Lois relatives à l'impureté d'un mort · Chapitre 20
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 600 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. En revanche, le fait d’avoir été absorbé par un animal ou par une personne empêche des choses pures de devenir impures et empêche une impureté de se répandre à l’extérieur. Comment cela ? Par exemple, si un chien a mangé de la chair d’un cadavre humain et est entré dans une maison, la maison reste pure. Réciproquement, si un anneau pur a été avalé par un chien ou même par une personne, qui est ensuite entré dans la tente d’un cadavre, bien que la personne devienne elle-même impure pendant sept jours, l’anneau avalé reste pur. De même, le fait d’avoir été avalé par tout autre animal sauvage ou domestique, oiseau ou poisson, préserve l’objet avalé et empêche l’impureté avalée de se répandre à l’extérieur ; cela s’applique tant qu’ils sont vivants. S’ils meurent et que la chair du cadavre humain avalée ou les ustensiles purs avalés se trouvent encore dans leur estomac, c’est comme s’ils n’avaient pas été avalés.
3. Si la majorité d’un signe – à savoir la trachée ou l’œsophage – a été incisée chez un oiseau, ou la majorité des deux signes chez un animal, bien que l’oiseau ou l’animal aient encore des convulsions, ils sont considérés comme morts du point de vue de la loi relative à l’impureté avalée et, par conséquent, (a) ils ne préservent plus de l’impureté les ustensiles ayant été avalés par eux et (b) ils n’empêchent pas l’impureté qu’ils ont avalée et qui se trouve encore dans leur estomac de se répandre à l’extérieur et de transmettre l’impureté.
4. Combien de temps l’impureté absorbée par l’animal séjourne-t-elle dans son estomac, ce qui la rend susceptible de communiquer l’impureté si celui-ci meurt ? Pour un chien, trois jours révolus, c’est-à-dire 72 heures ; pour les autres animaux sauvages et domestiques, oiseaux et poissons, un jour révolu, soit 24 heures. Dans quel cas dit-on que l’impureté avalée transmet l’impureté après la mort de l’animal si le délai indiqué ne s’est pas écoulé ? Lorsque la chair du cadavre avalée est restée dans l’estomac de l’animal et n’a pas été expulsée. Mais si elle a été expulsée, par exemple, dans le cas d’un loup qui a avalé un enfant et l’a expulsé en déféquant, la chair est pure, et les os restent impurs.
5. Les choses absorbées ne sont préservées de l’impureté que si elles ont été avalées dans le ventre d’un être vivant – animal ou personne – comme nous l’avons expliqué. En revanche, des choses absorbées dans la masse compacte d’un ustensile ou dans une pierre ne sont pas préservées de l’impureté. Comment cela ? Le crochet en métal d’un fuseau en bois que l’on a enfoncé dans celui-ci, la pointe en métal d’un aiguillon que l’on a enfoncée dans celui-ci, un anneau noyé dans une brique deviennent impurs s’ils sont introduits dans la tente d’un cadavre, et cela, bien qu’ils ne soient pas visibles et soient complètement recouverts. Car un ustensile ne préserve pas une chose de l’impureté par le fait qu’elle est noyée dans sa masse compacte, mais uniquement par la fermeture hermétique de son ouverture. De même, si une aiguille ou un anneau sont noyés dans l’épaisse couche d’argile autour d’un four en terre cuite, et que le four devient impur parce qu’il se trouve dans la tente d’un cadavre, ou parce qu’un chérets mort est tombé dans son espace intérieur, les ustensiles noyés dans la couche d’argile deviennent impurs. Toutefois, si le four était fermé hermétiquement lorsqu’il se trouvait sous le même toit qu’un mort, étant donné que le four est resté pur, même les ustensiles noyés dans la couche d’argile recouvrant le four restent purs. De même, dans le cas d’une jarre recouverte d’un couvercle fermé hermétiquement par un bouchon d’argile, s’il y a une aiguille ou un anneau noyés dans le bouchon d’argile, sur le côté de celui-ci, ils deviennent impurs, n’étant pas préservés de l’impureté dans la tente d’un cadavre. Dans le cas où l’anneau ou l’aiguille sont noyés dans la partie du bouchon située face à l’ouverture de la jarre, même s’ils sont visibles depuis l’intérieur de la jarre, dès lors qu’ils ne pénètrent pas dans son espace intérieur, ils restent purs. Mais si l’anneau ou l’aiguille pénètrent dans l’espace intérieur de la jarre, ils deviennent impurs, car un récipient en terre cuite fermé hermétiquement ne préserve pas de l’impureté les ustensiles qui sont à l’intérieur, comme il sera expliqué. Cependant, s’il y a une très fine couche d’argile du bouchon qui recouvre en dessous l’anneau ou l’aiguille pénétrant dans l’espace de la jarre, bien qu’ils pénètrent dans l’espace intérieur de la jarre, ils restent purs en raison de cette fine couche d’argile qui les recouvre.
6. Tous les ustensiles enfouis dans le sol de la maison deviennent impurs lorsqu’une impureté issue d’un cadavre se trouve dans la maison ; ils ne sont pas préservés de l’impureté en étant enfouis, car le sol d’un ohel est considéré comme tel jusqu’aux abîmes, ce qui n’est pas le cas lorsque les ustensiles sont logés dans l’épaisseur des murs du ohel, comme il sera expliqué. Comment cela ? Si une impureté se trouve dans la maison et que des ustensiles sont enfouis dans le sol, même à cent coudées de profondeur, ils deviennent impurs. Et s’il y a, à l’endroit où ils se trouvent, un espace d’un téfa’h cube, ils sont purs, car ils sont alors en dessous d’un autre ohel. À quoi cela peut-il être comparé ? Au cas d’une maison à deux étages où, lorsqu’une impureté se trouve à l’étage, elle ne se répand pas au rez-de-chaussée de la maison, si bien que ce rez-de-chaussée de la maison reste pur. De même, si on a divisé en deux la hauteur d’une maison en plaçant horizontalement, juste au-dessus du sol, une séparation faite de poutres ou de rideaux, et qu’une impureté se trouve entre la séparation et le sol, les ustensiles qui se trouvent dans la maison, au-dessus de la séparation, deviennent impurs, car un ohel n’empêche pas l’impureté de sortir, comme nous l’avons expliqué. Mais si l’impureté se trouve au-dessus de la séparation, les ustensiles entre la séparation et le sol restent purs, car le ohel les préserve de l’impureté. Et s’il n’y a pas une hauteur d’un téfa’h entre la séparation et le sol, ils sont considérés comme enfouis dans le sol de la maison et deviennent impurs.
7. Soit un conduit creusé sous une maison afin d’assurer l’évacuation de ses eaux usées à l’extérieur. Ce conduit a deux ouvertures, l’une dans la maison, par laquelle on déverse les eaux usées et l’autre, à l’extérieur par laquelle ces eaux sont vidées au dehors. Le conduit est recouvert sous la maison et il présente une hauteur et une largeur d’un téfa’h sur un téfa’h. De même, l’ouverture de sortie de ce conduit, à l’extérieur de la maison, présente un téfa’h cube. S’il y a une impureté à l’intérieur du conduit, la maison reste pure ; de même, si une impureté se trouve dans la maison, ce qui est à l’intérieur du conduit reste pur. Dans le cas où le conduit présente une hauteur et largeur d’un téfa’h, mais que son ouverture ne présente pas un téfa’h carré, si une impureté se trouve à l’intérieur du conduit, la maison devient impure. Mais si une impureté se trouve à l’intérieur de la maison, ce qui est à l’intérieur du conduit reste pur, en application du principe selon lequel « il est naturel pour l’impureté de sortir, mais il n’est pas naturel d’entrer ». Dans le cas où le conduit ne présente pas un téfa’h cube et son ouverture ne présente pas non plus un téfa’h cube, s’il y a une impureté à l’intérieur du conduit, la maison devient impure, comme si cette impureté se trouvait à l’intérieur de la maison ; et de même, s’il y a une impureté dans la maison, tout ce qui est à l’intérieur du conduit devient impur, parce que les ustensiles dans le conduit sont considérés comme enfouis dans le sol de la maison, et le sol de la maison a le même statut que celle-ci, jusqu’aux abîmes.
8. Soient deux jarres en terre cuite, et un demi-kazaït de chair de cadavre dans chacune d’elles, les deux étant fermées hermétiquement et posées dans la maison. En pareil cas, les deux jarres restent pures, car la demi-mesure d’impureté qui se trouve à l’intérieur d’elles ne leur communique pas l’impureté ; mais la maison devient impure, parce qu’il y a dans la maison une mesure totale d’un kazaït puisque les deux demi-kazaït s’additionnent, et la fermeture hermétique n’empêche pas l’impureté de sortir du récipient. Les jarres, quant à elles, ne sont pas rendues impures à leur tour du fait de la maison, car elles sont fermées hermétiquement. Si l’une d’elles s’ouvre, celle-ci et la maison sont impures, mais l’autre jarre reste pure. Il en est de même dans le cas de deux pièces ouvrant l’une sur l’autre, et l’une ouvrant sur la pièce d’entrée de la maison, si un demi-kazaït de la chair d’un cadavre est posé dans la pièce intérieure ou dans la pièce intermédiaire, et un demi-kazaït dans la pièce extérieure – c’est-à-dire la pièce d’entrée de la maison –, cette dernière est impure car les deux moitiés s’additionnent, mais la pièce intérieure et la pièce intermédiaire restent pures. S’il y a un demi-kazaït dans la pièce intérieure et un demi-kazaït dans la pièce intermédiaire, la pièce intérieure reste pure, mais la pièce intermédiaire et la pièce extérieure deviennent impures, car « il est naturel pour l’impureté de sortir, mais il n’est pas naturel d’entrer ».
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