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Lois relatives à l'impureté d'un mort · Chapitre 4

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 584 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Un reviit de sang issu d’un mélange du sang de deux cadavres est pur ; un reviit de sang ne transmet l’impureté que s’il provient d’un seul cadavre. Les choses suivantes ne transmettent pas l’impureté par la tente, mais uniquement par le contact et le transport, comme les autres os : 1) une colonne vertébrale qui est entière mais composées de parties issues de deux cadavres, par exemple, une partie des côtes proviennent d’un cadavre et les autres d’un autre cadavre ; 2) de même, un crâne qui provient de deux cadavres ; 3) une mesure d’un rova d’os issus de deux cadavres ; 4) un membre composé de parties provenant de deux cadavres.

2. Un membre constitué de parties provenant de deux personnes vivantes est pur ; même un membre arraché provenant d’un seul homme est pur s’il est divisé en deux.

3. Les éléments suivants s’associent lorsqu’ils proviennent de deux cadavres et constituent la mesure requise pour transmettre l’impureté : 1) un kazaït de la chair issue de deux cadavres, 2) un volume d’un kazaït de netsel issu de deux cadavres, 3) deux pleines poignées de poussière issue de la décomposition de deux cadavres – lorsque chacun de ces deux cadavres est sujet à l’impureté transmise par la poussière issue de sa décomposition. De même, un demi-kazaït de chair et un demi-kazaït de netsel s’associent ; les autres impuretés issues du cadavre ne s’associent pas l’une avec l’autre, parce qu’elles ne s’équivalent pas dans les mesures fixées.

4. Un os de la taille d’un grain d’orge qui a été divisé en deux transmet l’impureté à celui qui le porte. Et de même, si un volume d’un rova d’os d’un cadavre a été broyé, bien qu’aucun des fragments obtenus ne présente la taille d’un grain d’orge, ils transmettent l’impureté par la « tente » comme s’ils n’avaient pas été broyés.

5. Si un morceau de la taille d’un kazaït d’un cadavre a été coupé en plusieurs morceaux et que ceux-ci ont ensuite été aplatis et collés de sorte qu’ils forment de nouveau ensemble un morceau de la taille d’un kazaït, ce morceau reconstitué transmet l’impureté par la tente et par le transport, mais il ne transmet pas l’impureté si l’on touche une partie des morceaux qui le composent, bien que ceux-ci aient été rattachés en étant collés ensemble, car ce qui est attaché par l’homme n’est pas considéré comme attaché au regard de ces lois.

6. Si l’on a fait fondre un morceau intact de la taille d’un kazaït de la graisse d’un mort, il reste impur. Si la graisse était fragmentée et qu’on l’a fait fondre, bien qu’elle ne forme plus à présent qu’un seul morceau, il est pur.

7. Si la plupart des vertèbres d’une colonne vertébrale ont été détachées, bien que la colonne vertébrale ait gardé sa forme, elle ne transmet pas l’impureté par la tente. Mais lorsque la colonne vertébrale se trouve dans la tombe, même si elle est brisée et même si elle est réduite en petits morceaux, elle transmet l’impureté par la tente car on considère que la tombe rassemble les morceaux.

8. Si l’un des éléments d’un cadavre transmettant l’impureté par la tente a été divisé en deux morceaux, chacun inférieur à la mesure requise pour transmettre l’impureté, et qu’on a amené ces morceaux dans une maison, la « tente » formée par le toit de la maison qui recouvre les morceaux, additionne ceux-ci de sorte qu’ils transmettent l’impureté « par la tente » à tout ce qui se trouve dans la maison.

9. S’il y a un volume d’un kazaït de la chair naturellement présente sur un os et qu’on a introduit une partie de cet os à l’intérieur d’une maison, la maison devient impure. S’il y a deux os avec deux demi-kazaït de la chair naturellement présente dessus, c’est-à-dire un demi-kazaït de chair sur chaque os, et qu’on a introduit une partie de chacun des deux os à l’intérieur de la maison, la maison devient impure. Si le morceau de chair présent sur l’os a été attaché par une personne, et que l’os – et non la chair – a été introduit dans la maison, la maison reste pure, car ce qui est attaché par l’homme n’est pas considéré comme attaché.

10. Si deux pleines paumes de la poussière issue de la décomposition d’un cadavre ont été répandues dans une maison, la maison devient impure.

11. Dans le cas où un reviit du sang d’un mort a été absorbé dans le sol de la maison, tout individu ou objet qui entre dans la maison après que le sang a été absorbé reste pur, mais tout ce qui se trouvait dans la maison au moment où le reviit a été absorbé dans le sol est impur.

12. Si un morceau d’un volume d’un kazaït d’un cadavre a été perdu dans la maison, qu’on l’a cherché mais qu’on ne l’a pas trouvé, la maison reste pure. Et si on le trouve par la suite, on considère que la maison devient impure rétroactivement, de sorte que tout ce qui est entré entre-temps dans la maison, depuis le moment où on l’a perdu jusqu’à ce qu’on le trouve, devient impur.

13. Si un reviit de sang, répandu sur le sol à découvert, a coagulé, ou se trouve dans un endroit du sol où il est contenu, comme dans un petit creux, et qu’un individu ou un objet a « formé un toit » sur une partie du sang coagulé ou accumulé, il devient impur. Si le sang a été répandu sur le seuil de la porte d’une maison et que ce seuil est en pente, qu’il soit en pente vers l’intérieur ou vers l’extérieur, la maison reste pure, parce que le sang ne s’est pas posé en restant immobile sur le seuil. Et si le seuil de la porte présente un creux où le sang est contenu ou si le sang sur le seuil en pente a coagulé, la maison devient impure. Dans le cas où un reviit de sang ou plus a été absorbé dans un vêtement, on détermine si le lavage permet d’extraire un reviit de sang : si c’est le cas, ce vêtement transmet l’impureté par le contact, par le transport et par la tente. Dans le cas contraire, il ne transmet pas l’impureté par la tente et est considéré comme un vêtement ayant eu un contact avec un cadavre, lequel ne transmet pas l’impureté par la tente. La raison pour laquelle il ne transmet pas l’impureté par la tente en dépit de la présence d’un reviit de sang est que tout ce qui est absorbé et ne peut pas sortir est pur. Comment mesure-t-on si un reviit de sang est extrait par le lavage ? On lave le vêtement dans l’eau. Puis, on apporte dans un autre récipient une quantité d’eau identique à celle utilisée pour le lavage, et on y verse un reviit de sang : si l’apparence de l’eau est la même dans les deux récipients ou si l’eau du lavage est plus rouge que l’eau mélangée au sang du second récipient, on sait alors qu’un reviit de sang a été extrait du vêtement.

14. Les modes de transmission de l’impureté par le transport, par le contact et par la tente relèvent de trois catégories différentes. Tout ce qui appartient à la même catégorie s’additionne pour constituer la mesure minimale et transmettre l’impureté. Mais ce qui appartient à deux catégories distinctes ne s’additionne pas, de sorte que si la mesure minimale pour transmettre l’impureté n’est atteinte qu’en associant des éléments faisant intervenir deux modes de transmission différents, ils ne s’associent pas et ne transmettent pas d’impureté. Comment cela ? Si quelqu’un (a) a touché en même temps deux morceaux de cadavre d’un demi-kazaït chacun, ou bien (b) a porté en même temps deux demi-kazaït, ou (c) a « formé un toit » sur deux demi-kazaït, ou (d) a formé un toit sur un demi-kazaït et un autre demi-kazaït a « formé un toit » sur lui, ou (e) s’il se trouvait sous le même toit qu’un demi-kazaït et a « formé un toit » avec une partie de son corps sur un autre demi-kazaït – ou un autre demi-kazaït a formé un toit sur une partie de son corps – dans tous ces cas, la personne devient impure, parce que les deux éléments que l’on additionne à chaque fois font intervenir le même type de transmission. Par contre, si quelqu’un a touché ou porté un morceau de cadavre d’un demi-kazaït, pendant que (a) quelque chose « formait un toit » sur lui et sur un autre demi-kazaït, ou (b) qu’un autre demi-kazaït « formait un toit » sur lui, ou (c) qu’il « formait un toit » sur un autre demi-kazaït ; de même, (d) si quelqu’un a touché un demi-kazaït tout en portant un autre demi-kazaït – dans tous ces cas, la personne reste pure. La raison est que ce qui est touché ne s’associe pas à ce qui est porté pour transmettre l’impureté, aussi bien lorsqu’il est question de l’impureté du cadavre que lorsqu’il est question d’autres impuretés. De même, ce qui est touché ne s’additionne pas avec ce qui est transmis par le « toit » ; et ce qui est transmis par le « toit » ne s’associe avec ce qui est porté (car cela ne relève pas de la même catégorie).
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