Lois relatives à l'impureté d'un mort · Chapitre 6
Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 586 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.
2. Les ustensiles faits de bouse mélangée à de la terre, les ustensiles en pierre et les ustensiles en terre ne contractent l’impureté ni d’après la loi biblique, ni par ordre rabbinique, qu’il s’agisse de l’impureté d’un cadavre ou d’autres impuretés. De même, les objets en bois faits pour rester immobiles et non pour être déplacés – par exemple, la caisse d’un changeur, un coffre, une armoire ou un grand panier –, pouvant contenir 40 séa de liquides et ayant un fond plat, ne contractent l’impureté ni d’après la loi biblique, ni par ordre rabbinique ; ceux-ci sont désignés comme « objets en bois de grande dimension ».
3. Concernant les ustensiles en bois : ceux qui sont plats et dépourvus de réceptacles sont purs, tandis que ceux qui sont des récipients sont susceptibles de contracter l’impureté. Les ustensiles en terre cuite : ceux qui sont plats et dépourvus de réceptacle sont purs, et ceux qui sont des récipients sont susceptibles de contracter l’impureté. Ces derniers ne deviennent impurs que lorsque l’impureté est introduite dans leur espace intérieur ou lorsqu’ils sont bougés par un zav. Même si la paroi extérieure d’un récipient en terre cuite a touché un cadavre, le récipient ne devient pas impur. Mais si l’une des sources d’impureté a été introduite dans son espace intérieur, bien qu’elle ne l’ait pas touché, le récipient devient impur. Si un récipient en terre cuite se trouve dans la même tente qu’un cadavre, il devient impur car l’impureté qui se répand dans tout l’espace de la tente pénètre son espace intérieur. Mais si le récipient est fermé hermétiquement, le récipient et autres objets qu’il contient à l’intérieur restent purs, comme indiqué expressément dans la Thora. Car l’impureté ne peut pénétrer le récipient en terre cuite que par son ouverture non fermée hermétiquement ou lorsqu’un zav fait bouger le récipient ; c’est alors comme s’il avait touché toute la surface du récipient, y compris son espace intérieur.
4. Si l’on fait un golel, c’est-à-dire que l’on pose quelque chose comme « couvercle » sur une tombe ouverte, avec quelque chose qui ne contracte pas l’impureté, par exemple, si l’on pose sur une tombe ouverte une pierre ou un objet en terre, ou un objet en bois de grande dimension, ou un récipient en terre cuite fermé hermétiquement, ou de la peau de poisson ou ses os, ou autres choses semblables, celui qui touche ces objets qui servent de « couvercle » devient impur pendant sept jours pour avoir touché un golel. Et s’ils sont enlevés et ne servent plus de golel, ou si le cadavre en dessous est enlevé, ils sont purs. De même, si l’on a ligoté un animal et que l’on en fait un golel, c’est-à-dire qu’on l’a posé ainsi au-dessus d’une tombe ouverte, où il sert de « couvercle », celui qui touche l’animal tant qu’il sert de golel, devient impur pendant sept jours. Si l’on détache l’animal et qu’il n’est donc plus un golel, l’animal est pur et ne transmet plus d’impureté, comme les autres animaux. De même, si l’on a fait d’une jarre en terre cuite, remplie de liquide et fermée hermétiquement, un golel pour un cadavre, celui qui la touche alors qu’elle sert de golel, devient impur pendant sept jours ; en revanche, la jarre elle-même et le liquide qu’elle contient restent purs.
5. Si une poutre a été utilisée comme golel pour une tombe, qu’elle ait été posée à plat, c’est-à-dire étendue normalement sur sa base, ou sur le côté, sur sa face latérale, ne transmet l’impureté en tant que golel que la partie de la poutre qui fait face à l’ouverture de la tombe, si bien que celui qui touche l’extrémité de la poutre qui fait saillie au-delà de l’ouverture de la tombe reste pur. Si l’on a fait, de l’extrémité de la poutre, un golel pour un cadavre, de sorte qu’elle se trouve posée debout, comme un arbre, sur la tombe, seul celui qui touche la poutre dans ses quatre téfahim inférieurs, situés immédiatement au-dessus de la tombe, devient impur pour avoir touché un golel. Mais s’il touche la partie supérieure de la poutre, à partir de quatre téfahim ou au-delà au-dessus de la tombe, il reste pur. Dans quel cas dit-on que l’impureté, au titre de golel, ne s’étend qu’aux quatre téfa’him inférieurs de la poutre et non au-delà ? Lorsqu’on a l’intention de couper finalement la partie supérieure de la poutre. Mais si l’on n’a pas l’intention de la couper, la poutre tout entière constitue un golel.
6. Si deux grandes pierres, qui font chacune une taille de quatre téfahim, ont été placées comme golel pour recouvrir l’ouverture d’une tombe, celui qui « forme un toit » sur n’importe laquelle des deux devient impur. Si l’une des deux a été ôtée, celui qui « forme un toit » sur la seconde reste pur, parce que l’impureté a un moyen de sortir.
7. Si l’on a placé un tas de petites pierres pour servir de golel sur une tombe, seule la rangée inférieure de pierres, située immédiatement sur l’ouverture de la tombe et nécessaire à l’obturation de la tombe, transmet l’impureté. En revanche, celui qui touche les autres pierres, dans la partie supérieure du tas, reste pur.
8. Concernant un caveau funéraire taillé dans la pierre, où un cadavre a été déposé et recouvert d’un golel : celui qui touche la pierre, à n’importe quel endroit, reste pur, alors que celui qui touche le golel devient impur. À quoi cela peut-il être comparé ? À une grande fosse pleine de cadavres, avec une grande pierre posée sur son ouverture : seule la partie qui fait face à l’ouverture transmet l’impureté. Et si l’on a construit un monument funéraire au-dessus, celui-ci est considéré comme une tombe scellée et transmet l’impureté tout autour, c’est-à-dire par toutes ses parois. Si le caveau taillé dans la pierre est large en bas et étroit en haut, et que le cadavre se trouve à l’intérieur, celui qui touche la paroi extérieure du caveau en bas, reste pur alors que celui qui touche la partie au-dessus devient impur, car celle-ci recouvre le cadavre et devient comme un golel. Si le caveau de pierre est large en haut et étroit en bas, celui qui touche sa paroi extérieure, à n’importe quel endroit, devient impur car elle est entièrement considérée comme golel. Si la largeur est égale de bas en haut, celui qui touche la paroi extérieure, dans toute la partie située à partir d’un téfah en dessous de l’endroit où repose le cadavre et au-dessus, devient impur, alors que celui qui touche à la partie située en dessous d’un téfah reste pur. Si on a percé horizontalement un caveau dans la pierre et qu’on y a introduit le mort comme une traverse, celui qui touche la paroi extérieure, à n’importe quel endroit, reste pur, sauf à l’endroit de l’ouverture du caveau.
9. Concernant une chambre funéraire souterraine qui renferme une tombe, avec une cour située devant la chambre funéraire et qui s’ouvre sur elle : si la cour est à l’air, celui qui se tient à l’intérieur de celle-ci reste pur, à condition qu’il ne touche pas le linteau de la chambre funéraire. Et si la cour est couverte d’un toit, la règle suivante est appliquée : s’il y a (à côté de la chambre un espace découvert de) quatre téfahim sur quatre ou plus qui fait séparation entre la chambre et la cour couverte, celui qui entre dans la cour reste pur. Mais si l’espace ouvert fait moins de quatre téfahim sur quatre, celui qui entre dans la cour devient impur, bien qu’il n’ait pas touché l’entrée de la chambre.
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