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Lois relatives à l'impureté d'un mort · Chapitre 2

Michné Torah du Rambam (Maïmonide) en français — chapitre 582 sur 1017 du cycle d'étude quotidien « un chapitre par jour ». Sommaire du cycle.

1. Un fœtus mort transmet l’impureté par le contact, par le transport et dans la « tente », comme le cadavre d’une personne adulte, même s’il n’est pas complètement développé, de sorte que ses membres ne sont pas encore fermement attachés les uns aux autres par les tendons, ainsi qu’il est dit : « celui qui touchera au cadavre de tout être humain ». De même, un morceau de la taille d’un kazaït de la chair d’un cadavre, qu’il soit humide ou sec comme un tesson de poterie, transmet l’impureté comme un cadavre entier. Le netsel de la chair rend impur s’il présente le volume d’un kazaït. Qu’est-ce que le netsel ? C’est de la chair qui s’est décomposée et qui est devenue un gel putride ; cette loi, à savoir que le netsel transmet l’impureté comme la chair, s’applique seulement lorsque ce gel issu du cadavre a figé, car quand il fige, on a la certitude qu’il provient de la chair du cadavre en décomposition. Mais s’il n’a pas figé, il ne transmet pas l’impureté, car il s’agit peut-être de son mucus ou de sa salive.

2. Bien que toutes les mesures indiquées relèvent d’une loi dite à Moïse sur le Sinaï, les Sages y ont donné une raison et ont dit : au début de sa formation dans le ventre de sa mère, l’être humain mesure un kazaït, c’est pourquoi, la mesure à partir de laquelle la chair d’un mort transmet l’impureté est d’un kazaït.

3. Un membre retranché du corps d’une personne vivante est considéré comme un cadavre entier et transmet l’impureté par le contact, par le transport et dans la tente. Même le plus petit membre d’un nouveau-né, qui ne présente pas la taille d’un kazaït, transmet l’impureté comme un cadavre entier, car les membres entiers transmettent l’impureté, quelle que soit leur taille, et aucune mesure minimale n’est indiquée les concernant. En effet, il est dit : « Quiconque touchera, en plein champ, au corps d’un homme tué par l’épée ». Or, on sait que la loi relative au cadavre d’un homme tué par l’épée est la même que celle relative au cadavre d’un homme tué par une pierre ou par autre chose. Pourquoi la Thora a-t-elle donc ici parlé précisément de l’épée ? La tradition orale enseigne que ce verset est venu rendre impur uniquement celui qui touche à un membre retranché par l’épée du corps d’une personne en vie. Dans quel cas cette règle, concernant l’impureté d’un membre, s’applique-t-elle ? Si le membre est entier comme dans sa forme initiale, c’est-à-dire avec la chair, les tendons et les os, ainsi qu’il est dit : « Quiconque touchera… au corps d’un homme tué par l’épée… ou à l’os d’un homme », les Sages ont expliqué qu’il est ici question d’un os qui est « comme un homme », c’est-à-dire que de même qu’un homme est composé de chair, de tendons et d’os, de même un membre retranché du corps d’une personne en vie ne transmet l’impureté que s’il est comme dans sa forme initiale, composé de chair, tendons et os. En revanche, le rein, la langue et autres organes semblables, bien qu’ils soient des membres à part entière, étant donné qu’ils sont dépourvus d’os, ils sont considérés comme le reste de la chair. S’il manque une infirme partie de l’os du membre retranché à un corps en vie, le membre entier est pur. S’il manque une partie de sa chair, la règle suivante est appliquée : s’il reste dessus suffisamment de chair pour qu’elle puisse, chez une personne en vie, se régénérer entièrement, ce membre transmet l’impureté par le contact, par le transport et par la « tente ». Dans le cas contraire, cet os transmet l’impureté par le contact et par le transport, mais pas par la tente. Un morceau de chair détaché d’une personne vivante est pur. De même, un os dépourvu de chair qui a été détaché d’une personne vivante est pur.

4. Un membre détaché d’un cadavre transmet l’impureté par le contact, par le transport et dans la tente, comme le cadavre lui-même, à condition qu’il soit entier comme dans sa forme initiale, c’est-à-dire avec chair, tendons et os. Dans le cas où l’os présente un manque, s’il reste dessus une quantité de chair correspondant à la taille d’un kazaït, il transmet l’impureté comme un cadavre entier. Dans le cas où la chair présente un manque mais que l’os ne présente pas de manque, s’il reste suffisamment de chair pour qu’elle puisse, chez une personne en vie, se régénérer, le membre transmet l’impureté comme un cadavre entier. Et sinon, il est considéré comme les autres os des cadavres dépourvus de chair.

5. La moelle à l’intérieur de l’os permet de régénérer la chair à l’extérieur. C’est pourquoi, si un os à moelle d’un cadavre – os fermé à ses deux extrémités – contient suffisamment de moelle pour permettre la régénération de la chair chez une personne en vie, il est considéré comme un cadavre entier et transmet l’impureté par le contact, par le transport et dans la tente. Dans le cas où la moelle s’est asséchée et séparée des parois internes de l’os de sorte qu’elle bouge librement à l’intérieur de celui-ci, l’os transmet tout de même l’impureté dans la tente s’il contient une quantité de moelle égale à un kazaït. Ainsi, bien que l’os soit fermé de tous ses côtés, l’impureté perce et monte, perce et descend, comme il sera expliqué, de sorte que l’impureté de la moelle se répand à tout ce qui se trouve directement au-dessus et en dessous et par conséquent dans toute la tente, car la moelle osseuse a en tous points le même statut que la chair.

6. Un membre ou de la chair qui pendent du corps d’une personne en vie sont purs, bien qu’ils ne puissent pas guérir. À la mort de la personne, la chair pendante reste pure ; quant au membre pendant, il transmet l’impureté au titre de membre détaché du corps d’une personne vivante et non au titre de membre détaché d’un cadavre. Quelle différence y a-t-il entre un membre détaché d’une personne en vie et un membre détaché d’un cadavre ? C’est que, lorsque de la chair ou un os sont séparés d’un membre détaché d’une personne en vie, ils sont purs, tandis que de la chair ou un os séparés d’un membre détaché d’un cadavre sont considérés comme s’ils avaient été séparés du cadavre entier et transmettent l’impureté suivant les mesures indiquées.

7. Qu’il s’agisse d’un membre détaché d’une personne en vie ou d’un membre détaché d’un cadavre, un membre entier, composé de chair, de tendons et d’os, transmet l’impureté sans qu’aucune mesure minimale ne soit indiquée. Les Sages ont dit : il y a 248 membres chez l’homme ; chacun d’entre eux est composé de chair, de tendons et d’os, et les dents n’entrent pas dans le décompte. Chez la femme, il y en a 251. Tout membre parmi ceux-ci qui est détaché tel quel transmet l’impureté par le contact, par le transport et dans la tente, qu’il ait été détaché d’une personne en vie ou d’un cadavre. Il est fait exception des trois membres supplémentaires chez la femme qui ne transmettent pas l’impureté dans la tente. De même, un doigt supplémentaire qui comprend un os mais pas d’ongle, est compté pour compléter la majorité des membres s’il est aligné avec les autres doigts de la main. Et s’il n’est pas aligné avec les autres doigts de la main, il transmet l’impureté par le contact et par le transport, mais non dans la tente, et son impureté est d’ordre rabbinique. Et si ce doigt supplémentaire est pourvu d’un ongle, même s’il n’est pas aligné avec les autres, il est considéré comme les autres membres et transmet l’impureté dans la tente également. Pourquoi les Sages ont-ils décrété l’impureté concernant le doigt qui n’est pas aligné avec les autres ? Ce décret fut pris pour éviter que l’on n’en vienne par erreur à considérer comme pur aussi le doigt supplémentaire aligné avec les autres. Et pourquoi les Sages n’ont-ils pas décrété que le doigt non aligné transmette aussi l’impureté dans la tente ? Les Sages ont fait une distinction en vue de faire savoir que son impureté est seulement d’ordre rabbinique et relève d’un décret, afin que l’on ne brûle pas de terouma et d’offrandes du fait de cette impureté.

8. Les os d’un cadavre qui sont dépourvus de chair transmettent l’impureté par le contact, par le transport et dans la tente, comme un cadavre entier, si l’on peut reconnaître la forme des os d’un être humain, car je peux leur appliquer le verset, concernant l’impureté du cadavre : « Quiconque touchera… à un cadavre… ou à un os humain ». Voici les os qui transmettent l’impureté comme un cadavre entier : la colonne vertébrale, le crâne, la majeure partie de la structure d’un squelette et la majorité du nombre de ses os. La colonne vertébrale, quel est le cas ? Une colonne vertébrale qui est entière est considérée comme un cadavre entier. S’il manque ne serait-ce qu’une seule des dix-huit vertèbres, elle est considérée comme les autres os et ne transmet pas l’impureté dans la tente. Le crâne, quel est le cas ? Un crâne qui est entier est considéré comme un cadavre entier. Et s’il présente un manque, c’est-à-dire un trou, de la taille d’un séla, il est considéré comme les autres os. S’il est perforé de petits trous, tous s’associent pour constituer la taille d’un séla. Toute la structure du squelette d’une personne consiste en deux tibias, les fémurs, les côtes et la colonne vertébrale. La majorité de la structure du squelette d’un cadavre est considérée comme un cadavre entier. Comment cela ? Par exemple, deux tibias et un fémur ; s’il manque une infime partie de ces os formant la majeure partie de la structure du corps, ces os sont considérés comme les autres os. La majorité du nombre des os du corps, quel est le cas ? S’il y a la majorité du nombre des os, c’est-à-dire au moins 125 os d’un squelette, ils sont considérés comme un cadavre entier. S’il y en a 124, ils ont le même statut que les autres os et ne transmettent pas l’impureté dans la tente. Même si une personne a des membres en plus ou en moins, on n’en tient pas compte, et on se fonde uniquement sur le calcul de la majorité des os présents chez la quasi-totalité des gens, sauf lorsqu’il s’agit d’un doigt supplémentaire qui est pourvu d’un ongle ou qui est aligné avec les autres doigts de la main, lequel entre dans le décompte des 125 os, comme nous l’avons expliqué.

9. Les autres os du cadavre, qui ne constituent ni la majorité du nombre des os, ni la majeure partie de la structure du squelette, ni la colonne vertébrale entière, ni le crâne entier, s’il y en a un volume correspondant à un rova, ils transmettent l’impureté comme un cadavre entier par le contact, par le transport et dans la tente. S’il y en a moins qu’un rova, ils ne transmettent pas l’impureté dans la tente, mais seulement par le contact et le transport : même un os de la taille d’un grain d’orge transmet l’impureté par le contact et par le transport, mais il ne transmet pas l’impureté par la tente.

10. Un unique os, même s’il présente un volume équivalent à un rova, transmet l’impureté par le contact et par le transport, mais non par la tente. L’impureté transmise par un unique os est une loi transmise par tradition orale. En effet, il est dit: « quiconque aura touché un os », et la tradition orale enseigne que même un os de la taille d’un grain d’orge transmet l’impureté par le contact et à celui qui le porte. Et puisque son impureté relève d’une loi orale reçue au Sinaï, elle doit être considérée comme une loi qui relève de la Thora et non comme une loi d’origine rabbinique.

11. La poussière qui résulte de la décomposition des os d’un mort dans la tombe transmet l’impureté par le transport et par la tente, comme le cadavre, quand elle est en quantité suffisante pour remplir deux pleines paumes. En revanche, elle ne transmet pas l’impureté par le seul contact, car il est impossible de toucher la totalité de cette quantité de poussière puisqu’elle ne forme pas un seul bloc ; même si on la malaxe avec de l’eau, elle n’est pas unie en une masse compacte.

12. Le sang d’un mort transmet l’impureté, comme le mort, par le contact, le transport et la tente, ainsi qu’il est dit concernant l’impureté du mort : « Quiconque a touché à un cadavre, à l’âme d’une personne morte », et il est dit par ailleurs, concernant l’interdiction de consommer le sang : « car le sang est l’âme ». Quelle est la mesure minimale par laquelle le sang transmet l’impureté ? Un reviit. Même le sérum sanguin, tant qu’il a une quelconque couleur rougeâtre, transmet l’impureté par le contact, par le transport et par la tente, comme le cadavre.

13. Le sang issu d’une personne en vie, même le sang qui coule de la blessure d’une personne poignardée, est pur, si la personne est encore en vie. Si du sang qui s’est écoulé peu avant la mort de la personne s’est mélangé à du sang qui s’est écoulé après sa mort et que tout le sang mélangé comprend un reviit, mais que l’on ignore quelle quantité de sang s’est écoulée alors que la personne était en vie et quelle quantité s’est écoulée après sa mort, ou même si l’on sait que la moitié du reviit est composé de sang écoulé de son vivant et l’autre moitié de sang écoulé après sa mort, c’est ce qu’on appelle : dam tevoussa. Le sang d’un tel mélange transmet l’impureté par le transport, par le contact et par la tente, mais son impureté est d’ordre rabbinique.

14. Dans le cas d’une personne tuée gisant sur un lit et dont le sang a coulé goutte à goutte alors qu’elle était encore en vie, tombant à l’intérieur d’un creux dans le sol ; le sang a continué de couler goutte à goutte et de tomber dans ce creux après sa mort. Tout le sang accumulé dans le creux est pur, car chaque goutte qui s’écoule après sa mort est annulée successivement lorsqu’elle tombe dans le sang accumulé précédemment, lequel est pur puisqu’il s’est écoulé de son vivant. Si seul un reviit de sang a coulé et qu’il y a doute quant à savoir s’il a entièrement coulé du vivant de la victime ou entièrement après sa mort, c’est une impureté douteuse, sujette aux mêmes règles que les autres cas de doutes. Et par conséquent, conformément à la loi relative à une impureté douteuse, celui qui touche à ce reviit de sang douteux dans le domaine privé est impur. Mais s’il y a touché dans le domaine public, il reste pur, comme il sera expliqué à l’endroit voulu.

15. Aussi longtemps que l’impureté se trouve à l’intérieur de la tombe, la tombe transmet l’impureté par le contact et par la tente, comme le cadavre, en vertu de la loi de la Thora, ainsi qu’il est dit : « Quiconque touchera… à la dépouille d’un homme tué par l’épée ou mort naturellement, ou à un os humain ou à une tombe ». La loi est la même concernant celui qui touche la paroi supérieure de la tombe ou qui touche ses parois latérales, il devient impur ; cela, à condition que la tombe soit une structure construite et fermée de tous les côtés : c’est lorsqu’elle est construite de cette manière que la tombe tout entière transmet l’impureté par le contact et par la tente. Mais quand on place des objets, des pierres ou autres matériaux bruts similaires sur les côtés du mort et qu’on le recouvre au-dessus d’ustensiles, de pierres ou d’autres matériaux bruts similaires sans les fixer à la manière des travaux de construction, ce couvercle placé au-dessus du mort est appelé golel. Les parois latérales, qui soutiennent le golel qui repose dessus, sont appelées dofek. Tous deux, golel et dofek, transmettent l’impureté par le contact et par la tente, comme une tombe, mais leur impureté est d’ordre rabbinique seulement. Ils ne transmettent pas l’impureté par le transport. C’est pourquoi si, à l’aide de cordes, on a tiré le golel pour le positionner au-dessus du mort, de sorte qu’il recouvre le mort, ou si on l’a fait glisser de manière à le retirer et à découvrir le mort, ou si on a tiré le dofek à l’aide de cordes pour le positionner correctement de manière à faire tenir dessus le golel, ou si le dofek se trouvait en dessous du golel et qu’à l’aide de cordes, on l’a fait glisser de manière à le retirer en dessous du golel, celui qui a tiré ainsi le golel ou le dofek reste pur. Les choses qui sont placées sur les côtés et servent d’appuis au dofek, ce qu’on appelle dofek dofekine, restent pures.

16. On appelle beit haprass un champ où se trouve une tombe sur laquelle la charrue a été passée, de sorte que des fragments d’os du mort ont été éparpillés un peu partout et ont disparu dans la terre du champ. Sa terre transmet l’impureté par le contact et à celui qui la porte, de crainte qu’il ne s’y trouve un fragment d’os de la taille d’un grain d’orge ; mais elle ne rend pas impur par la tente. De même, la terre de tous les pays des nations transmet l’impureté par le contact et à celui qui la porte, en raison des os de leurs morts auxquels ils ne prêtent pas attention, les enterrant n’importe où. L’impureté d’un beit haprass et de la terre des nations est d’ordre rabbinique, comme il sera expliqué.
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