Lois relatives à l'impureté d'un mort · Chapitre 8
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 588 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Si on a construit dans ce champ une maison avec un étage au-dessus, le rez-de-chaussée de la maison est impur, comme expliqué au § précédent. Concernant l’étage, la règle suivante est appliquée : si l’entrée de l’étage est positionnée exactement au-dessus de l’entrée de la maison, l’étage reste pur. En effet, même si la tombe se trouve en dessous du linteau de l’entrée de la maison, l’étage reste pur, car c’est comme un ohel construit au-dessus d’un ohel, comme il sera expliqué. Mais si l’entrée de l’étage n’est pas positionnée exactement au-dessus de celle de la maison, l’étage aussi est impur, de crainte que le seuil de l’entrée de l’étage soit positionné au-dessus de la tombe et que l’étage forme un ohel sur la tombe.
3. Il est permis de semer toutes sortes de graines dans ce champ, car les racines des semences n’atteignent pas la tombe. Mais on n’y plante pas d’arbres fruitiers, parce que les racines peuvent atteindre le cadavre. Les monticules de terre, récents ou anciens, proches d’une ville située près d’un cimetière ou d’une route menant à un cimetière, sont présumés impurs, parce que les femmes ayant fait une fausse couche y enterrent leur fœtus et les lépreux leurs membres. Quant aux monticules situés loin de la ville : s’ils sont récents, ils sont purs ; s’ils sont anciens, ils sont impurs, de crainte qu’ils n’aient été autrefois proches d’une ville qui a depuis été détruite ou d’une route qui a été oubliée. Qu’est-ce qu’un monticule considéré comme proche ? Lorsqu’il n’y a pas de monticule plus proche que lui. Et ancien, c’est lorsque personne ne se souvient de son origine.
4. Un champ de pleurs est un endroit proche du cimetière, où les femmes s’assoient et pleurent le défunt. Bien que la terre d’un tel champ soit pure puisque aucune impureté n’y a été établie, on n’y plante pas d’arbres et on ne l’ensemence pas, pour ne pas habituer les gens à s’y rendre. On craint en effet qu’il ne s’y trouve une impureté : étant donné que ce champ est proche du cimetière, les propriétaires l’ont déjà abandonné, et il est par conséquent possible qu’un homme soit venu et y ait enterré son mort. Les Sages se sont souciés de ce risque et ont pour cette raison interdit d’ensemencer le champ. Mais on peut utiliser la terre de cet endroit pour fabriquer des fours en terre cuite qui serviront pour cuire de la nourriture sacrificielle, car aucune impureté n’y a été établie.
5. Il est permis de déplacer une tombe que l’on découvre dans un champ. Si on l’a déplacée, son emplacement – c’est-à-dire le champ tout autour – reste impur et il est interdit d’en tirer profit, jusqu’à ce qu’il soit examiné, comme il sera expliqué. Mais il est interdit de déplacer une tombe dont l’existence est connue. Si on l’a malgré tout déplacée, son emplacement – c’est-à-dire le champ tout autour – est pur et il est permis d’en tirer profit.
6. Lorsqu’une tombe porte préjudice à la collectivité, on doit la déplacer ; son emplacement – c’est-à-dire le champ tout autour – est impur et il est interdit d’en tirer profit.
7. Celui qui trouve, à l’intérieur des limites (te’houm) de la ville, un mort à l’abandon, doit le porter au cimetière. S’il le trouve hors des limites de la ville, même dans un champ de safran, le corps acquiert son emplacement et doit être enterré à l’endroit où il a été trouvé. S’il trouve le corps en travers d’un chemin qui marque la limite entre deux champs, il le déplacera sur les côtés pour l’enterrer. S’il y a un champ en friche d’un côté et un champ labouré de l’autre côté, il l’enterrera dans le champ en friche. Entre un champ labouré et un champ ensemencé, il l’enterrera dans le champ labouré. Entre un champ ensemencé et un champ planté de vignes, il l’enterrera dans le champ ensemencé. Entre un champ planté d’arbres et un champ planté de vignes, il l’enterrera dans le champ planté de vignes, du fait du branchage haut et large de l’arbre, formant un ohel qui communique l’impureté. Si les deux champs sont identiques, il déplacera le mort du côté qu’il souhaite.
8. Une tombe qui a été découverte confère l’impureté rétroactivement. Et si quelqu’un vient et dit : « Je me souviens clairement qu’il n’y avait pas de tombe ici », même si ses souvenirs remontent à vingt ans en arrière, la tombe découverte ne confère l’impureté qu’à compter du moment où elle a été découverte.
9. Quiconque trouve une tombe ou un cadavre, ou toute chose qui, issue d’un cadavre, communique l’impureté par « la tente », a l’obligation de faire une marque à cet endroit, afin d’éviter un écueil pour d’autres. Lors de ‘Hol Hamoed, des mandataires sortaient du tribunal pour marquer l’emplacement des tombes. On ne met pas de marque pour indiquer la présence d’un morceau d’un cadavre faisant exactement le volume d’un kazaït, car il finira par diminuer encore en se désagrégeant dans la terre. Avec quoi marque-t-on l’endroit de l’impureté ? Avec de la chaux : on la dilue et on la verse sur l’endroit de l’impureté. On ne met pas la marque exactement au-dessus de l’impureté, mais elle doit saillir de part et d’autre des côtés de l’impureté, pour ne pas causer la perte des taharot ; on n’éloigne pas non plus trop la marque de l’endroit de l’impureté pour ne pas causer la perte de la surface de la terre d’Israël. On ne fait pas de marque pour signaler des endroits dont l’impureté est évidente car ils sont connus de tous, mais on signale les endroits dont l’impureté est douteuse, par exemple, un champ où une tombe a été perdue, un feuillage ou des pierres qui dépassent sur la voie publique.
10. Lorsqu’on trouve un champ dûment signalé comme lieu d’impureté, mais que l’on ne connaît pas sa « nature » on applique la règle suivante : s’il n’y a pas d’arbres, on peut être assuré qu’il contient une tombe intacte dont l’emplacement a été perdu. S’il y a des arbres, on peut être assuré que la charrue a été passée sur une tombe, comme il sera expliqué.
11. Lorsqu’on trouve une pierre marquée à la chaux, cela indique que la partie du terrain située directement en dessous de celle-ci est impure. Lorsqu’il y a deux pierres marquées de chaux, s’il y a une marque de chaux sur le sol entre les deux pierres, la partie du terrain située entre elles est impure. En revanche, s’il n’y a pas de chaux entre elles, mais seulement sur leur dessus, cela dépend : s’il y a des morceaux de terre cuite entre elles, l’endroit entre les pierres et en dessous des pierres est pur, car les morceaux de terre cuite indiquent qu’il s’agit là non pas d’une marque pour signaler une impureté, mais seulement des restes d’une construction. Mais s’il n’y a pas de morceaux de terre cuite entre les pierres et que la chaux est aplatie de part et d’autre sur le dessus de chacune des deux pierres, c’est une marque qui signale l’impureté de l’endroit situé en dessous des pierres. Si l’on trouve une seule bordure d’un champ qui est marquée d’un signe à la chaux, cela indique que le sol de cette bordure est impur, mais tout le reste du champ est pur. Il en va de même si deux ou même trois bordures sont ainsi marquées. Si l’on trouve les quatre limites du champ marquées d’un signe à la chaux, cela signifie que les bordures sont pures, mais le champ tout entier est impur, car on n’éloigne pas la marque à la chaux de l’endroit de l’impureté.
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