Lois relatives à l'impureté d'un mort · Chapitre 21
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 601 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Un entonnoir que l’on a posé à l’envers sur le sol préserve de l’impureté les choses qui sont posées en dessous de lui par le simple fait qu’il les recouvre. Bien que l’extrémité de son tube, vers le haut, se termine par un petit trou, il est considéré comme fermé.
3. Voici une règle concernant les récipients qui préservent de l’impureté quand ils sont fermés hermétiquement : s’ils comprennent un espace intérieur d’un téfa’h sur un téfa’h avec une hauteur d’un téfa’h et qu’on les retourne en posant leur ouverture contre le sol, bien qu’on n’ait pas appliqué de liant tout autour de l’ouverture de manière à les sceller au sol hermétiquement, ils préservent de l’impureté tous les objets se trouvant en dessous d’eux jusqu’aux abîmes. Car ils sont alors considérés comme un ohel, et un ohel préserve de l’impureté ce qu’il abrite. Cette règle est valable pour tous les dits récipients, à l’exception des récipients en terre cuite, car un ohel formé par des récipients en terre cuite ne préserve pas de l’impureté. Comment cela ? Dans le cas d’une jarre en terre cuite posée à l’envers sur son ouverture, bien qu’on l’ait enduite d’argile tout autour sur les côtés, tout ce qui est en dessous d’elle devient impur, car il est dit : « une fermeture hermétique sur lui », ce qui indique que la fermeture hermétique est utile lorsqu’elle est placée sur l’ouverture du récipient, mais non lorsqu’elle est placée à l’envers. Si on a collé l’ouverture de la jarre contre un mur et qu’on l’a enduite d’argile ou assimilé tout autour sur les côtés, de manière à la sceller hermétiquement, elle préserve de l’impureté tout ce qui se trouve à l’intérieur d’elle et tout ce qui se trouve face à elle dans le mur. Si l’on ne l’a pas enduite d’argile tout autour sur les côtés, elle ne préserve pas de l’impureté, car un récipient en terre cuite ne préserve pas son contenu de l’impureté au titre de ohel, comme nous l’avons expliqué. En revanche, s’agissant des autres récipients préservant leur contenu de l’impureté quand ils sont fermés hermétiquement, ceux-ci préservent aussi leur contenu quand leur ouverture est appliquée contre le mur d’une maison, même si elle n’est pas scellée hermétiquement au mur, parce qu’ils préservent de l’impureté au titre de ohel en s’associant au mur de la maison. C’est pourquoi il faut pour cela que la paroi du récipient ait une hauteur d’un téfa’h, car les récipients ne s’associent aux parois d’un ohel pour préserver de l’impureté que si leur paroi a une hauteur d’un téfa’h. Si le récipient a une paroi d’une hauteur d’un demi-téfa’h, et qu’un rebord d’un demi-téfa’h fait saillie du mur du ohel , et qu’on applique l’un contre l’autre, c’est-à-dire l’ouverture du récipient contre le rebord, bien que l’on obtienne au total un espace intérieur d’un téfa’h, il ne préserve pas de l’impureté ; il faut qu’il y ait un espace d’un téfa’h à un seul endroit, c’est-à-dire que la paroi du récipient à elle seule ou que le rebord en saillie du mur à lui seul renferme un tel espace d’un téfa’h pour que les deux s’associent et préservent de l’impureté.
4. De même que ces récipients peuvent être joints aux parois d’un ohel à l’intérieur duquel ils se trouvent, comme une maison, pour préserver leur contenu de l’impureté, de même quand ils se trouvent à l’extérieur d’un tel ohel, ils protègent leur contenu de l’impureté s’ils sont joints aux parois du ohel, car le ohel devient en tout état de cause un couvercle. Comment cela ? Par exemple, si l’un de ces récipients, dont la paroi fait au moins un téfa’h, a été posé sur des pieux, à l’extérieur d’une structure, comme une maison, formant un ohel, et que l’on a appliqué son ouverture contre la paroi de ce ohel, malgré le fait qu’une impureté se trouve en dessous du récipient, les ustensiles qu’il contient restent purs. Mais si le récipient est apposé contre un mur entourant une cour ou un jardin, il ne préserve pas son contenu de l’impureté, car ce mur contre lequel il est apposé n’est pas le mur d’un ohel. C’est pourquoi, en pareil cas, s’il y a une impureté située en dessous du récipient, les ustensiles contenus dans le récipient deviennent impurs, parce qu’ils sont situés au-dessus de l’impureté.
5. Soit une poutre, d’une largeur d’un téfa’h, posée transversalement entre le mur d’une maison et le mur d’une autre. Une impureté se trouve en dessous de la poutre, et une marmite est suspendue à la poutre. La poutre est en contact avec toute la surface de l’ouverture de la marmite et la recouvre. En pareil cas, les ustensiles qui se trouvent dans la marmite restent purs, parce qu’ils sont préservés de l’impureté grâce à la poutre qui les recouvre en formant un ohel pour eux. Et si l’ouverture de la marmite n’est pas recouverte par la poutre, mais qu’il y a entre elles un espace, tout ce qui se trouve dans la marmite devient impur et la marmite devient elle aussi impure.
6. Soit une fosse à l’intérieur d’une maison ; une impureté se trouve dans la maison et il y a des ustensiles dans la fosse. Si la fosse est recouverte par une planche de bois plate ou par un récipient qui préserve de l’impureté et qui a une paroi d’un téfa’h, tout ce qui se trouve dans la fosse reste pur. S’il y a un rebord d’une hauteur d’un téfa’h construit sur le sol tout autour de l’ouverture de la fosse, que le récipient qui préserve de l’impureté avec lequel la fosse a été recouverte présente une paroi d’un téfa’h ou non, il préserve de l’impureté les objets qui se trouvent dans la fosse. La raison à cela est que dans ce cas, le ohel dispose d’une paroi d’un téfa’h à un autre endroit, à savoir la paroi du rebord autour de la fosse, qui est utile pour que le couvercle formé par le récipient soit considéré comme un ohel et préserve de l’impureté les ustensiles dans la fosse.
7. Soit une citerne construite au-dessus du sol, dans une maison contenant une impureté ; un candélabre se trouve à l’intérieur de la citerne, et le support de lampe fait saillie sur la surface de la citerne et recouvre l’ouverture de la citerne, s’étendant sur le rebord. Un récipient qui préserve de l’impureté dans la tente d’un cadavre a été placé à l’envers sur l’ouverture de la citerne, de sorte qu’il repose sur le support de lampe du candélabre. On statue en fonction de la considération suivante : si le récipient préservant de l’impureté est en mesure de rester en place même si le candélabre est retiré, il préserve tout ce qui se trouve dans la citerne, et même les ustensiles situés entre le bord du récipient et le bord du réservoir restent purs et ce, jusqu’aux abîmes, c’est-à-dire même les ustensiles situés en dessous de la citerne, quelle que soit leur profondeur. Le candélabre aussi reste pur, bien que le bord du support de la lampe soit visible entre le couvercle et le réservoir. Et sinon, c’est-à-dire si le récipient à l’envers ne tient que sur le candélabre et tomberait si celui-ci était retiré, il n’est pas considéré comme ohel et tous les ustensiles deviennent impurs, aussi bien ceux qui se trouvent dans la citerne que ceux qui se trouvent au niveau des parois, jusque dans les profondeurs, et le candélabre lui-même.
8. Soit une citerne construite sur le sol dans une maison, avec un récipient qui préserve de l’impureté posé à l’envers sur l’ouverture de celle-ci. Si une impureté se trouve entre le bord du récipient et le rebord de la citerne, ou à l’intérieur de la citerne, la maison devient impure, car un ohel qui se trouve à l’intérieur d’une maison n’empêche pas l’impureté de sortir, comme nous l’avons expliqué. Si une impureté se trouve à l’intérieur de la maison et qu’un récipient préservant de l’impureté est posé à l’envers sur la citerne, les ustensiles qui se trouvent dans les parois de la citerne restent purs s’il y a, à l’endroit où ils sont posés, un espace vide d’un téfa’h sur un téfa’h avec une hauteur d’un téfa’h ; sinon, ils deviennent impurs. Mais si les parois du réservoir s’étendent au-delà des murs de la maison, quel que soit le cas, ils restent purs, parce qu’ils ne sont pas considérés comme faisant partie des murs de la maison ; et de même que la citerne recouverte préserve de l’impureté les ustensiles qu’elle contient dans son espace intérieur, de même elle préserve de l’impureté les ustensiles qui se trouvent dans ses parois. Nous avons déjà expliqué qu’un four en terre cuite qui est ancien – c’est-à-dire qui a déjà été mis en chauffe – est considéré comme tous les ustensiles qui véhiculent l’impureté mais ne constituent pas un ohel de manière à faire barrage devant celle-ci. Pour cette raison, il ne préserve pas son contenu de l’impureté, à moins qu’il ne soit fermé hermétiquement, comme les autres récipients préservant leur contenu de l’impureté. Nous avons également expliqué qu’un four nouveau n’est pas regardé comme un ustensile de ce point de vue ; au contraire, il constitue un ohel de manière à faire barrage devant l’impureté. C’est pourquoi, il préserve de l’impureté ce qu’il contient avec un simple couvercle, sans fermeture hermétique, comme un ohel. Le couvercle d’un four, qui est une plaque de terre cuite perforée de trous, est ce qu’on appelle serida.
9. Soit un four ancien à l’intérieur d’un four nouveau ; une plaque en terre cuite (serida) recouvre l’ouverture du four nouveau, tout en s’appuyant sur le four ancien. En pareil cas, on statue en fonction de la considération suivante : dans le cas où la plaque tomberait si le four ancien était enlevé, la fermeture de la plaque ne préserve pas le four de l’impureté et tout ce qui s’y trouve devient impur. Sinon, tout reste pur. Si le four nouveau se trouve à l’intérieur de l’ancien et que la plaque est posée sur l’ouverture du four ancien, la loi dispose que s’il y a moins d’un téfa’h entre l’extrémité supérieure du four nouveau et la plaque, tout ce qui se trouve à l’intérieur du four nouveau reste pur, comme si la plaque était posée sur son ouverture.
10. Soit une plaque en terre cuite qui a un rebord et qui s’étend au-delà de l’ouverture du four, tout en étant fixée hermétiquement au four ; la loi dispose que même si une impureté se trouve en dessous ou au-dessus de la partie qui dépasse, de sorte que tout objet qui se trouve en dessous ou au-dessus devient impur, ce qui se trouve face à l’espace intérieur du four reste pur. Si l’impureté est située au-dessus de l’espace intérieur du four, tout objet situé au-dessus de l’impureté, jusqu’au ciel, devient impur, mais tout ce qui se trouve à l’intérieur du four reste pur.
11. Si l’on a posé à l’envers une marmite en terre cuite sur l’ouverture d’une jarre et que l’on a enduit d’argile les parois de la marmite en contact avec la jarre, elle préserve de l’impureté tout ce qui se trouve à l’intérieur de la jarre ainsi que ce qui se trouve entre la marmite et les parois de la jarre. Si on l’a posée sur l’ouverture de la jarre de manière ordinaire, avec son ouverture vers le haut au lieu de la renverser, et que l’on a enduit d’argile le bas de sa paroi en contact avec la jarre, elle ne préserve pas de l’impureté le contenu de la jarre, parce que la marmite devient elle-même impure par son espace intérieur ; or, un ustensile impur ne préserve pas de l’impureté, comme nous l’avons expliqué.
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