l’impureté quand il est fermé hermétiquement, à moins qu’il ne soit perforé d’un trou de taille suffisante pour laisser passer une grenade de taille moyenne ; cela s’applique pour un récipient de petite taille. Pour un grand récipient, la fermeture hermétique permet de préserver de l’impureté tant que le trou ne s’étend pas sur la majeure partie du récipient. Comment cela ? Si un grand récipient présente un trou sur exactement la moitié de sa surface, que l’ouverture du récipient a été fermée hermétiquement et que le trou aussi a été bouché hermétiquement, le récipient préserve son contenu de l’impureté, bien qu’il ne soit pas regardé comme un ustensile pour ce qui est de contracter l’impureté. Toutefois, si un récipient dont l’ouverture est fermée hermétiquement a été perforé ou fissuré et que le trou n’a pas été bouché, il ne préserve pas son contenu de l’impureté. Quelle doit être la taille du trou non bouché pour que le récipient ne préserve plus son contenu de l’impureté ? S’il s’agit d’un récipient fait pour contenir des aliments solides, le trou doit avoir une taille suffisante pour laisser passer une olive. S’il s’agit d’un récipient fait pour contenir des liquides, le trou doit avoir une taille suffisante pour laisser pénétrer un liquide. Lorsqu’il s’agit d’un récipient qui est fait à la fois pour l’un et pour l’autre, c’est-à-dire pour contenir des aliments solides et des liquides, on applique la mesure la plus rigoureuse des deux, de sorte que dès qu’il présente un trou suffisant pour laisser pénétrer un liquide, il ne préserve plus son contenu de l’impureté, tant que le trou n’a pas été bouché ou réduit.

4. Un four, dont l’ouverture est recouverte d’une plaque de terre cuite fixée hermétiquement, est posé dans la tente d’un cadavre, et le four se fissure ; si la fissure est aussi large que le bâton d’un aiguillon, dont la circonférence est d’un téfa’h, ce qui correspond à une largeur de 1/3 de téfa’h, le four devient impur, même si la fissure n’est pas suffisamment large pour que l’aiguillon puisse y être introduit, mais qu’elle présente exactement la même largeur. Si la largeur de la fissure est plus petite que cela, le four reste pur. Dans le cas où c’est la plaque de terre cuite recouvrant l’ouverture du four qui se fissure, si la largeur de la fissure est suffisante pour introduire le bâton d’un aiguillon, le four devient impur. Mais si la largeur de la fissure est inférieure à cela, le four est préservé de l’impureté par le couvercle scellé. Si la fissure est ronde, on ne la considère pas comme si elle était allongée, mais la mesure minimale pour qu’elle porte à conséquence correspond à celle du bâton d’un aiguillon.

5. Telle est la règle lorsqu’un four fermé hermétiquement présente un trou dans le bouchon de son trou d’aération : si le trou est de taille suffisante pour qu’un fuseau, tout en étant enflammé, puisse être introduit et retiré sans s’éteindre par le frottement avec la paroi du trou, le four devient impur. Si le trou est plus petit que cela, le four est préservé de l’impureté.

6. Si le four lui-même présente un trou sur le côté, il n’est plus préservé de l’impureté dès lors que la taille du trou permet d’introduire et de retirer un fuseau qui ne reste pas enflammé. De même, si le bouchon d’argile scellant une jarre présente un trou, la jarre n’est plus préservée de l’impureté si la taille du trou permet d’y introduire le second nœud d’une tige de seigle. Lorsque de très grandes jarres fermées hermétiquement présentent un trou, elles ne sont plus préservées de l’impureté si la taille du trou permet d’introduire le second nœud d’un roseau. Si le trou est d’une taille inférieure à celles-ci, ces récipients restent purs, bien que le trou n’ait pas été bouché. Dans quel cas a-t-on parlé d’une mesure en-deçà de laquelle le récipient reste préservé ? Quand ces récipients sont faits pour contenir du vin. Mais s’ils sont faits pour d’autres liquides, même s’ils sont perforés d’un trou infime, ils deviennent impurs, et le bouchon qui scelle l’ouverture du récipient n’est d’aucune utilité tant que le trou n’est pas bouché. Même quand il s’agit de récipients faits pour contenir du vin, les Sages n’ont indiqué lesdites mesures que dans le cas d’un trou qui n’a pas été fait intentionnellement par une personne. Mais si le trou a été fait intentionnellement par une personne, quand bien même il serait de taille minime, le récipient devient impur et n’est pas préservé de l’impureté à moins que le trou ne soit bouché.

7. Soit une jarre pleine de liquides rituellement purs, et l’extrémité d’un siphon en terre cuite est insérée à l’intérieur de la jarre par un trou dans sa paroi ; la jarre est fermée hermétiquement et posée dans la tente d’un cadavre. En pareil cas, la jarre et les liquides restent purs, mais le siphon devient impur, car une extrémité de celui-ci se trouve dans la jarre fermée alors que sa seconde extrémité se trouve ouverte dans la tente d’un cadavre et n’est pas bouchée ; et bien que le siphon soit incurvé, l’incurvation n’est pas considérée comme une fermeture.

8. Si une jarre fermée hermétiquement a été perforée sur le côté et que les résidus du vin ou de l’huile – à savoir le marc ou la lie – contenus dans la jarre ont bouché le trou, ce bouchon suffit à sceller le trou et la jarre est préservée de l’impureté. Si on a bouché la moitié du trou avec de l’argile ou quelque chose de semblable et que les résidus ont bouché l’autre moitié, il y a doute si la jarre est préservée de l’impureté ou non. Si on a bouché le trou avec un rameau de vigne, la jarre n’est pas préservée de l’impureté tant que l’on n’a pas appliqué une couche d’argile tout autour du sarment sur les côtés du trou. Si on a bouché le trou avec deux sarments, la jarre n’est pas préservée de l’impureté tant que l’on n’a pas appliqué une couche d’argile tout autour sur les côtés et entre un sarment et l’autre. De même, si une planche en bois a été placée sur l’ouverture d’un four et que l’on a appliqué de l’argile sur les côtés, à l’endroit où la planche repose sur le four de manière à la fixer hermétiquement, cela préserve de l’impureté. S’il y a deux planches côte-à-côte qui recouvrent l’ouverture du four, il faut que l’on ait enduit d’argile la surface de contact entre le four et les planches autour de l’ouverture du four ainsi que la surface entre les deux planches. Si on a assemblé les deux planches avec des chevilles de bois ou quelque chose de semblable, ou en enroulant autour d’elles des fibres de bambou, de sorte que les deux planches deviennent comme une seule, il n’est alors pas nécessaire d’enduire d’argile la surface entre ces deux planches. Avec quel matériau scelle-t-on l’ouverture d’un récipient qui préserve de l’impureté ? Avec de la chaux, de la poudre de terre cuite malaxée avec de l’eau, du gypse, de la poix, de la cire, de l’argile, des déjections, du mortier, et tout ce qui peut être enduit et sceller l’ouverture d’un récipient. On ne scelle l’ouverture d’un récipient ni avec de l’étain ni avec du plomb, parce qu’ils renforcent le couvercle sur le récipient mais ne collent pas à lui. On peut sceller l’ouverture d’un récipient avec des figues molles pressées l’une contre l’autre n’ayant pas été rendues aptes à contracter l’impureté, ou avec une pâte qui a été pétrie avec du jus de fruits pour ne pas rendre impure la pâte ; ces conditions sont requises car une chose impure ne peut pas faire barrière devant l’impureté.

9. Le bouchon d’une jarre qui s’est relâché, bien qu’il ne glisse pas de l’ouverture, ne préserve pas la jarre de l’impureté, car il n’est plus scellé correctement. Si on a posé une boule ou une bobine de corde faite de jonc sur l’ouverture d’une jarre et que l’on a appliqué une couche d’argile tout autour sur les côtés, à l’endroit du contact entre la boule et la jarre, cela ne préserve pas la jarre de l’impureté : il faut pour cela enduire la boule ou la bobine entièrement de bas en haut, c’est-à-dire qu’il faut recouvrir d’argile toute la boule ou la bobine depuis l’ouverture de la jarre jusqu’en haut de celle-ci. Il en va de même pour un morceau de tissu attaché sur l’ouverture d’un récipient, il doit être entièrement recouvert d’argile ou assimilé. S’il s’agit d’un morceau de papier ou de peau, attaché tout autour avec un fil, il n’est pas nécessaire que ce morceau de papier ou de peau soient entièrement recouverts d’argile, mais si on a appliqué une couche d’argile sur les côtés, cela préserve le contenu de la jarre de l’impureté.

10. Si on a recouvert une jarre d’une outre en peau de poisson ou de papier et que l’on a attaché, en bas, l’outre ou le papier à la jarre à l’aide d’un fil tout autour, et appliqué à cet endroit une couche d’argile, cela préserve la jarre de l’impureté. Mais si l’on n’a pas attaché l’outre ou le papier à la jarre à l’aide d’un fil, bien que l’on ait appliqué une couche d’argile tout autour sur les côtés, cela ne préserve pas de l’impureté.

11. Dans le cas d’une jarre en terre cuite, enduite de poix sur sa paroi intérieure, si un morceau de la partie supérieure de la jarre en terre cuite est tombée alors que la couche de poix se maintient à cet endroit, et que l’on a placé le couvercle sur la couche de poix en le pressant de telle façon qu’il colle sur la poix, si bien que la poix tient comme une paroi entre le couvercle et le bas de la jarre, cela préserve la jarre de l’impureté. Il en va de même des récipients contenant de la saumure de poisson (muria) ou autres matières visqueuses semblables qui collent à la paroi en y formant une couche isolante, lorsque la matière étalée en couche sur la paroi demeure seule présente en haut du récipient car la paroi supérieure est tombée, de sorte que cette couche tient désormais entre le couvercle et le récipient, comme si elle formait un pourtour surplombant ce dernier, étant donné que le couvercle et le récipient sont collés par la matière gluante qui est entre eux, cela préserve de l’impureté.
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